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celles-ci se rapprochèrent de nouveau de leur destination primitive (4), en fournissant à l'Italie le seul remède possible contre les progrès de la dépopulation et aux provinces!une défense militaire; mais à l'Empereur seul il appartint désormais de disposer de l’ager publicus, qui était autrefois l’enjeu de la lutte des partis (2).
Toutefois, sous les Empereurs, tous les établissements n’affectèrent pas la forme de colonies. Le principe ancien, suivant lequel les colonies étaient ordinairement fondées dans des localités déjà existantes et habitées (voy. ci-dessus, p. #8), ne permettait pas d’assigner aux soldats des terres dans des provinces nouvellement conquises ; et, d'autre part, il eût été présomptueux d'espérer que des colonies pourraient, même avec le temps, réussir dans des régions peu cultivées, alors que, même en Italie, leur avenir n’était pas assuré (3). Aussi les premières villes furent-elles créées dans les pays barbares d’acquisition récente, non par des soldats, mais par les habitants de ces pays eux-mêmes, sur l’ordre de l'Empereur, dont souvent elles emuruulent le nom, sans que pour cela il y ait lieu de les con-
sidérer corme des colonies (4); parmi les nombreuses localités dont Trajan se servit pour repeupler la Dacie entièrement
(1) Isidor., Origg., XV, 2, 9 :Coloma vero est, quæ defectu indigenarum novis cultoribus adimpletur; — Tit. Liv., XXVII, 9 : In colonias atque in agrum bello captum stirpis augendæ causa missos ; ef. V, 80; — Hygin., De lim. const., dans les Gromat., éd. Lachm., t. 1, p. 176 :.... augendæ rei publicæ cuusa.
(2) Aussi des empereurs cupides, comme Tibère, se montraient-ils très avares d’assignations de terres (Suet., Tib., XL VIII; — Tacit., Anz., I, 11). — Voy. Zumpt, op. cit., pp. 382. 444. Hygin (De gener. contr., dans les Gromat., éd. Lachm., t. I, p. 133) montre que l'Empereur disposait également de l'ager publicus vacant en Italie : Cum divus Vespasianus subsiciva omnia (c’est-à-dire les parcelles de terres non assignées des colonies) quæ non veniissent aut aliquibus personis concessa essent, sibi vindicasset, ilemque divus Titus a patre cæptum hunc rilum teneret, Domitianus per totam Italiam subsiciva possidentibus donavit.
(3) Nous ne connaissons pas la situation particulière des quelques colonies suivantes, qui paraissent avoir été établies d’une manière tout à fait nouvelle: Lugdunum, Augusta Prætoria, Augusta Taurinorum, Augusta Emerita en Espagne, Carthage et Corinthe ; ou bien là également il y avait eu tout au moins des villages (voy. supra, p. 16, note 2), ou bien on devait prendre soin d'élever des constructions. — Voy. Zumpt, op. cif., p. 451.
(4) C'est ce que Zumpt (op. cit., pp. #41 et suiv.) démontre en détail.
L'établissement pouvait se présenter sous une double forme.
dévastée (1), on ne trouve que deux colonies (2), et, selon toute apparence, celles-ci avaient été établies dans des villes existant encore. Mais lesétablissements de soldats qui, nous l'avons observé, étaient habituellement placés dans des villes déjà fondées, le plus souvent sur des terres achetées, se présentent encore à nous sous une double forme. Ou bien l'établissement est partiel, en ce sens que les vétérans entrent dans une association communale déjà organisée, sans que le régime politique de celle-ci subisse aucun changement : alors les nouveaux arrivés forment une commune particulière; mais la ville tout entière ne prend pas les droits et le nom d’une colonie (3). Ou bien l’arrivée des colons anéantit l’ancienne Constitution de toute la commune, et cette commune est organisée à nouveau comme colonie, par une formula qui lui est propre (4). Dans ce dernier cas, la condition juridique respective des habitants anciens et nouveaux peut être établie sur des bases différentes : tantôt, les anciens habitants sont subordonnés aux nouveaux et cessent de participer à la gestion des affaires communales (5); tantôt, ils sont admis dans la colonie sur le pied de l'égalité (6); tantôt, enfin, la part de chacune des deux fractions à
(1) Eutrop., VIII, 3 : Ex toto orbe Romano infinitas eo copias hominum transtulerat ad agros et urbes colendas. Dacia enim diuturno bello Decebali viris fuerat exhausta. — [Voy., à cet égard, M. C. de la Berge, Essai sur le règne de Trajan, dans la Bibliothèque de l'École des Hautes Études, fascic. XXXII, Paris, 1877, pp. 55 et suiv.] .
- (2) Sarmizegetusa et Zerna (C. I. L., t. III, 4, pp. 228. 248).
(3) Voy. ci-dessus, p. 157.
(4) Voy. Rudorff, Feldmesser, t. ΤΙ, pp. 410 et suiv.
5) Sur cette condition juridique, voy. supra, pp. 8 et suiv., 18, 48 et suiv., 83 et suiv. — Telle étaitégalement la règle, même sous l’Empire, lors de l'établissement de colonies dans les provinces. Tacite (Ann., XIV, 31) nous le dit au sujet de la colonie de Camulodunum, en Bretagne :(Britanni) rapiunt arma — acerrimo in veteranos odio. Quippe in coloniam Camulodunum recens dedurti pellebant domibus, exturbabant agris, captivos, servos appellando, foventibus impotentiam veteranorum militibus similitudine vilæ'et spe ejusdem licentiæ.
On trouve une situation analogue dans la Colonia Thugga, en Afrique, où civitas
pagus et clives] Thuggensium élèvent une statue (voy. Guérin, Voyage,
archéol., t. IT, p.124, ne 337; p. 125, n° 338; p. 128, n° 341 [et C. 1. L.,t. VIII, 4, n° 1494]). — Zumpt (Comment. epigr., t. I, pp. 465 et suiv.) traite ce sujet en détail.
(6) Ateste en fournit un exemple (voy. ci-dessus, p. 161, note 1). Voy. un autre exemple dans Zumpt, wbi supra.
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l'administration est réglementée par des dispositions spéciales (1). La qualité de colonies n'appartient qu’aux établissements, dans lesquels des citoyens romains ont été, suivant l’un des modes qui viennent d’être en dernier lieu'mentionnés, constitués en colonie nouvelle,en vertu d’une /ex coloniæ particulière, dans les formes usitées, dont nous nous occuperons tout à l'heure (2). Il est vrai que, dès les premiers temps de l’Empire, le jus colomæ a été accordé, comme un simple titre, à des villes qui n’ont reçu aucun établissement nouveau (voy. ci-dessus, p. 119}; mais, en dehors de ces villes, les fondations de colonies proprement dites subsistent, surtout dans les provinces frontières. Une des dernières colonies effectivement fondées fut Verona, qui, en l’an 265, reçut encore de Gallienus un établissement (3). Même plus tard, peut-être sous le règne de Dioclétien, Nicomedia, en Bithynie, fut élevée au rang de colonie (4). Enfin, sous Constantin, l'institution des colonies n'existe plus.