‹ Manuel des antiquités romaines (volume 4)Chapitre 41 sur 49 · L. Mario Maximo II L. Roscio Aeliano Cos · texte numérisé non relu

L. Mario Maximo II L. Roscio Aeliano Cos

M. Antonius Priscus L. Annius Secundus Ilvir. Quinquenn. nomina decurionum in aere incidenda curaverunt.

Patroni c. c. v. v. (Suivent 31 noms).

Patroni e.e.q.gq.R. R. (8 noms).

Quinquennalicii. (1 noms).

Allecti inter quing. (4 noms).

Iviralicii. (29 noms).

Aedilici. (19 noms).

Quaestoricii. (9 noms).

Pedani. (32 noms).

Praetextati. (25 noms).

La première place appartient — cela ressort aussi d’un passage d'Ulpien (3) — aux patront clarissimi viri et aux patroni equites Romani, c'est-à-dire à ceux qui ont géré des emplois à Rome et y sont sénateurs, ou à ceux qui appartiennent à la classe équestre romaine. Parmi ces derniers, deux seulement avaient exercé une fonction à Canusium mème, et on les voit figurer encore une fois au nombre des quinquennalicü; quant aux autres, ils ne sont mentionnés parmi les décurions qu'à titre surnuméraire et comme membres d'honneur. C'était un vieil usage (4), aussi bien pour les colonies, les municipes et les villes provinciales, pris isolément, que pour certaines provinces tout entières (5), que de se placer dans la clientèle d’un

(4) Ulpian., LL. 1 et 2, De albo scrib., D., L, ὃ.

(2) Mommsen, 1. R. N., n° 635 [— C. 1. L., t. IX, ne 338], et, en extrait, également Orelli, n° 3721. — Voy., là-dessus, Zumpt, Comment. epigr., t. I, pp. 123 et suiv.

(3) Ulpian., L. 2, De albo scrib., D., Τὰ, 3 : In albo decurionum in municipio nomina ante scribi oportet eorum, qui dignitates principis judicio consecuti sunt, postea eorum, qui tantum municipalibus honoribus functi sunt.

(4) Dionys. Halic., I, 11.

(Ὁ) Cic., De offic., I, 11, 35 : In quo éantopere apud nostros justitia culta est, ut ii, qui civilales aut nationes devictas bello in fidem recepissent, eorum patroni essent more majorum.

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ou de plusieurs citoyens Romains, considérés et influents: ceuxci assumaient, comme patront (1), pour eux et pour leurs descendants (2), l'obligation de défendre en toutes circonstances les droits de la commune (3), d'agir toujours au mieux de ses intérêts (4), de prêter leur concours à tous ceux de ses membres qui pourraient avoir à plaider à Rome, et même de favoriser l’accomplissement de leurs souhaits individuels (5). Ceux qui opèrent la deductio d'une colonie en acquièrent, de droit et sans aucune désignation particulière, le patronat pour eux et

(1) Voy., sur ces patroni, Dirksen, Civilistische Abhandlungen, t. IT, pp.61 et suiv.; — E. Philippi, Zur Geschichte des Patronats über juristiche Personen, dans le Rheinisches Museum, Neue Folge, t. VIII, 1853, pp. 497 et suiv.; — Mommsen, Rôm. Forschungen, t. I, pp. 334. 358. 375, et, dans l’Ephem. epigr.., t. ΤΙ, pp. 146et suiv. — [Voy. encore: Rein, dans la Pauly's Realencycl., mot Patronus ; — Em. Sebastian, De patronis coloniarum atque municipum Romanorum, Halle, 1884, broch. in-8 de 55 pp. — Comp., sur l’adoptio patroni, Rein, Privatrecht, pp. #12 et suiv.; — Mommsen, Rôm. Forschungen, t. I, pp. 74 et suiv., et, dans Hermes, t.IIT, pp. 62 et suiv. ; — Ettore de Ruggiero, Dizionario epigrafico di Antichità Romane, mot Adoptio patroni, fascic. 4, Roma, 1886, p. 97, col. 1. — Voy. aussi les ouvrages d'ensemble cités au début de ce chapitre.] — Que chaque commune ait eu en moyenne plusieurs patroni à Rome, c’est ce que nous révèle Cicéron (Pro Sest., IV, 9; — In Pison., XI, 25), lorsqu’il nous rapporte avec orgueil que Capoue n’a choisi que lui seul comme patronus. D'un autre côté, un citoyen Romain pouvait être patron de beaucoup de villes. C'est ce que nous dit Valère Maxime (IV, 3, 6), au sujet de Fabricius Luscinus : wniversos (Samniles) in clientela habebat.

(2) Un grand nombre d'exemples nous montrent que le patronat était héréditaire dans les familles. Bononia était in clientela Antoniorum (Suet., Oct., XVII); Lacédémonein tutela Claudiorum (Suet., Tib., VI); les villes siciliennes avaient pour patrons les Marcelli, les Scipiones, les Metelli (Pseudo-Asconius, p. 100 [éd. Orelli])}. Dans l'inscription de Puteoli (Orelli, n° 3767 τῷ Mommsen, 1. R. N., n° 2505 [= Ὁ. L. L., t. X, 1, n° 1814]), on trouve un puer egregius, ab origine patronus ordinis et populi, et la formule des actes de collation est la suivante : eumque cum liberis posterisque suis patronum cooptaverunt (Henzen, n° 6413 [— C. I. L., t. X, 2, n° 7845]. — [Voy., du reste, C2I L;, 1.1, p. 589, col. 1; t.. IE, pp. 768, col. 1, et 113, col. 3 ; t, III, 2, p. 4182, col. 2; t. V, 2, p. 1197, col. 4 Ὁ VIILI, 2, p. 1104, col. 2 ; t. IX, p. 790, col. 1; t. X, 2, pp. 1158 in fine et suiv. ; t. XII, p. 940, col. 2; t. XIV, pp. 519, col. 2 in fine, et suiv. = mots Patrona, Patronæ, Patroni, Patronus; t. XI, 1, passim.]

(3) Tacit., Dial., III : Quum Le tot amicorum causæ, tot coloniarum et municipiorum clientelæ in forum vocent.

(4) De même aussi, relativement aux constructions, qu'ils élevaient à leurs frais (Plin., Ep., IV, 1).

(5) Voy. Dirksen, op. sup. cit., pp. 64 et suiv.

pour leur postérité (1). Mais, d'un autre côté, les patron peuvent être choisis parmi les sénateurs et les chevaliers qui ne remplissent pas de fonctions dans la province, mais qui vivent en Italie, comme simples particuliers (privati) (2). Les patroni étaient désignés par l’assemblée du peuple (3), en vertu d’une décision prise par les décurions : cette assemblée adoptabat ou cooptabatle patron (4); en d’autrestermes, elle l'admettait dans la commune, et cette admission était constatée par un acte (£abula hospitalis ou tabula patronatus) en deux exemplaires, dont l’un était remis au patron, et dont l’autre restait aux archives de la commune (5). Comme la commune était intéressée à avoir pour patroni des personnages à elle rattachés par certains liens personnels (6), et à resserrer ces liens par des marques d'hon-

(4) Lex col. Genet., c. XGVII. C'est ainsi que Sulla fut patronus de la colonie de Pompéi, qu’il avait deducta (Cic., Pro P. Sulla, XXI, 60).

(2) D’après la lex colon. Genet. (c. CXXX), est seul éligible qui, cum ea res agetur, in Italia sine imperio privatus erit. Si, dans les décrets de patronat qui nous sont parvenus, il est parfois contrevenu à cette règle (voy. Mommsen, Ephem. epigr., t. IL, p. 148), la cause peut en être soit une concession de l'Empereur, ou cette circonstance que les gouverneurs impériaux étaient investis du patronat à leur sortie de charge : dans ce dernier cas, on ne suivait certainement pas une procédure strictement conforme à celle de la loi.

(3) La lex col. Genet. (c. CXXX) n’exige pour l'élection qu’une décision des décurions; dans beaucoup de décrets de patronat, le senatus populusque se nomment comme constituant le corps électoral, et il paraît résulter de là que la commune donnait son assentiment à la décision du Sénat. — Voy. Mommsen, Stadtrechte, pp. 452 et suiv.

(4) Adoptare patronum est la plus vieille formule (Lex col. Genet., ce. XCVII, CXXX), et c’est d’elle que Cicéron se sert également (Pro Sestio, IV, 9, et en maints autres passages); cooptare n’est usuel que depuis Auguste. — Voy. Mommsen, Ephem. epigr., t. II, p. 141.

(5) Voy. des exemples d’actes de ce genre dans Orelli-Henzen (n° 6413 et suiv.) et dans Wilmanns ([Exempla, t. II], nos 2849 et suiv.). — [Voy. aussi les renvois faitsau C. 1.L., Ὁ. 271, note 2 in fine, supra].— Sur les collections de ces actes, voy. les renseignements dans Marquardt, Privatleben der Rômer., 2e éd., Leipzig, 1886, pp. 196 in fine et suiv.

(6) Fronto (Ep. ad amic., 11,10, p. 200,éd. Naber) écrit aux Ilviri et decuriones de Cirta: quare suadeo vobis patronos creare et decreta in eam rem mittere ad eos, qui nunc fori principem locum occupant, Aufidium Victorinum, quem in numero municipum habetis, si di consilia mea juverint.—— Servilium quoque Silanum, optimum et facundissimum virum jure municipis patronum habebitis, cum sit vicina et amica civilate Hippone Regio. Postumium Festum et morum et eloquentiæ nomine recte patronum vobis feceritis, et ipsum nostræ provinciæ et civitatis non longinquæ.

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neur etdesdistinctions(1), il était naturel deles faire figurer dans

l'album de la curie, en qualité de membres de la commune, à

la place la plus honorable. Toutefois, les patroni ne siégeaient pas

au Sénat comme titulaires, mais comme surnuméraires : cela

résulte de ce que, déduction faite des patroni et des prætextati mentionnés à la fin de la liste, il reste le nombre normal de

cent décurions. Il n’y a pas de place dans la liste pour les ma-

gistrats en fonctions; maisils y sont déjà portés comme honore

functi; les deux quinquennales qui ont dressé l’a/bum prennent

le dernier rang parmi les quinquennalici. Les décurions sont

d’ailleurs rangés suivant leur préséance (2). La quinquennalitas

étant la fonction la plus élevée (3), les quinquennalici arrivent 9aremmalici, immédiatement après les patront; puis viennent les duum- Dumviralicïi. viralicii, plus ordinairement appelés duumovirales (4), les ædi- Ædilicï. hcu et les quæstoricu (autrement quæstorii). Quæstoricii.

(1) On élevait des statues aux patrons (Cic., 1n Pison., XI, 25) ; on leur envoyait des présents (Valer. Maxim., IV, 3; 6; — Horat., Carm., II, 18, 8), et on les honoraït de toutes manières (Plin., Ep., IV, 1).

(2) Sous ce rapport, quelques différences paraissent s’être manifestées. Le princeps coloniæ ou municipii, dont on trouve fréquemment la mention (voy. Henzen, Index, Ὁ. 123 [voy. aussi Wilmanns, Exempla, Indices, t. IT, p. 626, col. 2, et C. 1. L.: t. I, p. 594, col. 2 ; t. III, 2, pp. 1182, col. 2 in fine, et suiv.; t. IV, n°1177; ὃς V, 2, nos 4893 et 4910; t. IX, Index XI, ἃ, p. 190, col. 1: comp.t. VIII, 2, p.1101 infine; t. X, 2, p.1159, col. 1, οἱ t. XI, 1, passim]), n’est point un fonctionnaire; car on le rencontre à Pisa à une époque, où il n'y avait certainement aucun fonctionnaire dans cette ville (Orelli, n° 643 [ΞΞ Wilmanns, Exempla, t. I, n° 883, IT, pp. 281 et suiv., et C. I. L., t. XI, 1, n° 1421, lin. 48, p. 278; sur Pisæ, voy. M. E. Bormann, eod., pp. 272, col. 2 in fine, et suiv.]); il est plutôt 6 principalibus, c’est-à-dire qu'il appartient à une classe ayant un rang spécial, savoir la classe des omnibus honoribus functi (voy. Orelli, n° 3761 [—C. I. L.,t. V, 1, n° 4333, et Wilmanns, Exempla, t. I, n° 665]; — Renier, n° 3695 [—C. 1. L.,t. VIII, 2, n° 9643] ; — Apuleius, Apolog., XXIV), et 16 droit de siéger dans cette classe pouvait être accordé comme honor (Renier, n° 3662 [= C. I. L.,t. VIII, 2, n° 9236]). IL est donc possible que, dans quelques municipes, à la place de la classe des patroni, il existât une classe des principales, car, dans cette classe, figuraient des Romains distingués (voy.Orelli, nos 3758. 3108 [— Henzen, n° 7014=— C. I. L.,t. X, 2, no 1808; — t. IX, πο 10067).

(3) Apulei., Metam., X, 18 : oriundus patria Corintho, quod caput est totius Achaiæ provinciæ, — — gradatim permensis honoribus quinquennali magistra- Lui fuerat destinatus.

(4) On trouve des exemples de ces deux titres dans Henzen, Index, p. 155. — [Voy. aussi Wilmanns, Exempla, Indices, t. II, p. 624, col. 2, et C. 1, L.

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