‹ Manuel des antiquités romaines (volume 4)Chapitre 43 sur 49 · ΜΝ ΤΟ ΤΟΥ CES LE · texte numérisé non relu

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être investis (1). Néanmoins, conformément à un usage général (2), on conservait aux sevrri sortis de fonction, soit pour reconnaitre la générosité dont ils avaient fait preuve, soit pour les encourager à de nouveaux sacrifices, les prérogatives honorifiques attachées à ce titre : peut-être n’en fut-il ainsi tout d’abord que dans des cas exceptionnels; mais on en vint à attribuer d’une manière générale à cette concession une durée viagère; nous avons vu que cette règle était appliquée en Afrique aux /lamines des municipes (voy., ci-dessus, p. 244, note 4).

En conséquence, les anciens seviri forment un ordo seviralium (3); en Espagne (4) et en Sardaigne (5), on les appelle sevuri Auqustales perpetui decreto decurionum, mais, le plus ordinairement, Augustales,ou souvent encore Augustales, en y ajoutant les mots decreto decurionum (6): de ces derniers mots il ressort que le privilège de l'admission dans l’ordo Auqgustalium était accordé par un décret du Sénat, rendu pour chaque cas particulier. Si l’on rencontre parfois les titres combinés de sevrr et Augustalis (7), de seviralis et Augustalis (8), cela tient à diverses raisons. D'une part, les seviri, qui étaient 2rgenut et qui ar-

(1) Voy., dans Schmidt, op. cit., p. 12, les inscriptions dans lesquelles des seviri Augustales sont nommés ilerum, tertium. — [Voy. aussi les renvois faits supra, Ὁ. 292, note 1 in fine, aux différents recueils d'inscriptions. ]

(2) Schmidt (op. cit., p. 23) rappellel'inscription publiée au Ὁ. 1. L., t. I, no 571 : Pagus Herculaneus ‘scivit — —: Conlegium, seive magistrei Iovei compagei [sunt], utlei in porticum paganam reficiendam pequniam consumerent ex lege pagana — — uteique ei conlegio, seive magistri sunt lovei compagei U[olcus in teatro esset tam quasei sei ludos fecissent. — [Cette inscription a été reproduite depuis par Wilmanns, Exempla, t. 11, n° 2021, et par Mommsen, C. I. L., t, X, 1, n° 3772, qui l'avait déjà donnée dans ses 1. ἢ. N., n° 3559. — Nous avons ici transcrit la leçon donnée au t. X du Ὁ. 1. L.]

(3) Orelli-Henzen, n°s 2229. 7100 [= C. I. L., t. III, 1, n° 974]. — [Voy. aussi les renvois faits supra, p. 292, note 1 in fine, aux différents recueils d’inscriptions.]

(4) C. 1. L., t. IT, nos 1944. 2026. 2031.

(5) Voy. Della Marmora, Voyage en Sardaigne, t. II, p. 491 — Orelli- Henzen, n° 7112 [= C.I. L.,t. X, 2, n° 1541].

(6) Voy. Schmidt, op. cit., pp. 20. 24 [et le renvoi de la note 1, supra].

(1) Les inscriptions sont réunies dans Schmidt, op. ceil., pp. 15 et suiv. — [Voy. aussi le renvoi de la note 1, supra.] à j

(8) Henzen, n° 7104 [— Wilmanns, £xempla, t. II, n° 2077 et C.I. L.,t.X, 4, 9 5796]. — [Voy. aussi le renvoi de la note 1, supra.]

SeviriAugusta’es perpetui.

Augustales.

Seviri et Augustales.

Augustales qui ne sont pas seviri.

rivaient aux fonctions municipales, n’entraient pas dans la

classe des Augustales et avaient ainsi droit au titre de seviri ou de sevrrales, non à celui d'Augustales; de l’autre, la qualité d'Augustalis pouvait être conférée à titre honorifique par le Sénat à des personnes distinguées par leurs services, mais n'ayant pas été sevirz (1): ces dernières étaient donc Augustales, mais non sevrrales.

Dans l’Italie inférieure, c’est-à-dire en Lucanie, dans le Bruttium, en Apulie et dans une partie de la Campanie et du Samnium, on ne trouve que très exceptionnellement des seviri ou des sevrri Augustales (2) ; il n’y avait là que des Augustales, dont l’organisation est assez obscure et a donné lieu, faute de sources, aux conjectures les plus diverses. Henzen pense que les Awgustales ont dù être constitués dès les premiers temps en collèges dans ces contrées, puisqu'il est parfois fait mention d’un corpus Augustalium (3), et qu’il y avait parmi eux les mêmes magistrats que l’on rencontre ordinairement dans les collèges, des qguæstores, des quinquennales et des curatores, mais pas de seviri. Au contraire, Schmidt estime qu’il n’y a là qu'une différence de noms; il croit que les Augustales ont aussi commencé par fonctionner pendant un an au nombre de six, et qu’ensuite, sans changer de titre, ils ont dù passer dans

(1) Voy. Schmidt, op. cit., pp. 29 et suiv., et, spécialement, le décret des centumuiri de Veii (Orelli, n° 4046 [— Wilmanns, Exempla, t. II, n° 2079 et C. I. L.t. XI, 1, n° 3805; sur cette ville, voy. M. E. Bormann, eod.,

pp. 556 et suiv.]): ...... placuit — — permitti C. Iulio Divi Augusti W(iberto) Gelôti, qui omni lempore muüniciplium) Veiés nôn sôlum consilio et grâtià adiuverit, sed etiam inpénsis suis — — celebrdri voluerit, hondrem ei iüstissi-

mum decerni, ut Augustälium numer6 habedtur æque ac si ed hondre üsus sit, liceatque ei omnibus spectäculis münicipio nostro bisellio proprio inter Augustäles considere...

(2) Voy. Henzen, dans la Zeitschrift für Alterthumswissenschaft, 1849, pp. 201 et suiv.; — Schmidt, op. cit., p. 33. — On ne les trouve qu'à Regium et à Puteoli (Mommsen, 1. ἢ. Ν., n°s 1. 2468 [ΞΞ C. I. L.,t. X, 1,no0s 1. 1561]). — [Voy. aussi C. I. L., t. IX, pp. 191, E, et suiv., et t. X, 2, pp. 1160, E, et >uiv.]

(3) Mommsen, 1. R. N., nos 79. 2522. 2529. 2530 [= Ὁ. I. L., t. X, 1, n°5 114. 1870. 1880. 1881]; — C. I. L.,t, III, 1, n° 3016, — [Voy, aussi les renvois de la p. 292, note 1 in fine, supra.]

l’ordo Augustalium.— Les arguments invoqués à l'appui de ces deux systèmes ne sont nullement décisifs : toutefois, il convient de retenir, parmi ceux que Schmidt a mis en avant, un double

fait: 4° l’existence certaine, à Benévent (1) et à Larinum (2),

d’Augustales iterum, c'est-à-dire d'Augustales investis de fonctions annuelles; 2° l'érection, à Teanum (3), d'un établissement thermal, avec les ressources résultant du don d’avénement de six Augustales. Mais ces faits sont tellement isolés, qu'il n’est guère possible d'en tirer une conclusion générale. L'institution présentait des caractères tout particuliers à Amiternum et à Peltuinum, où l’on trouve des ériumoiri Auqustales (4) ; à Firmum et à Falerio, où l’on trouve des octoviri Augustales (5); enfin à Vercellæ (6) et à Mediolanium, où l'on trouve des sexviri seniores et des sexviri juniores ; voici en quoi, dans cette dernière ville, ceux-ci différaient de ceux-là : les sexviri seniores étaient des affranchis, exclus des honores municipaux, mais qui, après l’expiration de leurs fonctions annuelles, portaient le nom de sexviri seniores et Auqustales, comme ils s’appelaient ailleurs sezviri Auqustales, sexviri et Augustales ; les juniores, au contraire, se recrutaient parmi les ingenui de la tribus Oufentina ; ils devenaient, après le sévirat, décurions ou magistrats municipaux, et n'entraient pas dans l’ordre des Augustales : aussi ne sont-ils jamais mentionnés comme Awgustales, mais seulement comme seviri juniores (1). Après la mort d’Auguste, ses successeurs prétendirent naturellement au même culte. Cependant, il ne semble pas qu'on

(1) Mommsen, 1. R. N., n°s 1504, 1509 [ΞΞ C. I. L., t. IX, nos 1618. 1695].

(2) Mommsen, 1. R. N., n° 5214 [= C. I. L., t. IX, n° 741].

(3) Mommsen, 1. R. N., n° 4000 [ΞΞ Ὁ. I. L.,t. X, 1, n° 4792).

(4) Mommsen, I. R. N., nos 5193. 5196. 5797 [ΞΞ C. I. L., t. IX, nes 4213. 4335. 4313].

(5) Orelli-Henzen, n°s 7126. 7127 [= C. I. L., t. IX, nos 5371. 5446]. — [Voy. encore, pour Firmum : C. I. L., t. IX, nos 5367. 5372. 5373. 5374 ; et, pour Falerio, eod., moe 5422. 5447. 5448. 5451.]

(7) Les inscriptions ont été réunies par Mommsen au C. I. L., t. V, [2], p. 635. À Vercellæ, il doit en avoir été autrement, ainsi que le prouve le sevir iunior et Augustalis, mentionné au C. I. L., t. V, [2], n° 6665.

Triumviri, octoviri Augustales,

sexviri seniores et juniores,

Sezviri Claudiales, Flaviales, ete.

Action du Gouvernement sur l'institution des Augustales.

ait institué pour eux des collèges nouveaux ; on parait avoir utilisé ceux des Augustales déjà existants, mais sans suivre partout une marche uniforme. Tantôt, on remplaça le titre d'Augustals par un titre dérivédu nom du nouvel Empereur ; tantôt, on combina les désignations anciennes et les nouvelles, de la manière suivante : sevir Claudialis, sevir Claudialis et Augustals, sevir Claudialis Augustalis, sevir Augustalis et Neronienus, sevir Augqustalis Flavialis, sevir Augustalis, Flavialis Titialis Nervialis, sevir Antoninianus, Augustalis Septimianus Aurelianus (1); maïs, tantôt aussi, semble-t-il, on conserva seul le titre d’Augustalis, car, bien que le culte de tous les Empereurs régnants ait dû être organisé dans chaque municipe, les nouveaux titres que nous venons d’énumérer sont relativement rares. (2).

Nous voyons que l'institution des Augustales a toujours manqué d’uniformité, et que ces différences ont dû être considérables surtoutdans les premiers temps deson existence. Il n’est pas douteux, eneffet, que son organisation n’ait subi l’influencedu Gouvernement impérial, et que cette influence n’ait eu pour résultat de l’unifier de plus en plus. Toute ville, désireuse d’organiser chez elle le culte de l'Empereur, faisait connaitre ses intentions, comme elle y avait intérêt, et recevait à cet effet une autorisation (3), à laquelle pouvaient être jointes des pres-

(1) Voy. l'indication de toutes les inscriptions relatives à ces titres dans Schmidt, op. cit., pp. 59 et suiv. — [Voy. aussi les renvois de la p. 292, note 1 in fine, supra.]

(2) Parmi les très nombreuses inscriptions relatives aux Augustales, il n’en existe guère que 30, qui mentionnent les nouveaux titres cités. [Voy. le renvoi de la note précédente]

(3) Les choses ne se passaient pas autrement pour les cultes rendus par les villes que pour les cultes rendus par les provinces (Tacit., Ann., I, 18: Templum ut in colonia Tarraconensi strueretur Augusto petentibus Hispanis permissum ; — comp. Quintil., Inst. orat., VI, 3, 11). La négligence apportée dans l’exercice du culte impérial était vue de mauvais œil et punie (Tacit., Ann., IV, 36 : Objecta publice Cyzicenis incuria cærimoniarum divi Augusti

— -- el amisere libertatem ; — Dio Cass., LVI, 46: χαὶ αὐτῷ ἔν τε τῇ Ῥώμῃ ἡρῷον --- — ἐποιήθη χαὶ ἄλλοθι πολλαχόθι, τὰ μὲν ἑχόντων δὴ τῶν δήμων τὰ δὲ χαὶ ἀχόντων οἰχοδομουμένων). — Comp. Marquardt, Séaatsverwaltung, t. III,

p. #44 [voy. p. 240, note 4, supra] ; — Schmidt, op. cit., pp. 42 et suiv.

NE PERS LUS die ΗΝ 4 à

criptions particulières. On ne comprendrait pas que l'institution des Augustales se fût aussi vite généralisée, malgré tout le bon vouloir des communes urbaines, si l’action directe ou indirecte du Gouvernement ne s'était exercée en ce sens. Cette action s'explique par un double motif : d'abord, répandre dans les

᾿ masses populaires le culte impérial, mais aussi ouvrir dans les

municipes un champ honorable, mais limité, à l’activité des affranchis, alors si nombreux, dont le rôle politique avait été, dans la mesure du possible, restreint sous Auguste, à Rome (4).

Reconnu et protégé par l’État, l’ordo Augustalium poursuivit désormais son développement, dans des conditions établies par la loi ; nous allons essayer de les déterminer, aussi exactement que le permettront nos sources.

Les sexviri étaient élus par les décurions ; et de même une décision du Sénat les mettait, après un an de fonctions, au nombre des Augustales.Cedernier point a déjàété mentionné(voy., ci-dessus,p. 299); quantau premier point, aucun témoignage formel ne le démontre ; mais on peut l’induire dece queles décurions sont compétents pour faire remise du don d’avénement (2), pour contraindre les élus, dans le cas où la dépense les ferait reculer, ainsi qu'il dut arriver fréquemment dans les derniers temps, à prendre la fonction qui leur est dévolue (3), pour conférer à des personnages qui n'ont pas été sevrr2 les droits honorifiques attachés à ce titre, ou, suivant la formule consacrée, pour seviros supra numerum allegere (4), enfin pour vérifier la capacité des

(1) Ce point devue est développé par Mommsen dans l’Archäologische Zeitung, t. XXXVI, 1878, pp. 74 et suiv.

(2) Orelli, no 3920 [— (. I. L., t. IX, n° 5448]; — Mommsen, I. R. N., τον 3643. 6129 [= C. 1. L., t. X, 1, n° 3907; t. IX, n° 5017]; — C. I. L.,t. III, [1], n° 14641 ; [2], n° 6294. On trouve une fois aussi des Vlviri gratuiti suffragio populi, à Comum (C. 1. L., t. V, [2], n° 5600). — Voy. Schmidt, op. cit., pp. 76 et suiv. — [Voy., au surplus, les renvois de la p. 292, note 1 in fine, supra.]

(3) Mommsen, I. R. N., n° 79 [= Ὁ. I. L., t. X, 1, n° 114, in latere dextro, lin. 32-34]: hoc autem nomine relevati inpendis [Marquardt, p. 206, note 3. impendis] facilius prosilituri [sic: C. I. L. ; Marquardt, eod. : prodiluri] hi, qui ad munus Augustalit{altis conpellentur [Marquardt : compellentur].

(4) Voy. Mommsen, Séaatsrecht, t. I, 2e éd., p. 440 [la trad. fr. de ce volume, par M. P.F. Girard, n’a pas encore paru; il en a été publié une 89 éd. allemande à Leipzig en 1887]; — Schmidt, op. cit., p. 10.

Nomination des Augustales.

Capacité.

Don d'avènemnert.

Attributions,

Prérogatives

honorifiques.”

SE Ce en 1 0 VAL STORES

candidats. Sans doute, l’éligibilité appartenait à tous les incolæ (1), à tous les Æbertini, et aucune exception n'était faite ni pour les comédiens (2), ni pour les præcones (3) ; mais elle était probablement subordonnée à l’absence de flétrissure et à la justification d’une certaine fortune : en effet, les débours occasionnés par la fonction n'étaient pas sans importance ; et sa collation donnait lieu à la perception immédiate d’un don d’avènement, summa honoraria (voy. p. 264) (4), dont l’emploi était également laissé à la disposition des décurions (5).

Les attributions des sevir: comprenaient, d’une part, l’accom= plissement des sacrifices ordinaires, (voy. ci-dessus, p. 293, note 3), ainsi qu’il résulte de l'acte qui les ἃ institués à Narbonne ; de l’autre, l’organisation de jeux (6) et de festins populaires (7), dont les frais étaient couverts par l’argent qu'ils avaient payé (8), lorsque les décurions ne l’avaient pas employé en bâtiments publics de toute nature (9). Leur fonction se serait ainsi ramenée à un simple munus patrimonti, si elle n’avait été relevée par des marques de distinction importantes. Dans l'exercice de leurs attributions, ils étaient vêtus de la

(1) C. I. L.,t. II, nos 1643. 3369.

(2) Mommsen, 1. R. N., n° 652— C. 1. L.,t. IX, n° 344].

(3) γον. Schmidt, op. cit., p. 68.

(4) C. I. L., t. II, n° 2100. — Comp. ci-dessus, p. 265, note 14. — Inscription d’Assisium (Wilmanns, [Exempla, t. IT], n° 2486 — Orelli, n° 2983 :... hic pro seviratu in remp. dedit HS MM. A Teanum, six Augustales payent ensemble 60.000 HS, soit 10.000 chacun (Mommsen, 1. R. N.,n° 4000 [= Ὁ. I. L., t. X, 1, n° 4792). Pour d’autres sommes," voy. [Mommsen, I. R. N.], nes 951. 961 [= C.I. L., t. IX, nos 808. 810]. — [Voy. aussi les renvois de la p. 292, note 1 in fine, supra.]

(5) Voy. Schmidt, op. cit., pp. 38. 73 et suiv.

(6) C. I. L.,t. TI, nos 43. 4108. 2100 ; t. III, [1] no 1769; t. V, [2], n° 8664; — Mommsen, I. R. N., no°s 1514. 2463. 4040. 4889 [ΞΞ C. I. L., t. IX, n° 1703; t. X, 1, nos 4574. 4760 ; t. IX, n° 2249]. —Orelli-Henzen, n°s 1167 [faisa; voy. C. I. L., t. XIV, p. 15*, col. 2, no 278*].7165, — [Voy. aussi les renvois de la p. 292, note 1 in fine, supra.]

: (7) C. I. L., t. ΤΙ, nos 13. 2100, et nombre d’autres. — [Voy.le renvoi de la note précédente.]

(8) Voy. spécialement C. 1. L., t. II, n° 2100 [et le renvoi de la note 6, supra].

(9) Voy. des exemples dans Schmidt, op. cit., p. 14.

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