‹ Manuel des antiquités romaines (volume 5)Chapitre 70 sur 75 · LES APPARITEURS DES MAGISTRATS · texte numérisé non relu

LES APPARITEURS DES MAGISTRATS

mentarii et

Les scribæ armamentaru (1) rentrent peut-être aussi parmi les ox. appariteurs publics, puisqu'ils forment une corporation ur-

baine et une decuria (p.391) ; pourtant nous ne pouvons pas déterminer plus nettement la destination de cette corporation

qui ne nous est connue que par des inscriptions. — Les espèces d'auxiliaires que nous avons énumérées n’ont du reste pas dû

être les seules qui aient existé dans la constitution Romaine. Il

est à croire qu'il en a été encore constitué d’autres, selon les

besoins et les circonstances, sans qu’il y ait lieu d’insister ici davantage sur les différentes hypothèses.

Notre cadre ne comprend ni les magistrats de Dioclétien et de Constantin, ni leurs officiales, absolument différents des anciens appariteurs. Nous ne pouvons cependant omettre d’indiquer, au moins en quelques mots, la forme dernière sous laquelle nous apparaissent les corps d’appariteurs de la capitale. Ces appariteurs ont, cela peut être établi, subsisté tout au moins jusqu’au sixième siècle de l’ère chrétienne ; ils sont, il est vrai, naturellement devenus dans l'intervalle, d’une institution de l'État, une institution municipale de Rome, et ils se sont aussi essentiellement modifiés; mais il n’y ἃ pas de solution de continuité, et ils portent toujours le titre traditionnel de decuriales urbis Romæ (p. 391, note 1). Il y aurait, sous bien des rapports, un grand intérêt à pouvoir suivre les phases dela métamorphose ; mais les documents nous font défaut ; car, pour tout le troisième siècle les sources sont, on peut le dire, complètement muettes, et tout ce que nous pouvons discerner jusqu’à un certain point, c'est ce que nos corporations sont devenues postérieurement à Constantin (2).

(1) Nous les connaissons par une pierre dédiée à Antonin le Pieux par les scribæ armamentarii (C. I. L. VI, 999)et par deux inscriptions, l’une d’un ex decuria armamentarii (C. I. L. V, 1883) et l’autre d’un armamentarius decurial(is) (C. I. L. X, 4832; la lecture n’en est pas certaine). Ils n'étaient pas, attestent ces inscriptions, inférieurs en rang aux autres scribes.

(2) Les sources principales sont: les titres du code Théodosien De lueris

Les decuriæ et leurs ordines subsistent. Il n’y a de mentionnées en termes exprès que les decuriæ (ou la decuria) scribarum librariorum dont on ne peut fixer plus nettement le rapport avec les anciennes corporations de scribæ, et la decuria lictoria consularis (p. 394, note 5); on ne voit pas clairement s’il reste encore quelqu'une des autres.

Les rapports qui existaient primitivement entre les décuries etles différentes magistratures de la République ont, autant que nous voyons, disparu. La decuria lictoria consularis n’a sans aucun doute rien de commun ni avec les consuls d’autrefois niavecleurs licteurs ; elle ne fait que garder le vieux titre. Les scribæ quæstorii ont de même longtemps survécu à l’enlèvement de l’Ærarium aux questeurs (p.395, note 2); nous pouvons aussi prouver l'existence de scribes des édiles curules à une époque où il n'y avait plus d’édilité. — La fonction primitive des decuriales, l'apparitio a disparu par voie de conséquence. Ce qui la remplace, c'est un service absolument nouveau, absolument étranger à l’époque ancienne, le service du sénat de Rome. C'est le chef de ces decuriales, c'est-à-dire probablement le magister census, qui rédige les sénatus-consultes et qui a la surveillance des procès-verbaux et des archives du sénat (1), et les scribes occupent parmi eux une situation,

officiorum (8, 9) et De decuriis urbis Romæ (14, 1 ; cf. 14, 3, 98), le titre 11, 13, du recueil de constitutions de Justinien, De decurialibus urbis Romæ, n’est qu’un extrait du dernier ; ensuite, dans les Variz de Cassiodore, les deux lettres de Théoderic relatives à la nomination du chef de ces décuries οἱ adressées à ce chef lui-même et au sénat de Rome (ὃ, 21. 22). Le commentaire de Godefroy est, comme toujours, érudit et pénétrant, mais insuffisant par suite de la rareté des matériaux épigraphiques qu’il avait à sa dis position, Je ne connais pas d’études modernes sur la matière.

(1) D’après Cassiodore, Var. 5, 22, Capuanus est nommé, qui curiæ..…. sententiam majoris natu auctoritate facundus ediceret et senatus scrinia conscientiæ puritate servaret, ut actus illos… sua reddat integritate laudandos. Lorsque ensuite il est dit: Capuanum... a præsenti indictione decuriarum rectorem esse præcipimus, cela n’implique pas nécessairement que ce soit là le titre du fonctionnaire dont il s'agit. Si c'était démontré, les attributions indiquées ci-dessus concordent si parfaitement avec celles du magister census de cette époque, étudié par moi dans les Memorie dell’ Inst. 2, 327, qu'il faudrait en tout cas les identifier l’un avec l’autre. Il est permis de l’identifier avec le Flavius Laurentius exceptor amplissimi senatus, qui, d’après la souscription du code Théodosien a remis (edidi) aux deux copistes institués

Page 1