‹ Manuel des antiquités romainesChapitre 10 sur 48 · RE · texte numérisé non relu

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voix; cette pratique a plus tard été limitée par la loi sous certains rapports (1); mais, ainsi quil va de soi, elle n'a jamais été interdite. Le moment où le candidat commence sa tournée dépend naturellement de sa volonté; mais 1] était d'usage, à l'époque de Cicéron, qu'au moins pour le consulat on commença à poser sa candidature à peu près un an avant l'élection, soit seize mois environ avant l'entrée en fonctions (2). Les candidats se faisaient aussi connaître exté-

cens peleret manumque cujusdam rustico opere duratam more candidatorum tenacius apprehendisset, joci gratia interrogavit eum, num manibus solilus esset ambulare (Val. Max. 1, 5, 2, rapproché de Cicéron, Pro Planc. 21, 51) et de L. Crassus, consul en 659 : Equidem, dit le même dans Cicéron, De orat. 1, 24, 110 (d'où Val. Max. 4, 5, 4), cum peterem magistratum, solebam in prensando dimittere a me Scævolam, cum ila ei dicerem me velle esse ineptum, id erat pelere blandius, quod, nisi inepte fieret, bene non posset fieri. En grec, cela s'appelle παραχαλεῖν nai δεξιοῦσθαι τοὺς πολίτας (Plutarque, Coriol, 14), ἀσπασμούς τε mal δεξιώσεις χαὶ φιλοφροσύνας, οἷς ὑποτρέχοντες οἱ πολλοὶ τὸν δῆμον ἐχτῶντο (Plutarque, Æm. Paul. 2).

(4) Ainsi le plébiscite Pœætelien de 397 paraît avoir défendu de nundinas et conciliabula obire, c'est-à-dire avoir limité la brigue publique à la ville de Rome (Tite-Live, 7, 15, 13). Mais, naturellement, cela ne s'est pas maintenu. La brigue s’est bien toujours principalement concentrée à Rome, mais Cicéron (Ad At. 1, 1, 2) dit, par exemple, de sa candidature au consulat : Quoniam videltur in suffragiis multum posse Gallia, cum Romæ ἃ judiciis forum refrixerit, excurremus mense Septembri legati ad Pisonem, ut Januario revertamur, et de celle d'Antoine, Phil. 2, 30, 16 : Qui... in proximum annum consulatum peteres vel potlius rogares, per municipia coloniasque Galliæ, qua nos tum, cum consulatus petebatur, non rogabatur, petere consulatum solebamus, cum gallicis el lacerna cucurristi. César parcourt également, en 104, les municipes et les colonies de sa province, κέ... se el honorem suum sequentis anni commendaret (Bell. Gall. 8, 50).

(2) Cicéron commenca la prensatio le 17 juillet 689 (p. 124, note 4), fut élu en juillet 690, et entra en possession du consulat le 16r janvier 691. IL s'exprime sur un ton de blâme sur la præpropera prensatio d'un de ses concurrents. César se présenta également, dès 704, pour le consulat qu'il devait occuper le cr janvier 106. Ces exemples suffisent ici. — C'est ce délai que Cicéron, Ad fam. 10, 25, 2, désigne comme l'usifatum et quasi legitimum tempus ad pelendum, dont l'observation complète n’est pas exigée, mais est convenable, et en un autre endroit (/n Vat. 14, 31) comme le biennium, quo quis petat peliturusque sit, délai de deux ans, dans lequel le candidat ne doit pas donner de jeux de gladiateurs. Dans le statut de Genetiva, c. 142, il est interdit de donner des banquets eo anno quo quisque anno petilor kandidatus magistratum pelet petiturusve sit; 11 ne devient petilor au sens propre que par l'inscription sur la liste des candidats, et cette défense parait donc se restreindre à l'année du calendrier dans laquelle a lieu cette inscription. Les textes de Salluste et de Dion étudiés, p. 53, note 2, se rapportent au même délai.

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rieurement comme tels aux citoyens en se plaçant pendant l'élection sur la plate-forme sur laquelle le magistrat qui présidait le vote avait son siège (1). Il leur fut à l’origine défendu, mais ils avaient généralement coutume, au moins depuis le vi‘ siècle, de faire leurs tournées en costume de fète, c'est-à-dire de donner à leur toge blanche, en la frottant de craie, un brillant particulier qui attirait violemment le regard (2). Il serait étranger à notre sujet d'insister plus lon-

(4) Tite-Live, 26, 18, 7, dit de l'élection de P. Scipio comme général en Espagne en 543 : Professus se pelere in superiore, unde conspici possel, loco constitit, et Polybe, 10, 5, 2: Προελθόντος εἰς τὸν ἀποδεδειγμένον τόπον χαὶ στάντος παοὰ τὸν ἀδελφόν (cf. Appien, Hisp. 18); Plutarque, Paul. 10, de celle de Paullus comme consul pour 586 : Φοιτώντων χαθ᾽ ἡμέραν (au jour du vote) ἐπὶ θύρας χαὶ προχαλουμένων ἀυτὸν εἰς ἀγορὰν χαὶ χαταβοώντων ἐπείσθη : χαὶ φανεὶς εὐθὺς ἐν τοῖς μετιοῦσι τὴν ὑπατείαν, etc. Il est ici question de l'élection elle-même, --qui, pour les élections au consulat, avait naturellement lieu au champ de Mars, — pendant laquelle les candidats se trouvaient sur cette éminence. Nous voyons ce à quoi il est fait allusion par le fait que le candidat qui renonce à se présenter {emplo descendit abjecta candida toga (Val. Max. 4, ὃ, 3). Par suite, Pline célèbre chez Trajan (Paneg.63), quod comiltiis tuis interfuisli candidatus.. consulatus.vidit te populus in illa vetere potestatis suæ sede, perpessus es longum illud carmen comitiorum, ete. Les candidats se trouvaient done sur la même plate-forme sur laquelle le président du vote avait sa place. — Ce que dit Macrobe, Saf. 1, 16, 35 : Candidatis usus fuit in comilium nundinis venire et in colle consislere, unde coram possint ab universis videri, se rapporte à la brigue qui précède le vote, et qui a naturellement lieu particulièrement les jours de marché.

(2) En 322, un plébiscite defendit ne cui album in vestimentum addere petitionis licerel causa (Tite-Live, 4, 25, 13). C’est dans ce sens que Perse parle, 5, 177, de cretata ambilio et qu'Isidore, Orig. 19, 24, 6, dit : Toga candida eademque crelata in qua... ambiebant addita creta, quo candidior insigniorque essel. La différence avec le costume ordinaire n’était pas dans la couleur de la toge, mais dans son brillant, ce qui faisait Polybe, 10, 4, 8, l'appeler τήβεννα λαμπρά et Sénèque, Ep. 5, 3, conseiller: Non splendeat toga, ne sordeat quidem. — Si le renseignement donné plus haut par Tite-Live est exact, l'usage de la candida pour la candidature existe de toute antiquité. Assurément les allusions à la /oga candida au sens technique paraissent faire défaut chez les comiques ; car Titinius, éd. Ribbeck, 166, se rapporte difficilement au candidat, et Plaute, Aul. 4, 9, 6 — dont je dois l'indication à Studemund — ne peut pas davantage se rapporter à cela, alors que la candida ne figure dans ce poète que comme costume de fête (VI, 1, p. 245, note 4). Mais je ne peux voir là comme, en général, dans la rareté des allusions à l’ambitio et dans le ton excessivement réservé des passages qui s’y rapportent (Studemund m'indique Trinuwmn. 4, 3, 26; Persa, 4, 4, 8; Amph. prol. 62 et ss.; Pæn. prol. 38), que la trace de la censure extrêmement rigoureuse, à laquelle était soumise la scène romaine, spécialement sur ce point si délicat pour

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