EXCLUSION POUR DÉFAUT DE PROFESSIO
La professio, telle qu'elle existe depuis l’époque la plus ancienne, est le préliminaire habituel de l'élection ; mais c’est plutôt un droit qu'un devoir pour le candidat, et l'élection ne l’a pas pour condition nécessaire. Une fois le magistrat qui doit présider l'élection déterminé, le moment de la professio dépend de sa volonté et de celle des candidats. II n’y avait encore, à la fin du vi‘ siècle, rien de prescrit à ce sujet (1) : de nouvelles candidatures pouvaient être posées le jour même du vote (2) et l’on pouvait être élu même sans avoir fait de déclaration. Mais, dans la dernière période de la République, la déclaration a été exigée par la loi et, ainsi qu'il va être expliqué, le temps, le lieu et les formes en ont été réglés de manière à en faire une condition de capacité dont l’inobservation ou l'observation irrégulière exclut du vole.
1. Dans la dernière période de la République, on dresse une liste de candidats auxquels se restreint ensuite le vote et elle est close le Jour où est annoncée l'assemblée électorale,
(1) Dans l'élection de préteurs rapportée par Tite-Live, 39, 39, sur l'an 570, le président du scrutin, une partie des tribuns et même le sénat déclarent une candidature inadmissible, et cependant le candidat maintient sa candidature et a l'opinion publique pour lui; sur quoi le sénat finit par interdire l'élection elle-même. Si l'inscription sur la liste des candidats avait été alors obligatoire, on aurait pu écarter par ce moyen la candidature illégale.
(2) C'est ce que montrent les candidatures de P. Scipio au commandement en chef proconsulaire en Espagne et de Paullus au consulat de 586 (p. 126, note 1).