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sus-Christ. Mais toutes ces difficultés s'évancuiront à l.i vue du dialogue ci-après, où nous donnoris au jeune confesseur et au pénitent une méthode facile pour rendre aimable la confession ffénérale. Enfin, je vous exhorte à ne pas vous examiner sur les péchés véniels, qu'il est très-prudent de confesser exactement dans les confessions ordinaires; mais, si vous voulez en faire un examen détaillé pour les accuser dans la confession générale, ce sera pour vous un embarras inutile et peut-être un piège du démon, qui voudrait par là vous rendre la confession pins ennuyeuse et plus pénible. Comme ils ne sont pas matière nécessaire, il suffit d'en avoir une contrition universelle et de vous en accuser en général à la fin de la confeision. Soyez sîîrs par ce moyen, comme l'enseigne saint Thomas % qu'ils vous seront tous remis.
Accusa- '^*'^^' — ^^ P'"s grande difficulté de la confession du sion générale, c'estl'accusation du nombre des pénombre. , , ir • . XI . 1 • -A
chcs. Voici une règle tres-ciaire qui otera tout embarras. Si vous savez le nombre certain de vos péchés, vous devez le dire comme certain. A cela manquent plusieurs pénitents, qui, interrogés par le confesseur combien de fois ils ont commis le même péché, répondent quatre ou cinq fois, tandis qu'ils sont certains de l'avoir commis cinq fois; ce n'est pas bien se confesser, on doit dire cinq fois, non pas d'une manière dubitative, mais
' In 4, d. 21, q. 1, art.l.
absolue. Si vous ne savez pas le nombre précis, tâchez au moins de dire un nombre probable, et de vous approcher du vrai le plus que vous pourrez. Dites, par exemple: J'ai commis ce péché dix ou douze fois environ; vingt ou vingt-cinq fois environ ; parce qu'avec le mot environ on dit suffisamment, et on ne s'expose pas à mentir. Mais ?i l'on ne peut trouver ce nombre probable sans se tromper considérablement, que doit-on faire? On expliquer la durée et la fréquence de tel péché. Par exemple : J'avais quinze ans lorsqu'un malheureux camarade, plus méchant que le démon, m'apprit à commettre de telles iniquités, et j'ai continué à les commettre jusqu'à l'âge de trente ans deux ou trois fois la semaine, et par intervalle une fois seulement; d'autres fois je passais une semaine entière sans y tomber. A l'âge de vingt ans j'ai formé une mauvaise liaison, je l'ai eue jusqu'à vingt-cinq ; ordinairement je tombais dans le pèche une fois par semaine, quelquefois tous les quinze jours, j'ai même passé un mois sans le commettre; mais, mon père, suffit-il de m'accuser de la sorte? Et pourquoi pas? Plût à Dieu que tout le monde s'accusât ainsi ! Oh ! Dieu soit loué I la chose ne me paraît plus si difficile. Ne vous disais-je pas bien que j'aplanirais ces montagnes? Il ne faudra donc plus vous étonner d'entendre dire que quelquefois nous autres missionnaires, dans l'espace d'une demiheure, et même moins, nous expédions une con-
fession générale, surtout lorsqu'il s'agit des personnes simples. Voilà la marche charitable que nous suivons : il suffit que la personne sache répondre : Oui, mon père ; non, mon père ; car nous l'interrogeons sur toutes les espèces de péchés, qui, dans les simples, se réduisent à un petit nombre. Par là connaissant le nombre probable ou la durée et la fréquence, on débrouille facilement tout ce chaos de péchés. J'ajoute même, pour votre consolation, que dans la confession générale cette distinction numérique des péchés n'exige pas un si grand détail de la part des pénitents que dans la confession ordinaire, à raison, bien souvent, de l'impossibilité morale; caria bonté de Dieu ne demande rien qui soit au-dessus de nos forces, et quand un pauvre pénitent est embarrassé, il n'est pas prudent de lui faire violence pour cela. Si vous demandez à un vieillard, qui toute sa vie a été habitué à des pensées déshonnôtes, combien do fois il a consenti, il ne pourra pas vous répondre : il dira précisément ce que vous lui demanderez. Lui demandez-vous s'il a m?nti mille fois, il vous répondra mille fois; si vous dites dix mille fois, il dira dix mille fois, parce qu'il ne sait pas que vous dire. Dans ce cas, que faut-il faire? Lorsqu'on ne peut obtenir ni le nombre certain, ni le nombre probable, ni même la fréquence, je dis que c'est assez de connaître la mauvaise habitude, et de savoir combien d'années elle a duré. Par là le confesseur compren-
dra, le mieux possible, l'état du pénitent, entendant par mauvaise habitude ce qu'on a coutume d'entendre en ])areille matière, pourvu que le nombre plus ou moins grand des chutes n'ait pas de conséquence, comme dans le vol, car alors il faudrait apporter plus d'exactitude. Mais, dans les autres cas, supposez l'ignorance ou l'embarras du pénitent, il suffit que lo confesseur ait une connaissance approchantedu nombre. Je dis plus, s'il prévoit qu'en l'interrogeant davantage sur le nombre il le jettera dans un plus grand embarras, il peut passer outre, conjecturant en lui-même un nombre approximatif, sans tenir plus longtemps ce malheureux à la torture, alicndii, comme dit saint Thomas, que in confcssione 7ion exigitur ab hominc plusquam possit '.
i27. — A'oiià donc tout ce qui tient à ia con- Précieux fession générale éclairci. ]\Jaintenant,qui d'entre J^j^'^^Ya nous ne se réveillera pas pour exciter dans son «nfescœur la contrition du pénitent Ézécliias, disant ne'rafc. à Dieu avec larmes et soupirs : Recogilabo tibi omnes annos meos in amaritudine an imœ meœ ^ ? Ah ! qu'elle était sincère la contrition d'Ezéchias ! Suivant la remarque de saint IJernard, à peine eut-il prononcé cet aveu en répandant une grande abondance de larmes, que Dieu, pour montrer combien il est touché d une semblable contrition, lui prolongea la vie de quinze ans,
« In 4, (1. J7, q. 3, a. \.
''Isa., XXXVIII, 15
afin qu'il la passât dans une douleur continuelle de l'avoir offensé. C'est pour cela que presque tous les saints jetèrent pour premier fondement de leur sainteté une confession générale de toutes leurs fautes. Saint Ignace de Loyola, dans son Livre d'or des exercices spirituels, exhorte tous ceux qui veulent se convertir parfaitement à Dieu de commencer par faire une confession générale de tous leurs péchés. Saint Vincent de Paul, fondateur de la vénérable Congrégation des mission* naires, ayant entendu une confession générale, suivant qu'il est dit dans sa Vie, prit de là motif de faire ses premières missions, et de fonder ensuite sa sainte Congrégation, dans laquelle on fait une profession expresse d'entendre les confessions générales des personnes les plus ignorantes et dont la conscience est le plus embrouillée. En effet, on voit ces excellents ouvriers donner leurs soins à tous avec une patience infatigable , et avec un fruit admirable de tant d'âmes qui avouent ingénument que si elles n'avaient pas fait une confession générale elles se seraient damnées. Et qu'on ne croie point que c'est ici une invention moderne. La confession générale était déjà en usage parmi ces saints moines et les Pères du désert, comme nous le prouve un exemple dont saint Jean Climaque dit avoir été le témoin oculaire. Il écrit qu'un grand pécheur se présenta à un monastère pour se faire moine. L'abbé, qui était un homme
d'une éminente vertu, vouJut le soumettre à une rude épreuve : il l'obligea à faire la confession de tous les péchés de sa vie. Ce jeune homme, plein de ferveur, ne balança pas, il écrivit incontinent toutes ses fautes, et les lut en présence de toute la communauté. Ce fut avec tant de larmes et de sanglots, que ces bons religieux ne doutèrent plus que sa vocation ne vînt de Dieu. Mais ce qui revient à notre sujet, c'est qu'à mebure que ce jeune homme lisait ses péchés, un ancien vit un ange qui les effaçait de la liste qu'il tenait à la main. Voyez maintenant si saint Jean Chrysostômen'apas raison d'appelerlaconfession générale un second baptême ', qui purifie notre Ame de toutes les fautes passées, et nous fait regagner le temps perdu par le dérèglement de notre vie passée. lied'imenies tempus, quoniam dïcs mali sunt, dit saint Paul ^. Mais comment peuton regagner le temps perdu? Par la confession générale, répond saint Bernard. En effet, que fait alors le pénitent? II répare le temps passé par un sérieux examen de ses fautes, il affermit le présent par une véritable contrition, et assure l'avenir par un ferme propos : Tcmpus in tria dividitrir, in prœsens, prœleritum et fulunim, horuin nu>lum perdit qui recle pœn'teiii'iam agit ^. En un mot, celui qui fait une bonne confession
« lu caj). j, Ep. ad Cor., c. j.
^ li[)h., V, 10.
' Scntiin. de tripl. stat. anim.T.
générale arrive en quelque sorte à l'état heureux de l'innocence baptismale, et son âme devient belle et blanche aux yeux de Dieu. C'est ce que prouve l'exemple rapporté par Césaire. Un jeune étudiant de Paris, extrêmement débauché, touché tout à coup de la parole de Dieu, alla se jeter aux pieds d'un religieux de l'ordre de Gîteaux, pour faire sa confession générale. Ses larmes étaient si abondantes, qu'il pouvait à peine proférer une parole. Ce bon Père lui conseilla d'écrire tous ses péchés, ce qu'il fit. Il lui en apporta la liste. En la lisant, le confesseur y trouva des crimes si énormes, et des cas si extraordinaires, que, n'osant rien décider par lui-même, il demanda au pénitent la permission de la communiquer à son abbé, afin d'en recevoir des conseils; il l'obtint facilement. L'abbé, prenant ce papier pour le lire, le trouva tout blanc; il n'y restait que quelques traits semblables à ceux qu'on tirerait pour effacer des mots. Que voulez-vous que je lise dans ce papier, dit l'abbé, il n'y a rien d'écrit? Le confesseur, qui venait de le lire, ne revenait pas de son étonnement. Il appelle le jeune homme pour lui demander si c'était bien là le papier sur lequel il avait écrit sa confession générale. Sans doute, lui répondit-il. Oh! que vous êtes heureux! lui dit le confesseur; Dieu, par un miracle évident, a effacé de ce papier tous vos péchés, pour vous apprendre qu'il les a effacés de même du livre de sa justice, et la blancheur de
ce papier dénote la blancheur de votre âme, devenue belle et pure aux yeux de Dieu par la grande contrition que sa miséricorde vous a donnée. Néanmoin.s, confessez vos péchés tels que vous vous les rappelez, afin d'en recevoir l'absolution sarramentelle. Après l'avoir reçue, le pauvre pénitent se prosterna contre terre, répandit un torrent de larmes, résolut de changer entièrement de vie pour satisfaire au monde qu'il avait scandalisé par l'cnormité de ses fautes. O sainte confession générale, qui produit de si beaux effets dans notre âme ! Elle réhabilite les confessions précédentes, faites sans les dispositions nécessaires; elle excite l'âme avec plus d'efficacité à la contrition de ses fautes; elle déracine du cœur tous les vices et toutes les attaches criminelles; elle détermine la divine miséricorde à nous accorder un pardon général de toutes nos iniquités; enfin, elle console le pauvre pénitent, et, le rendant pur comme au sortir des fonts baptismaux, le dispose à recevoir de nouvelles grâces et de nouvelles faveurs en cette vie et la gloire éternelle dans l'autre. Que chacun pèse ces précieux avantages de la confession générale, et puis qu'il néglige de la faire, s'il en a le courage. Que celui qui craint d'y trouver des difficultés dans la pratique jette un coup d'œil sur le dialogue suivant, et toutes ses craintes s'évanouiront.