II
pénitence, de laquelle on ne se repent jamais, est obéissante, affable, traitable, débonnaire, souefve, patiente, comme étant issue et descendue de la charité ; de sorte que s'étendant à toute douleur de corps et contrition d'esprit, elle est en certaine façon joyeuse, animée et revigorée de l'espérance de son profit ; elle retient toute la suavité de l'affabilité et longanimité, ayant en ellemême les fruits du Saint-Esprit, qui sont la charité, joie, paix, longanimité, bonté, bénignité, foi, mansuétude, continence.
» Telle est la vraie pénitence, et telle est la bonne tristesse, qui certes n'est pas proprement triste ni mélancolique, mais seulement attentive et affectionnée à détester, rejeter et empêcher le mal du péché, pour le passé et pour l'avenir '. Avec les 2^8. ( B. LiGUORi, n"^ 98-100, lOi et 105.) —
sanrds el ,., . , . ^ . . .
lesmueis, S il VOUS vicnt'un pcuitent qui ne soit pas seulement sourd, mais encore muet, ce qui arrive d'ordinaire, il faudra pour le confesser vous retirer dans un lieu écarté, afin d'obtenir quelque signe de ses péchés et de sa contrition le mieux que faire se pourra . Mais vous ferez bien de vous informer d abord des personnes avec lesquelles il vit, de quelqu'un de ses vices et de la manière de s'en faire comprendre et de le comprendre lui-même. Si vous parvenez à connaître quelqu'un de ses péchés en particulier, avec le signe du repentir, vous lui donnerez l'absolution. Mais
' Théot , liv. XI, ch. xx.1.
je l'absoudrais toujours sous condition, si je n'avais pas une certitude morale de ses dispositions. Si le muet sait écrire, je suis d'avis qu'il est obligé de se confesser par écrit' ; car celui qui est tenu à la fin est tenu aux moyens ordinaires. Je dis ordinaires, parce que l'écriture ne serait pas pour le muet un moyen ordinaire s'il devait lui en coûter beaucoup de peine pour écrire sa confession, ou s'il y avait danger de manifestation.
•2'«-9. — S'il se présentait au confessionnal une suii«. femme sourde ou qui entendît difficilement, surdastra, et que vous vinssiez à vous en apercevoir en l'interrogeant, on demande si vous pouvez lui dire à haute voix de revenir dans un temps Ci dans un lieu convenables. Ce cas se présente souvent dans les missions, et donne bien de l'inquiétude aux pauvres missionnaires. Je réponds que, si le confesseur s'aperçoit delà surdité au commencement de la confession, il peut alors lui dire librement qu'elle revienne. Mais s'il ne s'en aperçoit que dans le cours de la confession, en voyant que la pénitente ne répond pas pertinemment à ses questions, dans ce cas, il ne peut lui dire tout haut de revenir, parce qu'il donnerait lieu de penser aux personnes qui entourent le confessionnal qu'elle s'est confessée de quelque faute grave ou du moins gravement douteuse. Ainsi, la [énitentc se fùl-elle accusée de quelque péché mortel, donnez- lui l'absolution si vous la trouvez
' l.il). 6, n. '479. V. Quar.
disposée; autrement absolvez-la sous condition. En effet, pour ne pas violer le sceau sacramentel, vous ne pouvez lui dire de retourner, et vous ne pouvez pas non plus vous assurer de ses dispositions; imposez-lui une pénitence légère, puisqu'à raison de sa surdité, vous êtes obligé de parler de manière à être entendu des autres personnes*.
Avec les 250. — Si VOUS étcs appelé auprès dc quclqu'un "^"/TëtT* d^ c^s pauvres malheureux condamnés à mort, mori. ayez solu dc le traiter avec toute sorte de charité et de patience. Dès votre première visite, donnez-lui à entendre que la mort est une grâce que Dieu lui fait, parce qu'il veut son salut. Dites-lui que nous devons tous mourir, et cela bientôt, pour entrer dans l'éternité qui n'a point de fin. Parlez-lui ensuite de la vie bienheureuse des saints et de la vie malheureuse des réprouvés. Exhortez-le à remercier le Seigneur, qui a bien voulu l'attendre jusqu'à ce moment, au lieu de le faire mourir lorsqu'il était dans l'état du péché. Enfin, engagez -le à accepter la mort en union avec celle que le Sauveur endura pour son amour. Ranimez son courage en lui disant que s'il accepte la mort il est sauvé, et sauvé avec un immense mérite dont il recevra la récompense dans le paradis. Engagez-le ensuite à se confesser ei à dire sans crainte tous ses péchés. Demandez-lui en particulier s'il ne conserve point de haine con-
' Lib. 6, n. 'i63. V. Petet.
tre personne ; s'il ne conserve point sur lui de particules consacrées d'huile bénite ou d'écriture superstitieuse. Demandez -lui encore s'il n'a point de pacte avec le démon, etc. Après lui avoir donné l'absolution, ayez soin de le faire communier plusieurs fois ', en lui disant de se recommander souvent à la sainte Vierge, afin qu'elle l'aide à faire une bonne mort. En sortant de prison avec la justice, diteslui : Maintenant , mon fils, suivons Jésus-Christ qui est monté au Calvaire afin de mourir pour vous. Arrivé au lieu du supplice, réconciliez-lc et absolvez-le de nouveau en lui faisant gagner quelque indulgence, puis, dites-lui : Consolez-
• In Gallia, in Hispania, et in Sabaudia non adminis- Iratur eucharistîa capitc damnatis, proptcr revcrentiam tanto saciamcnto dcbitani ; in Italia vcro, in Germaniaet fcre in omnibus aliis provinciis ex indulp;entia eis conccditur, non ipso die quo plectendi sunt, sed dicbuj. pnecedentibus si bcne sint dispositi. Unusquisque disci- ;)linam su.nc ecclcsisc sequatur; pictati tanicu et saluti plectcndorum niagis conscntancum est divinam eucharistiaui eis vcre pœnitcnlibus non denep;arc. Ita Bcned. Xl\, de Missœ sacrif., I. 1, c. 20, n. G ; et de Synod- diœces., 1. 7, c. 11, n. 4. Prudcntia autein suadet cain non concedcrc accusatis de crimine et nondum judicatis ; quia 1° co ipso suspccti sunt ; 1° pcriculumest necoiiimunioncm appelèrent ex hypocrisi ; 3" timcndum foret scandaluiu- Non ita judicandum est de ils qui i)roptcr(ideiu aut justitiam pcisccutioneni patientes in carrcribus detiucntur ; con)numio illis procul dubio laudabilitcr datur, etiani die su|)plicii, ac in viaticum si jani non sint jejuni et mors imniineat.
Ita D. D. Bouvier, cpisc. Cœn.///j/<7. tfieolog.,t.ni,7(}. {.\ote du Traducteiim]
VOUS, vous êtes dans la grâce de Dieu ; déjà les portes du ciel sont ouvertes pour vous recevoir ; là vous attendent Jésus-Christ et sa sainte Mère. Unissez votre mort à celle du Sauveur qui est mort pour V amour de vous au milieu des humiliations et de > tourments. Vous l'aimez, n'est-ce pas? Dites donc avec moi : Seigneur, je vous aime par-dessus toute chose; j'accepte la mort pour accomplir votre sainte volonté : je l'accepte pour expier mes péchés. J'espère que vous m'avez pardonné. Je me repens de nouveau des offenses que je vous ai fuites. Je désire de me réunir bientôt à vous dans le paradis, pour vous aimer pendant toute l'éternité. Lorsqu'on lui bande les yeux et qu'il monte l'échelle, dites-lui : Mon fils, dites à la sainte Vierge de venir à votre secours. Acceptez la mort pour vos péchés. Protestez que vous ne voulez consentir à aucune tentation du démon. Lorsqu'il est sur l'éehelleet que la justice va s'accomplir: Voilà le Sauveur qui ouvre les bras pour vous recevoir, dites : Seigneur, je vous ai offensé, je me repens; je vous aime de tout mon cœur. Dieu de mon âme, vous m'appelez, voici que je vais. Sainte Marie, aidez-moi; mon Père, je vous donne mon cœur et mon âme.
Suiie. 251. — Si le condamné refuse obstinément de se confesser, 1° priez pour lui et recommandezle aux prières des autres, surtout des communautés religieuses, a6n qu'on vienne à son secours par des messe?, des litanies, etc.: 2" dites
au condamné que, soit qu'il se confesse ou non, la justice aura également son cours; 3" domandez-Iui s'il se désespère parce qu'il a donné son âme au démon. Dans ce cas, dites-lui bien qu'un pareil pacte est sans valeur, parce que l'àme appartient à Dieu, et que s'il rétracte sa mauvaise volonté. Dieu lui pardonne tous ses péchés ; 4<' si c'est la haine qu'il conserve contre quelqu'un qui cause son obstination. Dans vos premières visites, prenez garde de l'imporluncr pour qu'il se confesse, car il pourrait faire encore pis ; il vaudra mieux lui parler de la miséricorde de Dieu, du bonheur du paradis, des peines de l'enfer et de la mort à laquelle nous sommes tous condamnés. Racontez-lui quelque exemple de pécheurs morts dans l'impénitence, ou de condamnés morts en saints. Tel était ce condamné qui mourait innocent et qui, interrogé pourquoi il n'avait pas démontré son innocence, répondit : Comment ? j'ai demandé d Dieu pendantbicn des années la grâce de mourir dans les humiliations comme Notre-Seigneur ; j'ai obtenu ce que je demandais,et vous auriez voulu que je perdisse une si belle occasion? Dans ces sentiments il marcha gaiement à la mort. Laissez-le ensuite à ses réflexions. Vous retournerez ensuite pour voir s'il est changé, et vous lui direz : Mon fils, la mort approche : que voulez-vous faire? Cest d vous de choisir le paradis ou Venfer. Songez que si vous mourez dan'^ l'impénitence, vous vous en re-
pendrez pendant toute l'éternité, et votre malheur sera sans ressource. Si vous le voyez encore endurci, faites réciter pour lui par les assistants les litanies de la sainte Vierge; jetez- vous à ses genoux en le suppliant de ne pas se perdre. Si vos paroles le laissent insensible, adressez-vous à votre crucifix; enfin si le condamné est arrive au lieu du supplice, dites au peuple de se mettre à genoux et de prier pour cet obstiné. Il peut encore être utile de l'épouvanter en lui disant : Va, maudit, en enfer, puisque tu veux te damner. Sache que ton plus grand supplice sera d'avoir abusé de cei derniers moments que Dieu te donne pour te convertir. Mais hâtez-vous de reprendre sur le ton de la douceur. Si le patient, arrivé sur l'échafaud, demande à se confesser, priez les ministres de la justice de lui permettre de descendre ; car, dans ce cas, ils sont obligés de lui donner le temps de se confesser. Je parle de celui qui ne se serait pas encore confessé ; s'il s'était déjà confessé, vous lui feriez faire un acte de contrition en lui disant qu'il se confesse bien de tous les péchés, surtout de ceux qu'il lui a déjà dits, puis vous lui donneriez l'absolution.
Conduite 252. (Vie de saint François de Sales, par Frluço"! ^6 ^- Talon, pag. 86 et suiv.) — Conduit par ce de Sales, zèle Charitable qui était l'âme de sa vie, saint François de Sales recherchait toutes les occasions de faire connaître Dieu et de porter toutes les créatures à l'aimer. Pour cela, il allait sou-
vent dans les prisons. Un jour un de ses amis le trouva qui enirait dans un cachot ; il lui demanda ce qu'il y allait faire. Notre saint le prit par la main, et lui dit en riant : « Allons, monsieur, allons nous faire prisonniers de Jésus-Christ. » Celui-ci lui répondit qu'au moins il attendît un peu jusqu'à ce qu'on leur eût apporté de la lumière ; alors ce bon prélat alla lui-même au-devant de ceux qui lui en apportaient, et prit le flambeau en sa main : quelqu'un le supplia de le donner à un laquais qui les suivait, mais il lui dit qu'il s'en garderait bien, et que peut-être cette lumière lui servirait pour faire mieux connaître Dieu à tous ces pauvres prisonniers qu'il allait visiter.
Mais, certes, ses paroles et ses actions répandaient une lumière et une clarté plus vive et plus pénétrante que tous les flambeaux; car quand il exhortait ces pauvres gens, il se mettait à genoux à leurs pieds, il pleurait avec eux, il essuyait leurs larmes, il vidait en leur faveur toute sa bourse, il leur donnait à boire et à manger, comme une bonne mère eût pu faire à ses enfants; et ensuite, ayant gagné leurs cœurs, il leur faisait faire des confessions et des actes d'une résignation si grande et si généreuse, qu'on en a vu souvent qui, étant condamnés à la mort, demandaient qu'on accrût leurs supplices et qu'on redoublât leurs tourments, pourvu, disaient-ils, que M. de Genève voulût prendre la peine de les ac-
compagner jusqu'à la mort. Ce qu'il faisait avec tant de douceur, tant de zèle et tant de charité, que tout le peuple y accourait comme à un sermon, et souvent plusieurs des assistants l'allaient prier, au sortir de là, de les entendre en confession, et disaient hautement qu'ils seraient bien heureux s'ils pouvaient espérer à la fin de leur vie d'avoir un tel consolateur, et un homme si plein de charité et de dévotion.
C'était aussi l'un de ses exercices d'aller aux hôpitaux et dans les maisons particulières pour servir les pauvres malades et pour leur apprendre à mourir saintement. Dieu lui avait donné pour cela une grâce si extraordinaire, qu'à l'entendre seulement on était consolé. Une fois entre autres on le supplia d'assister un homme qui était comme désespéré, et qui ne voulait entendre parler ni de confession ni de médecin. Il se hâta d'y aller, et d'abord que cet homme aperçu', notre saint, il lui dit : Ah! monsieur, hélas! que n'étes-vous venu plus tôt ! Et ensuite sortant du lit et se jetant à ses genoux, il les embrassa fortement, et le pria de ne point le quitter; ce que le saint lui ayant promis, ce pauvre homme reprit ses esprits ; il reçut de sa main tous ses sacrements, et mourut paisiblement. Ses dernières paroles furent : Ah! que Dieu soit béni, qui me fait la grâce de mourir entre les bras de mon bonpère et de mon bonévêque. gjjj, 253. — Son secret était, en semblables rencontres, et même avec ceux qu'il conduisait au
supplice, de leur gagner premièremenl le cœur; secondement, de leur faire voir doucement, et en peu de paroles, l'importance de se bien préparer, et l'état où ils allaient être après la séparation de leur corps; troisièmement, il insistait sur quelque acte de foi qu'il s'effor<;ait de leur faire prononcer du fond du cœur, comme étant un point d'où dépendait leur salut ; quatrièmement, si c'étaient des personnes qu'on eût condamnées à mort, il leur proposait lui-môme la situation dune âme en même état que la leur, afin que par ce moyen leur confession fût plus aisée, et qu'insensiblement il apprît l'état de leur conscience ; ce qui étant fait, il les aidait en tout ce qu'il pouvait; ensuite les embrassant tendrement et les tenant entre ses bras ou sur son sein, il leur disait : a Eh bien ! » voilà le tableau de la vie que vous avez menée ; ïj en vérité, ne voudriez-vous pas qu'elle fût plus JD pure et plus innocente, et n'avoir jamais fait » cela et cela? Ah! que Dieu est bon! eh bien! » en vérité, ne mourriez-vous pas plutôt que de » le faire, si vous aviez à recommencer votre » vie? Ah I je vous connais maintenant trop bien, » je répondrais corps pour corps et âme pour » âme pour vous. Courage donc, mes bons amis ; i) hélas ! de ce moment dépend toute une éternité ; » courage donc, donnons-nous tous à Dieu; juin rons-lui ensemble une inviolable fidélité. Eh » bien! n'acceptez-vous pas votre supplice de ï> bon cœur, et ne donncriez-vous pas dix mille
D vies, si vous les aviez, pour expier vos péchés? >j Le dites- vous de tout votre cœur? Voyez-vous i) bien, mes chers enfants, tout autant d'hommes » que vous voyez seront autant de témoins ou i) pour vous ou contre vous, et moi-même qui » vous aime si tendrement, oui, moi-même, je « m'élèverai contre vous : mais non, ce sera « plutôt pour vous ; car je vois bien que vous » êtes tout à Dieu, que vous n'aimez que lui, que » vous délestez votre vie passée, que vous lui « offrez votre mort, et que vous vous consacrez » à lui pour une éternité. Eh bien! quittons tout » de bon cœyr, pères, mères, enfants, amis, pour » son amour. »
Cinquièmement, il leur persuadait de demander pardon, même à ceux qui pouvaient avoir été la cause de leur mort.
A,,c 254. (B. LiGUORi, n' 106-109.) — Il en est ceux qui q^Q \q (Jémon tourmente par des visions époutourmen- vantablcs, par des afflictions corporelles, des 'démon'* coups, des douleurs, etc. Le remède est facile; recommandez-leur la prière, la patience, et surtout la résignation à la volonté de Dieu. JNe soyez pas tellement incrédule que vous regardiez toutes ces invasions ou infestations des mauvais esprits comme des illusions ou des infirmités; car on ne peut nier qu'il n'y ait de véritables possessions, même parmi les chrétiens. C'est pour cela que l'Église a établi de nombreux exorcismes qui, suivant le concile de Trente, ont
toujours été en usage dans l'Église •. Ajoutez que s'il n'y avait ni possession nî obsession, c'est en vain qu'on aurait établi l'ordre d'exorciste, qui donne pouvoir sur les énergumènes et les catéchumènes. Or, CCI ordre est cerlainement un des sept qui ont toujours existé dans l'Eglise de Dieu, comme l'enseigne encore le concile de Trente ^. Du reste, il est de la prudence do suspecter toujours ces sortes d'invasions; car on ne peut nier que la plupart ne soient ou des impostures, ou des illusions, ou des infirmités, surtout dans les femmes.
2')'t. — Qui tamen magis soient confessariorum Suiie. mentem gravioribus difficullatibus implicare,sunt il qui lurpibus visionibus, motibus, ac ctiam tactibus vexantur a daemone, qui non soluni fomitem sensualem excitât, sed aliquando eiiam cum eis carnale commercium sub forma viri aut mulieris habet,quaproptersMfCM&u5, vel incubtis appellatur. Ouidam hos drcmones incubos, vcl succubos dari negarunt ; sed communiler id affirmant auclores, ut Martinus Delrio ^ ; V. Ilieronymus îMenghi ^ ; cardinalis Potrucci ^ ; et Sixtus Senensis '^. Et hoc maxime confirmât S. Augusii-
' Trid. scss., 23, c :>..
^ Scss., 13, c. 2.
* In opère di^quis. magie
* Lib 1,C, \j.
'• Epist. part. 2, lil). 2, opusc. 5, c. î j, n. ô. ^ Lil). 5, Bil)l sacr. .mnot., 77, ex S Cypr. S. Just. TertuU , etc.
nus ' ubi sic scribit : Apparui^se hominibus angelos in talibus corporibus, ut non solum videri, verum etiam tangipossunt,verissima scriplura (estatur, et muUos, quos vulgo incubos vocant, improbos sœpe extitisse mnlieribus,etearumappetiisse, ac peregùse concubilum. Quosdam dœmones hanc assidue immundiliam , et tentare et efficere, plures talesque viri asseverant, ut hoc negare imprudentia videatur. Equidem possunt dœmones ad hune improbum usum defunctorum corpora assumere, vel de novo sibi assumerc ex acre et aliis elemenlis ad carris similitudinum, acpalpabilium et calidorum corporum humanorum species effingore, et sic ea corpora ad coitum aplare : imo tenet praefatus Delrio, citans D. Thomam, D. Bonavent., Scotum, Abulens ; aliosque plures, quod dsemon potest etiam verum semen afferre aliunde acceptum, naiuralemque ejus emissionem iinilare, et quod ex hujusn odi concubitu vera proies possil nasci, cum valeat daemon illud semen accipere, piita a viro in somno poUutionem patiente, et prolificum calorem conservando, illico in matricem infundere; quo casu proies illa non erit quidem filia dœmonis, sed illius cujus est semen, ut ait D. Thomas apud citalum auctorem. An autem, inspeciis legibus a divina providentia constitutis pro propagatione generis humani, haec aliquando evenisse aut evcnire posse credendum sit, sapientiorum judicio remiltimus. Hic autem
; Lib. 15 de Civit. Dei.c. 23.
DES CONFESSELKS. 39
fit dubium, an possit daemon, permiticnte Deo, absque hominis culpa manus illius admovere ad se taclibus pollucndum. Affirmât Pater Gravina dominicanus, et quidem probabililer; si enim valet, dœmon toium corpus alicujus niovere, ut narratur de Simone mago, ope dœmonis in aerem sublato, cur non poterit et manum? Praeterea si da?mon polesi alicujus commovcre linguam ut invitus proférât obscœna verba, aut blasphemias contra Deum, quidni manus ut lurpia palretur? idem sentit cardin. P(t^ucci^ ubi sic inquit: Non semel compertum fuisse, quod dœmon aliquam parlem in humano cor pore corperit quodammodo possidere, puta oculos, îinguam tel eliam verenda. Ilinc fit, Iinguam ohscœnissima verba proferre, licetmens talia tune non advertat. Hinc impetus et affectus quandoque se turpiter dcnudandi provenxunt . Hinc fœdiora quœ me conscribere pudet.
256. — Si donc il se présente jamais un péni- Su'ne. lent tourmenté de cette es[)èce de tentation [)ar l'ennemi que l'Eglise appelle esprit de fornica^ lion, et qu'elle prie particulièrement le Seigneur d'éloigner de nous, vous devez mettre tous vos soins à le fortifier dans un si terrible combat. En effet, dit le cardinal Pi trucci'^, ces sortes de personnes sont m grand danger, si elles ne sont soutenues par des remèdes très-forts et quclque-
' Lil). 6, n. 8.
=» JS. 7 et 9.
fois même extraordinaires. La chose est facile à concevoir : il faut pour résister une grâce puissante de la part de Dieu, et une grande violence de la part du patient. Il sortira donc difficilement vainqueur d'une semblable lutte, s'il n'use avec persévérance d'une grande mortification, et pardessus tout de beaucoup de prières, se recommandant mille et mille fois à Noire-Seigneur et à la sainte Vierge, les suppliant par ses pleurs et ses gémissements d'avoir compassion de lui. Autrement, s'il se relâche, s'il manque à la prière ou à la mortification, dit le cardinal nommé plus haut, il court le plus grand danger de tomber, au moins indirectement, dans quelque complaisance secrète pour ses délectations contraires â la pureté. Donc, pour en venir aux remèdes, si vous pouvez juger que ce n'est nullement de la faute du pénitent, exhortez-îc dabord à recourir à la prière en invoquant souvent les saints noms de Jésus et de Marie; ensuite, engagez-le à s'éloigner le plus qu'il pourra des plaisirs des sens; à fréquenter les sacrements ; à protester souvent qu'il ne veut jamais consentir à aucune suggestion ou délectation, dont le mauvais esprit pourrait lui faire sentir les atteintes ou les attraits; à se fortifier souvent du signe de la croix, en la portant même sur lui; à jeter de l'eau bénite sur son lit et dans sa chambre; à porter sur lui quelque relique et l'évangile de saint Jean ; à se prémunir par des exorcismes particuliers, en disant ; Vi-
DES CONFESSELUS. H
laine bêle, au nom de Jésus-Christ, je t'ordonne de l'éloigner de moi, et de ne plus me tourmenter; enfin, exhortez-le à faire souvent des actes d'humilité intérieurs et extérieurs, car le Seigneur permet quelquefois ces sortes de tentations pour guérir l'âme d'un orgueil secret.
257. — Mais une difficulté plus grande, c'est suiie. de guérir le pénitent qui consent à ses actions ou qui même les recherche. Il est difficile que les pénitents de ce caractère se convertissent sincèrement; car, d'une part, le démon a acquis un certain empire sur leur volonté, et, d'autre part, ils sont trop faibles pour résister. Ils auraient besoin d'une grâce extraordinaire que Dieu n'accorde que très-difncilement à de pareils scélérats. Toutefois, si vous en rencontrez quelqu'un, ne perdez pas confiance. Traitez-le avec la plus grande charité, ranimez son courage en lui disant que là où il n'y a pas de volonté, il n'y a pas de péché; que toutes les fois qu'il résiste, il ne iièche pas. Commencez par faire contre le démon au moins l'exorcisme privé ; il est certainement permis' en celte manière : Ego,utmînister Dei, prœcipio libi, aul vobis, spiritus immundi, u> recedalis ab hac creatura Dei. Demandez ensuite au pénitent s'il n'a jamais invoque le démon, ou fait quelque pacte avec lui; s'il a renié la foi, ou fait quelque action qui lui soit contraire. Demandez-lui sous quelle forme le dé-
• N. t03, dcailjiir., ibi, n. i.
mon lui apparaît, si c'est sous la forme d'un homme, d'une femme, d'une bête, ou de quelque créature ; parce qu'alors au péché contre la chasteté et contre la religion, il joindra le péché de fornication, ou de sodomie, ou d'Inceste, d'adultère, ou de sacrilège affeciîl^. Demandez-lui en quel lieu et en quel temps il a eu un semblable commerce. Vous lui montrerez ensuite toute l'énormité de sa faute ; vous l'engagerez à se convertir sincèrement et à faire une confession bien entière, car ces sortes de pénitc«ts cachent facilement leurs péchés. Enfin, vous lui indiquerez les mêmes remèdes marqués plus haut : recourir souvent à Dieu et à la sainte Vierge ; prononcer souvent le nom de Jésus et de Marie; faire usage de l'eau bénite et du signe de la croix; porter sur lui quelque relique et le livre des Evangiles; enfin, faites souvent l'exorcisme privé, comme nous avons dit ci-dessus. Vous lui différerez l'absolution; mais vous l'engagerez à revenir souvent pour voir comment il résiste aux assauts du démon et comment il use du remède. Vous ne lui donnerez l'absolution qu'après une longue épreuve, parce qu'en cette matière, ainsi que nous l'avons dit, il est rare que les conversions soient vraies, et il est très-rare qu'elles soient persévérantes.