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Suite.
sance da moindre péché confessé; et lorsqu'il sera obligé de demander conseil pour la résolution de quelque cas difficile qui lui aura été dit en confession, il doit bien prendre garde à en demander l'éclaircissement à de telles personnes, et de telle manière qu3 le pénitent ne puisse être découvert; c'est pourquoi il est bon qu'il s'abstienne entièrement de parler avec d'autres personnes des péchés qu'il a entendus dans la confession, et que lorsqu'il est nécessaire d'en parler, même avec le pénitent, il ne le fasse point néanmoins sans sa permission, ni d'autre manière que dans l'acte, et sous le même sceau de la confession.
436. (B. LÉONARD, no5 30 et 31, 1" partie.) — Sans m'étendre outre mesure sur le sceau sacramentel, je crois devoir vous proposer quelques considérations pratiques, dictées par la prudence, propres à prévenir toute erreur sur cette matière et toute inquiétude de conscience. Vous connaissez déjà la doctrine commune des docteurs sur le secret sacramentel auquel nous sommes tenus de droit naturel, divin et ecclésiastique. En conséquence je dis que nous devons adopter cet axiome, que les choses dites en confession seront pour nous comme si on ne nous les avait pas dites. Comment ne pas blâmer l'imprudence de ceux qui parleraient sans discrétion de ce qui se dit en confession, comme s'il avait été dit sur une place publique? Je veux
croire que c'est à bonne intention et sans faire connaître les personnes. Quoi qu'il en soit, on ne doit jamais donner lieu de soupçonner qu'on parle de ce qui se dit au tribunal, et tout confesseur doit bien se souvenir de cet avertissement canonique : Illud quod per confessionem scio, minwi scio, quam illud quod nescio '. En effet, suivant le pape Eugène, ce que le confesseur sait par le moyen de la confession, il le sait ut Deus, et hors de la confession il ne parle que vt liomo, comme l'explique admirablement le docteur angélique. Ainsi comme homme il peut dire qu'il ne sait pas ce qu'il a appris comme représentant de Dieu. Je dis plus : Ut liomo potest jurare absqiie lœsione conscientiœ senescirc quod scit tantum ut Deus ^. Mais, quand le confesseur peut-il parler pour demander conseil sur les cas qu'il ne saurait résoudre lui seul? Je dis que le canon omnis utriusque^ autorise à consulter, pourvu qu'on ne s'expose jamais à faire connaître le pénitent.
l'ar conséquent, quelle nécessité y a-t-il à dire que ce cas vous est arrivé en confession? Exposez-le comme s'il était arrivé jà d'autres, ou pouvait arriver. Lorsqu'il y a plusieurs prêtres, comme dans une mission, ne l'exposez pas publiquement, mais seulement à celui qui est le plus
' Cap. si sacerdosdc ofiic jud. or.
* Quodiib., 12, art. 16, sup. 3.
^ De l'ocnit.
capable de vous donner conseil, et abstenez-vou& de toute expression déplacée dans la bouche d'un confesseur : par exemple : Le premier pénitent que j'ai confessé aujourd'hui, etc. La première femme que je confessai hier, etc. Ce matin, j'ai trouvé au confessionnal uncas épouvantable, etc. Un jeune homme qui me faisait une confession générale en tel endroit, etc. Un noble qui vint à moi dans telle mission, etc. A celui qui se préente avec tant de péchés, j'ai coutume de donner telle pénitence, etc. La première femme que f ci confessée cette année était coupable d'adultère. etc. Parmi ce grand nombre de pénitents que j'ai confessés aujourd'hui, à peine en ai-je trouvé deux ou trois coupables seulement de péchés véniels, etc. Ne voyez-vous pas qu'en parlant ainsi vous exposez le pénitent à être facilement reconnu, et vous à violer le secret pourtant si sacré delà confession? Cependant, parler seulement en général des péchés entendus en confession sans nommer personne, mais avec le simple danger de manifester le pénitent, est-il contraire au secret? Des théologiens très-estimables soutiennent l'affirmative, quoique d'autres soient d'un sentiment opposé. Fagnan décide que de parler même en général des péchés entendus en confession, avec la certitude que le pécheur restera inconnu, raro faciendum est a viro gravissimo, rarius a vira gravi, rarissime a viro levi *. Concluons donc et « Cap. officii de Pœn. et rem.
rappelons-nous qu'il n'y a point ici de légèreté de matière; qu'avec le pénitent lui-même nous ne pouvonsdonneraucunsignedcs péchés qu'ilnous a dits au saint tribunal, et beaucoup moins en parler, sans une libre, claire et expresse permission de sa part, car une permission tacite ne suffit pas; que les prédicateurs eux-mêmes, en parlant contre les vices, ne doivent pas dire la moindre chose qui puisse faire soupçonner qu'ils so servent des connaissances acquises au confessionnal; que les confesseurs ne peuvent s'entretenir entre eux des défauts des personnes qu'ils diripenl; qu'à plus forte raison, les supérieurs ne peuvent se servir de ce qu'ils ont appris en confession pour le gouvernement extérieur de la communauté, même quand le pénitent n'en éprouverait aucun désagrément. En un mot, le confesseur doit être silencieux et circonspect en tout. Au confessionnal même il doit parler si bas qu'il ne puisse en aucune manière être entendu de ceux qui l'environnent, à cause du respect dû au secret sacramentel, ayant toujours présent à l'esprit l'axiome énoncé plus haut : que les choses entendues en confession soient pour nous comme si nous ne les avions pas entendues.
Nous voici arrivés à la fin de nos instructions. Je les termine par un trait bien connu, mais qu'on ne saurait assez répéter. C'est celui d'un gentilhomme qui vivait en occasion prochaine avec une femme coupable, et qui, pour son grand
malheur, avait trouvé un confesseur d'une complaisance sans égale qui l'absolvait toujours. L'épouse du gentilhomme, dame d'une haute piété, ne manquait pas de réveiller la conscience de son mari en lui rendant suspectes toutes ces absolutions données sans éloignement de l'occasion; son mari se riait de ses efforts. Vous voulez faire le théologien! lui disait-il. Prenez soin de votre âme, je prendrai soin de la mienne ; si mon confesseur ne pouvait m' absoudre, il ne m'absoudrait pas. Il continua de vivre comme auparavant et à se confesser comme auparavant. La confession même qu'il fit à l'article de la mort fut semblable à celles qu'il avait faites durant sa vie. La dame restée veuve, étant un jour en prière dans son oratoire, vit entrer, au milieu d'un énorme tourbillon de flammes, un homme monstrueux porté sur les épaules d'un autre homme. La bonne dame voulait fuir. Non, lui dit-on, non, arrêtez; sachez que je suis l'âme de votre mari, et celui qui me porte est l'âme de mon confesseur ; nous sommes damnés tous les deux, moi pour m'être mal confessé, et lui pour m'avoir absous mal à propos. Et la vision disparut.
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