PREFACE. XLVII
piété les derniers sacrements. Le médecin ayant ordonné un remède propre à ranimer ses forces éteintes, le saint missionnaire le prit par obéissance en disant : Oli ! si l'on en faisait autant pour l'âme que pour le corps! En efï'et, son corps ne connaissait d'autres traitements que des macérations et des abstinences. Afin d'être plus recueilli, il pria les religieux de le laisser seul, et on l'entendit, pénétré d'une ferveur extraordinaire, s'entretenir avec Dieu et invoquer sa puissante protectrice, l'auguste Marie. Enfin, vers minuit, conservant toute la connaissance et toute la sérénité de sa belle àme, il s'endormit, sans aucune agonie, du tranquille sommeil des justes. C'était le 24 novembre I75i.
Nous avons oublié de dire (|ue c'est lui (jui le premier établit le chemin de la croix dans le Colysée. 11 voulut que l'étendard du Fils de l'homme fût publiquement vénéré par les chrétiens de ces derniers temps, au même lieu où le paganisme tout-puissant voulut en abolir la mémoire^ et où nos pères dans la foi remportèrent de si glorieux triomphes.
liLXlIl PRÉFACE.
A peine la mort du Serviieur de Dieu fut-elle connue, qu'un concours immense de peuple s'assembla devant le monastère pour rendre un dernier hommage à la sainteté de leur grand missionnaire. L'affluence fut telle, qu'on fut obligé de tenir les portes fermées, dans la crainte de quelque accident. Un grand nombre de miracles opérés par son intercession, soit durant sa vie, soit après sa mort, attestent que le bras du Seigneur n'est point raccourci et que la voix du peuple est toujours dans ces cas-là le iidèle écho de la voix de Dieu : Vox popidi, vox Dei. Il fut béatihé par Pie VI le 14 juin 1796.
•4° Il se compose des Instructions de saint Charles aux confesseurs. Parler de la vie de ce grand archevêque serait superflu : tous les prêtres la connaissent. Nous dirons seulement un mot de l'opinion répandue en France, du moins dans certains diocèses, que saint Charles est le patron de la morale sévère; qu'il professe une doctrine diiïérente de celle de saint Liguori. Celte opinion n'est qu'un préjugé dénué de fondement ; nous le montrerons bientôt. En attendant, voici ce qui a pu la
faire iiailrc : l' Ucaucoup (le personnes en France parlenl de la Morale du bienheureux Liguori sans la connaître parfaitement, nous oserions presque dire sans l'avoir lue. 2" Le bienheureux Liguori étant , selon l'expression de Léon Xll, fort érudit cl fort savant, il a détrôné bon nombre d'ophiionn mondes qui avaient usurpé dans nos <''Colcs le litre de préceptes incontestables; celle prétendue témérité a été pour quelques personnes une occasion de scan- <lalc. 3" ^ous connaissons les Insiructious de l'illustre archevêque de Milan, bien moins par la traduction fidèle du clergé de France que par les fragments de l'infidèle traduction latine dont l'auteur d'une Méthode y classicjue parmi nous, a fait usage. Pour rectifier celte erreur si grave, et montrer la conformité de la morale de saint Charles et du bienheureux Liguori sur les règles générales do direction, nous avons r«'j)roduit dans le Manuel la traduction du clergé de France : elle s'3 trouve conserv(''c sans changement d'aucune espèce '.
• Nous prions nos lecteurs de bien i< inaïqucr «juc nous avons conservé la traduction du clergé
L PBEFACE.
Afin d'épargner à nos lecteurs la peine de confronter ces deux traductions et d'en rechercher les différences, nous plaçons ici la comparaison qu'en a faite monseigneur l'évoque de Périgueux. Son travail ne laisse rien à désirer. Le voici :
La Méthode de Direction que l'évêque de Toul fit d'abord imprimer pour son diocèse en 1772 ', sur des manuscrits qui avaient été dictés au séminaire de Besançon, a été réimprimée sous le titre qu'elle porte aujourd'hui, après avoir été retouchée et augmentée par un directeur du séminaire de Besançon, M. Pochard, dont le nom sera longtemps en vénération dans ce diocèse. Cet ouvrage, si utile et si recommandable sous plusieurs rapports, n'est cependant pas sans défauts ; ce qui paraît provenir surtout de la manière dont il fut
de France, san.'i aucun changement, parce qu'elle fait aiiloritë. Comme elie est déjà ancienne, elle offre des longueurs, des tours de phrase \ieillis et «lulres incorrections de style. C'est sans doute ce qui a fait dire à quelques personnes que nous avions apporté moins de soins à la traduction de saint Cliarlfs qu'à celles de nos autres auteurs.
' Sous le titre <Y Instructions sur les fonctions du ministère pastoral, adressées par Mgr. levèque de Toul au clergé séculier et régulier de son diocèse.