PRÉFACE. LIX
jirobablement, f/iudica probabUmente , que, quoiqu'ils promettent de quitter le péché, ils ne le quitteront cependant pas; et à l'égard de ceux qui, ayant persévéré pendant plusieurs années, et qui, étant retombés dans les mêmes péchés, n'ont fait aucune démarche pour se corriger, avant que de se présenter au tribunal. D'ailleurs, il n'exige pas, pour pouvoir absoudre les pécheurs dont il s'agit, qu'ils soient entièremenlj ni même notablement corrigés, puisqu'il prescrit de leur différer l'absolution, jusqu'à ce que le confesseur voie en eux r/^r/r/z/f changement, qucbiue amendemerit, qualclic cmendazione.
II. OH'int aux occasions du péché, il est vrai (jue la Méiliode de direction cite les [nsfructions de saint Charles ; mais elle ne les cite que d'après la traduction latine, dont j'ai déjà fait remarijuer l'inexactitude; encore s'esl-on permis quelques suppressions, qui nous empêchent de connaître la pensée de ce saint arche\ê(|ue, comme on en pourra juger en rapprochant les citations du texte original et de la Iraduction française.
LX PRi:i'ACE.
TEXTE ITALIEN. TRADUCTION LATINE
citée dans la Méthode de direction, chap. vir.
Esscndo dunque in- Pœnitcntem in aliqua
volto il penilente in al- cxhisoccasionibus vcr-
cunadiquGstooccasioni saniem, si urgcns sit
0 altrc a questc simili, illa occasio, ut qui con-
se la dotîa occasione e cubinam, v. g., alcret,
talc, che sia in essere, non débet, sine diibiô,
corne lener le concabi- confesser absolvere,ni-
ne, 0 siniile, non deve si hanc occasionem an-
ilconfessoreassolverlo, tea sustulerit. Pro aliis
se prima attualmente vero occasionibus, qiia-
non lascia l'occasione: les sunt alcœ vacatio,
ncir altre occasioni, eo- aspectus minus pudici,
me professione di giuo- colloquia, gestus, etc.,
chi, sguardi, conver- non absolvat, nisi eas
sazioni, gesli, ec., se dimiitere pœnitens pol-
non promette di las- liceatur; quod si jam
ciarla, e quando anche olias kl pollicitus sir,
pronietta, se, avendo nec emendalus fuerit,
promesse altre voke, absolutio tandiu dilïr-
TRADUCTION FRANÇAISE
Le pénitent donc étant engagé en une de ces occasions, ou autres semblables, si tant est que cette occasion soit présente, comme s'il a dans sa maison une concubine, ou autre semblable, le confesseur ne lui doit point donner l'absolution qu'il n'ait premièrement quitté effectivement cette occasion. Et quant aux autres occasions, comme des jeux, des regards, des conversations et des gestes, etc., il ne doit point aussi lui accorder cette même grâce qu'il ne promette de s'en abstenir. Que s'il l'avait promis autrefois, et ne s'en était pas néanmoins corrigé.
PRKFACE. LXl
TEXTE ITALIEN. TRADUCTION LATINE
Dondimeno non si sia ratur donoc emendalioomendalo, differisca ncm agnoverit.
i'assoluzioiie sino a tanto che vcda qualchc cmmdazione.
TRADUCTION FRANC Aï SE.
il doit alors, quelque promesse qu'il en fasse, lui différer l'absolution, jusqu'à ce qu'il voie quelque amendement.
Dans ce passage de saint Charles, on remarquera l"qiie le traducteur latin a cru devoir ajouter après non drbei les mots sine duhio, (juij ne répondent à rien, ni dans le texte original, ni dans la traduction française; 2° (ju'il a rendu altre volte, au j)luriel, par alias, ce qui peut s'entendre d'une seule i'ois; 3 qu'il a supprimé le mot (lualclie, en français quelque, ({iii se trouve immédiatement avant le substantif cmcndazionc , et qu'ainsi, ati lieu de dire donec alùiiiam emcndalluncm uf/noverit, il dit simplement, d'une manière absolue, douce emendal'ionem a(jnoverii ; ce qui, comme je l'ai fait remarquer plus haut, modifie singulièrement la pensée du saint archevêque de Milan.