B, LiGUORi, n"' 17 et 18.) — Labia sa- '"'P
j . ,. lance de
cerdolis cuslodient scienltam, et legem requi-\Ac^ui\\[é rent ex ore ejus \ Pour bien remplir l'office de .ly^'J^urdocteur, et éviter le double écuoil du relâche- sfioce ment et du rigorisme, le confesseur doit donc VJ«e. connaître la loi ; comment celui qui ne la sait pas, pourrait-il l'enseigner aux autres ? C'est ici qu'il faut rai)peler ce mot de saint Grégoire, que la direction des âmes dans le chemin du salut csi l'art (\cs arts : artium ars est regimcn animurum. Saint François de Sales ajoute que l'office • iMahioli., 3, 7.
i24 MANUEL
de confesseur est le plus important et le plus difficile de tous. Cela est vrai ; il est le plus important, là se rapportent toutes les sciences, puisque la fin de toutes les sciences est le salut éternel ; il est le plus difficile, car, en premier lieu, l'office de confesseur exige la connaissance de toutes les sciences, de tous les autres arts et de tous les autres emplois ; en second lieu, la science de la morale embrasse une foule de matières disparates ; en troisième lieu, elle se compose en grande partie d'une multitude de lois positives, qu'il faut interpréter chacune dans son véritable sens : de plus, il n'est aucune de ces lois qui ne présente de grandes difficultés à raison des no"nbreuses nuances des différents cas qui exigent des solutions différentes. Il en est qui, se croyant des littérateurs et des théologiens distingués, dédaignent de lire les moralistes, qu'ils appellent par mépris du nom de casuistes. Ils disent que, pour confesser, il suffit de connaître les principes généraux de la morale, qu'on peut avec cela décider tous les cas particuliers. Qui est-ce qui nie que tous les cas doivent se résoudre d'après les principes? Mais la difficulté est d'appliqu T aux cas particuliers les principes qui leur conviennent. Cela ne peut se faire sans une discussion approfondie des raisons sur lesquelles se fondent les sentiments opposés : or, c'est là ce qu'ont fait les moralistes; ils ont cherché à moîiirer par quels principes on devait décider
I)KS CONFESSEURS. llb
une foule de cas particuliers. Ajoutez qu'aujourd'hui il y a tant de lois positives, tant de bulles, tant de décrets dont il est impossible d'avoir connaissance, si on ne lit pas ces casuistes qui les rapportent; et, sous ce rapport, les théologiens modernes sont certainement plus utiles que les anciens. Le savant auteur de V Instruction pour les nouveaux confesseurs'^ dit avec raison qu'il n'est pas rare de trouver de grands théologiens aussi superficiels en morale que profonds dans les sciences spéculntives. Car, suivant la remarque de Gerson ^, la morale est la plus difficile de toutes les sciences, et il n'est pas de docteur, si savant qu'il soit, qui n'y trouve chaque jour des choses nouvelles; d'où il conclut que le confesseur ne doit jamais négliger l'étude de cette science. Le savant Sperelli tient le même langage ^ «Ils se trompent étrangement, dit -il, ces confesseurs qui se livrent tout entiers à l'étude de la scolastique, regardant presque comme un temps perdu l'élude de la morale, et qui, en conséquence, ne savent pas distinguer lepram a lepra; qui error, ajoute-t-il, confessarios simul et pœnitente'! in œtcrnum inleritum trahet.»
75. — .le ne prétends pas néanmoins qu'il Eiendue faille autant de science pour confesser les per- .rience. sonnes simples et ignorantes que des hommes de
' Part. I, II. 18.
* Tract, (le mat.
•' De Epis., p. 3, c. IV
120 MWUEL
loi, des négocia ni s, des ecclésiastiques et autres personnes semblables; autant pour confesser dans une campagne que dans une ville : surtout s'il y avait une telle pénurie de confesseurs que les pénitents fussent obligés d'attendre longtemps sans se confesser'. Mais cela ne suffit pas pour excuser certains prêtres qui, après avoir lu en courant quelque petit abrégé de morale, se mettent témérairement à confesser. II faut au moins que le confesseur sache : 1° jusqu'où s'étend sa juridiction ; surtout il doit bien faire attention que les prêtres séculiers ne peuvent absoudre les religieux sans la permission de leurs supérieurs, à moins qu'ils ne soient en voyage ou c[u'ils ne demeurent hors de la communauté, et encore faut-il qu'ils n'aient avec eux ni compagnon ni prêtre approuvé de leur religion. Dans ce cas, les religieux peuvent être absous par un simple prêtre. Les supérieurs sont alors censés, d'après l'usage, donner à leurs inférieurs la permission de se confesser à tout prêtre approuvé * ; de plus, il doit être instruit des cas et des censures réservés, au moins des plus ordinaires, tels que rexcommunication papale qu'encourt celui qui tombe extérieurement dans l'hérésie, ou celui qui lit, conserve, vend des livres hérétiques qui traitent de la religion ex professa, ou qui contiennent une hérésie formelle; les cinq cas papaux de
' Lib. 6, n. 628.
* Lib. 0, n. â/ô. : •
Clément VIII, savoir : la percussion grave ou médiocre d'un clerc ou d'un moine; la simonie réelle ou confidentielle; la violation de la clôture des monastères de religieuses dans de mauvaises intentions; la violation des immunités, et le duel ; l'excommunication fulminée par Benoît XIV contre les confesseurs qui absolvent leur complice in matcria turpi\ et contre ceux qui enseignent que le confesseur peut demander le nom du complice, même en refusant l'absolution à celui qui ne veut pas le faire connaître '^, ol les autres exconmuinications communes qu'on peut voir au traité de Censuris. 2° Il faut qu'il sache distinguer les péchés véniels des péchés mortels, au moins ex génère suo, qui reviennent le plus souvent : des autres il doit au moins savoir douter; 3" les interrogations à faire, les circonstances du péché, au moins celles qui en ( jiangent l'espèce; ce qui constitue l'occasion l»rochaine ou qui emporte l'obligation do restituer; les qualités de la contrition et du forme propos; enfin les remèdes propres à opérer l'amondemont. En \ui mol, il est certain qu'un confesseur est en état de ^damnation lorsqu'il s'ingère à entendre les confessions sans avoir la science suffisante. Dieu le réprouve : Quoniain tu scientiam repuUsti, repeUamte, ne sacerdolio
• I,il>. 0, n. loi.
128 MANLEL
fungaris mihiK L'approbation de l'évéque no saurait l'excuser lorsqu'il se reconnaît manifestement incapable : l'approbation ne donne pas la science nécessaire, elle la suppose. Je dis manifestement; car le confesseur qui n'aurait que des doutes pourrait et devrait se tranquilliser sur le jugement de son supérieur, pourvu qu'il s'efforçât d'acquérir au moins la science suffisante par une étude plus suivie. Mais nul confesseur ne doit négliger l'étude de la morale. En effet, dans celte foule de matières diverses et disparates qui appartiennent à cette science, il en est beaucoup qui, quoique étudiées, nous échappent, parce qu'elles se représentent rarement dans la pratique ; d'où je conclus qu'il faut toujours en faire une étude spéciale.
Même 76. (B. LÉONARD, n» 26.) — La sainteté, la Erreur prudcncc, d'aillcurs si nécessaires au confes- <^e seur, ne suffisent donc pas; il faut encore la
quelques- . . . , xv
uns. science, bans eue, ministre de Dieu, vous exposez votre âme, et l'âme de vos pénitents, au danger évident de la damnation éternelle. Mais quelle est l'étendue, quelles sont les qualités do la science nécessaire au confesseur pour rem[)lir les devoirs de sa charge, c'est ce qu'il n'est pas très-facile de déterminer. Il est certain qu'assis au tribunal de la pénitence pour enseigner à toutes sortes de personnes la loi naturelle et divine, pour juger toutes les causes dii&
' Osée, c. 4, 6,
DES CONFESSEl US. 129
consciences, qui sont autant d'abîmos sans fond; que dis-je? pour régler toutes les opérations humaines, si différentes et si embarrassées qu'elles semblent exiger au premier coup d'œil une sagesse et une application presque infinies, il est certain qu'il lui faut, en apparence, la science la plus vaste et la plus parfaite. Mais non; les saints canons ne rejettent pas celui qui i)ossède une science médiocre, surtout lorsque le défaut de science éminenle est compensé par !a sainteté. Pouréclaircir cette matière avec toute la brièveté possible, je dis qu'en vertu de la loi naturelle et divine, tout confesseur doit posséder îa science qui, au jugement de son évéquc et au témoignage de sa propre conscience, le rend propre à entendre tes confessions des pénitonts dans les lieux où il se fixe. Ainsi, il fautqu'il ait étudié pendant un temps convenable, et avec beaucoup d'application, ce qui tient à la morale. A la connaissance spéculative et métaphysique des différentes opinions, il doit joindre la science pratique et la manière d'en faire usage. Remarquez bien ces mots, la manière d'en faire usage, \iOuv appliquer convenablement les règles générales aux cas particuliers; c'est là le point essentiel de la morale. 11 ne doit jamais cesser de lire et d'étudier les bons auteurs, ni de chercher de nouvelles lumières en raisonnant, en discutant, en consultant sur les difficultés nouvelles qui peuvent se présenter de jour en jour. Dans les cas les plus or-
dinaires et les plus fréquents, tout confesseur doit pouvoir prononcer sur-le-champ ; dans les cas plus difficiles, c'est assez qu'il sache douter et suspendre sa décision jusqu'à ce qu'il ait étudié la question ou consulté quelque personne plus habile et plus expérimentée. 11 doit toujours avoir présentes les règles générales pour distinguer 'intcr lepram et lepram, entre les différents péchés, s'ils sont mortels ou véniels, en pesant les circonstances quichangentrespèce,quiraugmentent ou qui la diminuent notablement.il doit, en outre, connaître les cas réservés au Pape et à l'Ordinaire, ceux auxquels est attachée une censure réservée, ceux qui emportent l'obligation de restituer; les péchés les plus ordinaires dans chaque état et dans chaque condition; les dispositions essentiellement requises dans les pénitents pour être capables de l'absolution ; les cas oii il faut répéter les confessions passées ; les propositions condamnées parles souverains pontifes; les nouvelles ordonnances qui se publient dans les diocèses et qui peuvent intéresser la conscience. Toutefois cette science ne doit pas être égale dans tous ; celui qui exerce le ministère de confesseur dans une campagne peut se contenter de moins; mais celui qui s'y livre dans les villes ou dans des provinces entières par le moyen des missions, doit posséder un fonds plus riche. En un mot, le confesseur, comme le médecin, doit toujours étudier; c'est pourquoi il est obligé d'as-
sister aux conférences sur les cas de conscience, qui ont lieu dansla plupart des diocèses. L'évêquo lui-même est tenu de la manière la plus étroite d'en établir dans toutes les villes et dans tous les endroits les plus considérables de son diocèse; il doit avoir soin qu'on y décide des cas pratique.^, et qu'on mette sous les yeux des confesseurs leurs obligations en les pressant de se livrer à l'étude, bien qu'ils soient d'ailleurs instruits. En effet, il n'est que trop vrai, suivant la remarque du chancelier Gerson', que les plus grands théologiens sont ciuelqucfois aussi superficiels en moral'.qu'habiles et profonds dans les sciences spéculatives. Remplis de présomption, ils dédaignenî les ouvrages des casuistcs et finissent par commettre dans la pratique les plus graves erreurs, n en est de même de certains vieillards qui, fatigués de l'étude et se reposant sur une certaine expérience, ont la prétention de tout décider paila seule pratique, comme s'ils pouvaient couper tous les nœuds d'un seul coup. S'ils ne savent pas, ils sont bien hardis; et s'ils savent, je leur dirai avec l'Apôtre qu'ils ne savent pas encore, qticmadmodum oporleat cos scire"^. Vouloir décidci tous les cas par la seule pratique, c'es( une excessive témérité. Elude donc, étude, si nous voulons remplir convenablement nos obligations. En effet, de même que tous les ihéolo-
'' Tract, de orat.
- I Cor., VIII, 2.
giens croient que c'est une grande faute pour un pénitent de choisir à dessein un confesseur tellement ignorant qu'il ne soit pas capable d'exercer son ministère, ainsi tous regardent comme coupable d'une faute bien plus grande le confesseur qui s'ingère à entendre la confession d'un pénitent sans avoir la science suffisante. Dieu a mis des réserves à l'autorité qu'il lui confie, quand il dit : Quoniam tu scientiam repulisti, repellam te, ne sacerdotio fangarii mihi^ ; il ne dit pas ; Ne sis sacerdos ; il ne lui retire pas le ministère sacerdotal dont il est revêtu, il se conlcnte de lui dire : Repellam te, ne sacerdotio fungaris mihi. ïl lui défend de l'exercer sans la science convenable, à cause du danger imminent auquel il exposerait son âme, l'âme de ses pénitents et le respect du aux sacrements. Etude donc, encore une fois, étude; ne passons aucun jour sans revoir quelque question'ipratique -.Le Rituel romain nous avertit que le conft^sseur est obligé de posséder toute la science et toutes les connaissances nécessaires pour la bonne et sûre administration d'un si grand sacrement : Omnem hujus sacramenti doclrinam recte nosse studebit, et alla ad ejus rectam administrationeni necessaria.
77. (Saint Charles, p. 5 et 6.) — A l'autorité du Rituel romain ajoutez celle de saint Charles.
' Ose», IV, 6.
' Nous lisons dans la Vie de M. de La Motte, évêque d'Amiens, qu'il ne passait aucun jour sans étudier plu-
âicurs pages de théologie.
Tous les confesseurs, dit-il, quoique nous les ayons moyen admis pour capaijles, doivent néanmoins avoir rirceu'e continuellement entre leurs mains quelques bons science, livres, et quelques auteurs approuvés qui traitent des cas de conscience jjour la décision de plusieurs cas qui arrivent chaque jour aux pénitents, et qui sont souvent très-difficiles; et quand avec ces auteurs et leur étude particulière ils n'auront pu les résoudre, ils auront recours à des personnes plus intellitjentes et plus versées en ces matières-là. Il faut aussi que les confesseurs examinent soigneusement leurs propres forces et la portée de leur science, afin qu'ils ne s'ingèrent point d'entendre la confession des personnes lesquelles ils douteront être enveloppées dans des cas dont ils ne savent pas la résolution, et qu'ils aient une parfaite connaissance des censures et des cas réservés, et particulièrement de ceux qui sont contenus dans la bulle In cœna Domini ; ils doivent aussi lire très-souvent les canons pénitentiaux, et ces instructions que nous leur donnons.
ARTICLE IV