‹ Manuel des confesseurs (volume 3)Chapitre 65 sur 78 · Voyez combien d'avantages il vousSânciiii · texte numérisé non relu

Voyez combien d'avantages il vousSânciiii

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revient du cote des pénitents que vous avez confessecourus. Mais le ministère lui-même a quelque ^'"'^ chose de singulièrement propre à vous sanctifier.

En effet, il demande de vous une mortification fréquente, pour vous priver des autres occupalions ou des récréations de votre goût, afin d'être toujours libre et prêt à cette fonction doublement pénible, et par la fatigue qu'elle impose au corps, et par la sollicitude dont elle remplit l'âme du confesseur sur sa conscience et sur celle du pénitent. Ici, vous avez à pratiquer une vive charité, une grande patience pour accueillir, supporter et aider quiconque recourt à vous. Ensuite les vérités que vous inculquez aux autres, les réprimandes que vous leur adressez sur leurs défauts, les encouragements que vous leur donnez à la vertu vous sont utiles, car ils retournent à vous. Ce mérite et ce profit vous pouvez l'avoir, pourvu que vous ne craigniez point votre peine, non pas de loin en loin, comme en prêchant ou en célébrant une fois chaque matin ; mais plusieurs fois chaque jour, et bien souvent dans les circonstances les plus pressantes et les plus épineuses pour le prochain, par conséquent les plus sanctifiâmes pour vous. De plus, il est bien moins à craindre que la vaine gloire ne vous enlève vos mérites que si vous prêchiez devant un nombreux et brillant auditoire. Ici, le trar vail n'est connu que de Dieu, du pénitent et de vous. Bien souvent, au lieu de louanges, il vous revient tantôt du blâme qu'il faut souffrir en silence, sans même vous défendre afin de ne pas trahir le secret inviolable du sacrement; tantôt:

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de grands dérangements pour assister des malades ou pour consulter des cas de conscience ; de là, nouvelles occasions de vous sanctifier en travaillant le jour et souvent même la nuit.

138. — Parcourez maintenant toutes les fonc- Estime lions apostoliques, et vous n'en trouverez au- '^'^jj^*'"^* Gunc que vous deviez avoir plus à cœur, soitffi'n's'ère pour la gloire de Dieu, le bien du prochain et fess^ion. votre propre avantage pendant la vie, à la mort, dans le purgatoire et dans le ciel. Oh ! qui dira dans quelle proportion croîtra votre gloire lorsque vous serez environné d'une foule d'âmes que vous aurez sauvées par un ministère moins brillant que la prédication, mais plus fréquent, plus pénible, plus à l'abri de la vanité, et fait pour vous procurer mille avantages de la part de Dieu, de la part des pénitents et par sa propre nature 1 Ayez donc pour ce ministère l'estime et l'affection qu'il mérite si bien. Le vénérable Louis Dupont avait reçu de Dieu des lumières particulières, y>our s'affectionner à cet emploi. Il y voyait toutes les œuvres de miséricorde spirituelle : consoler les affligés, instruire les ignorants, donner conseil à ceux qui sont dans le doute, convertir les pécheurs, conserver les justes, les conduire à la perfection, les remplir de zèle et les rendre utiles aux autres; en un mot, il y voyait tant et de si grands avantages pour lui-même et pour le prochain que, ne pouvant s'asseoir à cause d'une indisposition, il restait

à genoux au confessionnal cinq et six heures de suite, plutôt que de se priver lui-même de tant de mérite, et le prochain de tant d'avantages. Je vous ai rapporté de saint Philippe de Néri que, sans aucun égard pour lui-même , il se tenait toujours accessible et prêt à recevoir à toutes les heures du jour et de la nuit tous ceux qui recouraient à son ministère. Le Père Pinamonti confessait d'ordinaire onze heures par jour, la plus grande partie de l'année, aussi patient au dernier qu'au premier. Saint Jean-François Régis, déjà pris de la fièvre dont il mourut, ne put se défendre de confesser encore une foule de paysans qui étaient venus s'adresser à lui. Saint François de Sales était toujours si prêt à confesser et si consolant dans l'exercice de ce ministère, qu'il ne pouvait loger dans aucune maison, même en voyage, sans être obligé de s'arrêter longtemps pour entendre les confessions des habitants. Jean de Nivelle ayant besoin pour sa santé d'un traitement de trois mois, le refusa plutôt que de quitter le confessionnal pendant si longtemps. C'est ainsi que Notre-Seigneur éclairait et encourageait ses serviteurs à ce ministère : c'est ainsi qu'eux-mêmes témoignaient à Dieu leur sincère et solide amour, en se montrant infatigables à ce saint emploi et en s'en acquittant de manière à se sanctifier eux et leurs pénitents.

Ne pa, 139. — Affectionnez-vous donc tellement à ce abandon- ministère que vous ne l'abandonniez par aucun

motif humaiD, tel que des occupations plus con- ««r ce formes à vos (toûIs ou la crainte de la fatigue et "p?, d«* de l'ennui. Je ne nie pas que les nécessités de la , """'I*

* * liuroatnf.

vie ou le soin de votre santé ne puissent quelquefois vous en détourner et vous en empêcher. J'en conviens, vous devez prendre un soin raisonnable de votre santé; mais comme il n'est que trop à craindre que l'amour -propre vous trompe, je désire que vous dilatiez votre cœur par une magnanime confiance en Dieu : en voici les puissants motifs. Comment pouvez -vous mieux vous concilier sa protection, même dans vos besoins temporels, qu'en employant au moins une partie de votre temps, ainsi que les forces de votre esprit et de votre corps, à un ministère qui lui est si honorable et si cher? Les courtisans mettent une telle confiance dans les princes de la terre que, pour leur service, ils négligent leurs biens et leurs intérêts personnels, et le roi du ciel sera le seul qui n'obtiendra pas des prêtres, ses favoris et ses ministres, assez de confiance pour croire que s'ils travaillent à le faire glorifier, de son côté, il pensera lui-même à eux et à tous leurs besoins? Et quand votre santé ou vos biens en souffriraient un peu, pourriez-vous les perdre pour une cause meilleure, plus noble et plus avantageuse ?

140. — D'un autre côté, abandonnerez -vous ni par cet utile ministère par des raisons spirituelles, ^,is"„s c'est-à-dire par la crainte de charger votre con- «p'"-^

«ueiies science et celle des autres, sous prétexte que trndue"" ^^^^ n'avez pas les qualités requises et que vous avez reconnu que vous faites bien des fautes; ou bien encore, sous prétexte que ce ministère est pour vous une source de tentations, ou enfin qu'il vous empêche de mieux veiller sur vousmême? Je commence par vous avertir que votre amour- propre trouve son compte à grossir ces raisons spirituelles. C'est par là qu'il cache et colore, à voire insu, d'abord ce fonds de paresse qui craint les ennuis et les dégoûts; ensuite cet attachement à d'autres occupations plus agréables, plus lucratives, plus honorables et plus conformes à vos goûts. Le démon ne manquera pas de s'unir à l'amour-propre. Se transformant en ange de lumière, il vous représentera de plus en plus les prétendus dangers de vous perdre vous et les autres, par le moyen établi pour sanctifier confesseur et pénitent. En cela, il trouve le double avantage de priver le pénitent de votre secours et vous-même de vos mérites. Conséquemment, voici ses espérances : s'emparer de plus en plus des pénitents qui, faute de confesseurs, persévéreront dans leurs péchés; quant à vous, après vous avoir éloigné du saint ministère, vous faire tomber, par mille artifices, dans le désœuvrement et l'oisiveté, et vous rendre aussi et plus vicieux que les séculiers. Ce n'est pas tout : faisant passer la tentation de vous à d'autres confesseurs, il ne vous laissera pas

même la commodité de vous confesser vousmême. Dès lors, privé de ce remède que vous ne voulez point donner aux autres, vous resterez dans ses filets. C'est ainsi que l'ennemi, vous trompant sous prétexte de sainteté, vous fait seconder son fatal dessein d'arracher à l'Église ce soutien de la religion catholique, la fi équcniation des sacrements. C'est ainsi que, sans cire un hérétique qui nie le sacrement, ni un impie qui le méprise, vous courrez risque d'être un martyr de l'illusion, qui, sous prétexte de sainteté, abandonne le sacrement le plus nécessaire, après le baptême, à la sainteté et au salut. Vous avez donc de graves et solides raisons de craindre que vos remords ne soient point la voix de Dieu ni de la vérité, mais un artifice de la nature et du père du mensonge. Oh ! malheur à l'Église de Dieu, si celte crainte excessive vient à se répandre 1 Gardez-vous de sacrifier si vite à de pareilles frayeurs. iYo/i7e, vous dirai-je, omni spiritui credere, sed prohate spiritus si ex Deo sin( '. Voyez si vos motifs soutiennent l'examen et l'épreuve d'une prudence conforme à l'esprit de Jésus-Christ, qui a voulu que l'usage de la confession fût perpétuel, nécessaire dans son Église, et que ce sacrement fût administré par des hommes et non par des anges.

141. — Et d'abord voyons laquelle vous man- ^,. que des trois qualités relatives aux pénitents, tes fautes

' I Joao., c 4, I

TÙi^ J'imagine que vous craignez surtout de n'avoir fair*. pas la science nécessaire. Je vous ai dit, au n° 53, sur l'autorité d'auteurs graves, ce qu'il vous faut principalement savoir. Si vous l'ignorez, vous ne devez point vous hasarder à confesser, afin de n'être pas embarrassé, pour ainsi dire à chaque pas, dans la plupart des confessions. Mais, si vous le savez, cela suffit pour exercer licitement ce ministère. En effet, l'expérience apprend que sur cent confessions, il y en a plus de quatre-vingt-dix qui n'exigent qu'une science tout à fait commune et pour ainsi dire vulgaire, tant les choses sont claires. Peu demandent une science plus étendue : et encore, pour ce petit nombre, vous pourrez le plus souvent absoudre tout de suite le pénitent,^ sauf à examiner à loisir le cas qui se présente. Je vous l'ai démontré, avec la réserve commandée par la prudence, au n" 125, en parlant des moyens de rendre les confessions courtes et bonnes tout à la fois. Vous objectez que vous vous êtes trompé dans l'essai que vous avez fait du tribunal : à cela, je vous réponds : Connaissez-vous unconfesseur,quelque savant qu'il soit, qui ne fasse jamais de fautes ? Ajoutez que ces erreurs proviennent quelquefois non de l'ignorance, mais du trouble, surtout dans un commençant; et même dans un confesseur expérimenté, elles sont occasionnées par l'irréflexion, ou par l'oubli de matières très-connues, et même très-importantes, soit à cause de la mul-

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tiludc des choses qu'on a entendues, soit à cause du bruit extérieur qui trouble quelquefois. Malheur donc, je le répète, à l'Église de Dieu, si le seul remède à de pareilles erreurs c'est d'abandonner l'emploi; ah! plutôt le meilleur remède à ces fautes, c'est de ranimer son courage, de se recommander un peu plus à Notre-Seigneur, de se précautionner pour l'avenir, et d'acquérir, en continuant ses fonctions, cette facilité qui, laissant plus calme d'esprit et de cœur, rend plus apte à s'en acquitter dignement. Si les fautes étaient graves et nombreuses, suspendez pendant quelque temps l'exercice du ii ibunal, pour vous rendre plus habile : mais ne l'abandonnez jamais. Que si les fautes sont légères ou rares, dans ce cas, supposé que vous soyez approuvé par votre évéque et que vous sachiez les choses nécessaires, vous pouvez licitement vous y exposer.

142. — Pour vous préserver de plus en plus Mojen des méprises, mettez en pratique les moyens sui- ,',*ie" vants : 1° Avant de vous adonner au ministère, priez quelque confesseur ancien et habile de vous faire une confession simulée, afin d'acquérir promptement l'usage pratique de ce que vous savez déjà. C'est ainsi que vous apprendrez, entre autres choses, à commencer, en interrogeant, par ce qu'il y a de [)rincipal et dont la négation vous dispense d'aller plus loin. Si, par exemple, une personne s'accuse d'avoir ou de mauvaises I. Il

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pensées, avant de demander de quel genre elles sont, demandez si elle a ou non consenti; car si elle n'y a pas consenti, tout est fini par là : il est inutile d'aller plus loin. Apprenez ensuite ù interroger sur les choses pratiques et probablement commises par le pénitent, sans vous perdre dans les choses possibles et qui n'arrivent que rarement. Instruisez - vous enfin des avis les plus utiles, des pénitences les plus convenables à donner. 2* Il sera bon, après avoir confessé, de vous demander à vous-même comment vous vous êtes conduit; mais vous ne devez jamais ni vous troubler ni perdre courage, quand bien même vous trouveriez que vous avez mal fait. Examinez si l'erreur est essentielle, ou si elle n'est qu'accidentelle. Dans le premier cas, réparez-la aussitôt que vous le pourrez, en suivant les règles que donnent communément les docteurs [Voy . n" i2S) ; dans le second, contentez-vous de vous en humilier. De tels examens vous apprendront à mieux faire dans la suite. 3° Dans les cas difficiles, la science ascétique aide souvent beaucoup plus que la morale à lirer d'embarras. C'est pourquoi je vous tracerai la conduite qui, unissant cette double science, procure la guérison spirituelle du pénitent : par rapport aux jeunes gens, n" 202; aux personnes vertueuses, n° 210; aux pécheurs qui ont besoin d'une prompte absolution, n»' 216 et suivants ; aux malades, n» 371 ; à ceux qui ont de graves obligations, n° 310; à

ceux qui négligent de les connaître, n° 312: aux récidifs, n°' 334 et suivants. Déjà je vous ai indiqué les moyens d'acquérir une morale saine et utile, n" 57. Quant à la manière d'interroger, je -vous en parlerai aux n"' 167 et suivants. Je vous tracerailamanièred'instruireau nMG7; comment faire soit pour absoudre sans exposer le sacrement, soit pour retenir le péché sans danger pour le pénitent, vousle verrez aux n"' 198 et suivants. Avec CCS secours, pourvu que vous ne manquiez pas de la charité de père, j'espère ne vous avoir pas peu facilité la voie, et j'ai confiance que vous ne serez jamais tenté d'abandonner cet emploi par défaut d'habileté. Seulement étudiez la morale toute votre vie : il y a toujours quelque chose à a[)prendrc ou à se remettre en mémoire.

1'<3. — Que si vous vous plaignez d'éprouver ;Vuxco..au tribunal une foule de tentations, je vous ré- fesseurs pondrai d'abord par ces consolantes paroles : éprouvons craignez les tentations que vous éprouvez '^"J,^*^* au tiibunal, donc vous n'y succomberez pas. La lions. crainte de tomber est le premier don que le Saint-Esprit fait à ses bicn-aimés. Par là il les prémunit contre les chutes, il les habitu-.- à remporter des victoires sur eux-mêmes, afin de les rendre plus compatissants pour les autres et plus habiles à les diriger. Si vous ne craigniez pas, je craindrais pour vous. Je douterais s'il laut vous enhardir à un ministère dans lequel vous tomberiez facilement faute d'en craindre les dan-

gers, et d'y obvier par les précautions convenables; car, je dois vous l'avouer, il y a bien des écueils. Craignez donc, et que votre crainte ne finisse qu'avec votre vie : lieatus homo qui semperestpavidus^. Mais que votre crainte ait des bornes, afin de ne pas tomber dans l'abattement et abandonner votre emploi; qu'elle vous portt au contraire à espérer de plus en plus et à vous prémunir par la défiance de vous-même, par les précautions convenables et par la confiance tn Dieu. Votre espérance ne sera pas vaine. Toutes les fois qu'on s'expose au danger pour un motif aussi saint et en vue d'un bien aussi nécessain aux hommes que leur réconciliation avec Dieu; que d'ailleurs on emploie les précautions convenables, fidelisDetis non palietur vos tentari supra id, quod potestis, sed faciel etiam cum tentatione proventum-. Prorew^Mm non- seulement des secours pour résister, mais encore d'autres mérites pour vous, et différents avantages pour vous et les pénitents. Scaramelli rapporte dans son Directoire ascétique qu'un prêtre nommé Conon était chargé du soin d'une église dédiée à saint Jean-Baptiste. Entre autres fonctions, il devait y baptiser les personnes adultes, suivant l'usage des premiers siècles. Or, ceministèrr; /^lait pour lui la sourcede grandes tentations. Plusieurs fois il avait formé le projet d'y renoncer, lorsque

' ProT., 38.

« ! ad Cor-.

saint Jean-Baptiste lui apparut et lui dit : Souffrez et persévérez. Son courage se ranima pour quelque temps, et il continua. Mais un jour, en apercevant de loin une jeune personne qui venait lui demander le baptême, hélas 1 pour cette fois, se dit-il à lui-même, je ne résisterai point à la tentation; il vaut mieux que je prenne la fuite. Et défait il s'enfuit. Dans le chemin il entendit saint Jean-Baptiste qui, l'arrêtant tout à coup, lui dit : Retournez. Et puis le punissant, il ajouta : Retournez à votre emploi ; à V avenir il ne ^eraplus pour vous la source d'aucune tentation : mais sachez que vous avez perdu la brillante couronne que la victoire de ces tentations vous aurait procurée. Conon reprit son emploi et s'en acquitta sans être tourmenté; mais il perdit la récompense préparée à ses combats victorieux. Gardez-vous donc bien de vous décourager par un semblable motif. Au contraire, espérez de Dieu et la victoire et la plus brillante couronne si vous continuez votre ministère. Toutefois n'oubliez pas do vous environner des précautions dont je vous parlerai bientôt.

1 ï'i. — Vous dites encore qu'il vaudrait mieux a ceu* pour vous être débarrassé de vos fonctions afin "'"', "*■ de vous occuper plus sérieusement de vous-même »'o«(tii.<>r et de votre avancement spirituel. Je ne saurais ''uur' assez louer votre zèle pour votre sanctification. f'°i'"

r,i .,, , ianclili-

iravaillcr a vous sanctifier, c'est là sans doute rai;«n. votre premier devoir, mais c'est aussi le meilleur

moyen pour sanciiBer les autres. Parvenu à la vraie sainteté, vous aurez la meilleure de toutes les sciences, l'expérience des vertus à pratiquer, des vices à combattre : vous serez plus en état d'en instruire les autres. Parvenu à la vraie sainteté, vous obtiendrez que Dieu bénisse plus efficacement vos paroles, qu'elles touchent les pénitents, les attendrissent, les encouragent et les sanctifient. Rempli de l'esprit de Dieu, vous obtiendrez, souvent dès l'abord et en peu de motSj ce qu'un autre moins fervent n'obtiendra point par de longs discours plusieurs fois répétés. De cette sorte, vous pourrez en peu de temps être utile à un grand nombre d'àmes, tandis que c'est à peine si, après un long espace, le tiède est utile à quelques-uns.

Suite. 145. — Ayez donc et ne cessez jamais d'avoir ce grand zèle pour votre sanctification. Les apôtres l'avaient, bien que remplis du Saint-Esprit et confirmés en grâce. Toutefois ils se déchargèrent sur les sept diacres du soin de distribuer chaque jour la nourrituredu corps aux nouveaux fidèles déjà très-nombreux, afin d'avoir eux-mêmes plus de temps pour prier et pour distribuer le pain de la divine parole. Nos vero orationiet mini ter io verbi instantes erimus '. Combien n'avons-nous pas plus besoin d'une prière longue et fréquente, nous qui sommes si inférieurs aux apôtres en grâce et en vertus ? Mais le zèle

' Act., 6.

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de sa sanctification ne doit pas empêcher un prêtre de travaillera la sanctification des autres; c'est au contraire une sorte de devoir que Dieu même et rE{;lise ont attaché à votre état. Ce n'est ni en vain ni pour l'enfouir quclc sublime talcnlde la puissance des clefs vous a été remis. Or, le faire servir aux autres, surtout au sacré tribunal, est un puissant moyen de vous sanctifier, comme je vous l'ai montré plus haut. Pour cela soyez discret; ne négligez ni l'un ni l'autre de ces devoirs, mais sachez les unir sagv mont en travaillant tour à tour à votre sanctification et à celle de vos frères. Nous lisons qu'un grand nombre de saints qui se réservaient la nuit pour prier, consacraient le jour au service de Dieu et au service du prochain. INIais il n'est pas donné à tous de suffire, après deux ou trois heures de sommeil, aux longues prières de la nuit et aux fatigues continuelles du jour. Retranchez avec discrétion le temps que vous donnez de trop au sommeil, aux vains amusements, aux occupations agréables, mais étrangères aux obligations de votre état, qui est un état de sainteté pour vous et de mnctificalion pour les autres. Après cela croyez qu'il vous restera bien assez de temps pour prier et penser à vous le malin, pendant le jour ainsi que le soir, et pour être toujours libre de recevoir et d'entendre les pénitents . Ce n'est pas toutefois que vous ne puissiez imiter le moissonneur. De temps à autre il quitte son champ et

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s'assied à l'ombre d'un arbre pour aiguiser sa faucille émousséo. Ce moment de repos n'est pas un temps perdu, il se dispose au contraire à reprendre bientôt son travail avec plus de promptitude et de facilité. Ainsi vous pouvez, vous devez môme pour le bien de votre âme suspendre, une fois chaque année, le ministère du tribunal, pour ranimer votre ferveur dans les exercices de la retraite, car tout saint qu'il est, ce ministère peut l'avoir un peu diminuée. Par là purifié et embrasé d'un nouveau zèle, vous irez travailler avec plus de succès au salut des âmes.

116. (Saint Charles, p. 13-15.) — Rendez encore vos travaux utiles à vous-même en purifiant vos intentions. Le confesseur doit, dans l'administration de ce sacrement, ordonner et régler de telle sorte son intention, qu'il n'y soit porté par aucun respect temporel, mais par la seule gloire de Dieu, et parle désir du salut des âmes. C'est pourquoi il faut que, toutes les fois qu'on le demandera, ou qu'il se mettra de lui-même en devoir pour entendre les confessions, il élève son esprit à Dieu, et adresse actuellement son intention à cette fin, considérant avec attention qu'il va laver ses pénitents dans le très-précieux sang de Jésus-Christ notre Sauveur, et parce qu'il y a beaucoup de dangers dans l'administration de ce sacrement, comme de manquer en la décision des cas et des obligations qui se rencontrent, de donner la grâce de l'absolution à ceux qui en

sont indignes, ou de rester en quelque façon souillé soi -môme des impuretés et des ordures qu'on entend dire aux autres; le prêtre ne doit aussi jamais aller pour ouïr la confession, qu'il n'ait auparavant demandé à Dieu, par quelque petite prière, selon la commodité qu'il en aura, les lumières et les grâces de n'y point commettre d'erreurs, et de laver de telle sorte les taches des âmes de ses pénitents, que la sienne ne demeure point souillée. Il doit aussi prier pour la véritable conversion de ceux desquels il doit entendre la confession. C'est pourquoi tous les confesseurs doivent avoir en écrit auprès d'eux les versets qui suivent, tirés du psaume 50, et l'oraison de tout temps accoutumée dans l'Église, dont on afiSohera une copie dans la sacristie de toutes les églises où il y a des confesseurs, et une autre au dedans des confessionnaux, afin qu'avant de commencer, ils la récitent avec attention, ou quelque autre, suivant la dévotion d'un chacun.

ir. Cor mundum créa in me, Deus.

r\ Et spiritum rectum innova in inscerihux meis.

f. Ne projiciax me a facie tua.

ï)\ Et spiritum sanrtutn luum ne auferas a me.

i . Redde mihi lœtitiam salutaris fui.

j^. Et spirituprincipali confirma me.

f, Doceho iniquos vias tuas.

r). Et impii ad te couvert entur.

f. Libéra me de sanguinibus, Deus, Deus salit tis meœ.

^. Et exultabit lingtia mea juslitiam luam.

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