DES INTERROGATIONS
167. ( Prêtre SANCTIFIÉ , n"^ '21-23, 28-30.) Des in- — De ce que nous avons dit touchant la pureté, /jonT^s'ur au n° 31, vous pouvez vous faire une idée de'^P°"*«'
avec les
l'habileté avec laquelle vous pouvez, sur les au- enfants très matières, suppléer à l'ignorance du pénitent. Mais on ne saurait mettre trop de réserve dans les interrogations sur la pureté, surtout lorsqu'il y a danger de perdre un plus grand bien. Or, ne pas apprendre le mal à celui qui l'ignore, et ne pas réveiller la passion dans celui qui l'éprouverait, est un bien beaucoup plus grand que l'intégrité matérielle. Le défaut de celle-ci, pourvu qu'il ne soit pas coupable, n'empôchc pas l'inlégrité formelle, nécessaire et suffisante à la valeur et au fruit du sacrement. N'exposez donc jamais un bien plus grand pour en obtenir un médiocre. Ainsi, lorsque vous interrogez des enfants, faites-le de manière à n'être compris quo de celui qui serait coupable contre ce commandement. S'il vous répond qu'il a eu de mauvaises pensées, demandez- lui de quel
&ontie
Mariée
genre elles étaient ; car bien souvent ce ne sont que des pensées de vengeances puériles. Alors, n'allez pas plus loin. Dans le doute d'un plus grand mal, contentez -vous de leur rappeler que le Seigneur est présent partout, afin qu'ils ne fassent rien qu'ils n'oseraient pas faire en présence de leurs parents.
Avec le^ 168. — Mais avec les adultes eux-mêmes ^etVeT soyez prudent et réservé, afin de ne vous exposer- ser, ni vous ni votre pénitent, au danger d'une complaisance coupable. Écoutez l'avis que vous donne le Père Seigneri, sur l'autorité des autres docteurs : « Que s'il vous arrivait quelquefois de ne pas parler de certaine circonstance nécessaire d'ailleurs à l'intégrité matérielle de la confession, ne vous en inquiétez pas : un plus grand bien doit l'emporter. Qu'il vous suffise de demander l'espèce de ce péché honteux, mais non la manière dont il a été commis ; et si, par défaut de prudence ou de connaissance, le pénitent voulait le dire, avertissez-le charitablement que cela ne convient pas i. » Que dire ici de ces confesseurs encore jeunes qui, sans nécessité, sont les premiers à questionner les personnes mariées sur l'usage et l'abus de leurs droits, dans la crainte quelles n'aillent au delà de ce qui est permis? Ils ne songent donc pas au danger des pensées et des complaisances actuelles et mauvaises auxquelles ils s'exposent eux et le pénitent, * Conf. instruct., c. 2.
t)ES CONFESSEURS. 285
ni à l'honneur et au respect dû à leur caractère, auquel ils nuisent, en donnant aux pénitents un juste motif de les soupçonner, sinon de malice, du moins de curiosité, dans ces recherches que rien ne commande. Pour vous, désirant sagement de procurer un bien plus important, ne soyez pas le premier à les interroger, si ce n'est tout au plus par des phrases générales, telles que celle-ci : Entre vous deux agissez-vous chrétiennement et sans que la conscience vous reproche rien? N'en demandez pas davantage '. S'ils vous proposent des doutes, répondez avec la plus grande brièveté et avec la plus grande réserve possible. Dans ces réponses, soyez discret, c'est-à-dire également éloigné du rigorisme et du relâchement ; autrement, pour éviter quelque mal matériel et incertain, vous mettrez les personnes mariées dans un grand danger de commettra des péchés formels '.
' Cette in.inic'TC f^ént-rale d'interroger suffit sans doute lorsque le pénitent a t'Ié instruit de ses devoirs; mai-^ s'il en était autrement, cette interrogation nous parai trait insuftisantc. Nous pensons qu'on peut d'abord demander au pénitent s'il a été instruit des obligations du saint état de mariage. Sa réponse et la connaissance d<" SCS dispositions «iécident des interrogati(ms qu'il convient de lui adresser. [Note du Traducteur.)
* Opéra- pretium est hic rcfcrrc qua>dam responsa de usa matrin.DDii :
Peccal-nc iiiorlalilcr iircor , debiliim rarnale reddens ^ir> quem in a< lu ipso fr«quenli experienlia novil se relrïclunini cum effusioiif «cniiiiis extra vas?
R. Si il.-î -e inlprddm rclrahenli nulbtcnus conjenlial uxor,
inlerro
Des 169. — Ce n'est pas seulement sur la pureté, c'est encore sur toute autre matière que vous de-
imO'Vero quantum possit obsistat, nullius eam noxiam esse peccali certum videtur : quod exemplo Her et Onan probari potest ; quamvis enim punitio Onan terribilis fuerit, ejus (amen uxor Thamar a Deo ob nefandum viri scelus punila non fuit. lia Ponlas, Dict. des cas de conscience, de debilo conjugal!.
Haec de eadem qusestione disserîl B. Liguori, 11b. 6, n. 947. QuÈCrilur an liceat uxori reddere debilum vel petere a viro volenle semiaare extra vas post copulam increplani? Prima senlentia affirmât, et hanc lenent Ponlius, Tamburinus et Sporer, quia, ut aiunt, cum mulier reddit, aut petit, dal operam rei licitae, nec ipsa propter malitiam viri débet suo jure privari. Secunda sentenlia, quam tenent Roncaglia et Elbel, dicit uxorem non pos>e nec petere nec reddere, nisi adsit gravis causa, quœ ipsam excusât in permittendo peccatiiin viri, et in cooperando ad materiale peccati illius ; alias tenelur ex charitate, cum possit sine gravi incommodo viri peccatum impedire.
Ego taraen distinguendum pufo : si agalur de reildendo débite, dico uxorem probabiliter posse et teneri negare debitum, si possit sine gravi incommodo, quia abusurus re sibi débita non liabet jus ad rem sibi vindicandam ; sed probr.bilius videtur uxor non solum posse reddere, ut dicit prima sentenlia, quam sequitur etiam Sanchez, sed etiam teneri. Ratio, quia, quando culpa se tenet ex parte personœ petentis, cum ipse habeal jus ad copulam, iiequit alter sine injustitia debilum negare, si non posset munendo a tali culpa illum avertere, et lune palet, quod reddens ne materialiter quidem cooperelur peccato iliius, cum non cooperelur seminationi extra vas, sed tantum copulae iucœptae, quae per «e omnino utrique est licita. Si vero agatur de petitione debiti, dico cum secunda senlentia, uxorem non posse pelere, si non adsit justa et gravis causa; tune enim rêvera tenetur ex charitale impedire peccalum viri. Justam aulem liabebit causam pelendi, si ipsa esset in periculo incontinentia;, vel si deberet alias privari suo jure pelendi plusquam semel vel bis, cum perpetuo scrupulo, an ei sil salis grave incommodum, vel ne, tune se continere.
En -1822, deux professeurs du se'minaire de Besançon adre>-
vez vous abstenir d'interroger le premier, lors- gâtions que les circonstances ne vous donnent pas un ""^ ""
sèrent au grand péiiilencier la consullalion suivante : BerUia virum habet queni cunstanti experientia cognoscil esse oaanistam. In vaniim ornnia lenlavil média ut ilhiin a <ani nefando crimine reiralierel ; quin imo gravissima aul saltem gravia niaia ai imminent nunc probabilller, ita uf vel haec mala incurrere debeal, vel fugere e domo marili. ni>i perniillat sallcni aliquando abusiim matrimonii.
La Sacre'e Pe'nitencerie répondit, en date du 1**" février 1823 : Cum in proposilo casu, mulier a sua quideni parle nihil contra naturam agat, detqne operam rei licitse; tola auteiu actub inor. dinatio ex viri malilia procédai, qui loco consummandi retrahit se, et ex^a vas effundit ; ideoque si mulier, posi d bilas admo- Tàiliones, nihil proficiat, vir aulem instel, iiiinando verbera, aut morlem, aut alia gravi<sima mala, polerit ipsa (ut prubati theologi docent) citra peccatum permissive se habere, cum in his rerum adjunctis, ipsa viri sui pfccatum simpliciler permiltat, idque ex gravi causa quae eam excuset; quoniam charitas, qua illud impedire lenelur, cum lanto inronltnudo non obligal.
Dafum Roraœ in S. Pœnilentiaria, die 1 februarii 1823. K. B. Busis, S. P. Regens. In. Pio, S. P. se<,rel.
Ayant éle' consulté sur celle question : Polest-ne pia uxor permitlere ut maritus suus ad eam accédât, postquam experientia ipsi conslilerit eum more nefando Onan se gerere... prrcserlim si uxor dencgando, se exponal, periculo sœvitiarum, aiil limeal ne maritus ad mereirices accédai ?
Le même tribunal répondit le 23 avril 182S : Cum in proposilo casu, mulier, e sua quidam parle, nihil conira naturam agat, detque operam rei licitje ; tola aulem aciiis iuordinatio ex viri malilia procédai, qui loco consumman<li reiralill se, et extra vas effundit; ideo si mulier, post débitas admonitiones, nihil proiiciat, vir autem inslet, rainando verbera. aul morlem, aut alias graves stevitias, poterit ipsa (ut probali Iheologi docent) citra peccatum passive se prsbere, cum in his rerum adjunctis, ipsa viri sui pcccatnm simpliciler permiltat, idque ex gravi causa qu»; eam excuset; quoniam charitas, qua illud impedire tenerelur cum lanlo incommodo non obligal.
M. Blain, vicaire .i rhambérv, ayant aus->i cun^ull»- la Péni-
^"ieî juste motif de douter que le pénitent a man- ^"qu«°"' que en quelque chose, et qu'il le cache par
tencerie, obtint la réponse suivante, le 1 5 novembre 1 81 6 ; Probati castigaliqiie tlieologi in hoc consenliunt ut prxfato in casu liceat uxori debitum reddere si ex ejus denegalione maie habenda sit a viro suo, et grave inde incoramodum sibi tiniere possît ; neque enim aiunt, hoc in casu, censetur uxor viri sui peccafo formaliter cooperari, sed illud lantummodo ex justa et ratïonabili causa permittere. Moneat tamen orator hujusraodî uxorem xit non cesset prudenter commonere virum suum ul ab hac turpitudine désistai.
Datum Romae in Sacra Pœnitentiaria, die < 5 novembris 1816. Michael cardinalis de Petro, major pœnitenliaiius.
Drincia, S. Pœnitentiariœ secret.
Le cardinal grand pe'nitencier ajouta : Diibia tua sacro tribunali, cui auctoritale apostolica prsesum. expendenda ex exam»nanda proposui. Quid autem S. Pœnitentiaria dubiis tuis respondendum censuerit, liabes in annexo rescripto ; sed quoniam postremum dubiura (circa ^usestionem prœsentem)a te propositum binas complectebatur partes, ac priraum quœrebal an uxor debitum licite reddere possit viro, si ei experienti.i constet virum suum semen extra vas effundere ad impediendam genefalionera, tum veroinquirebat an positoquod in his rerum adjunrtis, liceat uxori debitum reddere, dari ne possit casus quo iii iisdem circurostanliis constiluta liceat ei quoque debitum a viro pelere.
Priraae quidem parti S. Pœnitentiaria... distincte respondil ast a danda responsione allerœ etiam parti abstinuit, quoniam rem non perinde exploratam credidit. Ipse igitur, ut plenius tibi satisfaciam, adjungam hic privatam meamhac etiam de re sententiam. Sic ergo cum non paucis gravibus probatisque theoiogis sentio in expositis circumstanliis posse uxorem debitum eliam a viro suo petere, si ipsa in periculo incontinentiœ versetur. Elenim ut Iheologi isii dixerunt, hoc etiam in c .i.'U minime censetur uxor viri sui peccalo cooperari, cum ipsa tune debitiii» petens jure suo utatur alque utatur quidem ex justa causa, ne videlicet in peccatum incontinentiae labendo, grave malum animœ snae consciscat.Habes, reverendissime domine, îenlentiam meam
DES CONFKSSEl US. 283
lionto ou l'oublie par ignorance. Si vous voulez interroger sur tous les péchés dans lesquels peut tomber un pénitent, vous n'en finirez pas. V^ous rendrez le sacrement odieux à lui-même et à vous, en vous fatiguant et en l'ennuyant par mille interrogations inutiles dont vous seriez le premier à vous plaindre si on vous les adressait lorsque vous vous confessez. Contentez-vous d'interroger sur les choses nécessaires ou probablement arrivées au pénitent. Ces interrogations elles-mêmes que le Rituel romain et saint Charles dans ses avertissements vous recommandent de faire au commencement de la confession, si vous vous apercevez qu'elles sont inutiles dans le cas oii vous vous trouvez, ne les faites pas. Par exemple, si vous connaissez déjà la personne, si elle vous dit qu'elle s'est confessée depuis peu, si vous avez un motif de la croire vertueuse et instruite, vous pouvez lui laisser exposer ses fautes. Alors, si vous le jugez nécessaire, vous lui ferez len interrogations omises en commençant. Observez ici que pour ne pas ex[)oser le pénitent à se troubler et à oublier ce qu'il a préparé dans son examen, il vaut mieux ne pas l'interrompre, mais remettre vos interrogations pour la lin, lorsque vous prévoyez que la confession sera courte, à en juger par le peu de temps depuis qu'il ne s'est pas con-
qiia, <i lilii [ilacel, iileie iii Doiiiiiio. Inleriui .iii[<'m ipse singulari, eli.
Roma;, 15 novembris 181 G. 'Mirli.iel <?f Pelio, <>li-
fessé. Dans celles qui sont longues, afin de ne vous exposer à aucun oubli, vous pourrez tout au plus l'interrompre brièvement pour l'interroger sur ce qui est nécessaire, comme le nombre et l'espèce, réservant tout le reste pour la fin. Sur 170. — Vous devez aussi remédier à l'igno-
S'iffno-
rance en Tanco du pénitent, et d'abord à celle qui a pour manère objet Ics chosGs Ics plus importantes. Avant tout, attachez-vous à celle qui regarde les choses nécessaires à connaître de nécessité de moyen : telle est l'ignorance des principaux mystères. Mais ici, afin de ne pas vous tourmenter, non plus que votre pénitent, connaissez tout à la fois le mal et le remède. Quant au mal, il en est qui savent en substance ce qui est nécessaire, bien qu'au premier coup dœil ils paraissent l'ignorer. Tels sont ceux qui, interrogés d'une manière abstraite et générale, par exemple : Quels sont les principaux mystères? Que le FiU de Dieu a-t-il fait pour nous? Pour quels motifs sommes-nous obligés de croire les vérités de la foi ? ne savent que répondre, soit, comme j'ai eu l'occasion de le remarquer, que dans les catéchismes de leur diocèse ces demandes ne se trouvent pas formulées de cette manière, soit qu'ils n'entendent parler que rarement de ces choses et s'en occupent fort peu. Alors interrogés sans s'y attendre, ils ne se rappellent pas tout de suite, rougissent, se troublent, répondent au hasard et se trompent. Entre autres, ils confondent souvent le véritable motif de
DES CONFESSELKS. 291
l;i foi, qui est laulorilé de Dieu, avec le motif do crédibilité qui est, du moins pour les ignorants, l'autorité de leurs pasteurs qui leur disent que cela est révélé. Ainsi, encouragez-les, donnezleur le temps de se reconnaître, et adressez-leur des questions plus simples et plus positives, par exemple : Combieny a-t-ilde Dieux'7 Combien de personnes en Dieu? Le Fih de Dieu s'est-il fait homme pour nous ? N'est-ce pas Dieu qui a révélé les vérités de la foi? S'ils ne pouvaient répondre à ces questions et à d'autres semblables, il serait évident qu'ils ignorent les choses essentielles. Mais bien souvent vous verrez qu'interrogés de la sorte, ils vous répondront suflisammentpourêtrecapablcsd'absolulion; vous verrez que leur foi est excellente, quoiqu'ils s'expliquent mal. Vous remarquerez surtout que dans la réalité ils ne confondent nullement le motif formel de la foi avec celui de la crédibilité. Us le distinguent non par la force de leur esprit, mais par le secours secret et insensible de la grâce nécessaire aux savants eux-mêmes, afin que, dégagés de l'influence de tout autre motif, la lumière divine soit la cause et la forme de leur inébranlable a^lhésion aux vérités révélées. Quant aux formules des actes des vertus théologales, avant de juger indignes d'absofuiion ceux qui les ignorent, voyez s'ils savent du moins le Symbole des ajjôtrcs, l'Oraison dominicale, et s'ils comprennent les choses qui y sont contenues, sufl-'uîammeni et en
substance, comme on peut le demander de laïques ignorants, et s'ils savent l'acte de contrition. En effet, le Credo est un excellent acte de foi sur les mystères nécessaires à connaître de nécessité de moyen et même de nécessité de précepte. L'Oraison dominicale est une prière qui renferme l'espérance : on ne demanderait pas à Dieu ses dons, si on n'espérait en lui ; le mot Pater indique le fonder.ent et le motif de la bonté divine ; enfin l'acte de contrition est tout à la fois un acte de charité parfaite et de douleur.
Ne dites pas que le motif de la foi et de l'espérance ne s'y trouve pas exprimé : d'abord vous voyez contre qui serait dirigée l'objection; ensuite il est bien certain que ces motifs doivent influer sur leurs actes, qui, sans cela, ne seraienî pas théologiques et divins. Or, pour influer efficacement sur ces actes et en être la cause et la forme, il n'est pas nécessaire qu'ils soient expressément énoncés ; il suffit qu'ils aient été bien appris et qu'ils restent dans la mémoire. Alors, soit virtuellement, soit par des actes très-faibles et insensibles que forme dans le fond de l'âme l'habitude infuse de ces vertus, ils influent sur leurs actes même ; c'est de quoi toute personne, même instruite, peut avoir l'expérience. En effet, lorsqu'elle fait un acte de foi à la présence réelle de Notre-Seigneur au sacrement de l'autel, elle dit bien : « Je crois que Notre-Seigneur est présent; » mais rarement elle ajoute le motif : parce
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que Dieu l'a révélé. Bien qu'elle ne l'exprime pas, elle est persuadée d'avoir fait un véritable acte de foi théologique ; car, dans la réalité , elle croit ainsi, parce qu'elle sait et croit habituellement que c'est une vérité révélée par un Dieu infaillible dans sa parole. Bien plus, dans les actes extérieurs de religion, tels que la génuflexion devant le saint sacrement, quand bien même on ne prémet pas l'acte exprès de foi en la présence réelle, il n'est personne qui doute qu'on ne fasse un acte religieux. On ne fléchit le genou que parce qu'on croit. 11 est vrai qu'on croit d'une foi et par un motif que vous appellerez, comme il vous plaira, habituel, virtuel, implicite ou faible, mais néanmoins suffisant, quoiqu'on ne le sente pas. Si donc vous trouvez que le pénitent sait le Credo, le Pater, et ce qu'ils contiennent, ainsi que l'acte de contrition, lors même qu'il ignorerait les formules aujourd'hui en usage des actes de foi, d'espérance et de charité, gardezvous de le renvoyer comme indigne d'absolution. Il y a quarante ou soixante ans que ces formules n'existaient pas, on n'en parlait point, commel'atlestent ceux qui sont nés avant 1720. Quoique bien instruits dans leur jeunesse, ils n'en entendirent jamais parler. 11 faudrait donc pour ce manquement condamner tous les anciens, et accuser les pasteurs des âmes d'avoir omis une chose essentielle à la justification et au salut ; or, c'est là une chose à laquelle vous ne devez pas même
penser. Toutefois je ne saurais trop louer l'usage actuel de ces formules, qui, exprimant clairement les motifs et les objets de la foi, de l'espérance, etc., sont d'une grande utilité pour les fidèles. C'est pourquoi vous devez recommander à vos pénitents de bien les apprendre et de les réciter souvent'.
Remèdes 171. — Mais s'il cst clair que le pénitent ignore 'îT* ce qui est nécessaire pour recevoir la grâce sanctirance. fiante, VOUS avcz deux moyens : le premier, c'est de lui faire connaître l'obligation où il est de s'instruire, et de lui recommander ou même de lui imposer pour pénitence d'assister aux catéchismes et aux instructions, de lire et d'entendre lire des ouvrages qui traitent de la doctrine chrétienne. Le
' Nous croyons uti!e de placer ici la remarque judicieuse de Mgr. de Vie, é\êque de Belley : « Que dans un « pays calLoIique où le culte s'exerce publiquement, où » l'on fait sans cesse le signe de la croix au nom de la » sainte Trinité ; où lesigne auguste de notre rédemption » se trouve à l'église, dans les maisons, dans les champs, » souvent avec l'image de Jésus-Chri>t attaché à lacroix, » dans un état propre à exciter l'attention ; où l'on cé- » lèbre chaque année la mémoire de la naissance, de la » mort et de la résurrection du Sauveur ; où l'image de » I\Iarle tenant Jésus entre ses mains, et d'antres images M représentant les diverses circonstances de sa vie, sont M à chaque instant sous les yeux; il e>t difflciie qu'on » puisse ignorer les grands mystères de la sainteTrinité » ou de l'Incarnation, de manière à ce que les absolutions « qu'on a reçues soient nulles. On peut certainement les » connaître ou les croire, sans être en état de les énon- )^ cer » Rituel du diocèse de Belley, publié par Mgr. de Vie, t. I, part. 3, tit. 5, sect. 5.
DES CONFESSEUnS. 295
second moyen est plus prompt; sans attendre qu'il ait appris ces clioses de mémoire, instruisezle brièvement, et faites-lui réciter avec vous lentement et dévotement les formules dont nous avons parlé; en sorte que, actuellement, il croie, il espère, il aime, il se repente comme il doit; après cela, si rien ne s'y oppose d'ailleurs, donnez-lui l'absolution. Ce second moyen est celui que vous devez employer à l'égard des adultes d'une condition plus qu'ordinaire, qui rougiraient et se troubleraient de s'entendre demander s'ils savent les premières vérités de la foi, etc. , et qui cependant vous donnent lieu par leur confession devousdouter de leur ignorance. Aidez-les swarement et efficacement en leur faisant dire ces actes. Après cela vous avez libre carrière pour leur demander s'ils ont l'habitude de réciter ces formules ou d'autres semblables, et, suivant leur réponse, vous pourvoirez à leurs besoins en faisant usage du premier remède. A cette fatale ignorance qui rend incapable d'absolution, se joint encore dans un trop grand nombre celle de ce qui constitue la véritable contrition nécessaire au sacrement. Combien n'en trouvc-t-on pas qui, portant jusqu'au scrupule le soin de s'examiner, pensent à peine au repentir! Il en est qui croient qu'il suffit de s'exciter h la contrition après être sortis du sacré tribunal ; d'autres attendent que le confesseur les aide à s'y exciter, ou se contentent de le faire pendant qu'il récite les courtes prières
29G MVNLEL
qui précèdint la formule d'absolution. Ainsi, une des choses que vous recommanderez avec le plus d'instance à vos pénitents, c'est le repentir et le ferme propos. Faites-leur en connaître l'extrême importance, et suggérez-leur les moyens de l'avoir, qui sont de le demander à Dieu, de penser un peu à ses motifs, et de s'y exciter avec soin. Conseillez-leur aussi de faire en même temps les actes d'attrition et de contrition parfaite, et même de les répéter plusieurs fois. Vous les avertirez cependant qu'il n'y a pas d'obligation, mais que c'est une pratique très-utile. Avec ces précautions, ils seront fondés à mépriser tous les doutes qui pourraient leur venir sur la contrition, et à s'approcher des sacrements avec la confiance d'être suffisamment disposés.
Remèdes ^72. — Il cst cncorc une autre espèce d'igno-
à riÊ;no- , , . • > ii
lance de rancc qui mente toute votre attention; c est celle '^^ 5!" qui pourrait être une occasion de péché formel
le jf'(!,e. pour le pénitent ou ses subordonnés, ou de scandale pour les autres. Si, par exemple, quelqu'un entrciicnî une amitié ou une familiarité qui menace de lui devenir une occasion d'offenser Dieu, bien qu'il ne s'en aperçoive pas, vous ne devez point le laisser dans la bonne foi ; car de quoi lui servira sa bonne foi pour résister, dans le danger, aux tentations qui le presseront de faire ce qu'il sait bien être défendu? Avertissez-le donc en termes clairs. Agissez de même à l'égard des pères et mères qui, par ignorance et par négli-
gence, ne pensent pas à élever chrétiennement leurs enfants dans les principes de la foi, dans l'usage de la prière et des sacrements, et ne les éloignent pas des dangers domestiques ou extérieurs. Leurs enfants perdront facilement l'innocence et contracteront de mauvaises habitudes dont ils ne se corrigeront peut-être jamais. C'est à votre zèle de prévenir ces malheurs. J'en dis autant, à proportion, des chefs de maison ou d'atelier qui n'empêchent pas les mauvais discours ni le mélange périlleux des personnes de différent sexe qui sont à leur service, et qui ne leur donnent pas la facilité de fréquenter les sacrements, d'entendre la parole de Dieu, etc. Remédiez aussi avec tout le soin possible à l'ignorance qui fait qu'on devient dans ses actions ou ses omissions un sujet de scandale pour les autres. !*ar exemple, si un prêtre va trop vite en célé- 5)rant, bien qu'il le fasse par ignorance et défaut le réflexion, les séculiers s'en trouvent justement scandalisés. En général, plus une personne ost exposée à être remarquée par les autres, avec danger pour ceux-ci de croire licite ce qu'ils lui voient faire ou omettre, plus il importe de l'avertir : le mauvais exemple est également nuisible, qu'il soit donné par ignorance ou par malice, (.'est pourquoi il est de la dernière importance que les chefs de famille, ceux qui sont dans des emplois publics, ecclésiastiques ou civils, et même,
suivant la remarque de Benoît XIV ', les personnes qui fréquentent les sacrements, soient instruites et convenablement averties, afin qu'elles ne donnent pas le mauvais exemple; car il serait bien plus nuisible au public. Si donc, en les confessant, vous trouvez qu'ils manquent dans leur conduite extérieure, corrigez-les le mieux que vous pourrez. Pour toute autre ignorance moins préjudiciable que celle-ci, appliquez les remèdes que je vous ai indiqués au n^ G3 et que je vous indiquerai au n° 313.
ARTICLE Ie^
INTEKR0GATI0IJ;S A FAIRE AUX PENITENTS PEU INSTRUITS.
Sur te 173. (B. LiGUORi, n° 21-60). — Pour vous
premier . , , ,, . , . . , . .
comman- aider daus 1 exercice de votre mmistere, je vais demeni. j^aj-quer ici les questions que le confesseur doit ordinairement adresser aux pénitents ignorants et qu'il juge n'être pas suffisamment examinés. J'y joindrai quelques remarques très-uiiles dans la pratique. Sur le premier commandement demandez :
1" A votre pénitent s'il sait les principaux mystères de la foi; car s'il ignore ces quatre grandes vérités, l'existence d'un Dieu rémunérateur du bien et vengeur du mal, le mystère de la sainte Trinité, le mystère de l'Incarnation et de la mort et passion de Jésus-Christ, il n'est pas capable
' Bull. JpostoUca, S 20.
d'absolution, suivant la proposition 61, condamnée par Innocent XI ; de plus, s'il sait le Credo, les commandements, les sacrements, etc., au moins en substance. A ce propos, le bienheureux Léonard de Port-Maurice fait observer que le confesseur est obligé d'instruire les pénitents ignorants des mystères de la foi, au moins des quatre principaux; puis il ajoute que c'est une mauvaise manière de renvoyer ces pauvres ignorants afin de les faire instruire par d'autres, parce qu'ils n'en retirent d'autre fruit que de rester dans leur ignorance. C'est pourquoi il est expédient de leur enseigner en peu de mots les principales vérité^, eu leur faisant produire un acte de foi, d'espérance, d'amour de Dieu et de contrition, avec injonction de se faire instruire plus en détail des autres vérités nécessaires à connaître de nccessitale prœcepti.
Quant aux personnes d'une condition plus élevée, mais ignorantes, qui auraient honte d'être interrogées sur cela, le même auteur dit que le confesseur peut leur parler delà sorte : Faisons ensetnbleles actes des principales vertus. A l'acte de foi il ajoutera : « 0 mon Dieu, parce que vous » êtes la vérité même et que vous l'avez révélé à ') la sainte Eglise, je crois tout ce que l'Eglise me » propose; je crois en particulier que vous êtes » un seul Dieu en trois personnes; je crois que le '• Fils s'est fait homme, qu'il est mort en croix » pour nous; qu'il est ressuscité, qu'il est monté
» au ciel, d'où il \ iendra juger tous les hom- ;> mes, donner le paradis aux bons et condamner « les méchants à l'enfer pour toute l'éternité. »
2'^ Demandez-lui s'il a fait ou enseigné des pratiques superstitieuses; s'il a employé d'autres personnes en les faisant coopérer à son péché. Il faut dire aux ignorants que les superstitions sont toujours défendues, bien qu'on les fasse par charité et dans le cas de nécessité. Que doit-on regarder comme superstition ? Voyez notre grande Théologie'.
3^ Demandez si par le passé il a caché par honte quelque péché. Il faut avoir soin de faire cette question surtout aux ignorants et aux femmes qui se confessent rarement. Vous pouvez leur dire : Auriez-vous quelque inquiétude sur votre vie passée ? faites aujourd'hui une bonne confession, dites librement tout ce qui vous fait de la peine, ne craignez rien, éclaircissez bien tous vos doutes. Un saint prêtre disait que par cette question il avait relire et préservé du sacrilège un grand nombre d'âmes. Si vous trouvez le pénitent déjà coupable de sacrilèges, demandezlui, pour savoir le nombre, combien de fois il s'est confessé et il a communié pendant le temps où il cachait ses péchés; si chaque fois qu'il se confessait ou qu'il communiait, il faisait attention au sacrilège, parce qu'il arrive à quelques-uns de faire certaine confession sacrilège, surtout pen-
' Lib. 3, n. 14.
DtS CONfESSElUS. 301
liant l'enfance, et de l'oublier cnsuiio. Ces pénitents ne sont pas obligés de répéter les confessions faites pendant le temps de cet oubli. Demandezicur encore s'ils savaient qu'en se confessant et en communiant ainsi, ils transgressaient le précepte pascal. .11 est bon de faire ces questions sur les sacrilèges au commencement de la confession, de peur, si on ne les fait qu'après et que le sacrilège se trouve déjà commis, qu'on ne soit obligé de répéter la confession". Il faut faire sentir à ceux qui ont caché leurs péchés toute l'énormilé du crime qu'ils ont commis on foulant aux pieds le sang du Sauveur.
4* Demandez s'il a fait la pénitence; s'il l'a oubliée, s'il a voulu la laisser ou la différer pour l'accomplir plus tard ou pour se la faire changer, et s'il croyait mal faire en différant ainsi.
5° Demandez, sur le scandale, s'il a cherché à faire pécher les autres, et si pour cela il s'est servi d'autres personnes ; s'il a coopéré aux péchés d'autrui. Aux aubergistes, s'ils ont donné du vin à ceux qui ont coutume de s'enivrer; aux femmes, si, par des paroles peu modestes, ou par des plaisanteries, des rires, des œillades fixes, des habits trop relevés ou une poitrine troi> découverte, elles ont donné lieu aux hommes d'avoir de mauvaises pensées ; si elles en ont reçu des présents offerts pour une mauvaise fin.
' Cette règle de conduite est l'application du sentimeot rapporté à la tin du n° 43.
Sur le scandale, vous pouvez encore demander au pénitent s'il a coopéré aux péchés d'autrui; mais ici vous devez bien savoir quand il y a coopération formelle, et quand il y a coopération matérielle. La coopération formelle a lieu lorsqu'on coopère actuellement au péché, comme il arrive dans la fornication, ou lorsqu'on coopère aux mauvais desseins d'un autre, par exemple si vous protégiez l'assassin ou le voleur. Dans ce cas vous coopéreriez véritablement à sa mauvaise intention, en l'encourageant à commettre le mal : cette coopération est formelle, donc toujours illicite, puisqu'elleestintrinscquement mauvaise. La coopération matéiielle a lieu lorsqu'on coopère à l'action d'un autre, indifférente par elle-même, mais qui s'en sert pour une mauvaise fin, comme serait de donner du vin à celui qui veut s'enivrer. Cette coopération peut être licite lorsqu'il y a, pour se le permettre, une raison légitime et proportionnéeà la coopération. Cepoint est de la plus grande importance : j'ai eu beaucoup de peine à le déchiffrer. Voyez là - dessus nos raisons et nos résolutions'.
Sur le 174. — Il faut que le confesseur interroge sur comm"an- ^^^ psrjurcs, Ics VŒUX transgrcsscs et les blasdemenf. phèmcp. Sur le parjure, demandez au pénitent s'il a fait de faux serments, et si c'est en justice ou ailleurs.
En faisant un parjure devant le tribunal , il
' Lib. 2, n. C5. y. ad dîstingucndam,et lib 3,n. 57!.
a péché contre la religion et contre la justice; en conséquence, il peut arriver qu'il soit obligé à se dédire ou à réparer le dommage. Demandez encore comment il a juré, si c'est par Dieu, par les saints ou sur son âme. S'il a juré sur sa conscience ou sur sa foi, sans dire par la sainte foi ou la foi de Jcsus-Christ, il est probable que ce n'est ni un parjure ni un péché mortel ^ 11 faut remarquer ici qu'un grand nombre de gens ignorants ne regardent pas comme un péché mortel le parjure, même par les saints, lorsqu'il ne fait tort à personne ; de môme lorsqu'ils disent à leurs enfants et à leurs domestiques : Par Dieu, par le Christ, je te tuerai, si tu t'y retrouves, ils n'ont pas l'intention de faire un parjure, bien qu'ils ne veuillent pas exécuter cette menace: du moins ils n'y font pas attention.
Quant aux vœux, le confesseur doit d'abord s'assurer si ce que le pénitent a fait est vraiment un vœu; car les gens simples prennent souvent pour des vœux des désirs et des résolutions. Pour le savoir, il sert de peu de leur demander, comme le pratiquent certains confesseurs, s'ils ont eu l'intention de s'obliger au vœu sous peine de péché mortel. Interrogées de la sorte, les personnes ignorantes répondent facilement que non : il sera donc plus utile de leur demander, si, lorsqu'ils faisaient le vœu, ils pensaient qu'ils se rendraient ou non coupables d'un péché mortel en
' Lib. 3, n. 135.
ne l'accomplissant pas; de ceito manière, il est plus aisé de savoir s'ils ont eu l'intention de s'obliger au vœu sub gravi ou non. Si vous reconaaissez qu'il y a un véritable vœu, vous demanderez au pénitent s'il croyait pécher mortellement en différant de l'accomplir, ou s'il se croyait excusé par son intention d'y satisfaire plus tard.
Il est à propos de placer ici quelques observations sur la commutation ou la dispense des vœux. Vous savez déjà qu'il y a cinq vœux réservés : le vœu de religion, de chasteté perpétuelle, et des trois pèlerinages, de Rome, de Saint- Jacques en Galice, et de Jérusalem. La dispense en est réservée au pape, pourvu qu'ils soient absolus, non auteni pœtiaïia et condUionata \ Les autres vœux peuvent être commués par les évêques, qui peuvent aussi en dispenser et déléguer à d'autres ce double pouvoir ^; il en est de même des confesseurs réguliers ^, et même des autres confesseurs, dans les temps de Jubilé ou en vertu de quelque autre privilège. Quant à la commutation, vous ne devez pas être scrupuleux sur la cause. Tout motif raisonnable suffit; c'est assez pour commuer le vœu, que le pénitent soit moins exposé à le violer *. Ne vous inquiétez pas non plus pour substituer une matière égale : il ne s'a-
' Lib. 3, n. 261.
- Ib., n. 256.
' Ib., n. 257. V. Imo.
* Ib.y n. 244 ia fine.
DES CONFESSIiUUS. 305
gil point ici d'une ('galité pesée à la halance , il suffit d'une égalité morale. Demandez au pénitent quelles sont les œuvres de surérogation qu'il a coutume de faire, ou pour lesquelles il a le plus de goût, c'est en celles-là que vous commuerez son vœu. La plus sûre commutation de toute espèce de vœux, c'est la fréquentation des sacrements '. Il faut remarquer que les vœux perpétuels pourront très-bien se commuer en des vœux temporels, pourvu qu'il y ait une juste proportion. De même les vœux réels peuvent se commuer en personnels, et vice versa '^. S'agitil de la dispense, il faut une raison plus grave, telle qu'un grand danger de transgression, une grande difficulté dans l'exécution, la légèreté oula délibération imparfaite avec laquelle le vœu a été fait, etc. ^. II est bon d'ajouter à do semblables dispenses quelque commutation. Ces dispenses et ces commutations peuvent avoir lieu iliors de la confession, pourvu que la faculté n'ait pas été donnée sous cette condition, comme dans le Jubilé ^ Je vous conseille cependant de faire tout cela dans la confession.
Quant aux blasphèmes, demandez au pénitent : 1° s'il a blasphémé les saints, et comment il s'est exprimé; par exemple, s'il a dit : Maudits
' Lib. 3,T\.?A3.
* /i.,n. 247. V. Xotaitdum.
' Ib., n. 552 et 253.
* Ib , 257. V. Iino.
soient,eic , cela est certainement un péché mortel*. Demandez - lui 2" s'il a blasphémé les saints
• Voici C(" que dit Mgr. l'évéque du Mans, des paroles l)lasphématoires malhcui euseiueut si fort en usage parmi 1(; peuple: » Qui ira aliave passione abrcptus, Terbablasphemise profcrt, corum s'gniflcationem non advertens, peccat tantum veiiialiter sub hoc respectu ut expresse agnoscit.S. Th n. 2, q. 13, art. 2. llem qui ex inveterata consuetudine blaspheniandi, quamserio retractavit, eadcm tamcn inadvcrtenler pronuntiat verba a mortali et quand.)que ab omni peccato excusantur. Potest igitur absolvi et ad s.icraai Eucbaristianiadmitti saltem in Pascliatc. Sic ipse Coll. Andfgav.,t. 4.
Similiter ex defectu advertentiae ssepe fit ut formulte vere blaspheaiatoriaî in se et horribiles, a gravi peccato excusentur : v. g. uiortdiè (mort de Dieu), ventredié (ventre de Dieu), tètedié (tête de Dieu), jarnidié (je renie Dieu), inangredié (nialgré Dieu), etc. Coniniuniter enim qui bnjuhmodi formuiis nunc utuntur, pravum toruni sensuni non intelligunt.
Nunc enim aliqui creduntse non blasplicmare dicendo simpliciter ; N^oni de Dieu, mille noms, si non prjeccdat nonien adjectivuni sacré; vel etiajn sacré nom, sinon sequetur de Dieu, vel simpliciter sacré, Hae formul* multuniin regionibus nostris usitatre, quas reperio apud D. Vernier, t. 1, niihi videntur excusari posse a mortali, ubi proferuntur ^i^e ira, quia non exhibent .sensuni in Deum coutumcliosuni, et fidèles graviter uoa offeaduut, nisi ratione .status et conditionis pcrsonas eas profercntis scandalum pra-bcant. Si vcro proferrenturin ira, diflicilius excusa» i postent, quia ex sensu fidelium inDeumsunt contumelios.'e; a fortiori il I.t al teiae, s,... nom de Dieu, s.-., mille noms de Dieu, a mortali excusari ncqueuntnisi ex consuetudine retractata ex defectu advertentia-, ut modo notavimus.
Caeteruiii luec omnia ex circumsîantiis judicanda sunt, et Liguori,!. 3, n. 130, cum aliis pluribus, contendit quod in dubio an aliqua formula sit vel non blasphemia, ut blasphciiiia non sit babenda. Saltem qui ea utuntur, abs-
jours, tels que Pâques, Noël, l'Epiphanie, le Samedi saint, etc., ce qui ne peut être excusé de péché mortel, bien qu'un grand nombre de gens grossiers ne le regardent pas clairement comme tel. Cependant, la chose étant douteuse, demandez-en le nombre, et prenez-les pour ce qu'ils sont devant Dieu. JJcmandez 3'^ si, après avoir proleré de semblables blasphèmes contre Dieu, les saints ou les jours de fête, il a aussitôt ajouté: Si je l'ai fait, ou bien : Hors de Dieu, car les gens grossiers qui disent cela unico actu sont excusables de péché mortel , du moins à raison de leur ignorance, car ils n'ont pas l'intention de blasphémer. J'avais dit dans ma Théologie ' qu'une semblable parole était un vrai blasphème: car, pour qu'il y ait blasithèmo, il n'est pas nécessaire d'avoir l'intention de blasphémer ; il suffit que la proposition soit d'elle-même injurieuse à Dieu ou aux saints. Néanmoins, ayant fait de plus mûres réflexions, il me paraît probable, comme à d'auires théologiens, que ce n'est pas un blasphème, puisque le vrai sens de cette proposition doit s'estimer par les dernières paroles : or, on peut bien dire que la proposition dont il s'agit, prise dans son ensemble, n'emporte pas un vrai blasphème. Il en serait autrement si celui qui aurait proféré un véritable blasphème
que fonii.'ili intcutiunc Dciini inlionorauili, nonreputandi siint rci peccati mnrialis. Institut, tlicoloi,'., t. 5, p. lOO- ' Lib. 3, n \')A- V Sic quoquc.
disait, comme pour remédier au mal commis : Si je rai fait, etc. 4'' Lorsque tes personnes grossières ont dit : Maudite soit la foi, ne regardez pas cela comme un blasphème ; ils n'entendent pas parler de la foi chrétienne, et par foi on peut irès-bien entendre la foi humaine. Il faudrait en juger autrement s'ils avaient blasphémé-la sainte foi ou la foi du Christ. De même encore te n'est pas un péché mortel de maudire les morts, à moins que celui qui le dit ou le fait n'entende précisément la mort de Jésus - Christ, ou les âmes du purgatoire, ou les âmes des morts. En voici la raison en deux mots : Une semblable malédiction ne renferme ni en soi ni dans l'intention de ceux qui la profèrent une injure aux âmes du purgatoire: nous l'avons démontré '. En effet, dans la réalité, ils font abstraction du corps ou de l'âme, et ne font point attention aux morts, mais aux vivants, à qui ils adressent ces malédictions par forme d'injures. J'ai trouvé trois auteurs qui ont écrit sur ce sujet, et qui disent la même chose : c'est le P. Mazotta dans sa Théologie morale,l'auteur du Traité contre le blasphème, et l'auteur de V Instruction pour les confesseurs des campagnes. Cette instruction a été reçue avec applaudissement par tout le monde, et surtout par l'illustre et savant évêque Mgr. D. Jules Torni. J'ai été plus loin: je me suis assuré que le souverain pontife régnant, Benoît XIV, pensait comme moi
' Lib. I,n. 130.
DES CONFESSELRS. 309
que maudire les morts n'était pas un véritable blasphème.
5 Maudire le monde, est-ce blasphémer? L'auteur de rinslruction citée plus haut le nie, mais j'ai démontré le contraire '. Toutefois j'ai remarqué que s'il s'agissait du monde ennemi de Dieu, ce n'était certainement pas un péché. Mais comme il est vraisemblable que les gens grossiers ne l'entendent pas ainsi, qu'ils entendent au contraire le monde créé de Dieu, et quils s'en accusent comme d'une grande faute, c'est pour cela que j'ai dit et que je dis encore qu'on doit plus probablement le tenir pour un péché grave. 6° Maudire les créatures inanimées, comme le vent, la pluie, les années, les jours, le feu, etc., ce n'est pas un blasphème, à moins qu'on ne rapporte expressément ces créatures à Dieu, par exemple si on disait : Maudit soit le feu de Dieu, le pain de Dieu, etc. On ne saurait douter que maudire le paradis ou l'àmc ne soit un blasphème grave-. 7° Maudire le démon, n'est pas un péché mortel, parce qu'on a coutume de le maudire comme l'auteur du mal et l'ennemi de Dieu. En soi ce n'est pas même un péché véniel, abstraction faite de l'acte d'impatience qui s'y trouve facilement^. Dire : Diable saint ou tout-puissant est certainement un blasphème très-grave, et même héréti-
' Lib. 3, n. 129 V. Sed hic.
"■ lùid \. Ut.tnlicrrc.
quo, si on le disait en le croyant ainsi, ce qui d'ordinaire ne se présume pas. Mais ce n'est pas un blasphème d'appeler le démon puissant ou sage, pourvu qu'on ne soit pas dans l'intention de l'honorer ; car, de sa nature, le démon est sage et puissant; non plus que de dire Saint dia.... 8° Interrogez le pénitent combien de fois et à quelle occasion il a blasphémé, si c'est au jeu, au cabaret, à la chasse, etc., et depuis combien de temps il est dans cette mauvaise habitude, afin de voir s'il est récidif, et s'il y a une occasion prochaine qu'il soit obligé d'éviter.
9° Demandez-lui s'il a blasphémé en présence de ses enfants ou de ses domestiques. Dans ce cas, outre le péché de blasphème, il y a encore péché de scandale. J'ajoute, avec un savant auteur, que les blasphémateurs ne sont pas excusés de péché grave, parce que la force de la mauvaise habitude ou un violent accès de colère les a empêchés de savoir ce qu'ils disaient. Quoiqu'ils aient une connaissance moins vive que ceux qui ne sont pas habitués au blasphème, il leur reste toujours la connaissance actuelle, qui suffit pour que l'acte soit délibéré et mortel. Faisant peu de cas du péché, il ne fait pas sur eux cette vive impression qu'il produirait sur une conscience moins blasée. De là vient qu'il ne reste dans leur mémoire aucun souvenir de cette connaissance actuelle du péché, ou du moins ce souvenir est si faible, qu'ils répondent facilement
qu'ils n'y faisaient pas attention. Mais un confesseur éclairé ne doit pas les en croire ; il ne faut pas même leur demander s'ils ont fait attention ou non : il faut regarder leurs paroles comme autant de véritables blasphèmes, toutes les fois qu'ils les connaissaient pour telles.
175. — Sur l'obligation d'entendre la messe Surie les jours de fête, demandez au pénitent s'il l'a ê^n^mânmanquée quelquefois, s'il s'est aperçu qu'il la «le'"*-"'perdait, ou s'il s'en est douté dans If moment où il pouvait l'entendre. Quoique bien souvent le pénitent se soit mis en retard, il arrive qu'il trouve une messe par hasard, et il l'entend. Néanmoins il s'est exposé sans une juste raison au danger de la manquer et hi pénitent peu instruit ne s'en confesse pas. Si le pénitent s'accuse d'avoir perdu la messe, demandez-lui par quelle raison : si c'est par nécessité, comme il arrive aux bergers qui ne peuvent abandonner leur troupeau; aux mères qui ne peuvent quitter leurs petits enfants ; aux ■ parents qui ne peuvent laisser des malades; aux voyageurs qui ne peuvent se séparer de leur com- ])agniesansdegraves inconvénients, commed'êlre dépouillés par les voleurs, ou de ne pas pouvoir trouver le chemin, etc. ; ou à une personne qui n'aurait pas des habits convenables pour paraître à l'église '.
Quant aux œuvres serviles, demandez-lui s il a travaillé les jours de fête. S'il répond que oui, ' Lib. 3, n. 3;{0
342 MANLEL
demandez-lui V combien de temps et quel travail il a fait. Suivant le sentiment le plus commun, on excuse de péché mortel ceux qui ne travaillent que pendant deux heures'. D'autres admettent encore quelque temps de plus , du moins si le travail est de lui-même léger, et s'il y a quelque raison plus considérable. Si le pénitent s'accuse d'avoir travaillé quelquefois plus, quelquefois moins, demandez-lui combien de fois il a travaillé croyant faire un péché mortel. Il faut lui expliquer que travailler longtemps, même en secret, pours ses plaisirs et sans rétribution, c'est un péché. Demandez-lui 2" pour quelle raison il a travaillé, si c'est par nécessité ou parce que c'est la coutume générale du pays. La pauvreté peut excuser, comme elle excuse le plus souvent les pauvres, qui ne peuvent subvenir autrement à leur subsistance et à celle de leur famille ^ ; comme aussi ceux qui raccommodent leurs habits ces jours-là, ne le pouvant pas durant la semaine ^. Mais il faut détromper ces personnes peu instruites qui croient faussement pouvoir, sans péché, travailler les jours de fête pour leur propre maison et sans aucun salaire. Beaucoup de théologiens excusent ceux qui travaillent pour éviter l'oisiveté, qui serait pour eux une occasion probable de péché. Nous n'avons admis ce sen-
' Lib. 3, n. 365.
^ Jbid.
DES CONrrssE;:fts. 313
liment que (Jans le cas exlrômomcnt rare où la personne serait tourmentée par une tentation tellement importune, qu'elle ne pourrait s'en débarrasser qu'en travaillant. Il y a des domestiques et des ouvriers qui sont souvent obligés par leurs maîtres à travailler les jours de fête et même à manquer la messe ; ils sont tenus de quitter ces maîtres, à moins qu'ils ne soient obli- {jés de les servir en vertu d'un contrat, ou qu'en refusant ils n'aient de graves raisons de craindre un grand dommage. Cette seule raison peut excuser les enfants et les femmes obligés à travailler les jours de fête par leurs pères ou leurs maris '. Demandez-lui encore s'il a mangé des aliments défendus le vendredi et le samedi, les vigiles, et pendant le carême.
176. — Demandez aux enfants : 1" s'ils ont eu s.i o de la haine contre leurs parents : dans ce cas ils ''.'!*' ont péché doublement contre la charité et contre <- mmat. !a piété ; 2" s'ils leur ont désobéi en matière grave, contre leur défense expresse, et en chose juste, comme de ne pas sortir la nuit, de ne pas jouer à des jeux pernicieux, de ne pas s'entretenir avec de mauvaises compagnies, ou avec des personnes d'un sexe différent et autres semblables. J'ai dit en chose juste ; car pour le choix d'un étal de vie les enfants ne sont pas obligés d'obéir à leurs parents. Bien plus, les parents pèchent gravement lorsque, sans de justes rai-
' Lib. 3, I). 29n.
sons, ils contraignent leurs enfants à se marier ou à se faire prêtres ou religieux, en les détournant, par des moyens injustes, de l'état qu'ils veulent embrasser '. 3° Demandez s'ils ont manqué de respect à leurs parents et en leur présence, par des actions, des imprécations ou des injures graves, comme de les appeler ivrognes, bêtes, scélérats, sorciers, voleurs, fous, ou en les contrefaisant, ou en leur disant d'autres paroles qui les auraient grandement coniristés. On ne doit pas condamner absolument comme un péché mortel de les appeler vieux, ignorants, étourdis, à moins qu'ils n'en fussent gravement offensés. Remarquez que les enfants qui ont manqué de respect à leurs parents sont obligés de leur rendre l'honneur qu'ils leur doivent, en demandant pardon, et même en présence des personnes devant qui ils ont commis la faute. Il est des confesseurs peu sages qui dans ce cas imposent aux enfants pour pénitence d'aller, lorsqu'ils seront de retour à la maison, baiser les pieds de leurs parents, et là-dessus ils leur donnent l'absolution. Les enfants n'en font rien et commettent un nouveau péché. Il vaut mieux qu'ils demandent pardon avant de recevoir l'absolution; mais sans leur imposer de baiser les pieds ou les mains, parce que les enfants qui n'ont pas cet usage le font très-difficilement. Cependant si on ne pouvait commodément exiger
' Lib 3, n. 335- V. Prœterea, et lib. 4, D. 77-
qu'ils demandassent pardon avant de recevoir l'absolution, ne leur en faites pas une obligation grave; contentez-vous de leur en donner le conseil ; car on présume avec assurance, du moins le plus souvent, que les parents font f,râce de celte obligation à leurs enfants, afin de ne pas les voir de nouveau dans l'inimitié de Dieu.
Si ce sont les parents qui se confessent, demandez-leur t° s'ils manquent à l'éducatitm de leurs enfants en négligeant de les instruire des vérités de la foi, de les faire assister à la messe et fréquenter les sacrements; de les éloigner des mauvaises compagnies ou des personnes de différent sexe. Demandez-leur encore s'ils les ont scandalisés en blasphémant en leur [irésence,elc . ; s'ils ne les ont pas corrigés lorsqu'ils ont péché, surtout lorsqu'ils ont commis quelque vol ; s'ils ont permis aux futurs époux de leurs filles d'entrer dans leur maison', et surtout s'ils ont fait coucher dans le même lit les enfants de différent sexe ; s'ils ne leur ont pas donné les aliments nécessaires ; s'ils ont forcé leurs enfants, par des moyens injustes, à se marier, à se faire [)rêtres ou religieux contre leur volonté. En cela ils ont péché mortellement. Mais les parents ne se font pas grand scrupule de ce qui cause la perte de leurs enfants et la ruine de l'Eglise,
Demandez aux maîtres s'ils ont repris leurs domestiques lorsqu'ils blasphémaient, ou n'ac-
' «Voyez la premiorc note ilu n" ï.'i8.
3iO MANUEL
complissaienl pas le devoir pascal, ou manquaient la messe, ou tenaient des propos déshonnêtes, surtout pendant les vendanges. Les maîtres sont obligés d'empêcher autant qu'ils peuvent les scandales qui se commettent alors. Demandez aux maris s'ils ont fourni à la subsistance de leur famille ; aux épouses, si elles ont donné lieu à leurs maris de blasphémer, si elles ont rendu le devoir conjugal. Ordinairement demandez cela aux épouses, parce qu'un grand nombre se damnent à cause de cela, et sont cause de la damnation de leurs maris, qui, se voyant refuser leur droit, commettent mille iniquités. Mais en faisant cette question servez-vous des expressions les plus modestes, par exemple : Obéissez-vous à votre mari, même dans le mariage? ou bien : Ave z-vous quelque inquiétude sur vos devoirs de mariage? Vous ne ferez pas cette question aux femmes qui mènent une vie vraiment chrétienne.
s,,r le 177. — Demandez au pénitent i° s'il a désiré
^'"- un mal grave au prochain, ou s'il s'est réjoui du
commau- mal qui lui arrivait. Vous devez remarquer
dément, j^j ^^^ ^j ^^ pénitent désirait à son ennemi diverses sortes de maux, tels que la mort, l'infamie, la pauvreté, il est obligé de les expliquer. Ce sont des péchés différents et distincts par leur nombre, lorsqu'il a réellement désiré de lui faire ces maux, ou désiré spécifiquement et en particulier qu'ils lui arrivassent. Il en est autrement.
UES CONFESSEURS. Ml
suivant roi)inion probable des ihéologiens', s'il lui a désiré ces maux sub uno génère mali, c'est- ;»-dire comme moyens de ruine. Or ici le tourment des pauvres confesseurs est de juger si les imprécations auxquelles sont habitués ces pénitents grossiers sont des péchés mortels ou véniels. Pour le savoir, demandez d'abord au pénitent si dans le moment il a désiré de propos délibéré de les voir accomplir. Mais cola ne suffit pas pour porter un jugement certain. Ainsi vous lui demanderez encore s'il les a lancées contre des étrangers ou contre ses parcnts;car il cslrare qu'il y ait mauvaise intention contre ses parents, surtout contre ses enfants, son épouse, ses père et mère. Do plus demandez-lui pourquoi il les a proférées; si c'est pour une cause grave, et dans une grande colère, il peut très-bien se fiiire qu'il y ait eu mauvais désir. Du reste, il no suffit pas, pour excuser de semblables imprécations, de dire qu'on n'aurait voulu les voir réalisées qu'au moment où on les proférait, parce qu'il n'en faut pas davantage pour avoir commis une faute grave dans ce moment. C'est pourquoi vous devez en demander le nombre, et les i>rondre du moins pour ce qu'elles sont devant Dieu. S'il y a rechute dans ce péché, ne donnez l'absolution que lorsque vous aurez vu du changement ou quelque marque extraordinaire de contrition.
Demandez 2'^ s'il a fait ou dit de graves in-
' Li!i. j, n. ;>0. V. QiKPiitur, 5