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jjcrsonne qui se confesse à lui soit coupable de quelque énorme péché, et aussi pour ne pas épouvanter de sorte le pénitent que cela fût cause qu'il supprimât quoique autre grand péché; mais il doit, au contraire, l'encourager à s'accuser de tous les crimes, si énormes et si sales qu'ils soient . Le confesseur qui a quelque privilège, permission ou autorité de changer les vœux de ceux qui se confessent à lui, et qui le lui demandent, ne les doit point changer qu'en d'autres œuvres de piété plus grandes, ou pour le moins également agréables à Uieu, ayant beaucoup égard aux dépenses, aux peines, aux fatigues, et aux autres incommodités qu'ils eussent endurées en les accomplissant ' ; et quoiqu'il ait pouvoir d'absoudre des péchés même énormes, des censures et des peines ecclésiastiques, en vertu des jubilés on de quelques privilèges apostoliques, il doit néanmoins prendre garde qu'il ne peut pas dispenser ceux qui auront encouru quelque irrégularité, sinon qu'il en soit fait expresse mention dans ces lettres apostoliques.
197. (Saint François de Sales, t. II, p. 62^*. et 625.) — Le pénitent étant arrivé, il faut, avant «le Sales toutcs choscs, s'cnquérif de lui quel est son état *r(et'i" ^^ condition, c'est-à-diro s'il est marié ou non, '"'•"i ecclésiastique ou non, religieux ou séculier, avocat ou procureur, artisan ou laboureur; car,'se-
' Voyez le n. 174 où la question est traitée théoJogieinent.
Avis ( «aiiit François
DES CONFESSEDRS. 365
Ion sa vocation, il faudra procéder diversement avec lui. Il faudra voir, après cela, s'il n'a pas intention de s'accuser de toutes ses fautes sans rien celer à son escient, comme aussi de quitter et détester entièrement le péché, et do Hiirc ce qui lui sera enjoint pour son salut; que, s'il n'a pas celle volonté, il faut s'arrêter là, et l'y disposer, si faire se peut; que, s'il ne se peut faire, il le faut renvoyer, après lui avoir fait entendre le danj;ereux et misérable état auquel il est réduit. C'est un abus intolérable que les pécheurs ne s'accusent de nul péché d'eux-t>iémes, sinon en tant qu'on les interroge. [1 leur faut donc apprendre i'i s'accuser premièrement eux-mêmes en ce qu'ils pourront, et puis les aider et secourir par les demandes et interrogations. 11 ne suffit pas que le pénitent accuse seulement le genre de ses péchés, comme serait à dire d'avoir été homicide, luxurieux, larron ; mais est requis qu'il nomme l'espèce, comme, par exem[)le, s'il a été meurtrier tic son père ou de sa mère, car c'est une espèce d'homicide différente des autres, et s'appelle parricide ; s'il a tué dans l'église, car en cela il est sacrilège; ou bien s'il a meurtri un ecclésiastique, car c'est un homicide spirituel, et il est excommunié. De même au péché de la luxure, s'il a défloré une vierge, car c'est un stupre; s'il a connu une femme mariée, c'est un adultère, et ainsi des autres.
Non-seulement on doit s'enquérir de l'espèce
du péché, mais aussi du nombre d'iccux, afin que le pénitent s'en accuse, disant combien de fois il a commis tel péché, ou environ, plus ou moins, au plus près qu'il pourra, suivant sa souvenance ; ou au moins disant combien de temps i! a persévéré en son péché, et s'il y est fort adonné ; car il y a bien de la différence entre celui qui n'aura blasphémé qu'une fois et celui qui aura blasphémé cent fois, ou qui en fait métier. Il faut, de plus, examiner le pénitent sur la diversité des degrés du péché. Par exemple, il y a. bien de la différence entre se courroucer, injurier, frapper du poing ou avec un bâton, ou avec l'épée, qui sont divers péchés de colère. Item, il y a bien à dire entre le regard charnel, l'attouchement déshonnête et îa conjonction charnelle, qui sont divers degrés du même péché. Il est vrai que celui qui a confessé une action mauvaise n'a besoin de confesser les autres qui sont nécessairement requises pour faire celle-là. Ainsi, celui qui s'est accusé d'avoir violé une fille une seule fois n'est pas obligé de dire les baisers et attouchements qu'il a faits parmi cela et à cette occasion ; car cela s'entend assez sans qu'on le dise, et l'accusation de tels péchés est comprise en la confession de l'action finale du péché. J'en dis de même des péchés desquels la malice se peut redoubler et multiplier en une seule action. Par exemple, celui qui dérobe un écu fait un péché, et celui qui en dérobe deux ne fait aussi qu'un péché, et
tout de même espèce; mais, toutefois, la malice de ce second péché est double au prix du premier. De mémo il se peut faire qu'avec un mauvais exemple on scandalise une seule personne, et avec un autre exemple de nicme espèce on en scandalisera trente ou quarante, et il n'y a point de proportion en l'un et l'autre péché. C'est pourquoi il faut parlicularisir, tant qu'il se peut bonnement faire, la quantité de ce qu'on a dérobé et des gens qu'on a scandalisés par une seule action; et ainsi consécutivement des autres pécliés desquels la malice croît et décroît, selon la quantité de l'objet et de la matière.
Encore faut-il pénétrer plus avant, et examiner le ])énitent touchant ses désirs ou voloniés purement intérieures, comme serait s'il a désiré ou voulu faire quelque venj^eance, déshonnêteté, ou semblables choses; car ces mauvaises affections sont péché. Il faut passer plus outre, et éplucher les mauvaises [lensées, encore qu'elles n'ont été suivies de désirs et de la volonlé. Par exemple, celui qui prend plaisir à penser en soimême à la mort , ruine et désastre de son ennemi, encore qu'il ne désire point tels effets^ néanmoins, s'il a volontairement et à son escient pris délectation et réjouissance en telles imaginations et pensées, il a péché contre la charité, et doit s'en accuser rijjoureusement. C'est tout de même de celui qui a volontairement pris plaisir aux pensées et imaginations des voluptés char-
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nolies; car il a péché intéiicurcmenl contre la chastelé,dontilso(ioilconfesscr,cl'autanlplusque s'il n'a pas voulu appliquer son corps au péché, il y a néanmoins appliqué son cœur et son âme. Or, le péché consiste plus à l'application du cœur qu'à celle du corps, et il n'est nullement loisible de prendre à son escientpîaisirctcontentenientau péché, ni par les actions du corps ni par celles du cœur. J'ai dit à son escient, d'autant que les mauvaises pensées qui nous arrivent contre notre gré, ou sans que nous y prenions entièrement garde, ne sont nullement péchés, ou ne sont pas péchés mortels. Outre tout cela, encore faut-il que le pénitent s'accuse des péchés d'autrui, à l'exemple de David; car si, par mauvais exemple ou autrement, il a provoqué quelqu'un à pécher, il en est coupable, et cela s'appelle proprement scandale. Au contraire, il faut empêcher le pénitent de ne point nommer ni donner à connaître ses complices au péché, tant que faire se pourra.
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