‹ Manuel des confesseursChapitre 14 sur 74 · PRÉFACE. XY · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XY

« Si donc un censeur romain approuvait et surtout s'il ce louait un ouvrage qui contînt un mot contraire à ce « que Rome enseigne ou permet d'enseigner, ce serait «un grand mal pour toute la catholicité, et le Pape sec( rait obligé^ en condamnant le censeur, de publier sa c< faute pour en arrêter les suites. Il faut en conclure Ci qu'on serait au moins bien imprudent de blâmer un « ouvrage théologique approuvé et surtout loué à Rome « par les autorités compétentes. »

2* De la Pratique des confesseurs^ de saint Alphonse de lÀguori. Saint Liguori, fondateur de la congrégation du Saint-Rédempteur, évêque de Sainte-Agathe des Goths, naquit à Naples, d'une ancienne et noble famille, le 26 septembre 1696. Dès son début dans la carrière de la scieBce, le jeune Alphonse marqua sa place parmi les hommes supérieurs. Il n'avait que seize ans lorsqu'il fut reçu par acclamation docteur de l'Université de Naples. Peu de temps après il entra dans le barreau. Déjà une brillante perspective s'ouvrait devant lui; mais Dieu^ qui le voulait tout entier à l'Église, lui fit sentir vivement la vanité des choses de ce monde. Docile à la grâce, Alphonse résolut sur-le-champ de consacrer ses talents et sa vie au salut des âmes. Combien d'obstacles n'eut-il pas à vaincre 1 Fils aîné d'une famille noble, et sa plus belle espérance, il dut, comme saint Louis de Gonzague, triompher de tout ce que la tendresse paternelle et les considérations humaines peuvent opposer de plus fort à une vocation. Il y réussit, et fut ordonné prêtre le 21 décembre 1 726.

Animé de l'esprit dont il venait de recevoir la plénitude, Alphonse consacra les prémices de son zèle aux pauvres habitants des campagnes. C'est pour leur procurer plus efficacement les secours spirituels qu'il éta-

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blit une congrégation de missionnaires sous le nom dn Saint-Rédempteur. Il en jeta les fondements en i 732 et en fut nommé supérieur, et il la dirigea jusqu'en 1 762. Â cette époque son humilité fut mise à une bien rude épreuve. Clément XIII le nomma à révèché de Sainte- Agathe des Goths dans le royaume de Naples. Alphonse supplia le Pontife de ne pas lui imposer un fardeau qu'il regardait comme au-dessus de ses forces. Le Pape, qui connaissait depuis longtemps son mérite et sa vertu, lui envoya l'ordre formel d'accepter. Alphonse obéit; il vint à Rome pour se faire sacrer. C'est dans cette circonstance que Clément XIII dit à l'archevêque de Nazareth ce mot prophétique : A la mort de M^ de Liffuorij nous aurons un saint de plus.

Évêque sans cesser d'être missionnaire, Alphonse nourrit constamment son peuple du pain de la parole sainte; pasteur charitable, il se dépouilla de tout pour soulager ses malheureux diocésains dans une famine qui désola le pays. Après treize ans de gouvernement, affaibli par les travaux, les macérations et les maladies, il obtint du pape Pie VI, en 1775, la permission de se démettre, et, à Tâge de soixante-dix-neuf ans, il se retira dans sa congrégation à Nocera de Pagani, où il passa le reste de sa vie dans l'étude, la prière et les exercices de la pénitence. Il y mourut le !•' août 1787, âgé de quatre-vingt-onze ans. Dérogeant en sa faveur au décret d'Urbain YIII, qui exige un intervalle de cinquante ans avant de procéder à l'examen juridique des vertus* Pie VII porta le décret de béatification du serviteur de Dieu le 6 septembre 1816. Celui de sa canonisation a été publié par Pie VIII le 16 mai 1830.

Telle est, en quelques mots, la vie de ce grand directeur des âmes. Aussi illustre par ses vertus que par son

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