PRÉFACE. XXXIII
voulut que l'étendard du Fils de Thomme fût publiquement vénéré par les chrétiens de ces derniers temps au même lieu où le paganisme tout-puissant voulut en abolir la mémoire, et où nos pères dans la foi remportèrent de si glorieux triomphes.
A peine la mort du serviteur de Dieu fut-elle connue, qu'un concours immense de peuple s'assembla devant le monastère pour rendre un dernier hommage à la sainteté de leur grand missionnaire. L'affluence fut telle qu'on fut obligé de tenir les portes fermées, dans la crainte de quelque accident. Un grand nombre de miracles opérés par son intercession, soit durant sa vie, soit après sa mort, attestent que le bras du Seigneur n'est point raccourci^ et que la voix du peuple est toujours dans ces cas-là le fidèle écho de la voix de Dieu : Yox populi^ vox Dei. Il fut béatifié par Pie VI le 14 juin 1796.
4** 11 se compose des Instructions de saint Charles aux Confesseurs. Parler de Ja vie de ce grand archevêque serait superflu : tous les prêtres la connaissent. Nous dirons seulement un mot de l'opinion répandue en France, du moins dans certains diocèses, que saint Charles est le patron de la morale sévère ; qu'il professe une doctrine différente de celle de saint Liguori. Cette opinion n'est qu'un préjugé dénué de fondement ; nous le montrerons bientôt.
En attendant, voici ce qui a pu la faire naître : 1^ beaucoup de personnes en France parlent de la morale du bienheureux Liguori sans la connaître parfaitement, nous oserions presque dire sans l'avoir lue; 2* le bienheureux Liguori étant, selon l'expression de Léon XII, fort érudit et fort savant, il a détrôné bon nombre d'opinions morales qui avaient usurpé dans