‹ Manuel des confesseursChapitre 40 sur 74 · PRÉFACE. XLV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XLV

Ton a fort peu ou point du tout soin de son âme, de sorte qu'on se confesse plutôt par une certaine coutume que par une connaissance qu'on ait de ses péchés et par un désir de s'amender ; et enfin pour la grande utilité qu'il y a de se confesser généralement (de faire une confession générale), principalement quand on commence de se résoudre i un véritable amendement, et à se convertir à Dieu, les confesseurs doivent en temps et lieu exhorter leurs pénitents, selon la qualité des personnes, à faire une bonne confession générale, afin que, par ce moyen, se remettant devant les yeux toute leur vie passée, ils se convertissent à Dieu avec plus de ferveur, et réparent tous les manquements qui seraient intervenus dans leurs confessions précédentes.

En citant ce passage pour établir la nécessité des confessions générales, la Méthode de direction les rend nécessairement plus fréquentes; elle les ndultiplie considérablement, puisque, outre le cas oîi l'on doit, d auprès la doctrine de saint Charles, réitérer les confessions précédentes, elle prescrit encore les confessions générales comme nécessaires, dan^ les cas où ce saint archevêque ne les représente que comme étant utiles, comme n'étant que de conseil et non Ae précepte. Pour se convaincre, qu'il ne s'agit dans le texte en question ^ae de l'utilité plus ou moins grande des confessions générales, il suffit de jeter un coup d'œil sur la traduc* tion latine, qui s'accorde, sur ce point, avec l'original et la traduction française. Elle porte que, à raison de la très grande utilité qu'on tire des confessions générales, surtout lorsqu'on veut commencer une nouvelle vie, les confesseurs doivent en temps et lieu exhorter leurfr pénitents, suivant la qualité des personnes, à faire une bonne confession générale: Pro utilitate maanmor (plus littéralement, magna) maxime oonverêionis meli&rique frugis initia^ debent confessores loco et tempore juxta personarum qualitatem ad confessionem gêneraient pœnitentes exhortari. Personne ne prendra le mot utilité pour synonyme de nécessité^ ni le verbe exhorter pour synonyme ^* exiger.

XLYI PRÉFACE.

On sera sans doute étonné de remarquer que les mots pro utilitate maxima qum ex confessionibus generalibus oritur^ se trouvent supprimés dans la Méthode de directîon. Cette suppression peut empêcher certains lecteurs de remarquer aussi facilement que saint Charles ne parle ici que des confessions qu'il est utile, très utile même, si l'on veut, d'assurer par une confession générale, et non de celles qu'il faille réparer comme étant nulles ou essentiellement défectueuses.

D'après les réflexions critiques que nous nous sommesse permis sur la Méthode de direction, on conviendra que, pour juger exactement de la doctrine de saint Charles sur le refus ou le délai de l'absolution, l'on ne doit point s'en tenir aux citations qu'on en a faites dans cet ouvrage ; et que, si l'on y eût cité, d'une manière moins incomplète, et surtout plus exacte, les instruo tions de ce saint archevêque aux confesseurs, notre Méthode se trouverait, pour les régies générales sur la direction, conforme à la pratique que saint Liguori nous a donnée pour l'administration du sacrement de pénitence*.

5** Il se compose des Avis de saint François de Sales aux confesseurs. Nommer saint François de Sales, c'est rappeler la douceur, la charité, la patience à toute épreuve, la connaissance approfondie du genre humain, de ses misères, de ses maladies et de ses ressources; c'est rappeler le restaurateur de la piété dans les temps modernes : en un mot, c'est rappeler un des directeurs des âmes les plus habiles, un des saints les plus aimables et qui ont le mieux su faire aimer la religion. Pouvons-nous offrir un guide plus sûr? Qu'avons-nous à

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