‹ Manuel des confesseursChapitre 45 sur 74 · PRÉFACE. LI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. LI

De tout ce qui précède, concluons que le Manuel des confesseurs est la méthode de direction la plus sûre: 1* parce qu'elle est celle des plus habiles directeurs de TÉglise catholique; V parce que tous les ouvrages qui la composent sont approuvés par qui de droit ; 3"" parce que leurs auteurs se sont sanctifiés, et bien d'autres avec eux, en la suivant. De bonne foi, que pouvons-nous demander de plus?

Suivez donc, dirons-nous aux confesseurs en finissant, suivez ces instructions, et vous aurez la conso-

« 5* Qaand une circonstance aggravante fait que le péché de véniel de- « Tient mortel, comme il peut arriver par la mauvaise disposition du pécheur, « par exemple si, en dérobant un sou, on avait l'intention de dérober un c louis d^or ;

c G* Quand les péchés sont multipliés par une même action, comme quand « on a calomnié par une même distraction plusieurs personnes, ou une seule c personne en présence de plusieurs autres ;

c 7* Quand il s'agit de vol, il faut toujours en expliquer la quantité. On doit c même expliquer la qualité de ^a personne à qui Ton a fait le vol ; si elle est « riche ou pauvre*.

c Les confesseurs doivent prendre garde que les pénitents, sous prétexte • d^expliquer les circonstances aggravantes, ne s'engagent dans des détails « inutiles et souvent dangereux, particulièrement lorsque les péchés regar- « dent le sixième commandement. C'est pourquoi, quand les confesseurs « voient que les pénitents s'étendent trop sur les circonstances aggravantes, c disant, par exemple, tout ce qui s'est passé dans une action honteuse, c crainte de ne pas faire une confession entière, ils doivent les avei'tir qu'ils « ne tant obligés de déclarer les circonstances aggravantes que dans les c cas que nous venons d'indiquer. »

Le rituel de Toulon donne la même décision.

Terminons cette note par la judicieuse remarque de Mgr Tévêque de Périfueux, dans là Justification du bienheureux Liguori. « Cette question, ditc il, nous donne lieu de faire une observation qui ne sera pas inutile pour « les confesseurs, surtout pour ceux qui sont encore jeunes. Comme il n'est c pas certain qu'on soit obligé de faire connaître en confession les circonsc tances notablement aggravantes, et que, toutes choses égales d'ailleurs, il c vaut beaucoup mieux rester en deçà que d'aller trop loin dans les interc rogations qui concernent le sixième précepte et les obligations des époux, c un confesseur peut, sans danger de compromettre son ministère, se borner c à celles des interrogations qu'il juge nécessaires pour connaître les circons- « tances qui changent l'espèce du péché. 11 ne doit pas oublier que, s'il est c obligé de procurer l'intégrité de la confession, il est obligé plus strictement m encore de ne pas scandaliser les pénitents, et tout ce qui peut affaiblir c en eux l'idée qu'ils doivent avoir de la sainteté et de la modestie sacerdo* c taies. 1»

1 n est remarquable que taint Lignori admet à très peu près lei mêmes eiceptions.

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