PRÉFACE. IX
OU le délier, soit poar remédier au passé, soit pour le faire persévérer, soit pour l'élever à une vertu plus parfaite. Sur tous ces points importants, les grands directeurs dont nous reproduisons la pratique ne laissent rien à désirer.
Quelquefois le pénitent a besoin d'une prompte absolution; d'autres fois une confession générale lui est nécessaire: là-dessus les règles les plus sages et un traité complet. Mais, admirable esprit de Notre- Seigneur qui animait ces hommes de Dieu ! il est surtout trois sortes de personnes pour la direction desquelles ils ont multiplié les avis et les conseils : les malades, les âmes privilégiées, et enfin les plus nécessiteuses, c'està-dire les occasionnaires, les habitudinaires et les récidifis. On chercherait vainement sur ces questions, les plus pratiques et les plus embarrassantes du ministère, quelque chose de plus détaillé, de plus sage et de plus charitable. C'est vraiment, suivant l'expression de saint Paul, la douce mère qui nourrit, qui console, qui encourage l'enfant de sa tendresse, qui emploie les plus ingénieuses précautions pour lui faire avaler le remède qui doit le guérir * . C'est le bon pasteur qui se charge de tout le fardeau, qui prend même entre ses bras la brebis égarée, pour la rapporter au bercail et lui éviter la fatigue du retour '.
L'imposition de la pénitence, qui demande une connaissance si approfondie du cœur humain, puisqu'elle doit être en même temps satisfactoire et médicinale, n'est pas seulement traitée en théorie par ces habiles
f Tanquamsinutriz foveat filios suos. (I Thess., n, 7.)
« Ego pascam oves meas... quod perieratrequiram, et quod abjeclum erat reducam, et quod confractum fuerat aUigabo, et quod infirmum fuerat consoUdabo, et quod pingue et forte custodiam; et pascam iUas in judicio. (Ezech., XXXIV, 15^ 16.)
X prëfàge.
médecins des âmes, ils' en montrent la pratique; ils vont jusqu'à indiquer les pénitences les plus généralement salutaires dans les différents cas. Mais leur zèle pour la guérison du malade et la réparation de la gloire de Dieu, to\ijours dirigé par la charité du Sauveur, n'a garde d'oublier le sage et touchant conseil du Docteur angélique : Melius est quod sacerdos pœnitenti indicet quanta pœnitentia esset sibi pro peccatis injungenda^ et injungat nihilominus aliquid quod pœnitens tolerabi-liter faciat. Pour mettre le confesseur en état de faire remarquer au pénitent l'indulgence dont l'Église lui permet d'user à son égard, nous rapportons les canons pénitentiaux. Ils peuvent aussi servir de règles dans le choix des œuvres satisfactoires.
Voilà le pénitent confessé, dirigé, absous; voilà une brebis ramenée au bercail; le confesseur va sortir du saint tribunal : tous ses devoirs sont-ils accomplis? Non, il en est un qu'il emporte avec lui et dont l'obligation est de tous les instants : c'est la garde du sceau sacramentel, devoir sacré sur lequel repose tout l'édifice du christianisme. En effet, point de christianisme sans communion ; point de communion sans confession; point de confession sans la garde sacrée, inviolable, du sceau sacramentel. Nos grands saints l'ont bien compris. Aussi leurs avis se terminent par un traité dans lequel ils exposent et les choses qui tombent sous le secret de la confession, et les précautions nécessaires pour ne jamais le compromettre. C'est ainsi que tous les devoirs du confesseur se trouvent expliqués dans le plus grand détail et de la même manière par ces habiles maîtres.
Cette uniformité de doctrine nous avait d'abord fait craindre Tinconvénient de répéter plusieurs fois la