RENDUS
Les participes dorme et rendu sont invariables ici parce que le nnot en est un pronom relatif qui signifie de cela, et qui par conséqueni représente un régime indirect.
Mais le participe est variable s'il est précédé d'un autre pronom qui en soit le régime direct : fai écrit à mon frère, et voici la réponse que /en ai reçue. Reçue est au féminin et au singulier, parce qu'il est précédé de son régime direct, le relatif que pronom qui se rapporte à réponse. Le pronom en est régime indirect et signifie de mon frère, ^ ^
PARTICIPE PASSE' joint au verbe avoir précédé du mot le. Ce participe ne varie point, lorsque le relatif le se rapporte à un adjectif: ainsi l'on écrira : votre sœur n'est pas aussi instruite que je Pavais pense', parce que le pronom le se rapporte à l'adjectif instruite.
Mais le participe varie, quand le mot le se rapporte à un substantif comme dans cette phrase : ma sœur est toujours la même que je Vai connue.
PARTICIPE PASSE' des verbes impersonnels il a fait, il y a eu. Ce participe demeure invariable : ainsi on dit, les chaleurs qu'il a FAIT ; et non pas, qu'il a
FAITES : — la disette qiCil y a e¥ pendant Vhiver dernier ; et non pas, qu'il y a eue.
On écrit également sans accord : il est arrive' de grands malheurs : — quels changemens en est-il re'sulte' ? parce que c'est une règle sans exception, que le participe conjugué avec être (excepté dans les verbes réfléchis, où il est pour avoir) s'accorde toujours avec son sujet : or le sujet de, est arrivé ; — est résultée^ c'est il représentant ceci, mot invariable, mot neutre, qui ne saurait exercer aucune influence sur le participe.
' Il faut aussi écrire sans accord : il s'est
RASSE3IBLE' une foulc dc gens armés : —
IL s'est glisse' une faute dans votre co-
-pie : — IL s'est trouve' dix personnes chez
PARTICIPE PASSE' des verbes neutrès. Le verbe neutre n'ayant pas de régime direct, son participe passé demeure invariable : les sommes que ce procès m'a coûte' :—les pistoles que ce cheval a valu : — les jours que j ai ve'cu.
Cependant lorsque valoir signifie procurer, faire obtenir, il est actif, et alors son participe passé doit s'accorder avec le régime direct qui le précède : les honneurs que m'a VALUS mon habit. Il en est ainsi du participe passé de coûter, lorsque ce verbe signifié causer, exiger : les peines que cette affaire m^a coute'es.
PARTICIPER A, c est avoir part à quelque chose, à quelque action : participer AUX Javeurs du Prince. Participer de, c'est tenir de la nature de quelque chose : t'enthousiasme de cet auteur participe DE la folie.
PASSE' INDEFINI et DEFINI. Il
ne faut pas confondre le passé indéfini avec le passé défini. Le passé indéfini s'emploie indifFérennment pour un tennps passé, soit qu'il en reste encore une partie à écouler ou non : j'ai reçu une lettre Vannée dernière^ — le mois passée — la semaine derîiière^ — hier ;— j'ai reçu une lettre cette année, — ce mois, — cette semaine, — aujourd'hui.
Le passé défini ne se dit au contraire que d'un temps complètement écoulé, et éloig-né au moins d'un jour de l'instant où l'on parle : ainsi l'on ne dira pas ; je reçus une lettre cette année, — ce mois, — cette semaine, — aujourd'hui, parce que l'on est encore dans le temps dont il s'agit.
PASSIF. Les verbes passifs demandent pour régimes les prépositions de et par : de, quand ils expriment un sentiment, une passion, en un mot un mouvement de l'âme : par, lorsqu'ils signifient une action à laquelle l'esprit ou le corps a seul part : l'honnête homme est estimé de tout le monde ; — une grande partie de la terre a été conquise par les Romains.
Cependant au lieu de la préposition de, l'usage permet d'employer par pour éviter
plusieurs de: votre conduite a été approuvée D^une commune voix, par toutes les personnes sages et éclairées.
PATATE, plante du genre des liserons. Pomme de terre, plante du genre des solanums. Ces définitions sont du Dict. de l'Académie, Edit de 1835, et elles s'accordent avec celles que les naturalistes donnent de ces plantes. C'est donc une grave erreur que de désigner notre pomme de terre par le terme patate, plante que nous ne possédons pas, et qui ne vient guère qu'entre les deux Tropiques,
PAYEMENT, PAIEMENT, PAI- MENT. Ce mot, quoique écrit de trois différentes manières, se prononce pè-ment.
PAYER. Ce verbe, et tous ceux qui sont terminés au participe présent par yant, comme bégayer, bayer, employer, renvoyer, aboyer, essayer, ployer, appuyer, etc., prennent un y et un i à la première et à la seconde personne du pluriel de l'imparfait de l'indicatif, et du présent du subj. Je paie, tu paies, il paie, nous payons, vous payez, ils paient, (prononcez je pè, tu pè, il pè, et à la troisième personne du pluriel, ils pè) je payais, tu payais, il payait, nous payions, vous payiez, ils payaient, je payai, tu payas, il paya, nous payâmes, vous payâtes, ils payèrent, je paierai, tu paieras, il paiera, nous paierons, vous paierez, ils paieront, (prononcez, je pè-e-rai, tu pè-e-ras, il pè-e-ra,
etc.) je paierais, tu paierais, il paierait, nous paierions, vous paieriez, ils paieraient, (prononcez je pè-e-rais, tu pè-erais, nous pè-e-rions, etc.) paie, (pronoïïcez pè,) payons, payez, que je paie, que tu paies, quHl paie, que nous payions, que vous payiez, qu'ils paient, (prononcez, que je pè, que tu pè, qu'il pè, qu'ails pè) que je payasse, que tu payasses, qu'il payât, que nous payassions, que vouspayassiez, qu'ails payassent, payant, payé, payée.
Les verbes croire, voir, fuir, asseoir, etc., ayant leur participe présent terminé en yant, font aussi à l'imparfait de l'indicatif et au présent du subjonctif, nous croyions, vous croyiez : que nous croyions, que vous croyiez, etc.
Quelques personnes, contrairement aux règles de la prononciation, font entendre 17 mouillée, ou Vy, aux trois personnes du sing-ulier, et à la troisième personne du pluriel du présent du subjonctif des verbes dont le participe présent est terminé en yant. Ainsi elles prononcent, que je pèghe, (du verbe payer) que tu pèghes, qu'il pèghe, qu'ils pèghe, au lieu de, que je pè, que tu pè, qu'il
pè, qu'ils pè : que j'èghe, (du verbe
avoir) que tu èghes, qu'il èghe, qu'ils èghe, an lieu de, quej'è, que tu è, qu'il e, qu'ils
p : que je croèghe, (du verbe croire) que
tn croèghes, qu'il croèghe, qu'ils croèghe, au Heu de, que je croa, que tu croa, qu'il croa, qu'ils croa.
Ces exemples prouvent^ combien l'insti-
tuteur doit faire d'efforts pour rompre de bonne heure dans ses élèves l'habitude de cette prononciation vicieuse.
PEMINA, que le vulgaire nomme pinbina, est l'obier du Canada. Le peuple appelle aussi pinbina son fruit : c'est à tort, parce que la baie que poile lepémina^ n'a pas de nom en français.
PENNY est le mot anglais, et denier le mot français qui représentent le terme latin denarhis, quoiqu'ils expriment des monnaies de valeurs très-différentes. Pourquoi donc employer le mot angrais penny, lorsque le français fournit un équivalent ? D'ailleurs penny ^mi pence au pluri-el, et puis les fractions du penny se nomment farthings :
nouvelles difficultés donc pour ceux qui ne savent pas l'anglais ; et nouvelle raison par conséquent de rejeter ces mots étrangers, pour s'en tenir aux termes faciles et corrects de denier ; — demi-denier ; — quart de denier, etc.
Il n'en est pas ainsi du mot shilling, dont l'emploi est nécessité par l'absence d'un terme français qui lui corresponde.
Le mot anglais dollar, monnaie des Etats-Unis, se trouve dans quelques dictionnaires modernes : et Boiste admet pou?id, mot anglais pour livre sterling,
PERIODfi est masculin quand il marque le plus haut point, où une chose puisse arriver : il esl au plus haut période de sa gloire ; ou quand il signifie un espace de h2
teaips : dans un court période : — dans le DERNIER période de sa vie : il est féminin dans ses autres acceptions : la période lunaire : — LA période julienne,
PERIR. En parlant de personnes qui n'existent plus, on dirait, elles sont pêries, parce qu'alors la pensée est occupée de l'état des personnes qui n'existent plus. Mais si l'on voulait désigner l'époque où elles ont cessé d'exister, ou la manière dont elles ont perdu la vie, il faudrait se servir de l'auxiliaire avoir, et dire, elles ont péri en 1840 : — elles ONT péri dahs un naufrage.
Le même principe est applicable au verbe échouer. Le vaisseau a échoué sur la cote ; — le vaisseau que montait mon ami est
échouée V. AUXILIAIRES.
PERSONNE pronom indéfini, a un sens vague, s'emploie sans article et sans adjectif déterminatif, et signifie aucune personne, qui que ce soit : il est toujours du masculin et du singulier : personne n^est assez sot pour le croire : — il n^y a personne qui ne soit fâché.
Personne substantif di un sens déterminé ; il est accompagné de l'article, ou d'un adjectif déterminatif, et est féminin : quelle est la personne assez sotte pour le croire ? — il rCy a pas une personne qui iHen soit fache'e. ^
PERSES. On doit appeler Perses les anciens habitans de la Perse, et Persans ceux d'aujourd'hui.
PERSUx\DER. La grammaire permet d'écrire, — les modernes se so7it persuade's qtCils surpassaient les anciens — et — les modernes se sont persuade' qu^ils surpassaient les anciens. La raison en est qu'avec le verbe se persuader, le pronom se peut être également régime direct, ou régime indirect du verbe : en effet, on dit persuader quelqu^un, ei persuader a quelqu'un,
PEU, suivi d'un pronom relatif, veut le verbe qui suit au subjonctif: il y a peu d'hommes qui sachent supporter Padversite.
Un petit peu est une faute grossière : dites simplement, un peu.
Pour le peu que est un barbarisme, il faut dire, pour peu que.
PEUR. La locution conjonctive, de peur que, veut toujours ne devant le verbe suivant : de peur qu'il ne vienne.
Avoir peur exige également ne devant le verbe qui suit : j'ai peur qu'il ne vous trompe : à moins c^w'avoir peur ne soit accompaofné d'une négation ; ou ne soit employé interrogativement : dans ces deux cas on supprime ne : je n'ai pas peur qu'il vous trompe ?
PEUT-ETRE employé avec le verbe pouvoir forme un pléonasme ridicule : ne dites pas : peut-être il pourra venir, mais, peut-être il tiendra.
PIRE, adjectif comparatif, se joint toujours à un substantif, et s'accorde avec lui. h3
De deux maux il faut éviter le pire : — les PIRES des ennemis ce sont les flatteurs.
Pire, suivi de que, veut ne devant le verbe qui suit: ce vin est pire que je ne lepen^ sais: à moins que cet adjectif n'accompag-ne un verbe négatif, ou ne soit employé interrogativement : ce vin n'est pas pire que je le pensais : — ce vin est-il pire que ^ous le pensiez ?
PIS est l'opposé de mieux, et se dit pour plus mal. Il ne se joint pas à des substantifs masculins ou féminins, mais seulement à des noms, où à des pronoms indéterminés, comme dans cette phrase, rien n^est PIS qu^une mauvaise langue.
Pis est quelquefois substantif: le pis de t affaire est que ...
Pis est aussi adverbe comparatif : de pis en PIS, — de mal en pis, — tant pis.
Le peuple dit abusivement de pire en pire, — de mal en vm^^—tant pire.
PLAINDRE. Se plaindre de ce que, suppose un sujet de plainte : il se plaint de CE QUE vous l^avez trompé.
Se plaindre que ne suppose pas lieu à la plainte : il a tort de se plaindre que vous Payez trompé.
Le participe passé de se plaindre s*accorde toujours avec le second pronom : ils se sont plaints de vous : — elle s^est plainte de votre conduite : excepté lorsque se plaindre signifie se refuser, cas dans lequel
le second pronom cesse d'être rëg-ime direct, elle s'est plaint le boire et le manger,
PLAIRE. Ce qui plaît est ce qui est
agréable : ce qu'il plaît est ce que l'on veut : les incensès sacr fient leurs intérêts à ce QUI leur plaît : — les ge7is dhm caractère opiîiiâlre ne veulent faire que ce qu'il leur PLAIT.
On doit répondre à quelqu'un qui offre quelque chose, ce <iv'iJ. vous plaira, ei n©n pas, ce (^m vous plaira.
Le participe passé de /?/a«r^ est toujourê invariable : — ils nous ont plu : — ils se sont PLU réciproquement : — ils se sont plu à me contrarier : — elles se sont plu à la campagne.
PLAISIR (il y a). Cette locution prend à devant une consonne, et de devant une voyelle. Il y a plaisir a Ventendre chanter : — il y a plaisir -D'avoir affaire à un homme si loyaL
PLEONASME. Le pléonasme est autorisé lorsqu'il ajoute à la phrase plus d'énergie et de giâJTîe; mais souvent il est un vice à éviter. Voici quelques phrases dans lesquelles le pléonasme est vicieux. S^entr'e- §orger les uns les autres : les mots les uns les autres sont supeiflus : — plaintes réciproques de part et d'autre : de part et d*autre sont redondans : discours rempli de beaucoup de citations : beaucoup est inutile. —J jMons, J\r, Prêtre,, Curé de JV; — î Mons. JV, Prêtre, Vicaire de K:—J€,
soussigné^ Prêtre, Curé de JST, Le mot prêtre dans ces phrases est superflu : — une heure de temps : retranchez de temps : — ainsi donc vous avez tort ; l'un des deux termes ainsi et donc est redondant : — les ennemis reculent en arrière : on ne recule pas en avant; en arrière est donc superflu ; un brillant éclat : brillant est superflu, car tout éclat est brillant : — un cadavre inanimé ; certes il n'y a pas de cadavre animé: — il fid forcé m^algré lui d^y consentir ; supprimez malgré lui : — il faut s^entr^aider mutuellement ; le dernier mot de cette phrase n'ajoute rien au sens : — un petit peu; retranchez petit: — dépêchezvous vite ; vite est superflu : — tempête orageuse ; retranchez orageuse : — voyons voir; répétition barbare i^-je vais aller le chercher, dites je vais le chercher : — pour faire fuir les ennemis on n^aurait seulement qu'à se montrer ; seulement est superflu : — je» vais diner, et puis ensuite je m>e rendrai chez vous; puis signifie ensuite, il faut donc retrancher l'un ou l'autre : — réellement vrai; langage ridicule : — au jour d^ aujourd'hui ; jour est de trop : — hémorragie de sang : retranchez de sang, puisque le mot hémorragie signifie par lui-même perte de sang : — il est impossible qu'ion puisse réussir ; dites, il est impossible de réicssir : — il es^t impossible de pouvoir ; otez de pouvoir :—je suis bien parfaitement, ou trèsparfaitement votre humble serviteur ; les mots bien et très^ joints à parfaitement, sont
redondans, parce qu'on ne peut rien ajouter à ce qui est parfait : — un des modèles les plus parfaits est une faute, retranchez les plus. Quelques grammairiens souffrent dans la conversation familière ces expressions, mo7itez en haut ; — descendez efi bas ;—je veux unir ces deux prairies ensemble,
PLIER, c'est mettre en plusieurs doubles : plier du linge ; — plier une lettre.
Ployer^ c'est courber, faire fléchir :
ployer U7ie branche d'arbre,
PLOYER. Je ploie, tu ploies, il ploie, nous ployons, vous ployez, ils ploient^ je ployais, nous ployions, vous ployiez, ils ployaient, ;> ployai, je ploierai, je ploierais, ploie, ployons, ployez, que je ploie, que nous ployions, quHls ploient, que je ployasse, ployant, ployé, ployée,
PLUPART. Le substantif plupart étant un collectif partitif, veut que le verbe et les autres correspondans, comme adjectifs, participes et pronoms s'accordent avec le substantif exprimé, ou sous-entendu après la plupart : la plupart du monde pense, — la plupart des sénateurs étaient mecon- TENS et fatigue's de la guerre ; — la plupart ETAIENT d'avis que
Dans le premier exemple l'accord a lieu avec monde, dans le second avec sénateurs, et dans le troisième avec le mot sénateurs sous-entendu; c'est comme s'il y avait, la plupart des sénateurs étaient d'avis Que.. .
PLUS. Le superlatif le plus, la plus, les plus, veut après lui le subjonctif : les moiwemens des planètes sont les plus réguliers que nous connaissions.
Avant les adverbes plus, mieux, moins, on emploie le, la, les, pour exprimer une comparaison : cette dame ne pleurait pas, quoiqu'elle fût la plus affligée, c.-à-d., la dame plus affligée que les autres.
Au contraire on emploie simplement le pour marquer une qualité portée au plus haut degré, sans aucune idée de comparaison avec d'autres objets : cette dame ne pleure pas alors même qu'elle est le plus affligée : — il s'est baigné dans t endroit où tes eaux sont le moins rapides.
Dira-t-on, les opinions les plus ou le plus généralement suixies ?
La réponse dépend de l'intention de celui qui parle.
S'il s'agit d'opinions considérées en ellesmêmes, et sans comparaison, on dira le PLUS généralement suivies»
Si au contraire, vous avez en vue d'autres opinions moins suivies, et que vous vouliez indiquer une comparaison, vous direz les PLUS généralement suivies.
Lorsque le terme de comparaison placé après plus exprime une idée de mesure, de quantité, cet adverbe doit être suivi de la préposition de, et non de que : il est plus D'à demi mort : — mon argent est plus D'à moitié dépensé.
PLUS TOT, PLUTOT. Il ne faut confondre ces deux mots. Plus tôt, locution adverbiale, est l'opposé de plus tard : plutôt, adverbe, marque une préférence.
Plutôt mourir que de trahir ma foi,
POINT. Pas énonce simplement la négation : point l'exprime avec beaucoup plus de force : il rCa pas d'esprit ce quHl faut pour cette place : — c'est un homme qui n\i POINT d esprit.
Il n'en est pas de même quand on interroge : si ma question est accompagnée de doute, je dirai ; n^ avez- vous point été là ? mais si je suis persuadé, je dirai par manière de reproche : rCavez-vous pas été là ?
PORTE. Les mots composés qui suivent ne prennent point ô^s au pluriel : parleéguille, porte-baguette, porte-balle, portechape, porte-collet, porte-crayon, portecroix, porte-crosse, porte-dieu, porte- drapeau, porte-enseigne, porte étendard, porte-lanterne, porte-malheur, porte-manteau, porte-mousqueton, porte-respect, porteverge, etc. V. SUBSTANTIFS COMPOSE's.
POUPE'E, jouet d'enfant. On substitue souvent à ce mot celui de catin» Le mot catin, quoique désigné par quelques auteurs comme synonyme de poupée, sonne mal aux oreilles délicates, au point qu'il n'est plus prononcé en ce sens dans la bor\ne société, et que le Dict. de l'Académie, Edit. de 1834, ne lui donne d'autre signifîoation que celle ùq femme de mauvaises mœurs.
POURVOIR. Passé défini,^*^ pourvus :
futur, je pourvoirai ; conditionel, je pourvoirais : iaiparfait du subj. que je pourvusse. Le reste sur voir.
POUVOIR. Je puis est plus usité que je peux. On ne dit m^ peux je? maispmje ? Avec pouvoir on peut supprimer pa^ et point ; je ne puis : — il ne peut sortir : — il en est de nnême des verbes cesser, oser, et savoir,
PRENDRE GARDE QUE veut 7ie devant le verbe suivant : prenez garde qu^on NE vous trompe : excepté quand il est employé interrogativement, ou avec une négation.
PREPOSITIONS. Les prépositions à, de, en, se répètent toujours avant chaque régime : il dut la vie a la clémence, et a la magnanimité du vainqueur : — il est doux DE servir, et de contribuer à sa gloire.
Les autres prépositions, surtout celles qui n'ont qu'une syllabe, se répètent quand les régimes n'offrent aucune ressemblance de signification. Dans la paix et dans la guerre .-—par la force et par l'adresse.
Au contraire elles ne se répètent pas quand les régimes sont des expressions synonymes : dans la mollesse et l'oisiveté : — PAR la force et la violence : — a travers les dangers et les obstacles.
PRES, veut après lui la proposition de : près DES montagnes ;—près du château.
excepté dans le style familier ; près le maf' ché.
Près de indique aussi le temps et le nombre: il est près de deux heuies; — il y a PRES DE viii^t ans. Ne dites pas : il est PROCHE de deux heures : — il y a PROCHE de vingt ans,
PRESQUE. Ve final de presque s'élide seuhmeni dans presqu'^Ue ; ainsi écrivez sans élision, ouvrage presque achevé : — habit presque usé.
PRET A adjectif, signifie disposé à :
prêt A partir : — ils sont prêts a commencer. Près de préposition, signifie sur le point de : le soleil est près de se coucher,
PREVALOIR se conjugue sur valoir, excepté au présent du subjonctif, où il fait, que je prévale, que tu prévales, qiûil prévale, que nous prévalions, que vous prévaliez, qu'ails prévalent.
PRIER. Imparf. de l'ind. nous priions, vous priiez, ils priaient : présent du subjonctif, que nous priions, que vous priiez.
Prier de dîner se dit d'une invitation accidentelle : Prier a dîner d'une invitation préméditée.
PRONOMS RELATIFS. Les pronoms relatifs qui, que, lequel, laquelle, dont,
où, veulent le subjonctif après eux, quand ils ont pour antécédent un nom employé dans une phrase qui marque le doute, le désir, l'interrogation ou le commandement ; et l'in-
dioatif, lorsque la phrase exprime quelque chose de positif.
Pronoms relatifs avec Vindicatif, Je connais quelqu?un qui fourba vous rendre ce service : — voilà un livre que vous POURREZ consulter au besoin : — prêtez-moi ce livre dont vous n'AVEZ pas besoin : — ^ne quittez pas une. place où vous êtes commodément, et d'où vous ENTJENDEZ bien.
Les mêmes pronoms avec le subjonctif.
Connaissez- vous quelqu'un qui puisse me rendre ce service? — donnez-moi un livre que je puisse consulter au besoin : — prêtez-moi un livre dont vous n'AYEz pas besoin : — choisissez une place où vous soyez comiïiodément, et d'où vous eî^tendiez bien.
Auquel y àlaquelîe, sont d'un usage trèsordinaire, et presque toujours indispensable quand il est question de choses : le jardin AUQUEL je donne mes soins : — les sciences auxquelles je m'applique.
Mais si l'on parle de personnes, on est libre d'employer à qui, ou auquel, à laquelle : Dieu A QUI, ou AUQUEL nous devons rapporter toutes nos actions.
Quand ce sont des prépositions autres que de et è, qui régissent le pronom relatif, l'on peut employer indifféremment gui ou lequel, si l'on parle de personnes, et dire ; cherchons à fléchir le Juge devant qui, ou devant le-
QUEL nous devons 'paraître un jour : — on s'ennuie toujours avec ceux avec qui, ou avec LESQUELS il n^est pas permis de s'ennuyer.
Mais si l'on parle de choses, l'on doit se servir de /eçMe/, laquelle: Vopinion contre^ LAQUELLE je me déclare.
Qui s'emploierait cependant dans les cas où les choses seraient personnifiées : rochers A' QUI je me plains : — la gloire a qui je me suis dévoué,
PRONONCIATION. La prononciation de la conversation difiere de celle de la déclamation, et delà lecture, en ce qu'elle souffre une infinité d'hiatus, pourvu qu'ils ne soient pas trop rudes. L'usage est tellement prononcé à cet égard, qu'il serait d'un pédant de ne pas s'y conformer. Ainsi dans la conversation, folâtrer et' rire :— aimer à jouer, se prononcent, folâtré et rire : — aimé à jouer. En général l's finale des verbes ne se prononce point devant une voyelle : ainsi, tu aimes à rire : — tu joues avec prudence, se prononcent, tu aime à rire : — tu joue avec prudence.
L'articulation vicieuse de la diphthongue oi, si fiéquente chez nous, doit attirer l'attention sérieuse de l'instituteur ;- ou plutôt, devons-nous dire, sa conscience est grevée à cet égard, d'une immense responsabilité envers ses élèves et la société.
En discutant la prononciation de cette diphthongue, Gatel, dans la préface de son dictionnaire, p. xii (Edit de 1813) dit :
" Quant à Ja diphthongue oî...je n'i- ** gnore pas que Pusag-e lui donne chez
nous une susceptibilité de plusieurs
nuances, pour ceux du moins qui ont
les organes extrêmement souples et délicats. C'est tantôt le son d'o^, ou plutôt d'oè/. . .tantôt celui d'oa. . .tantôt celui d'owa mais ces nuances m'ont paru
en général si légères, si difficiles à saisir
. . . que j'ai jugé plus convenable ... de
désigner toujours... la prononciation d'ai " par oa, en prenant la seule précaution " d'^affecter l'a de l'accent circonflexe, sui- '^ vant que le son en devait être plus ou " moins fortement appuyé."
Duvivier, dans son article des diphthongues, dit que le son le pUis naturel de la diphthongue oi, " est celui que l'on suit " en grec, où l'on fait entendre l'o et l'î, " comme dans voi-ïelle, roi-ïaume (vott» ** lelle, roa-ïaume) mais, " dit-il, *' elle a " encore d'autres sons qu*il est difficile de " représenter par écrit."
Outre Gatel déjà cité, Noël et Chapsal dans leur dictionnaire, et Rolland dans son vocabulaire, désignent toujours la prononciation de la diphthongue ni par oa, ou oua. Suivant eux, voir, boire, croire, moi, toi, droit, etc., se prononcent, voar, boar, croar, moa, toa, droa.
Il faut donc éviter de donner le son de Vè ouvert à la diphthongue oi, et se garder de prononcer, vo-ère, bo-ère, cro-ère, mo-èy iO'è, drO'èy etc.
Le Dictionnaire de l'Académie, et ia plupart des grammairiens modernes donnent, à quekjues nuances près, la même règ-le pour la prononciation de la diphthongue oi.
Le son de la voyelle «, comme le son de quelques autres voyelles, peut être aigu ou grave : il est aigu dans patte^ natte et. grave dans hâte^ pâte. On conçoit facilement que le son grave doit être plus fort, plus rempli que le son aigu : mais on doit éviter de prononcer Va comme les anglais le prononcent dans law (loi) : et les allemands dans JA (oui), avec une effrayante ouverture de bouche. La douceur, l'harmonie de la langue française, ne peut souffrir la rudesse de tels sons.
L'Académie vient à l'appui de cette règle de la prononciation de la voyelle a,
*' Le son de l'tz, en français, est le même " dans tous les mots : il ne diffère que par *' sa durée, et par des nuances peu sen- " sibles. Il est long ou bref: long dans *' pâte, grâce ; bref dans gluce, trace, -' Dict. de VM. Edit. de 1832.
Les autres voyelles susceptibles de devenir graves, sont e, n, o : tempête, jeûne, cote.
PROPORTIONNEL adjectif, et pro^ PORTIONNELLEMENT advefbe, termes de mathématiques, sont employés quand il s'agit de quantités en lignes, en nombres eu en grandeurs, qui sont en proportion» j?6i3
duire proportionnellement un grand plan à un petit.
Dans les autres cas, où il est question de proportion entre une chose et une autre chose, on se sert du peiviicipe proportionné, et de l'adverbe proportionnémeni : le remède est proportionne' au mal : — il i^a pas été récompensé proportionnement à son mérite.
PROPRE A, désigne une vocation, ou une destination encore imparfaite. Propre pour, marque une capacité acquise :
un homme propre à h guerre, pourra être un jour un guérier: un homme propre pour la guerre, a ce qu'il faut pour l'être maintenant.
PUISQUE. JJe de puisque ne s'élide que devant il, ils, elle, elles, on, un, une : même observation pour le mot quoique.
QUATRE-VINGTS prend la marque du pluriel : quatre-vingts hommes : excepté quand il est suivi d'un autre adjectif de nombre : quatre-vingt-dix hommes. Il est également invariable quand il s'agit de la date : Pan mil huit cent quatr e-yn^Gn.
QUELQUE s'écrit de trois manières :
lo. suivi d'un verbe il se met en deux mots, quel que, et alors quel adjectif s'accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe : quels que soient les humains. 2o. suivi d'un substantif il s'écrit en un mot, quelque^ et s'accorde en nombre avec
ce substantif: q,jJELq,VES raisons que vous^^ puissiez me donner.
3o. suivi d'un qualificatif, soit adjectif, soit participe, soit adverbe, quelque s'écrit ég-alement en un mot : mais alors il est adverbe^ et conséquemment reste invariable : quelque puissans qu'ils soient : — quelque considérés que nous soyons : — quelque adroitement qu'ils s'y prennent.
Ue finale de quelque s'élide seulement devant w», U7ie, autre, il, elle, elles : quelqu'un, — quelqu'une, — quelqu'autre, — quel qu'il soit, — quelle qu'elle soit.
QUELQUE CHOSE. Quand quelque chose signifie une certaine chose, il est substantif masculin. J'ai vu quelque chose de BEAU. Il est substantif féminin lorsqu'il veut dire, quelque soit la chose. Quelque chose que je lui ai dite.
QUETER. C'est abusivement qu'on emploie ce mot pour signifier mendier.
Quêter, c'est faire une collecte pour les pauvres, pour les objets de confréries, pour les établissemens religieux, etc. Mendier c'est demander l'aumône.
Même remarque pour quêteur qu'on fait synonyme de mendiant.
Quéteux pour mendiant est doublement barbare.
QUI prend le nombre et la personne de soo antécédent, et les communique au verbe dont il est le sujet. Conséquemment on dira : moi qui ai parlé : — toi qui as parlé :
— iui ou elle qui a parlé : — nous qui avons parlé : — vous qui avez parlé : — Us, ou elles qui ONT pe^rlé.
On doit donc aussi dire, si c^était moi qui VOULUSSE — si c^était vous qui voulussiez — si celait lui qui voulut, et non pas, si c'était moi qui voulut :—si détait vous qîii voulut, etc.
On dira, vous parlez comme un homme qjji entend la matitre, et non pas, qui entendez la matière : — vous parlez comme des hommes qui s'y connaissent, et non pas, QUI vous Y CONNAISSEZ : — tu étais le seul qui put me dédommager : p?rce que dans ces phrases, le relatif qui représente le substantif qui le précède immédiatement : et en effet, c'est comme si l'on disait ; vous pçirkz comme un homme, lequel homme entend la matière, etc. et puis ce substantif, que l'on est censé répéter après lequel, étant réellement le sujet, communique au verbe le genre, le nombre et la personne.
Lorsque le relatif qui est précédé d'un adjectif, c'est au pronom qui est: placé auparavant que se rapporte ce relatif: en conséquence il faut dire; nous sommes ici iiJsiEURS qui nous souvenons des succcÀ- — c'es^ vows seuls qui vous chargez de cette responsabilité r-^nous étions deux qui ETIONS du même avis. Observez que l'on dirait : nous étions deux juges qui ETAIENT du même avis, et non pas, qui étions du même avis, à cause du substantif juges qui est l'antécédent de qui.
QUI, QUE. On doit éviter la muhiplicité de ces pronoms, surtout quand ils sont interrog-atiis. La grammaire ne les condamne pas absolument, mais Toieille en est offensée. Ainsi au lieu de : qui est-ce QUI a fait cela ^ — (iv' est-ce que c*est que cela ? — q,u^est-ce que tu as ? dites : qui a fait cela ? — q,v^ est-ce que cela 7 — qu'os tu ?
QUICONQUE devient féminin quand il désig-ne spécialement une femme : quiconque est bonne mère est adore'e de ses enfans.
QUOIQUE, en un mot, signifie bien que ; quoique vous soyez instruit ^ soyez mO' deste: en deux mots, il veut dire, quelque chose que : quoi que vous lui disiez, il ne VOUS écoutera pas.
Ue de quoique ne s'élide que devant aï, eUCf ilSf elles, ou, un, une.
R. Dans la lecture, dans le discours soutenu, et dans les vers, r finale des infinitifs en er est nulle devant une consonne ou une h aspirée : mais suivie d'une voyelle ou d'une h muette, elle se fait entendre.
Dans la conversation r est une lettre muette à la fin des infinitifs, même devant une voyelle : aimer à boire,— ^parler et chan-^ ter, se prononcent aimé à boire, — parlé et chanté.
RAILLERIE. Entendre raillerie, c'est bien prendre la raillerie. Entendre la raillerie, c'est avoir le talent de railler.
RAPPELER, (se) veut un régime direct ; ne dites pas^ je me rappelle de cette personne r — je me rappelle de cette chose : — je m'EN rappelle : dites, je me rappelle cette personne :^e me rappelle cette chose: — j'e me le rappelle.
On met cependant la préposition dv devant ^infinitif : dans ce cas de n'est qu'un mot euphonique, et l'infinitif n'en est pas moins le régime direct : je me rappelle vi'avoir vu.
RAPPORT. Avoir rapport è exprime nue idée de relation, de liaison : les effets, ont rapport aux causes. Avoir rapport avec marqpe une idée d'analogie, de ressemblance : no 5;)Zws belles tragédies ont beau-: coup de rapport avec celles des Grecs.
BAVOIR ne se dit qu'^ l'infinitif.
REGIMES, (deux), Quand tin verbe a deux régimes, l'un est simple et l'autre est composé : alous il faut toujours placer le régime simple le plus près possible du verbe : apportez-moida^ — dites-moi-le, seraient donc des fautesy parce que moi est régime composé,, et /e, la,^ régimes simples ; il faut dire, apportez-la-moi, — dites-le-moi, — donnezle-lui, — chantez4a-nous, etc.
REGIME PRONOM. Toutes lesfois qu'un verbe actif est suivi d'un infinitif, [on doit employer le, la les, devant ce verbe actif, si l'infinitif n'est pas régime direct : car alors il faut que le pronom soit régime direct, puisqu'un verbe actif exige un régime do
cette nature : mais on doit employer /m, leuTy quand l'infiiiitif est le rég-ime direct du verbe actif, un verbe actif ne pouvant pa« avoir deux régimes directs.
On doit donc dire en parlant d'un homme, je L'ai vu faire bien des sottises, et non pas, je LUI ai vu faire bien des ^attises ■: et en parlant des animaux : c^est la hruialité qui LEUR fait suivre les mouverfiens de leur colère: et non pas : c'est la brutalité qui les fait suivre, etc.
Dans la première phrase le pronom le {cet homme) est le régime direct de voir et non pas de l'infinitif /aire; c'est comme s'il y avait, j'ai vu cet homme faisant bien des sottises.
Dans la seconde phrase suivre est le régime direct défaire, et leur (aux animaux) le régime indirect ; c'est comme si l'on disait ; c^est la brutalité qui fait suivre aux animaux les mouvemens de leur colère.
On ne doit pas dire, Vidée les a pris d'aller à la campagne : mais, Vidée leur à Tpris, etc. Ici le verbe est pris neutralement, et ne saurait avoir de régime direct.
Il y a une grande différence entre, je lui ai vu donner un soufflet, et, je L'ai vu dormer un soufflet, — entre, les offres de service que je LBVK ai vu faire, et, les offres de service quefe LES ai vus faire: — entre, les liqueurs que je leur ai vu verser, et, les liqueurs que je les ai vus verser. Cette différence est telle, qu'en confondant les deux régimes l'on
lOS
exprimerait positivement le contraire de ce que l'on voudrait fa'ïre entendre.
REFORMATION, REFORME. La
réformation est l'action de réformer ; la réforme en est l'effet.
RESOUDRE. Je résous, iu résous^ il résout, nous résolvons, vous résolvez, ils résolvent, je résolvais, je résolus, je résoudrai^ je résoudrais, résous, résolvons, résolvez, qne je résolve^ que nous résolvions^ que vous résolviez, que je résolusse, résolvant : il a deux participes passés, résolu et résous : ce dernier n'a point de féminin.
Lorsqu'il est question de déterminer une chose douteuse, on se sert de résolu : ce jeune homme a résolu de changer de conduite. En parlant des choses qui se convertissent en d'autres, on se sert de résous j le solél a resous le brouillard en pluie.
Quand résoudre est actif, il régit de avant l'infinitif, on a résolu B^agir sans plus tarder : employé passivement il prend à ou de devant l'infinitif: je suis résolu a partir^ ou DE partir. Quand résoudre est réfléchi, il ré^it à ; je me suis résolu a demander une retraite,
RESPECT. On dit également respè ou respeck. Quand aux mots aspecUei circonspect i il faut prononcer aspeck et circonspeck. Cependant Boiste prononce assepekte.
RESTE. A.U reste se dit des choses dont on a déjà parlé, et sur lesquelles il reste quelque chose à dire : voilà Vopinion de Bernard : au reste j> vous en écrirai.
Du reste s'emploie quand ce qui suit n*est pas dans le même genre que ce qui précède ; il est bizarre^ emporté^ du reste brave homme.
RESULTER n'est usité qu'à l'infinitif et aux troisièmes personnes du singulier. Il prend avoir et être,
REUNIR, lorsqu'il signifie, posséder en même temps, ne doit jamais être suivie des prépositions à ou avec : ne dites donc pas, Turemie réunissait la prudence a la hardiesse, ni, AVEC la hardiesse : dites, Ttirenne réunissait la prudence et la hardiesse. En matière de Fief et d'autres choses semblables, on dit, réunir à, — Réuîiir un grand Fief a la Couroiine,
Le verbe unir rejette la préposition avec, et veut à, Turenne unissait la prudence A la hardiesse,
REVER A, c'est réfléchir profondément ; il rêve a une affaire. Rêver de, c'est faire un songe : fai rêvé de vous :—fai rêvé dk combats.
REVERS INATTENDU. On prononce rêver inattendu.
RIRE. Le participe ri est invariable :
ils se sont ri, — elles se sont ri de mes menaces.
ROSBIF, du mot Singlais roasl-beef y sigiiifie bœuf rôti.
ROYAL. On disait autrefois, des lettres roijauXj — des ordonnance royaux: la raison a fait justice de cette bizarre irrégularité : aujourd'hui l'on dit, lettres royales, ordo7inances royales,
S. Us finale se fait entendre dans les mots anus, aloès, as, allas, blocus, calus, fœtus, iris, maïs, mœurs, prospectus, lapis, laps, en sus, locatis, vis, vasistas, et dans les mots purement étrangers, tels que bibus, chorus, agnus, gratis, Crèsus, Délos, Rubens, Valens, (prononcez, rubinze nalinze) Bacchus, P allas, etc.
Exceptions. L'^ ne sonne pas dans Mathias, Thomas, Judas,
Quand le pronom y, ou le pronom en, suit immédiatement la seconde personne singulière de l'impératif terminé par un e muet, il faut, pour éviter un hiatus, y ajouter une s euphonique, et écrire, donnes-en ; — portesy ; — aies-en ; — travailles-y.
Mais si le mot en, au lieu d'être un pronom, est une préposition, alors on ne fait point usage de la lettre euphoniques; et l'on écrit, admire en France. . .et non pas, admires en France,
On ne fait pas sonner Vs dans cette phrase du discours familier, sur les une heure.
L'impératif ta, suivi des pronoms y, en, prend aussi une s ; vaS-y-voir ; — vaS-en demander ; mais on ne doit pas dire, vaS en
Aiigleterre^ mais, va en Angleterre^ p<».rce cjue en est ici préposition.
SAILLIR, (verbe neutre et défectiC) dans le sens de jaillir, ne se dit que des liquides : il n'est d'usage, suivant du Duvivier, qu'aux troisième personnes, et à l'infinitif, et se conjugue ^m finir. Ils saillit, ils saillissent, il saillissait, ils saillissaient, il saillit, ils saillirent, il saillira, ils sailliront, ils saillirait, ils sailliraient, qiCil saillisse, qu'ils saillissent, qu'il saillît, qu'ils saillissent,
SAILLIR, terme d'architecture, signifie s'avancer en dehors comme un balcon, une corniche. En ce sens il se conjugue différemment du verbe saillir de l'article qui précède, et ne s'emploie qu'à l'infinitif, et à la troisième personne des temps suivans ; il saille, ils saillent, il saillait, ils saitlaienty il saillera, ils sailleront, il sailleraity ils sailleraient, qu'il saille, qu'ils saillent, quil saillît, qu'ils saillissent,
SANS QUE n'est jamais suivi de ne :
dites, sa?is qu'il vienne, et non, sans qu'il NE vienne.
SAVOIR est le seul verbe qui se mette au subjonctif, sans être sous la dépendance d'un autre mot qui le précède ; mais alors il doit être accompagné d'une négation : je ne SACHK rien de nouveau.
SECOND éveille une idée d'ordre, et deuxième une idée de série. Ne dites pas ; k2
le DEUXIEME, mais, le second tome d'un ouvrage qui n'a que deux tomes. Si l'ouvrage a plusieurs tomes, dites, le deuxième et non le second tome.
SEMBLER. Le verbe impersonnel, il semble, veut le subjonctif: il semble quHl vous craigne: excepté quand il est accompagné d'un régime indirect de personne ; il ME semble quHl vous craint.
SEMI ne s'emploie qu'avec certains mots, et reste toujours invariable ; une se- Mi'fête : — des SEMi-tons : — des fleurs semi-doubles.
S'EN ALLER. Le pronom en de s'en aller, doit toujours, dans les temps composés, précéder immédiatement le verbe être. Dites, nous nous en sommes allés : et non pas, nous nous sommes en allés.
Il ne faut pas dire ; je tw'en vais commencer cette lettre .'—je m'EN vais lui écrire: mais, je vais commencer cette lettre .'—je vais lui écrire.
SENS (ville). Prononcez, Saîice.
SEOIR, pour signifier être assis, ne se dit plus qu'aux participes, séant, sis, sise : et pour signifier être convenable^ ne se dit qu'au participe présent, qu'on écrit alors seyant, et aux troisièmes personnes, il sied, ils siéent, il seyait, ils seyaient, il siéra, ils siéront, il siérait, ils siéraient» Il est inusité aux temps composés.
Messeoir se conjugue comme seoir, et s'emploie aux mêmes temps.
SI. On ne doit pas dire, il était si e?i peine : — si e7i colère : mais, il était si FORT en peine, . .si fort en colère,
SOFA, CANAPE'. L'Académie dit qu'on confond souvent les canapés avec les sofas. Sofa, ou sopha, est un lit de repos qui sert de siège. Canapé est un long siège à dossier, qui sert quelquefois, mais rarement, de lit de repos. La plupart des longs sièges, qui parent nos salons, sont des canapés, et c'est une faute de les désigner par le terme sofa. Divan est un canapé oriental, sans dossier.
SOL Le pronom personnel soi se dit des personnes et des choses. Quand il se dit des personnes, ce ne peut être que dans les propositions générales, ou avec des noms collectifs ou indéfinis, comme OJI, chacun, personne, quiconque, etc. ^On doit rarement parler de soi ; — chacun est content de SOI ; — quiconque n^aime que soi, est indigne de vivre ; — ne vivre que pour SOI, c^est être déjà mort.
Lorsque l'antécédent présente un sens déterminé, ce n'est plus soi qu'il faut employer, c'est lui, elle, lui-même, elle-même : cet homme rapporte tout à lui, — cette femme ne parle que (/'elle-même.
Cependant, pour éviter une équivoque, les écrivains emploient soi, quoique l'aniécédent offre un sens déterminé. Ce jeune k3
homme, en remplissant les volontés de son père, travaille pour SOI. Si au lieu de pour SOF, l'on disait pour lui, il y aurait une équivoque ; on ne saurait si lui représente le père ou le fils.
Lorsqu'il est question de choses, on peut indifféremment employer le pronom soi, ou le pronom lui, elle. L'aimant attire le fer à SOI, ou à LUI ; — un bienfait porte sa récompense avec SOI, ou avec lui, — la vertu est aimable de soi, ou cZ'elle-meme.
Soi étant toujours du nombre singulier, ne peut jamais se rapporter à un pluriel, lorsqu'il s'agit de personnes; mais s'il est question de choses, les avis sont partagés. L'Académie et ïh. Corneille rejettent cette phrase, ces choses sont indifférentes de soi, tandis qu'ils admettent celle-ci, de soi ces choses sont indifférentes,