‹ Manuel des difficultés les plus communes de la langue francaise adapté au jeune age, et suivi d'un recueil de locutions vicieuses (volume 2)Chapitre 17 sur 24 · SON, SA, SES, LEUR, LEURS · texte numérisé non relu

SON, SA, SES, LEUR, LEURS

quand il skgit de choses, se remplacent par l'article et le pronom en, lorsque ceux-ci peuvent entrer dans la phrase sans nuire au sens. Ainsi, au lieu de dire en parlant d'une maison, son extérieur est agréable; en parlant d'une ville, faime ses environs ; et en parlant d'arbres, leurs fruits sont excellens ; l'on dira : jJextérienr en est agréable, — -/en aime les environs, — les fruits en sont excellens.

Mais on dira avec son, sa, ses^ leur, leurs ; le Saint-Laurent a sa source au delà du Lac Supérieur, "-'les sciences ont leurs difficul-

tés ; parce que le sens ne permet pas de lennplacer 5on, 5a, ses^ etc., par l'article et le pronom en*

SORTIR, pour signifier obtenir, avoir, est un terme de palais, usité seulement à la troisième personne, et à quelques-uns de ses temps ; il sortit, ils sortissent, il sortissait j quHl sortisse, sortissant^ sorti, sortie. Pour les temps composés, on se sert d'avoir ; ce jugement A sorti son plein et entier effet.

SOU. On n'écrit plus, comme autrefois, soL

SOUFFRIR prend à ou de devant l'infinitif: je soufre a le voir, ou de le voir dans cet état.

SOUVENIR (faire). C'est une faute de dire : afin de leur faire souvenir : — je LUI ai fait souvenir : dites, afin de les faire souvenir :—je iJaifait souvenir.

Souvenir s'emploie en parlant de choses récentes; ressouvenir en parlant de choses passées depuis longtemps.

SUBSTANTIFS. L'usage veut que certains substantifs, ayant la même inflexion et le même genre, servent à désigner les deux sexes ; tels sont, auteur, docteur, général, géomètre, graveur, médecin, orateur, philosophe^ poëte, sculpteur, soldat, témoin, peintre, traducteur, etc.

Quand les substantifs enfant, esclave, dépositaire, etc., représentent une personne du sexe, l'article et l'adjectif doivent être mis

au féminin. Une enfant pieuse ; — une esclave BLANCHE ; — UNE dépositaire prudente.

SUBSTANTIFS COMPOSE'S (l'orthoofraphe des).

Première règle. Quand un substantif composé est formé d'un substantif et d'un adjectif, ils prennent l'un et l'autre la marque du pluriel : une basse-taille^ des bassestailles : — un plain-chanty des plains-chants : excepté, des blanc-seings^ des terre-pleins, des chevau-légers, des grande-mères, dest grand^ -messes.

Remarque. Quand il entre dans un substantif composé un mot, qui ne s'emploie plus isolément, comme dans pic-grièche, loup-garou, gomme-gutte, etc., ce mot joue le rôle d'un adjectif, et conséquemment prend la marque du pluriel: des pics grièchest des loups-garous, des gommes-guttes .

Deuxième règle. Quand un substantif composé est formé de deux substantifs, placés immédiatement l'un après l'autre, ils prennent tous les deux la marque du pluriel : un chef-lieu, des chefs-lieux, un chien-loup, des chiens-loups, un chou-fleur, des chouxfleurs : excepté, un bec- figues, des bec- figues, un appui-main, des appuis-main, un Hôtel- Dieu, des Hôtels-Dieu, un brèche-dents, des brèche-dents.

Troisième règle. Quand un substantif composé est formé de deux substantifs unis par une préposition, c'est le premier substantif

qui prend la marque du pluriel : un ciel-delit, des ciels-de-lit : un chef- (ï œuvre, des chefs-d'œuvre : excepté, des coq-h-l'âne, des pied-à'ierre, des iête-à-iêie.

Quatrième règle. Quand un substantif composé est formé d'un substantif joint à un verbe, ou à une préposition, ou à un adverbe, le substantif seul prend le signe du pluriel, si toutefois il y a pluralité dans l'idée. Ainsi l'on écrira avec une s au pluriel, des contre-coups, des avant-coureurs, des arrière-saisons. Mais on écrira sans mettre une s au pluriel, parce qu'il y a unité dans l'idée, des serre- tête, des réveille-matin (horloges), des contre-poison. Enfin on écrira avec une s, tant au singulier qu'au pluriel, parce qu'il y a toujours pluralité dans l'idée, les mots essuie-mains, cure-dents, pofte-clefs. V. tire-balle, porte.

Cinquème règle. Quand un substantif composé ne renferme que des mots invariables de leur nature, comme verbe, préposition, adverbe, aucune de ces parties ne prend la marque du pluriel : des pour-boire, des passe partout.

SUCCEDER. Le participe succédé est invariable : ils nous ont succède', — ils se sont succède'.

SULLY. Les II de ce nom propre sont mouillées.

SUPPLEER. Suppléer une chose, et suppléer a une chose, ont des sens trés-différens. Suppléer une chose, c'est remplacer

ce qui manque, en fournissant une chose de la même nature. Ce sac doit être de mille francs : sHly a cent francs de moins, je les suppléerai.

Suppléer a une chose c'est remplacer cette chose par une autre chose qui en tient lieu : la valeur supplée au nombre.

Avec un nom ou pronom de personne, qui lui sert de régime, suppléer ne prend jamais la préposition à. Ainsi dites suppléer quelquhm, et non pas, suppléer a quelquhm : — s^il ne vient pas je le suppléerai, et non pas, je LUI suppléerai.

SUPPOSE' s'accorde lorsqu'il suit le substantif: ces Jaits suppose's : il est invariable quand il le précède : suppose' ces faits.

SURSEOIR. Je sursois, tu sursois, il sursoit, nous sursoyons, vous sursoyez, ils sursoient, je sursoyais, nous sursoyions, vous sursoyiez, ils sursoyaient, je sm^sis, 7WUS sursîmes, je surseoirai, nous surseoirons, je surseoirais, nous surseoirions, surseois, sursoyons, que je surseoie, que nous sursoyions, que je sursisse, que nous sursissions, sursoyant, sursis, sursise.

Surseoir, verbe actif, signifie suspendre : on a sursis la délibération : on dit aussi neutralement : surseoir au jugement d'une affaire.

SYiNONYME. Après deux substantifs synonymes, employés comme sujets, le verbe s'accorde avec le dernier : son courage^

son intrépidité étonne les plus braves.

L'adjectif suit la même règ-Ie : une douceur , une affabilité charmante.

T. A quelques rares exceptions près, le t final se prononce seulement devant une voyelle ou une h muette. C'est donc une faute, même grave, que de le faire sonner dans juillet, hesett calumet, Nicolet, ainsi que dans les noms d'hommes, Bossuet, Croiset, etc. : prononcez, juillè, besè, calumè, Nicole f Bossue, Croisé,

Dans avant-hier le t se fait sentir faiblement : mais il ne peut être prononcé, sans blesser l'oreille, dans les locutions, un goût horrible, — un tort incroyable^ — un instinct heureux, etc. : et si le mot suivi d'une voyelle, a un r devant le t final, comme dans il part aujourd'hui, — il court à bride abattue, — il s'endort à Vombre, l'usage le plus commun est de ne pas faire sonner le t.

Le t final se fait toujours entendre dans abject, contact, fat {fat n'a point de féminin), suspect, granit, etc.

L'adverbe net se prononce indifféremment ne ou nette : mais le t de l'adjectif net est muet au masculin.

Duvivier dit : " La plupart des écrivains *' modernes forment le pluriel des substan- " tifs qui sont terminés par ont, ou par ent, " en ajoutant un 5 et en supprimant le t " final dans les polysyllabes : mais ils le " conservent dans les monosyllabes.

** Toutefois cette suppression n'est pas " ég^alement adoptée ; et en effet Régnier j

*' Desmarais, MM. de Port-Royal

** beaucoup de grammairiens modernes

" et un grand nombre d'imprimeurs

" conservent le t final mais l'Aca-

" demie a adopté cette suppression "

Les mêmes remarques sont applicables à la suppression du t au pluriel des adjectifs terminés par ant et par ent.

TACHER. Je tâcherai que vous soyez content, est un solécisme, parceque tâcher n'est jamais suivi de la conjonction que.

Tâcher prend à devant l'infinitif, quand il signifie songer à, viser à : il tâche a m'ewibarrasser, — a me nuire : et de quand il exprime les efTorts que l'on fait pour parvenir à une fin : il tâche D^avancer,

TAMBOUR. Battre dit tambour, c'est jouer du tambour ; battre le tambour, c'est donner un signal par le tambour.

TARDER prend également à ou de devant l'infinitif: tarder a, ou tarder de venir,

TEMOIN placé au commencement d'un membre de phrase, est pris adverbialement : TEMOIN les victoires de nos armes,

TERMES DE MARINE. L'emploi abusif de termes de marine, importés au pays par les premiers colons et navigateurs, à fait à la langue une plaie, qu'il n'est pas facile de ferjuer. Le mal, comme une épidémie, des dernier rangs de la société, s'est

fr»

communiqué aux premiers : et souvent Péducation la plus soi^^^née est une faible barrière contre l'emploi, à rebours du sens commun, des termes, virer, amarrer, larguer, greiller, (gréer) embarquer, débarquer^ revirer de bord, amarre, bordée, etc., etc.

Les Instituteurs ne peuvent trop sévir contre l'abus que nous signalons ici.

TERMES PARASITES. Ilfautéviter avec un soin extrême les mots favoris, les termes bizarres, qui inondent nos dis • cours, et nous rendent importuns, ridicules et souvent le fléau de la société, sans que nous nous en appercevions. Rien d'ailleurs ne décèle plus une éducation vulgaire.

Egalement on doit éviter les tours sirannés, les expressions ignobles, qui ne peuvent que fatiguer les personnes qui écoutent : tels que, tirer les vers du nez ; vous pouvez m'en croire; — par dessus le marché; — je vous remercie bien des fois ; — au bout du compte ; ce n'est pas Vembarras ; sourd comme un pot ; etc.

Le jeune âge doit être prémuni contre ces défauts, dont l'habitude se corrige difficilement.

TIRANT est un cordon qui sert à ouvrir et fermer une bourse, un ridicule : c'est un cuir, un ruban pour boucler des souliers, monter des bottes, attacher des papiers, etc. On ne doit pas employer dans ces sens

les termes attache, ganse, et encore moins le mot anglais sirap,

TIRE-BALLE ne prend pas d'5 au pluriel ; non plus que les mots suivans ; tirebouchon, tire-bourre, tire-bouton, tire-clou, tire-pied, etc. : tire-botte s'écrit au pluriel avec une s, V, substantifs compose's.

TITRES d'honneur. Le mot Révérend

est un titre qui appartient exclusivement aux Frétais, aux Religieux et aux Religieuses : et par conséquent, c'est une erreur grave que de le donner aux membres de notre clergé canadien, qui est séculier. Cette erreur nous vient des anglais, qui qualifient tous leurs ministres de Révérends. Mais quelque soit l'usage des Anglais à cet égard, nous ne pouvons donner au mot françeis Révérend, une extension qu'il n'a pas, une acception qui lui est étrangère.

C'est encore par un abus de langage, que l'on attribue à nos ecclésiastiques la qualification de Messire, Ce titre d'honneur se donnait ci-devant en France et au Canada dans les actes, (mais seulement dans les actes,) aux nobles et aux personnes distinguées par qtielque haute dignité, tant parmi les laïcs, que parmi les gens d'église : Jut présent Haut et Puissant Seigneur messire Pierre Séguier, Chevalier, etc.

Révérend Messire est une expression doublement incorrecte.

Il est à regretter que le titre &Mbé, que l'on donne invariablement en France aux

ecclésiastiques séculiers, ne soit presque plus usité chez nous.

Les titres, Monsieur ei Madame doivent être supprimés, quand on prend en écrivant, une autre qualification. Ainsi un Chevalier ne doit pas écrire. Monsieur le Chevalier de JV. a Vhonneur de prévenir Monsieur le Colonel : un Curé, Monsieur le Curé de JV., prie Monsieur le Marguillier en charge : une Baronne, Madame la Baronne de JV*. a Vhonneur de présenter ses respectueux hommages à : un Juge, Monsieur le Juge JV. présente son compliment à Monsieur le Procureur,

■ 11 faut écrire, Le Chevalier de JST, a Vhonneur etc. — Le Curé de JV., etc.

La Baronne^ etc. etc.

Lorsqu'il n'y a pas d'autre qualification, on emploie daraS les billets et sur les cartes de visite, les termes Monsieur, Madame, Mademoiselle,

Le nom d'un individu écrit sur la porte de sa demeure, ne doit pas être précédé du mot Monsieur. Mais s'il s'agit d'une personne du sexe, il convient d'écrire, Madame JV. — Mademoiselle JY,

HOMBFiRpar terre, se dit d'une chose qui touchait à la terre avant sa chute : tomber à terre, d'une chose qui étant élevée audessus de terre, tombe d'en haut. Ainsi un homme qui tombe en marchant dans la rue, tombe par terre, et non a terre : l2

un couvreur qui tombe d'un toit, tombe a terre et non par terre.

TOSTE sub. mas. (de l'anglais toad) signifie la proposition de boire à la santé de quelqu'un ; au souvenir d'un événement, etc.

C'est à tort que l'on emploie le mot anoflais toast ^ pour signifier tranche de pain rôtie. Rôtie est en français le correspondant de toast : et si la rôtie est recouverte de beurre, l'on dit, une rôtie au beurre.

TOUCHER et PINCER, employés pour exprimer l'action de jouer des insirumens, sont actifs, et doivent conséquemment avoir un régime direct : d'où il suit qu'il faut dire, toucher Porgue, le forte-piano : pincer la guitarre, la harpe : et non pas, toucher DE VorguCy DU forte-piano : pincer DE LA guitarre^ de la harpe.

TOUT. Quand /oî// est adverbe il signifie tout-à'fait^ quelque, et reste invariable : TOUT aimable qu'est la vertu, — tout spirituels quHls sont, — elle est tout étonnée. Exception. Tout, quoique adverbe, varie quand l'adjectif, ou le participe qui suit, est féminin, et commence par une consonne, ou une ^ aspiré : elle est tovtb stupéfaite, — TOUTE hardie qu'elle est. — toutes spirituelles qu'elles sont.

Tout. Quand l'adjectif /(?«/ est joint à un nom do ville, il prend le genre masculin, quoique le nom de ville soit féminin : non que dans ce cas on le considère comme adverbe, mais parce que l'on sous-entend le mot

peuple. On dira donc, tout Rome le sait, — TOUT Florence en est convaincu : c'està-dire, tout le peuple de Rome . . . tout le peuple de Florence . • « •

Mais joint à un nom de province, de royaume, de paroisse, tout prend le genre de ce nom. toute Vltalie, — toute la paroisse,

TOUT- A-COUP signifie soudainement :

il disparut tout-a-coup. Tout- dhtn- coup veut dire, tout d'une fois; il s'est ruiné tout-d'un coup.

TOUT DE SUITE, phrase adverbiale, signifie incontinent^ sur Pheure. Il ne faut pas la confondre avec de suite, autre phrase adverbiale qui signifie Pun après Vautre, sans interruption, — ces livres 7ie

sont pas DE SUITE.

TRAIRE. Je irais, tu trais, il trait, nous trayo7îs, vous trayez, ils traient, je trayais, tu trayais, il trayait, nous trayions, vous trayiez, ils trayaient ; point de passé défini, je trairai, je trairais, trais, trayons, trayez, que je traie, que tu traies, quHl traie, que fious trayions, qu'ails traient, point d'imparfait du subj. trayant, trait, traite,

TRAIT D'UNION ou TIRET. Il

sert à marquer la liaison qui existe entre deux ou plusieurs mots. On l'emploie,

lo. entre le verbe et les pronoms, j'e, moi, nous, tu, vous, il, ils, elle, elles, le, la, l3

les, luiy leur, y, en, ce, on, quand ces pronoms sont placés après le verbe, dont ils sont le sujet, ou le régime : irai je ? — vienstu ? — donnait-on ? — laisse-moi ; — allez-y ; ' — portes-en ; etc. S'il y a deux noms, on emploie deux traits d'union : laisse-le-moi, — donne-les-leur,

2o. avant ou après ci et Ih, accompagnant un substantif, un pronom, une préposition, un adverbe, avec lesquels ils sont unis d'une manière inséparable : celui-ci, — celui-là, — là-dessus, — là-haut, etc.

3o. pour lier très au mot qui suit : trèssagement, — très riche,

4o. pour unir le dernier terme d'un nombre au terme précédent, quand le dernier terme passe un, et ne dépasse pas dix: dix-huit; — trente-cinq ; — deux cent dix-neuf, mais on dirait sans trait d'union : vingt et un : — cinquante et un : le dernier terme étant un : et cent quinze ; — deux cent vingt ; le dernier terme dépassant dix. Cependant quatre-vingts prend toujours le trait d'union : quatre-vingts chevaux : — quatre-vingt dix hommes,

5o. pour lier deux ou plusieurs mots qui, par le sens, n'en font qu'un, Marc-Aurèle, — chef-lieu ; — s^entre-choquer, Jean-Jacques, Jean- Baptiste,

60. pour indiquer le changement d'interlocuteur : il remplace alors les dit-il, repritil, répondit-il.

7o. pour marquer une suspension dans le discours.

So. pour lier le mot, dont une partie se trouve à la fin d'une ii^ne, et l'autre au commencement de la ligne suivante.

TRAITER. On dit indifféremment, traiter une matière^ — une question : ou, traiter D'une matière, — B^une question : à moins qu'on ne spécifie la matière, la question : alors il faut de :— dans son ouvrage^ il traite des plantes, des métaux.

TRAVERSER le pont, pour exprimer l'action de le parcourir dans sa longueur, n'est pas correct : il faut âne, passer le pont,

TREMA. Le tréma est un double point (■ ") qu'on inet sur une des voyelles e, i, u, pour la faire prorfoncer séparément de celle qui précède : ?iaif, Saûl, ciguë. L'emploi du tréma est une faute quand on peut le remplacer par un accent : ainsi au lieu de poésie, Cloë, écrivez, poésie, Cloé.

TRES. L'usage ne permet guère de mettre très devant les participes. ])ans ces cas l'on emploie beaucoup, fort, etc„ et au lieu de dire cet homme est TRES-aimé ; cette place est TRES-mefiacée par l'ennemi, l'on dit, cet homme est fort aimé, — cette place est FORT menacée, etc.

On peut cependant se servir de très avec certains participes employés comme adjectifs verbaux : il est TRES-occupé, — il est trkshumilié.

Très ne doit pas être employé dans une proposition négative, Ne dites pas, il n'est pas TRES'Sage ; — il n'est pas TUES-occupé : dites, iln*est pas FORT sage,— il n'est pas FORT occupé» Très ne peut non plus modifier les substantifs. Ainsi il ne faut pas dire f ai TB.Es-faim,-—;fai TRES-soif, — il est parti TREs-matin ; mais, fai extrêmement faim,— f ai extrêmement soif, — il est parti de TRES-GRAND matin.

TROIS-RIVIERES, (en latin Trifluvium) nom composé, est substantif masculin du nombre singulier : il est masculin parceque les noms de ville en général sont masculins, à moins qu'ils ne dérivent d'un féminin latin : et quoiqu'il porte la marque du pluriel, il est au singulier, parce que le nom propre n'étant qu'un nom qui distingue une chose des autres choses, ne peut être susceptible de l'idée accessoire de pluralité.

Trots-Rivières étant un nom propre, ne peut, d'après la règle générale, être accompagné de l'article les. Il est vrai que cette règle souffre quelques exceptions, comme, Le Havre, Le Fuy, La Rochelle. Il est encore vrai que, jusqu'à ces derniers temps, on a toujours écrit Tr ois-Rivières avec l'article : mais les écrivains récens, d'accord avec la raison, travaillent à corriger cette vieille erreur, indiquée d'ailleurs suffisamment par le terme latin Trifluvium.

Des observations qui précèdent il résulte que l'on doit dire, Je vais a Trots-Rivières :

— f/ demeure a Trois- Rivières : — Tr ois- Rivières EST BATI sur le fleuve St, Laurent, et non pas, je vais aux 2 rois Rivières : — il demeure aux Tr ois-Rivières : — LES Trois- Rivières sont bâties sur le fleuve Si, Laurent,

Trois- Pisioles, Trois- Saumons, noms de paroisses, suivent la même règle.

UN. Lévisac pense que le mot un devant une voyelle, doit être prononcé comme U7ie, et que l'on doit dire une-imbécile, — une hérétique. D'autres grammairiens veulent que l'on prononce un-nimbécile. — un-nhérélique,

UN DE. Au lieu de un de, il faut employer Ihin de, quand un est précédé d'un substantif ou d'un pronom, et suivi d'un nombre précis : Ducis Vun des quarante de t^cadémie.

Mais on dira avec un de, — Henri IV est UN des meilleurs princes, qui aient régné sur la France, — un des qnarante de l'académie est de mon avis ; parce que dans la première phrase, un précédé par le substantif ^^wri, n'est pas suivi d'un nombre : et que dans le second, un suivi par le nombre quarante, n'est pas précédé par un substantif ou un pronom.

UNIQUE veut après lui le subjonctif:

c'est l'unique service que vous puissiez me rendre,

^ VACANCES au pluriel, se dit des études publiques : vacations au pluriel, de la cessation des séances des gens de justice.

VAINCRE, Je vaincs, tu vaincs, il vaille, nous vainquons, vous vainquez, ils vainquent, je vainquais, je vainquis, je vaincrai, je vaincrais, vaincs, vainquons, vaiîiquez, que je vainque, que je vainquisse, vaincant, vaincu, vaincue.

Le présent de l'indicatif n'est guère usité au singulier, non plus que vaincs, seconde personne du singulier de l'impératif.

VALOIR. Je vaux, nous valons, ils valent, je valais, je valus, je vaudrai, je vaudrais: pas d'impéradf, que je vaille, que nous valions, que je valusse, valant, valu, value.

Le participe valu s'accorde seulement lorsque le verbe valoir signifie procurer, rapporter, et que le régime direct précède le participe : que d^ éloges ne lui a pas valus sa conduite noble et généreuse ! c.-àd. procurés ; le participe, comme l'on voit, s'accorde ici avec le régime direct que, qui est devant.

VENIMEUX se dit des animaux: le scorpion est un animal venimeux : vénéneux des végétaux : la ciguë est une plante vénéneuse,

VEPRES, MATINES. Dites, aller A vêpres, — a matines : réciter vêpres, — matines : et non pas, aller aux vêpres, — AUX matines : réciter les vêpres, — les matines : attendu que vêpres et matines étant pris indéterminément dans ces phrases, on doit supprimer l'article.

INIais si ces noms étaient pris déiermîjiémenty comme dans ces locutions, aller aux vêpres de la paroisse de St, Roch ; — Téciter LES matines de JV(?é7, l'on ne pourrait omettre l'article.

VERBES. Quelques g-rammairiens modernes ont substitué aux anciens titres de certains verbes de nouvelles dénominations, qu'il convient d'indiquer. Pour actif ils disent transitif: pour neutre^ — intransitifs: liom impersonnel — unipersonnel : et enfin réfléchi est remplacé par le terme pronominal ou réciproque.

Les mêmes grammairiens disent complément pour régime.

VETIR. Je vêts, tu vêts, il vêt (ce singulier est peu usité) nous vêtons, je vêtais, je vêtis, je vêtirai, je vêtirais, vêts, vêtons, vêtez, que je vête, que je vêtisse, vêtant, vêtu, vêtue,

VIANDE, chair des animaux terrestres et des oiseaux dont on se nourrit. En ce sens on dit que l'on ne mange point de viande en carême.

Viande se dit quelquefois de la chair des poissons : le saumon rCest pas une viande de malade.

On appelle viandes de carême, la morue, le hareng, le saumon, etc. V. chair.

VIEIL. Au lieu de vieux, on se sert de vieil devant un substantif qui commence par une voyelle, ou une h non aspirée : ce-

pendant on est toujours libre d'employer le mot vieux*

VILLES. En général les noms de ville sont masculins, excepté quand ils dérivent d'un féminin latin. Lorsque le genre est incertain, l'on doit faire précéder le nom du mot ville.

Quand on personnifie une ville, l'on en met ordinairement le nom au féminin : mal" heureuse Tyr^ dans quelles maiiis es-tu tombée.

VINGT ET UN. On dit vingt et un, trente et un, etc. Mais la conjonction est omise dans vingt-deux, vingt-trois, etc., trente-deux, trente-trois, etc. Il s'en suit que les locutions trente un soldats, — Van mil huit cent quarante un, sont vicieuses.

L'usage veut que l'on dise, soixante et dix, soixante et onze, etc.

VIS-A-VIS ne doit pas s'employer dans le sens de envers, à Végard de. Ne dites donc pas, sa conduite vis-A-vis de ses bienfaiteurs est fort répréhensible : dites, ENVERS ses bienfaiteurs, etc., ou, a l'égard de ses bienfaiteurs, etc.

Après vis à-vis, on met de, excepté dans le style familier ; vis-à-vis la rue ; — vis-àvis mes croisées.

VIVRE régit de et non pas du : je vis DE bonne viande, — de bonne soupe, — vivre DE légumes.

V^OLUME. TOME. Volume est la.

livre relié ou broché. Tome est un volume qui fait partie d'un ouvrag-e. Le volume peut contenir plusieurs tomes : et le tome peut faire plusieurs volumes.

Quelquefois tome signifie simplement volume,

VOUS. Lorsqu'on parle à des supérieurs, ou à des dames, les convenances du langage exigent que l'on se serve quelque/ou de la troisième personne au lieu de la seconde. Ainsi au lieu de, Monsieur, voulez-vous me permettre ? dites. Monsieur voudraitil me permettre. — Madame, pourriez-vous me faire la grâce ? dites, Madame pourrait-elle me faire la grâce ?

Y, adverbe de lieu avec l'impératif. Le pronom moi se met toujonrs après Vy, Envoyez-y MOI, — menez-y moi, — attendez-y- Moi, — tu vas au musée, menes-y moi, — tu vas en voiture, donnes-y moi une place

Les pronoms nous et les se mettent au contraire avant Vy, Envoyez-Novs-y — attendez-Novs-y, — tu vas au musée, mèwe-LEs-i/, — tu vas en voiture, donne-movs y une place.

M^y ne peut être placé après le verbe. Ne dites pas ; Vous allez à Québec, menez •M''y : dîtes, ... menez-y-Moi. Mais il se place très-bien devant : Je vais à Tr ois- Rivières, voulez-vous m.^y accompagner?

Z, prend le son propre d'^, même avant une consonne, dans Metz, Rodez, Suez, m

AlvareZy Cortez, Sénezy Usez ; mais il ne sonne pas dans ^èez,. Les deux z dans le mot Mruzze se prononcent comme deux s, Mrusse,

ZEPHYR, ZEPHYRE. Les premier se dit d'im vent doux et agréable : le second du même vent considéré comme divinité de la fable.

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