‹ Manuel des difficultés les plus communes de la langue francaise adapté au jeune age, et suivi d'un recueil de locutions vicieuses (volume 2)Chapitre 2 sur 24 · DS LA · texte numérisé non relu

DS LA

LAi^GUE FRANÇAISE.

ABSOUDRE. J'absous, tu absous, il

absout, nous absolvons, vous absolve»,

ils absolvent. J'absolvais ; point de pré-

SçjN térit défini. J'ai absous, ^absoudrai,

j'absoudrais, absous, absolvons, absolvez.

que f absolve ; point d'imparfait du subj. %âbsolvant, absous, absoute.

( Dissoudre se conjugue de même.

ACADEMICIEN est un membre d'une compagnie de savans : académiste, celui qui étudie les armes, l'équitation dans une académie.

ACCENT CIRCONFLEXE. On

l'emploie pour les voyelles longues, et on le met, — lo, sur a long, lâche, tâche, château. — 2o. sur l'avant dernier e des mots en eme : même, blême ; excepté cependant les adjectifs numéraux ordinaux, comme deuxième, troisième, etc. — 3o. sur l't des verbes en aitre et oitre, comme paraître, accroître ; dans tous les temps où î est suivi de / ; il naît, il paraîtra, nous

accroîtrons, — 4o. sur Vo qui précède les finales /«, me, ne : pèle, rôle^ dôme, zone. — 5o. sur le nôtre, te vôtre, mais non sur notre, votre. — 60. on l'emploie encore à la première et seconde personne plurielle du prétérit défini : nous aimâmea, vous aimâtes, nous reçûmes, vous reçûtes, — 7o. à la troisième personne singulière de l'imparfait du subjonctif : qu'il fût, qu'ail eût, quHl aimât. — 80. on le pose aussi sur les adjectifs sûr, (pour signifier certain) mûr, etc., parce qu'on écrivait autrefois seur, meur„ et enfin sur dû, participe du verbe devoir, pour le distinguer de l'article du. Toutefois ce participe ne prend l'accent circonflexe, ni au pluriel masculin, ni au féminin, tant singulier que pluriel, parce qu'alors il ne peut être confondu avec l'article du. Enfin on le met sur tû, participe du verbe taire, pour le distinguer du pronom tu, et sur crû, participe de croître, pour le distinguer de cru, participe de croire.

ACCORD du verbe avec ses sujets.

Quand plusieurs substantifs ou pronoms composeni les sujets, le verbe s'accorde avec le dernier substantif ou pronom ;

lo. lorsque les mots formant les sujets sont synonymes : son courage, son intrépidité ETONNE les plus bravcs. Il est essentiel que les substantifs synonymes ne soient jamais unis par la conjonction et,

2o. lorsque les mots formant les sujets renferment une expression qui réunie en

elle tous les mots qui précèdent, comme chacun, tout, rien^ personne. Paroles et regards, tout est charmes en vous : — le temps, les biens, la vie, rien ne nous appartient.

3o. lorsque Tesprit s'arrête sur le dernier substantif, parce qu'il est d'un tel intérêt, qu'il fait oublier les auties : — ce sacrifice^ votre intérêt, votre honneur. Dieu vous le COMMANDE : — mon repos, mon bonheur SEMBLAIT être affermi.

Lorsqu'un verbe a deux sujets de la troisième personne unis par la conjonction ou^ on peut faire accorder le verbe avec les deux sujets, ou avec le dernier, et dire également bien — Pierre ou Paul le fera, ou, le feront. Cependant l'accord avec le dernier sujet parait préférable.

Cette règle s'applique à Pun Vautre^ lorsqu'ils sont unis par la conjonction ou : — Vun ou tautre vous écrira, ou vous

ECRIRONT,

Cependant si les mots unis par ou sont de différentes personnes, l'usage demande que le v^erbe se mette au pluriel, et qu'il s'accorde avec la personne qui a la priorité : — (fest toi ou moi qui avons fait cela, — <^est toi ou lui qui avez dit cela : — lui ou moi nous SERONS peut-être assez heureux, etc.

Dans les phrases où deux substantifs, ou bien deux pronoms sont liés par une des conjonctions, de même que, aussi bien que, comme, non plus que, plutôt que, avec, ainsi que^ et autres semblables, c'est avec a2

le premier substantif que l'accord a iieu : la vertu, de même que le savoir, A son prix, C^est sa fille, plutôt que son fils, quHl a desheritë'ë.

Après fun et Vautre faut-il mettre le verbe au sing-ulier, ou au pluriel ?

L'Académie, Vaugelas, Marmontel, &c., sont d'avis que l'on peut se servir indifféremment du singulier ou du pluriel : mais presque tous les grammairiens, suivant Duvivier, se sont prononcés pour le pluriel.

Si Vun et Vautre était placé après le verbe, le pluriel serait de rigueur. Ils VOULAIENT Vun et Vautre se promener.

Si les sujets sont exprimés par ni Vun ni Vautre, ou sont liés par ni répété, le verbe doit-il être mis au singulier ou au pluriel ?

Duvivier répond qu'on est libre de se décider en faveur du singulier ou du pluriel, puisque l'Académie et les meilleurs auteurs ont fait usage indifféremment du singulier et du pluriel.

Il ajoute cependant qu'il se range à l'opinion de Wailly et de Marmontel qui veulent que quand les deux sujets concourent à l'action, l'on donne au verbe la forme plurielle, parce qu'il y a pluralité dans l'idée, et que l'on dise, ni Vun ni Vautre n'oNT FAIT leur devoir : — .Ni la douceur ni la force ne peuvent rien.

Mais si l'un des deux sujets seulement fait, ou reçoit l'action, parce qu'alors il y a unité dans la pensée, les mêmes grammairiens veulent que l'on mette le verbe au singulier.

et que Pon dise, ni Pm ni Vautre «'est mon père : — Ce ne sera ni Mr. le Duc^ ni Mr. le Comte qui sbra nomme' ambas* sadeur d*Espagne.

Lorsque le verbe qui suit ni répété, est au pluriel, on doit le faire accorder avec la personne qui a la priorité. JVlf vous ni moi ne SOMMES coupables. — J>li vous ni lui w'avez fait cela.

Doit-OB après un, une joint à de, des se

servir du singulier ou du pluriel, et dire,

c^est une des plus belles actions quHl ait

jamais fait : ou, c^est une des plus belles

actions quHl ait jamais faites ?

La phrase dont il s'agit est elliptique : c'est comme s'il y avait, c^est une action des plus belles actions quHl ait jamais faites. Pour résoudre la difficulté, il faut examiner si le pronom relatif que a pour antécédent le substantif en ellipse, ou le substantif pluriel placé après la préposition des. Dans le premier cas ou emploie le singulier, et dans le second le pluriel. Or dans la phrase citée ci-dessus, il est évident que le relatif çwe se rapporte au substantif placé après la préposition ; car il s'agit d^ actions faites, et non pas d^une action faite. Le participe doit donc être mis au pluriel.

D'après ces principes il faudra dire au singulier, c^est un de nos meilleurs grammairiens qui A fait cette faute : et au pluriel ; votre ami est un des hommes qui PERIRENT dans la sédition.

ACCORD d'un adjectif qui suit plusieurs substantifs.

Quand un adjectif suit plusieurs substantifs régimes, soit régimes d'un verbe, soit régimes d'une proposition, et que cet abjectif ne se prononce pas au masculin comme au féminin, au singulier comme au pluriel, il ne s'accorde qu'avec le dernier des substantifs : mais il est sous-entendu après les précédens. Ce soupçon . . excita des plaintes, et un mécontentement ge'ne'ral. — Oest donc en vain qu^on met la véritable gloire dans Vhonneur et la probité mondaine.

Mais un adjectif, placé après des substantifs régimes, se met au pluriel, si cet accord ne change pas la prononciation de l'adjectif. — // sacrifie son repos et sa liberté pour la liberté et la félicité publiques.

ACQUERIR. J^acquiers, tu acquiers, il acquiert, nous acquérons, vous acquérez, ils acquièrent, f acquérais, f acquis, f acquerrai, f acquerrais, acquiers, acquérons, acquérez, que f acquière, que nous acquérions, que f acquisse, acquérant, acquis, acquise.

Conjuguez de même conquérir, reconquérir, requérir, s^enquérir,

ADJECTIFS ABSOLUS, (les) Farfait, universel, immortel, mortel, éternel, essentiel, divin, suprême, extrême, excellent, ne peuvent être précédés de mots qui expriment le plus ou le moins, par cela même qu'ils sont absolus, et rejettent toute com-

paraison. On ne peut dire, plus ou moins éternel, — mortel, &c.

ADJECTIF NUMERAL. Quelquefois l'adjectif de nombre cardinal remplace celui de nombre ordinal. // est six heures ; — tan MIL HUIT CENT *. — le CINQ Mars, —

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