‹ Manuel des difficultés les plus communes de la langue francaise adapté au jeune age, et suivi d'un recueil de locutions vicieuses (volume 2)Chapitre 3 sur 24 · GUILLAUME QUATRE · texte numérisé non relu

GUILLAUME QUATRE

•AIDER quelqu'un, c'est l'assister de sa bourse, de ses conseils : — aider à quelqu'un, c'est partager sa fatigue, sa peine : — aider à quelque chose, c'est y contribuer.

AÏEUL est le père du père ou de la ^mère. Au pluriel on dit aïeuls, quand on veut désigner présciément le grand-père paternel et le grand-père maternel. Hors delà on dit aïeux, pour signifier tous ceux de qui l'on descend, et qui ont devancé nos aïeuls.

AIGLE, oiseau, est masculin. Aiglb, drapeau, est féminin. Les .aigles Romaines, Aigle, constellation, est féminin.

AIGUILLON. Il y a quelques mots, comme, aiguillon, aiguille, aiguiser, arguer, inextinguible, et les noms propres d'' Aiguillon, le Guide, de Guise, dans lesquels l'wse fait entendre, et que l'on prononce, é'gu-i-glion, — ■ é- gui-Ile, — é-gu-i-zé, — argu-é, — inextin-gu-i-ble, — d^E-gu-i-glion, — le Gu-i-de, — de Gu-i-se.

AIR. On dit, cette femme a l'air bon, et non pas bonne, parce que bon se

râipporte à Vair. Mais on dit, cette pomme a Pair cuite, et non pas cuit, parce que l'adjectif ne peut être dit ici du substantif air.

ALLER. On ne dit plus je vas, mais, je vais. L'impératif va prend une s euphonique quand il est suivi des mots y, c«, — vas-y-voir: vas en chercher. On dit, va-t-en.

AMOUR au sigulier est masculin : au pluriel féminin, excepté quand il désigne les petits génies de la mythologie. Ces PETITS amours sont bien groupe's.

A NEUF, DE NEUF. Refaire un bâtiment a neuf: — remettre un tableau A NEUF, c'est les restaurer, les réparer.

Se faire habiller de neuf, c'est se faire faire des habits neufs.

ANCETRES, Ms ancêtres: nos aïeux : nos pères. Le siècle de nos pères a touché au nôtre : nos dieux les ont devancés : nos ancêtres sont les plus reculés de nous.

ANIMAUX. Leurs parties principales.

On dit le pied d'un cheval, d'un bœuf, d'un cerf, d'un mouton, d'une vache, et des autres animaux chez lesquels cette partie est de corne.

On dit la patte d'un chien, d'un chat, d'un lièvre, d'un loup, d'un ours, d'un rat, et des autres animaux chez lesquels cette partie n'est pas de corne.

On dit les ongles d'un lion, les griffes d'un chat, d'un tigre, les serres d'un aigle, d'un épervier.

On dit la bouche d'un cheval, d'un bœuf, d'un âne, et en général en parlant des bêtes de somme.

On se sert du mot gueule en parlant des poissons, des reptiles, et de la plupart des quadrupèdes. On dit la gueule d'une carpe d'une truite, d'un brochet, d'un serpent, d'un lion, d'un tigre, d'un chien, d'un loup, d'un chat, &c.

On fait usagedu mot bec pourles volatiles.

Quand on parle de cette partie qui comprend la gueule et le nez, on dit le groin d'un cochon, le muffle d'un cerf, d'un bœuf, d'un lion, d'un léopard, d'un tigre : le museau d'un chien, d'un renard, &c.

On donne le nom de défenses ou broches de sanglier aux deux grosses dents crochues et effilées qui sortent de sa gueule.

On appelle bois de cerf ou tête de cerj\ le grand bois que cet animal porte sur le devant de sa tête, et qui tombe tous les ans au printemps.

Enfin on dit la hure d'un sanglier, d'un ours, d'un saumon, d'un brochet, pour la tête, lorsqu'elle est coupée.

ANIMAUX, leurs cris. L'abeille bourdonne, l'âne brait, le bœuf mugit ou beugle, la brebis bêle, le renard nasille, le cerf bramme, le chat miaule, le cheval hennit, (prononcez hanit) le chien aboie ou jappe,

le cochon gmg^ne, Ia corbeau croasse, la grenouille coasse, le lion rugit, le loup hurle, le serpent siffle, l'aigle et la grue glapissent ou trompettent, les petits chiens *^* ^f^s renards glapissent, les pigeons roucoulent, la perdrix cacabe, le moineau chuchète ou pépie, le paon braille ou criaille, le dindon glougloute, le poulet piaule, la poule glousse, le grillon grésillonne, l'oie siffle, le rossignol gringotte, &c,

APPELER. J^appelle, tu appelles^ il appelle, nous appelons^ vous appelez, ils appellent, f appelais, f appelai, f appellerai, fappellerais, appelle, appelons, appelez, que f appelle, que nous appelions, que f appelasse, appelant, appelé, appelée.

Ce verbe comnie tous ceux qui sont terminés par eler, doublent la lettre l, quand après cette lettre on entend un e muet ; c.-àd. lorsque la lettre / est suivie de e, es, ent. J^appelle, — tu chancelles, — ils étincellent.

Cette règle est applicable aussi aux verbes dont l'infinitif est en eter. V. jeter.

APPLAUDIR. Comme on fait usage de ce verbe tantôt à l'actif, tantôt au neutre, il est indifférent de dire, applaudir aux acteurs, ou applaudir les acteurs: on LUI a applaudi, ou, on L'a applavdi.

Le participe passé de s^applaudir s'accorde toujours. Ils se sont applaudis de leur conduite.

ARC-EN-CIEL. Au pluriel on écrit, arcs-en-ciel ; mais on prononce, comme au singulier, ar-kan-ciel.

ARTICLE. On répète Tarticle et les adjectifs déterminatifs, mon, ma, mes, ion, ta, tes, ce, cette, un, etc.

lo. devant chaque substantif, les officiers et LES soldats ; — son frère et sa mère.

2o. devant deux adjectifs unis par et, lorsqu'ils ne qualifient pas le même substantif: les anciens et les nouveaux soldats, — vos grands et vos petits appartemens.

Mais on dirait, les anciens et braves soldats; — vos grands et beaux appartemens, attendu que les mêmes soldais sont anciens et braves, et les mêmes appartemens grands et beaux.

Il n'est pas toujours aisé de connaître d'une manière précise les cas où l'on doit faire usage de l'article, et ceux où l'on ne doit pas s'en servir. Voici un principe général qui sera d'un grand secours pour les distinguer.

On doit employer l'article avant tous les noms communs pris déterminément, mais non avant ceux qu'on prend indéterminément.

Un nom est pris déterminément lorsqu'il est employé pour désigner tout un genre, toute une espèce, ou enfin un individu, la jeunesse est imprévoyante. Le mot jeunesse est genre parce qu'il désigne la totalité des jeunes gens. Les hommes à préten-

iiofi sont insupportables. Le mot hommes est espèce, parce qu'il est restreint à un certain nombre d'individus. Le roi est sage. Le mot roi, dans cette phrase, désigne un individu.

Un nom est pris indéierminémefit lorsqu'on s'en sert uniquement pour réveiller l'idée qu'on y attache : qu'on ne détermine rien sur l'étendue dont elle est susceptible ; en un mot qu'on ne l'emploie pas pour désigner ni un genre, ni une espèce, ni un individu. Les chemins sont bordés de lauriers, DE grenadiers, de jasmins. Les mots lauriers, grenadiers, jasmins étant indéterminés, ne prennent pas l'article.

Page 1