‹ Manuel des droits et des devoirs; dictionnaire démocratiqueChapitre 7 sur 11 · X.B8 BZCHS · texte numérisé non relu

X.B8 BZCHS

C'est un devoir pour chacun que de contribuer au bien-être de tous. Ce qu'on appelle les riches, ce sont les gros pourvoyeurs des classes laborieuses.

a Je gagne autant que le roi, disait à Louis XI un marmiton.

— Et que gagne le roi ?

— Ses dépenses, et moi les miennes. » Ce marmiton déduisait à merveille le principe d'égalité, qui maintient l'équilibré entre des situations forcément inégales.

En effet, le trésor du riche est la caisse du prolétaire; d'où il suit que la pauvreté du travailleur doit être proportionnelle à l'appauvrissement des gros capita-

ââ DICTIONNAIRE DÉMOCRATIQUE.

listes. Enlevez à ces derniers le moyen de payer du velours, des cachemires, des meubles de prix, Torfévrerie et les précieux produits des arts, vous affamez les joailliers, les ébénistes, les peintres, les tisserands, les filaleurs, les brocheurs, les ciseleurs, etc.

Telle est donc la solidarité entre les diverses classes du peuple, que toute oppression de Tune, exercée par l'autre, est un acte de barbarie et de stupidité.'

Le riche qui ferme sa caisse, vole le peuple et pratique sur lui-même un suicide ; l'ouvrier qui crie : A bas les riches! fait appel" à la famine.

Les destinées sont inégales : ainsi le veut la Providence; mais les droits de tous sont égaux. Aux yeux du Créateur, la violette des bois est autant que le chêne. Plus puissant, plus élevé, celui-ci projette autour de lui la fraîcheur des ombres, qui fait vivre et fleurir la violette. Coupez Tarbre, la plante se dessèche et meurt.

Ainsi la nature a partout rétabli Tégalité par le monde. Aux un», moins d'inquiétudes, moins de désirs, moins d'amères pensées, moins de craintes, mais moins de bien-ôtre matériel, aussi. Aux autres, des devoirs plus impérieux, une conscience plus travaillée, un esprit moins libre, une responsabilité morale plus pesante; mais aussi une plus forte somme de satisfactions sensuelles.

A Texercice de cette vie plus molle, leur imagination s'affaiblit à la longue, leur cœur s'appauvrit, leur âme s'énerve, leur activité s'endort. Dès longtemps incapables d'acquérir, ils deviennent inhabiles à conserver : la fortune peu à peu leur échappe, et tombe à des mains plus fortes, à des travailleurs énergiques, qui s'engour-

diront à leur tour dans Tinertie, et feront place à d'autres.

Tout se transforme donc, tout se déplace par un mouvement naturel. À quoi bon haïr ce qui n'a guère duré, détruire ce qui périra sitôt, et lancer ranathèine contre nos frères d*hicr, qui seront nos protégés demain !

Quoi que Ton fasse, il faudra des travailleurs pour alimenter le luxe, aussi nécessaire que les fleurs, et qui, comme elles, fait mûrir des fruits : il faut des riches pour rétribuer les produits, pour aiguillonner les progrès de rindustrie et de Tintelligence humaine.

Membres de Tadministraliou complexe des sociétés, aimons-nous donc entre nous, et ne rejetons personne ; car, je le répète» chacun de nous est indispensable à tous.

Le principe de Tégalité est.de jour en jour mieux compris : depuis près d'un demi-siècle, tous les citoyens tendent à devenir égaux devant la loi. L'égalité est une conséquence de la fraternité.

Dans une famille, les enfants d'un même père, d'une même mère, sont en parfait rapport d'égalité. Cependant la priorité de l'âge est l'objet d'une certaine considération ; c'est à l'expérience que cet hommage s'adresse. S'il se trouve, parmi plusieurs frères, un homme d'un mérite éminent, d'un talent supérieur, ses frères, fût-il le plus jeune, lui font l'honneur d'un respect marqué, d'une déférence qui l'élève.

Ils obéissent ainsi à un instinct de justice et d^égalitë, qui nous porte à véne'rer le vrai mérite partout, se rencontrât-il dans nos subordonnés.

L'abus de Tégalité n'est qu'une illusion de l'envie.

— Vous honorez cet homnie plus que moi, dit un jaloux : nos droits sont égaux, et je suis autant que lui.

— Mon ami, Thommage que je lui rends est aussi un exercice de mon droit, puisque je suis libre. L'homme qui vous irrite a accompli de grandes actions; faites de même, et vous serez traité comme lui.

II faut aussi se garder de croire que l'égalité confère le droit à un employé, par exemple, de maltraiter son chef, parce que celui-ci en a mal usé envers lui. Le- chef a eu tort : l'égalité ne saurait être le droit d'avoir tort à son tour.

L'égalité a pour base un principe naturel consacré par la religion et la philosophie.

La société étant organisée au profit de tous, il est évident que les droits de chaque individu doivent être égaux. Mais cette même société répartit entre nous des devoirs différents, subordonnés à la nature, à l'étendue de nos facultés, qui sont inégales, comme les statures de nos corps.

De là, des inégalités relatives, qui doivent prendre leur source dans le principe même de l'égalité, car les conditions par lesquelles on s'élève sont les mêmes pour chacun. — Ces deux passants sont égaux comme citoyens et en tant qu'hommes : l'un est soldat, l'autre général; ils ne sont pas égaux dans la hiérarchie militaire. L'un a satisfait à des conditions que l'autre n'a pas subies.

DICnORIf AIBB DéaOCEATIQUK. 25

C'est pourquoi Ton se méprend sur le caractère véritahie de Fégalité, quand on prétend proscrire toute distinction entre les citoyens. Les distinctions de naissance sont chimériques; mais celles qui sont le fruit du travail 9 ou la récompense des services signalés, ne choquent nullement Tégalité, pourvu qu'elles soient accessibles à tous.

Proscrire toute distinction, ce serait abolir toute récompense : une telle erreur conduirait à décréter que les hommes sont égaux par le courage, par le talent, par la science ou Tesprit, et que nul, n'excédant les autres en lumières, ne peut être plus utile à son pays que la vulgaire médiocrité.

Autant vaudrait de décider que nul n'a le droit de pouvoir soulever plus de cent livres, et qu'il est interdit aux tambours-majors d'être plus grands que les voltigeurs de l'armée.

MAJOAXTB, mZMOniTÉB.

Termes dangereux et sujets à fausse interprétation. Les vérités absolues sont rares; les vérités forcées deviennent des erreurs notoires. C'est ainsi que ce principe : la majorité des suffrages doit faire loi, principe vrai d'une manière générale, peut prêter, s'il est étendu outre mesure, à des applications vicieuses.

Il y a des majorités inepies : les rendre souveraines, c'est décréter la souveraineté de l'ineptie. II y a des minorités qui ont en leur faveur la raison et la vérité : les annihiler, c'est proscrire la vérité et la raison.

L'empire absolu du nombre supposerait, pour être

36 BICTIONIfAIRE DfiMOCftATtQUB.

admis sans réserve, la perfection universelle des intelligences, et régale répartition des lumières sur toutes les têtes. Ainsi, pour être juste, le poids doit compenser la quantité numérique.

Si, le 5S5 février dernier, les Français, consultés un à un, eussent voté pour une forme de gouvernement, la République aurait été écartée pai* une majorité formidable. Le lendemain, la vérité, la raison, décrétaient h. République, représentée par une minorité intelligente. La minorité de la veille est devenue en vingt-quatre heures la majorité du lendemain.

Paris au milieu de la France est une minorité : les départements se subordonnent à Paris, comme un grand corps qui va où la tète le conduit.

Quelle est la justification de cette immense inégalité? C'est la nécessité. Supprimez Paris, qu'il cesse d'être ou de diriger, soudain Tunité politique de la France sera rompue.

Qu'est-ce donc que Paris? Paris est le siège d*un concile perpétuel, incessamment recruté par les citoyens de toute la France.

Si la voix des majorités est tout, rappelés M. Guizot : son administration était légale, et il avuit la majorité dans les Chambres.

Mais lies Chambres ne représentaient pas la nation. M. Guizot le sait maintenant. Naguère il ne s'en doutait pas ; il croyait à sa majorité, comme chacun croit à la sienne, et il est tombé sous le poids d'un sophisme. Ne l'imitons pas, et défion8H[ious de ces majorités qui, comme celle de l'un des vieux parlements anglais, se comptent non pair tètes, nnis par le nobibre des croupions^

DICTIONNAIKB D«IIO€ftJITIQUB. 17

C'est une majorité qui a énervé la République le 8 thermidor 1794. C'est une majorité qui a créé FËmpire, la plus pesante des tyrannies. C'est une majorité qui a sanctionné l'asservissement de l'Europe et le retour des Bourbons en iSli-. C'est encore une majorité qui a consacré le trône de 1850 ; fausse majorité, échafaudée par la minorité la moins imposante, — quelques financiers et de timides spéculateurs.

Au contraire, c'est une minorité qui a proclamé la République en 92, et une minorité qui a commencé l'opposition sous la Restauration ; c'est une minorité qui a sauvegardé le principe républicain depuis dix*huit ans.

Tout homme veut la Uberté, et peu de gens savent ce que c'est. Si chacun était également éclairé, et sur les devoirs qu'elle impose, et sur les moyens de la conserver, le vote d'une majorité serait sans appel, et c'est ce qu'il sera un jour.

D'ici là, supposez que, par démence étrange, une majorité s'avisât de faire acte de sa liberté, ^n 4écidant que deux et deux font un, ou bien, chose non moins absurde, en décrétant la confiscation de cette même liberté^ — cela s'est vu déjà ; — pensez-vous que, dans ce cas, une telle majorité resterait compatible avec la liberté, qui a pour base la vérité et la raison?

La liberté, c'est le droit et la faculté d'agir avec discernement; une majorité aveuglée par l'ignorance ou par la peur perd son caractère.

Il est un droit qui excède les pouvoirs d'une majorité, c'est celui d'anéantir, ou de restreindre dans sa nature ef sentielle, le principe de la souveraineté nationale* Ainsi, Paris a naguère proclamé la République : les départe-

28 DTCTIOMNAIRB DÉMOCflATIQUB.

ments ont accepté le fait accompli. Il n'appartient plus aujourd'hui, ni à Paris ni à la province, de revenir sur une question résolue par la possession d'état, paisible et incontestée.

Car la liberté française est déjà devenue le gage social de l'Europe; déjà la majorité véritable se compte au dehors comme en deçà de nos frontières, et la réaction ne serait plus qu'un parti en minorité, le parti des dynasties.

Au-dessus de la fantaisie de majorités incertaines, audessus des subterfuges créés par la peur, et des luttes quotidiennes des partis, il y a un^ontrat social que nul ne peut impunément déchirer, et qui régit le monde.

Le principe constitué en France est le salut de la famille humaine. Or, vous savez déjà que les rois ne l'ont ^ pas sauvée, qu'ils ne la sauveront plus, et vous confessez tous cette vérité solennelle : les rois s'en vont.

Supposez l'impossible; supposez qu'un jour, les départements, en entravant la République française, rendent aux monarques européens des forces contre les peuples; leur vote, dicté par Tégoîsme et la crainte, ferait couler le sang des nations, et l'on aurait en e£fet trahi la cause de la liberté.

En face du cri des peuples opprimés et de la destinée de l'humanité, que deviendrait une pâle et inintelligente majorité? Déjà du nord et du midi, du golfe de Venise à la mer Baltique, des nations entières ont répondu à l'appel de Paris. Paris a pris une solidarité pour la France entière : sa majorité à lui, c'est l'Europe ; et nos départements, s'ils ne se fussent pas ralliés à la démocratie^ auraient contracté un devoir impi^aticable, celui

DICTrONNÀlRB DÉMOCRATIQUK. i9

d*ârrêter le mouvement de l'Europe, et d'opposer, Tolivier à la main, aux applaudi^jsements des rois ébranlés, une majorité relative, puisée dans quelques provinces éparses, à là minorité parisienne, qui est le cri de la majorité des peuples du vieux monde.

Les majorités sont parfois difficiles h constater : les hommes réunis se méprennent, comme les individus isolés. La minorité qui a fait la République était une majorité sublime dans l'urne de Dieu, puisque son œuvre a été indestructible tout d'abord, et que, dès le premier jour, elle a réuni tous les suffrages.

GXiABSS MOTSMIR.

S'il existe une classe moyenne^ il en est au moins une autre qui lui est supérieure, puis, une troisième audessous, et nous retombons dans les distinctions de castes, au profit de la noblesse, et au détriment de ceux que naguère on isolait des droits politiques, sous le nom dépeuple.

Acceptons toutefois la désignation, et définissons la portion de la société qu'elle représente. Le mot classe moyenne remplace ce que, du tenips de Sieyès, on qua* lifiait de tiers-état.

a Qu'était autrefois le tiers-état? disait-il; rien. Que doit-il être? tout. »

Tel est le fruit, si long à mûrir, de la révolution. La noblesse était un corps privilégié ; elle a dispa^ru avec ses privilèges, et s'est fondue dans le tiers-état. Ce qu'on appelait le peuple, et qui était séparé de la classe moyenne par la frustration des droits politiques, est ap-

30 DtCTIONKAlIlI DÊMOCBÀpQUe.

pelé comme elle aujourd'hui, à rexercice dé ces droits ; rieQ ne distingue donc plus la classe iQoyenne, des deur autres. Il n^y a plus en France qiu'un peuple homogène et indivisible, et Ton n'y peut discerner des classes inégale s, parce que Tégalitë a rendu toute classification chimérique.

MONABCBZJBflIQl^UT^ ÇOmTZT.VT2<mMXU.S.

Blessée à mort à la fin du dix-huitième siècle, la monarchie reparut avec Napoléon» qui renlraîna.après lui.

I^a monarchie est le gouvernement d'un seul. La Restauration, puis la quasi-Restauration, avec leurs trois pouvoirs, n'étaient donc pas réellement des- monarchies.

Comité l'unité est l'élément indispensaple d'un bon gouvenjement, une constitution qui remplace l'unité par un équilibre, a pour base une fiction, et pour résultat incessant une lutte.

En effet, tout pouvoir tend à l'unité. De là, comme nous l'avons vu, ce combat prolongé, entre la royauté qui aspirait k dominer, et l'élément démocratique qui s'efforçait de secouer le joug. Dans une telle situation, les trois pouvoirs en vinrent promptement à se réduire à deui. Le plus faible était représenté à la chambre des paifs par l'élément aristocratique, débile auxiliaire de la monarchie. Restait donc, en face de cette dernière, la représentation nationale, que les rois étaient réduits à combattre, à énerver ou à corrompre. '

Le titre de royauté cofM^ftu/ionn^//e, symbolise la

DICTIOMMAIM l>KHOCiATlQCl. 31

fausseté de la situation. Si le peuj^e a le bën^e d^iine eonsiùtUion^ la royauté est iictive, et si la volonté royale prend Tascendant, la constitution devient un mensonge.

Dès qu'une eonstitotton jurée règle le droit commun, c*est là qu'est la source de Tautorité légitime. Il reste à organiser Tadministratimi, et telle est la mission des ministres. Le roi les nommait, mais le peuple, par ses députés, avait la faculté de les briser et d'en désigner d'autres ; il fallait que la royauté cédât.

Le rôle de la couronne ctait donc devenu passif : la faculté d'action et d'initiative est ce qui caractérise un véritahie pouvoir; le pouvoir était forcément ailleurs que dans la royauté, qui ne pouvait légalement le conquérir.

Cette sîluatîon bizarre était un compromis entre nos opinions, déjà républicaines, et nos mœurs, monarchiques encore.

Une fois les mœurs élevées au niveau des opinions, il ne fallait, pour détruire l'équilibre en question, qu'un incident propre à démontrer que' la royauté n'existait pins. Il s'offrit le 23 février, et le lendemain, on a fait l'économie d'un fonctionnaire inutile.

En Angleterre, la fiction royale est mieux déguisée, parce que l'aristocratie, intéressée dans cette cause, est assise au premier rang. L'oligarchie peut fort bien arriver au despotisme : la puissance de Paristocratie anglaise est implantée dans le sol qu'elle s'est approprié ; mais elle gêne la couronne et opprime le peuple.

Tel est le futur élémenjt du combat. La royauté s'unira quelque jour à la nation contre un ennemi com<-

32 DlCTIONNAfBE DÊMOCRATtQVC.

mun; puis, la question réduite à un duel, le peuple abattra le trône.

Il y a deux siècles, Fissue de ces sortes d*affaires ëtait différente. C'était le temps des rois; et quand un Richelieu démantelait Taristocratie, il armait un Louis XI V.

Je ne sais au monde que deux états normaux, et, comme tels, compatibles avec la paix publique; le despotisme et la démocratie. Toute situation intermédiaire est éphémère, agitée, et forme ce que Ton appelle une ère de révolution.

De ces deux états, le premier est fondé sur Tasservis* sèment moral de la race humaine, et contradictoire au principe providentiel du progrès de sociétés.

Un despote qui fait une seule concession est perdu dans un espace de temps donné ; la démocratie n'est pas exposée à ce danger : à qui ferait-elle des concessions?

One république qui descend à sa perte par des concessions, prouve par là qu'elle n'avait pas pour élément la démocratie.

Des oligarchies plus ou moins tyranniques peuvent se succéder l'une à l'autre, et être confisquées par un seul individu qui n'a qu'une minorité à soumettre ; et c'est ainsi que la démocratie mal entendue, restreinte ou faussée, enfante le despotisme.

NATIONAUTÉ.

Il n'est guère de mot plus difficile à définir. C'est le caractère politique qui rend une société susceptible d'être une nation. Tout Etat constitué possède donc sa iiationalité.

DICTI0NNA1R8 DÉMOCtATlQUl. S5

Tant que le principe de la nationalité subsiste dans le cœur d'un peuple, il a le droit d'exister ou de renaître. Un principe analogue avait été posé pour les dpasties, que Ton supposait consacrées par une manière de droit divin.

La nationalité, c*est la légitimité des peuples.

G)mme il n*a pu se former avant l'heure où les nations ont pris possession d'elles-mêmes, ce terme est jeune; il n a jamais été défini et l'on en abuse fréquemment.

Ainsi, le mot nationalité se prend à tort, pour signifier l'esprit d'une nation, et plus souvent encore, pour désigner la nation elle-même. Partout où suffit ce dernier mot, l'autre est déplacé.

Les deux ennemis des nationalités sont : le despotisme et la conquête. Un État soumis à un régime de compression risque de voir sa nationalité s'affaiblir, et telle est la situation de l'empire russe. En pareil cas, que le despotisme vienne à crouler, le pays où il a endormi la nationalité se morcellera par petits Etats, sans cohésion. Telle nous avons vu l'Allemagne, dépecée à la faveur de la caducité de l'empire d'occident.

Dans certaines occasions, la nationalité survit à l'indépendance, et c'est ce que démontre l'exemple de la Pologne. Tant que se perpétue ce caractère, qui est une grâce de la Providence , une société conserve ses droits légitimes à redevenir une nation. Car la nationalité, c'est pour les peuples le signe de la vie, et tout ce qui possède la vie, peuple ou individu, est investi du droit imprescriptible de la liberté.

Si DlCTlONNAtHtt DtlIOGaiTlQue.

Le travail est à la fois un droit et un devoir ; sa rémunération est proportionnée à la quotité, à la valeur et aux difficultés de Tœuvre accomplie.

En principe, toute dépense faite par Tindividu an profit de la niasse doit être remboursée, sans quoi Top marcherait, par Tappauvrlssement de tous, à la ruine générale.

Chaque travailleur dépense plus ou moins.

li est des genres d'ouvrages auxquels le bras suffit. D'autres demandent le concours du bras et de Tintelii-. gence; d'autres, enfin, veulent en outre de la dextérité.

Dans ce dernier cas, la société doit payer pour le bras, payer pour rintelligence, payer pour la dextérité.

Il est, de plus, des états d'une initiation difficile, coûteuse et longue» Alors l'apprentissage est assimilable à l'avance d'un capital , dont le prêteur a longtemps sacrifié l'iatérêt. Gelui-M^i a droit à être indemnisé des chances qu*il a courues, des privations qu'il a subies.

En équité, l'inégalité des salaires est donc d*une légalité parfaite : au point de vue philosophique et moral , l'inégalité des salaires est le principal agent du perfectionnement.

On ne consent à prêter, en cfiPet, qu'à la condition d^être remboursé dans la proportion de ses mises : supposez que l'on décrétât que nul salaire ne pourra dépasser un certain taux, auquel les moins habiles peuvent aspirer; qu'arriveç^-t-il?

Que nul n'avancera plus qu^il n'est destiné à recevoir.

Si la rétribution d*un simple manœuvre, par exemple, égale celle du ciseleur; au lieu de consumer sa jeunesse, livrée aux privations, parmi les labeurs d'un pénible et onéreux apprentissage, dans Tespoir d'une indemnité future, ce dernier renoncera à exercer un art dont il serait la dupe, et il mesurera la nature et la valeur de son travail, d'après le prix qu'il en doit retirer.

Cet autre, qui, pour parvenir à tenir sa famille dans une belle aisance, sacrifiait ses veilles, usait ses yeux, se creusait rintelligence , et avait bravé les frais de cent essais infructueux, renoncera à un sublime courage* désormais ridicule et sans profit.

Dès lors, les états les plus lucratifs, ceux précisément qui exigent le plus d'esprit, le plus de talent, d'adresse et d'invention, seront abandonnés.

Où trouver un bon peintre, si tous les artistes n^ont droit qu'à une rétribution égale? On fait dix mauvais tableaux, dans un espace qui suffit à peine pour apprendre à en exécuter un bon.

Si les littérateurs ctaiéift nivelés sous une taxe égale pour tous, à quoi bon serait-il de viser à un talent éminent? Si nos célèbres historiens, qui okit dépensé leurs années en recherches, en voyages, en études profondes, n^avaiènt dû tirer de leurs œuvres, que le salaire d^un manoeuvre littéraire qui improvise sans peine un feuilleton banal; s'ilë eussent du être réduits à la maigre pitance du manœuvre littéraire, auraient-ils voulu, auraient-îtâ lâème pu se donner tant de peine pour passer maîtres?

L'égalité du salaire, c'est la proscription du talent par l'envie; c^est la plus monstrueuse des inégalités, Tiné-

56 DICTIONNAIRE DÉMOCRAtU^US.

galité aii profit de Tineplie, de Tignorance et de la basse médiocrité ; c'est rinterdiction du progrès , la ruine de Témulation, IMngratitude publique érigée en système, ]a suppression du beau et du grand, la consécration de rinjustice, la glorification de l'incapacité ; c'est le vol régularisé au profit de la barbarie ; c'est la plus honteuse insulte jetée à Tintelligence humaine.

Une civilisation qui admettrait l'égalité des salaires consacrerait le règne de la brutalité, de la stérilité; elle signerait la dédiéance de la civilisation , et marquerait son retour à l'état sauvage.

omrBzxBs, ovtbjmbb jhtszaxgtusiiS.

Quand on aura fait le dénombrement de la classe ouvrière, on s'apercevra qu'elle est bien plus complexe, bien plus nombreuse qu'on ne l'a cru.

J'appelle ouvrier tout homme qui, moyennant salaire, travaille pour le compte d'autrui. Les marchands, les industriels, les particuliers, l'État, exercent diverses catégories d'ouvriers.

En outre, tout homme qui produit quelque chose et trafique de son œuvre est un ouvrier. Cette catégorie, qui comprend les ouvriers libres et soi-disant leurs maîtres, est la moins fortunée, parce que ses droits ne sont pas nettement définis. Elle embrasse la plupart des travailleurs intellectuels.

Rien n'empêche que le littérateur, le peintre, le sculpteur, le dessinateur, le graveur, etc.. ne meurent de faim.- Et il est à peu près imposisible d'organiser les • choses différemment.

DicnomrAiM otvociATiQUi. S7

Lies grande talents trouvent à vivre, parce qu^ils ont ia faculté de vendre cher ; la médiocrité ne tronve pat de débouchés, parce qu'elle est inutile ou nuisible. Dans ces sortes de carrières, la médiocrité, TinHiibileté réelle^ sont le produit d*une illusion d'amour-propre : la société ne saurait être tenue d'indemniser les illusions de Tamour-propre.

Essayez d'abaisser et de niveler les salaires, vous ré» duires les grands talents à la famine» sans sauver les autres, que la consommation n'ira pas chercher.

La conséquence de cette difficulté insoluble, on ne doit pas la déguiser aux jeunes gens : c'est que les arts, dont la culture nécessite une organisation intellectueUe spéciale et une vocation supérieure, sont en dehors des conditions ordinaires du travail. On doit, avec une pieuse sollicitude, favoriser les beaux-arts; mais on ne saurait individuellement protéger les artistes. Aux yeux de la société, l'artiste n'est signalé que par ses œuvres, et l'intérêt public ne se porte que sur la production qui se fait rémarquer.

Une simple conclusion justifie cet égoîsme apparent : — Les arts libéraux ne constituent pas des professions. Or, dans un grand nombre de professions réelles» l'art intervient dans le métier.

Le travail est nécessairement subordonné à la consommation, et les produits de l'industrie s'adressent à des fortunes diverses^ L'industrie parisienne est presque entièi'ement destinée à ce qu'on nomme le monde élégant: l'inégalité des fortunes, qui implique l'existence des gens riches, est donc l'indispensable aliment de' l'industrie de la famille ouvrière.

^ 1^ irrédit> p^Uo #ét la gsranti* isht^vêU^m^ée

sont ifiùit fo» baMé de Torg^tiiéttion da travail, puis*

qitfi rofdre ^ là'* séourilé' soot let niobtlesr de te eon*

samBJation-^

< Queiquelobv une àfÉple' émeate, en dë{yrëcknl la

propriété, et gênant la circulation des capitamr, penfiar--

raeber leur pmh à- tf ngt mille oiitrier»^

Quafid eeadernier» s'timirgént polir aller eti'IaiiHlilit demander de Tou^^rage^ ih estè^reiit au gonfèmemett^ lemeyen de leiw en foiiMir.

On rétablit Tordre,» ék trevetlle k la pacifioalbn dPim paySf maia en n*ft paf' d'aetton dit^eete sar h odnfl&néir»' Rieii' de plu» déraîseiinable qae oe p^opoe* «mt oetar répété : « U fout que le gouVerBemeiit rétabUiBe Ubikm<* fiance publique, r

Quand chacun, en particulier, est convsinèii de la souveraine autcnritë de la- iiiiaoiKgéAëi^v<pituiA la titequillité extérieure parait garantie^ alors peu k peu^ ia^ confiance rentre dani les ei^prits.

L'espoir est le premier degré de la cotifiancé.

La Tolonté e&t impulsante aur un tel sentilmeAt. Qifr*UQ bomme voie le ciel chargé d'orage,' le» nntfer épaisses sillonnées d'éclairs el pouVchasséecf par le Tèatr il ne se laissera' point persuader de la sérénité delà Jéilr-* née et de Timprobabilité d'une (einpétei ' Montrea-lui que Forage va d'un^ autre oAté, que le tauage s'amincit, que 1» fetidve s-éleigifte êom Vhmiâoùi

iiMiMMMt.4iiMièg»e».ât ai mm okiinralièiii les vôtres, il reprendra coofianœ.

€h»Qiiiiv«0 MflMi Tadiilie it ^ts.ptopnBcw^poieàU, m éàimm r^Bian, «mu» ea n'iaipoae fm U nooiaiiM»

t»-|Mna(BPtîott dmpwer d'Aulurké la contanoa {m- Ui^ie rhingt ik défiante «i des teffronrt.

rGatèa MmfiaMa taille fitoduit de la poiaaaHon pakiblo eligaraniie das.di»i<i.de (oua^joa uoifoot, da k jayis^

IttHl.gK*oft<la arttt aMoaeée, rMiiHatfi ddOant. La coniiaqaa aal iipipaaûbla qiiattd la gouvamanant .&a rpaiil jiMtifittrieaa força : aareeUa figuaur nécamiira est foodëe sur Taccord et Tadhësion dai aitafaos.

lia fftmtemeafeaat aal danc te pramiar intévaiaé à la confiance publique, qui est la base jdaanédil; a0tla omii« Vimmu il b ae^t ^ tfawours das citoyamitiiiaâi idne RÉfit la iéArii» ni tlà fanoduiia da Jui-HSiétte : car»eUi» i)e^»tbaklaMi i^u'à h cDndiikn da la dékila dai fNtfiip intéressés à la troubler. C'est k Ja portiau aaioa at-lil^ér> raie de la oatioa, à Cdumir an gouvairnaDif ni, f» le aiaBah«a,t^af raliàlndfirdasf^ranlias iprnpros.èjustifter la aofliMica publique.

J^àaiptataraa aièclasdegun veffûamaQ&iiioiMtf^liiqtta^ aatoa«^iiimaadk|i0nfë4edëfinijr k.sar^rilitd. LauKrvilitd dea fmmM fiondiiit iik sarvitiide ;>kaavviliilé des idéal «ifatidffe k mania daa imikiiomtreaxMiNe.das.iiiiagit aiitMa^ûidigimlal.

Ga^iikaiiitelktttiial «taoeMae k.tQaii|tta<âe<Ms,clHk

40 PlCTIOMNAl&B DÉMOCaàTIQUB.

nés d'autrefois. L'originalité ne se ravive qu'après un long exercice de la liberté. ^

L'Angleterre» qui a accompli une révolution ii y a deux siècles, et qui alors a devancé les autres peuples, s'est relevée de la servilité des imitations. L'Allemagne, qui, depuis longtemps, n'est plus étroitement rivée à l'unité monarchique, se montre assez individuelle dans l'expression de la pensée ; les républiques italiennes ont créé l'art original de Florence, de Pise, des Yénitions ; l'affranchissement de la Hollande a enfanté la peinture flamande, si éloignée du goût des autres peuples.

La France monarchiste, régie par un autocrate, en est restée à l'éclectisme.

Un servile penchant à l'imitation, telle est la maladie morale de la France.

Dans l'ordre politique, l'imitation, c'est le galvanisme au lieu de la vie, c'est l'intrusion du passé à la place réservée au présent et à l'avenir. Théoriquement parlant, le pastiche est une négation.

Dans la pratique , il offre des dangers sérieux :

Le danger de mettre les institutions en désaccord avec les mœurs, les nécessités présentes ou les tendances de l'avenir.

Il y a cinquiinte-'Six ans , quand la République fut proclamée chez nous, les idées démocratiques étaient peu répandues ; il fallait une forme neuve à une institution nouvelle : l'étude des mœurs, du caractère et des besoins actuels pouvait seule y pourvoir. Au lieu de s'y livrer d'un esprit libre, on se jeta dans l'archéologie romaine ; et, comme trop souvent la forme emporte le fond, les théories de l'antiquité latine entravkent la

DICTIONNAIRV DÉMOCRÀTIQUI. 41

démocratie pnre, parce que la République de Rome n'était pas essentiellement démocratique.

Il se produisit donc une servile imitation d'anciens usages incompatibles avec nos mœurs; elle engendra unB mode, et comme le propre de la mode d*hier est d'être ridicule demain, la République se ressentit de cette disgrâce.

Nous sommes-nous corrigés? pas encore.

Les souvenirs de 93, réminiscences de l'antiquité, ont laisse chez nous une impression terrifiante : notre temps est aussi dissemblable de celui de Robespierre, que l'an II Tétait du siècle des Scipions ; néanmoins nous inclinons à rechercher les traces de Rome dans les errements de la Terreur, et à revenir aux formes extérieures de cette époque orageuse.

Les consuls de Rome étaient précédés de licteurs; nous avons vu reparaître, dans les cérémonies, des licteurs qui n'avaient personne à lier ni à supplicier ; ils portaient des cylindres badigeonnés en faisceaux, qui furent pris par le peuple pour d'énormes mirlitons. Les licteurs étaient les sicaires d'un pouvoir presque absolu : nous n'avons plus de consuls.

Nous parlons encore des discussions du forum ; nous discourons à couvert.

Les orateurs de 93, ayant banni le culte chrétien, qui contient l'évangile de la liberté et de lu fraternité des pieuples, étaient revenus à la théogonie fataliste et impitoyable du paganisme : -^Puissent les dieux!... nons prései*vent les dieux immortels! etc.. s'écriaient Louvet et Tallien dans leur froid délire. Espérons que nos imilationsde leurs imitations ne se porteront pas jusque-là,

ce qui signifie hûbitonJts de la cité,^ .parce que les JBo^ mi^ns «euls ataiept à^ droUa ciyijfjja» imu h J&4pubUque, à rexclusion des proyiimes : ocxss.se traduit par citciffem; w» j>^ms énervèrent cette ej^pressûin^ en la Jetait aux prexpiere venu#, ji tout ,prop9A ait hora 4e propos. Louis XVI était le citoyen Capet.

Il n'a pas tenu au bo^ vouloir de quelques espril» en xetard^ gue nous ne revinssions i^^des^suj^erilui^s imitées d'une illo^fue imitation»

A Rome» la dictaMire vëalisait de temps en i^wfis Ja t;i[fanuie du pouvoir absolu ; iiou« nou^ies^ofans i faÎM» d'après le fatal example de nos. pères, un usage ahsiicdt des mots dictateurs, dictature, propres h inapirer l'effroi , comme à déconsidérer des pouvoirs réguliers et l^acifiqu^s.

Chez nos pères, la fonction du mot réwlidimmir^ était de contraster ayec les mots royaliste , numarehi$te^ Les mesures révolutionnaire étaient d«es néoessitâi lûjm déJ&niies* Mais Texicàs de ia chose a ensaoglaïUé leonoi» ^uguel s'attache .maint^joani l'idée d'un abjos de lit force.

. Certes.» une mesure révolutionnaire pjeul ètçe aalutaire et excellente en soi ; mais, dans ce .cas-& jmêmii, l'éti(}uette RixmiX h Ja marchandisa. Le vulgaire i qui ^ilapprofondit ya^ Im idées^ aa prendra tavfîcuus ai» jXUHtai^ ta tariae révolutionittaires.f employé dans la i^ ptUaire d'up jaiuistre^ a naguère suffi» .pour fiaiva JHWil- ^b'fi à la i^naé^ d'une foula iu^uiète k jyp^ra 4a Ja Jarraur.

Voilà .l'iofionxéAkR^ daa imitatiom ; ù Xmt^^ vm

nul ne se fût effraye.

Gb^S les Romains, la hache KRarchitit à cdt.é du iK>ttv^ir^ coainfte Tristan à côte de .Louis XI. Aqiourd'biii., noue détrMisoMS VëchaCaucl» et nou9 rétablissoQs, aw oibçf (lu faisceau classique, cette hache bannie de no6 institutions, cet ecoblèn^e de mort, rejeté par nos mœurs, ;9ivec tout Tiippareit du mélodrame politique. In^it^tion, servilité. '

Le hoQnet de laine rouge, coilTure des populations du littoral de Ta mer, et des pêcheurs de presque toutjes Ic^ nations de l'occident, a été, en 92, solennisé sous le titre dé kontiet phrygien : si on ne réût ainsi accommodé à l^snttqne, s^il €Cii ëté tout simplement, pour nos repré^ sentatffe, ce (|tif1 e^ en réalité , une coiffure populaire, on tièti dédaigné sans dovte de fériger en emblème tle la souveraineté natione^e.

vQaûa^dpkeë >fo booMl voiige fMUwi nos iiUriiHtlsiiéruMjyHi ;^TgtilBb tmiit hien înAifiMrMit, s'il nevappetail dot fioliimlivsds MtMM à effmyec iiembm de fins d^ WulMili^itiBim. diMMion , sM^iliUy^.

Qtti »U iMUftini, qui n'a iip|HHMivé Iss cM<M#«ihies paroles sous Téloquence desqu«Ueft'Ltnlat«liQé«i«i|Altli M drupftftli «iiHifeJ fih h\ml û Tm iftitJ«gi^piw,.il est

Ces emblèmes ressuscitent des idées de viol«B0ft Ht 4'c^pr^QA-.^<fui « «aanqfié^.ppur .vivre et:4NiitS9» à

44 mcriOMiuimB démochàtiquk.

que nos pères, et notre éducation politique est beaucoup plus accomplie.

> Nous n^avons à imiter que leur sincérité, que leur courage. Nos pensées et nos vues doivent être tournées vers Tavenir, non se traîner servilement dans les ornières du passé.

Que reprochez-vous aux hommes de la Restauration et de 1830? D'être arriérés et rétrogrades. Se faire les singes de Tan m et du club des Jacobins, n'est-ce pas être plus rétrograde encore, et remonter plus loin dans l'archéologie des idées?

Qu'un publiciste s'intitule l'Ami du Peuple^ pour rappeler Marat, je connais à renseigne qu'il ne sera pas l'homme des circonstances présentes^ mais un écho du passé, avec ce désavantage, que Maràt fut lui-même, et ne doubla le rôle de personne.

Qu'un autre intitule sa feuille le Nouveau Cordeiier, je le trouve ambitieux et inconséquent, parce que, depuis un demi-siècle, il n'y a plus ni cordeliers ni club des cordeliers, et que Camille Desmoulins eut asseï de talent, pour qu'on craigne de le continuer, comme M; de Jouy continuait Voltaire.

Ces mascarades sont vaines ; ce ne sont là ni des idées ni de l'imagination, mais des fantaisies peu dignes de la gravité, de l'indépendance qui doivent régénérer nos mœurs.

Chacun s'amuse, pour copier les ancêtres, à planter entre les pavés des arbres sans racines, à grand bruit et à grand temps perdu. Grâce à Dieu, la liberté durera plus qu^eux. Mais ne vaudrait*il pas mieux» au lieu de

MGTIOimAIU DtaOCftATlQUI. 4&

se délecter à faire périr des arbres, songer à faire yim la liberté? .

Notre époque est dissemblable de toutes celles qui Tont amenée ; elle est religieuse et fraternelle, elle est pacifique et puissante. Nous voulons la liberté sans réserye, l'équilibration des droils et des fortunes ; nous voulons que chacun travaille pour le bien-être de tous« et que la démocratie pure rayonne en France pour la première fois.

Pour la première fois, ce vaste empire est arraché aux querelles de rivalité des partis ; pour la première fois, le peuple français tout entier est souverain. A une situation aussi neuve, il faut des emblèmes nouveaux : le progrès incontesté de notre goût, de nos beaux-arts leur donnera des grâces inconnues, et, justes symboles de rharmonie générale et de la fraternité, ils n'offenseront aucun dés organes de cette souveraineté dont chacun fait partie. Us symboliseront Tunité nationale.

Loin donc les mascarades de tout genre, les emblèmes surannés et les contrefaçons maladroites.

Que Tesprit public prenne Tessor et cesse de respirer la poussière des tombeaux. Renonçons, dans notre digne et sereine liberté, à donner au monde la comédie historique ; n^effrayons pas les mémoires trop fidèles, en y rapportant la vaine fantasmagorie des mélodrames épuisés.

Secouons le joug de l'imitation, cette dernière servilité de l'âme ; fixons nos regards sur l'horizon qui s'entr'ouvre devant nous, et que nos pensées, libres de toute entrave, s'élancent vers l'avenir avec l'audacieuse et confiante simplicité qui est l'apans^e de la force et de la conviction !

BOCTJEUVAIBSS.

Ce mot a àés\^i, ft^nimi |tlus<d|9 y'mgl f^m^h seule cQterb,, h ^jBirieicQl^, giTpp \^u\, gui aij jc^wssi .à se p^i:péluer )9iajn« c^bor^r jine d^j^trine. Paur ,c(m pilotes ha^bjles^ les ïoatriiïçaajcrMéei éJtaient desjréoifs i trwôr» lesquels ils cûoduistaiçnt leur aac;ellef saas j^e heurter..

Cette faculté, qui témoigne d'un scepti6i9me\g|^ciAl Qt d'uo certain mépris des choses, ,1^ pousçA.fort.loin, ^jirjwi pjxe éppqye de trannitiQH, de dAUte ist A« di^ muktion,

. Us ojît élevé très-haut le teleut de hien parier itaurjue rieo dirjEu ^et teur titrp un peu do^owai^u^ leur a.yaIu une reaQwrïMl^ de science triiascendapte «t d^îgrwilé.

hefUs clpiç de leur tbéocie, p>ej$( ijju'.ils Tisaient an pouvoii:, gu'ils.eat,JU:ftveçsé tour à ..toui%

Ils r^çj2i)iiaU$^iiixt,f^oa^ maitr^^ua biipi»e.d'»n^prii ijuci^C, Rpyer-lCpllard, gui $»t J'adri^sç de jc(ip<^Dlrep l'attention sur souionnobililé, eJt,«i.ron,peiit ainsi dire, i^ faire é^out^.ea bii la \.Qi)ç.du silmoe. l^opipii^ iPa &it ^apd de tofute .i;4h»gHeiice.4JU4l a'a pas^d^swito'» . ÔUfslgP^s Ois^traits d'un .cours .pç:o|e8|é pnd^iit ^voU $iues .mais, aiEi iUA^ ÂK^i 4e lui, d»os 1^ di?iimia§4^ l«tti;$i9MW illuabw.ineaimu» po^itiii^ ^nigna^

CtanfoeioratiB^r, il m dit juat^ ^f^e^.tioHr £wir^.^mMJler la srtiste iétcuidHe.#f aea f4ticei¥^es. Cette voi^ i^)>yHiii«, ApretejtiÇ09tfl||Uf^^;i?i«ginaJlt .<;aP)loe.|U)iJfMAtmr)'^ÂbPid^ Pm;^TJEtojfal.;.j9» ^^lU 4it d »« ^^i^lfrta JAWl^ûito i«ii i:^QdaiiU^.dra(dea*

Puis il se tut, sans cesser de se montrer :»4p;^|Mf ,i4

^\^m Milip «n btwmr on mIm- «n M^ la pM^ Btatue, et sa renommée ge'miVècfdlli^'d^QW HiiiliêMf ^ wKfpmttà.^V^t»^ ép«flf (Mriftt d^amUi^, tfl iliri ilh*èsa «ftM'SM «fitief»! ^ ml(«r s'êftit&iAift à' mëtM M §!«>* fiftarfAt ait' diatMMifif ;•

^È^eimmm^ ae ^ii^it^t aiiiataf dr <;« fton^i^ teittsMaiiiacrijNMi, ël t!#Hë fBas^tfbMëtff ^Hf à ^ lÉir nttitni} ft aiteooir dcr tour ^«iiié« s*eiiyef«i)ifl«it d»* Tabondance des parcilaiv^ A^ krjtJgiir d^aprèf \m fiÉBttlfitSv TiaÉiiiteiÉt éié leur dodMiHf ; Ite ëfi otit ai Aéfl voilé iâiéeaa^ ^rf^ersmttfë jtmtfk n'a^ fia; i«ê déAHi!*: Cet^ tifaiagai^iiiuaiMMit '^ l^«rt ne gttftè a^firi i^lj^èuKlf^ ment que les secrets qui n'asiaianl'paaè^

Le mystère public de ces hommes si ténébreux en plein jour n'est par iraa^ tel' iMindres bizarreries de notre époque.

IOMOMA (]NfffMiilfU«lib» 6m Ift).

Gomme nous ue reconnaissons qu'un 0Qlil Dm^ jftriett» rej^Fétfabtfr piw )à kiberlé edmaie une dëanë; à*ast uadwdima 4|0e le eiel ik>iiA a faite;!» Iil»erlé paoknttt^ , VFMifettrdifla^eréation*

iiafi) fue to Matiaa, k) Foroa, f Aboadimaei la^Pm^^ dence, la Liberté peut et doit, être par6onf»i(ié6«

bl UbaKfé fvatiçfltse me aamble diisemblaUe de la I)Acrté aaltqiie* de le bibetté FomaitiiK Notre LibëHé^ in'appsui«|tr «eiiriaiite et' oaim^ oetnme ie Sagetee ; elle at jiqne^ et« aa beauté ptl^e ei€ rahi^aaée par Pap^a- 'ttoê de ii Foi«eè- BOe fti'eit point asaiiiv Pft>*^ que ii^

M DlCTlQHlf AlBB »tllO€BATIQUB.

mission est de parcourir le monde, et qu'elle ne dcMt point s'arrêter dans sa marche.

Les tables de la loi lui servent d'égide; son front est couronné de chêne» vieil emblème de Tindépendance des Gaules ; elle tient à la main nn bouquet d'épis dorés . et de lauriers-roses, symbole de l'inteUigeiiee et dé la fécondité; ses pas font naître des fleurs, et Tazur d*un ciel dément se réfléchit dans ses yeux bleus, dont la pensée adoucit et anime l'expression.

Notre Liberté est attrayante et sereine ; elle charme, elle persuade, elle attire, elle protège; elle dissipe l'effroi, raffermit les cœurs, et veut que son règne sans fin soit l'objet des amours du monde.

Les véritables révolutions sont lentes ; le propre des passions humaines est de prétendre les brusquer et de se faire illusion sur leur durée. De là des méprises. Nous disons : la révolution de 89, la révolution de J850, la révolution de 1848...

Ces dates marquent des phases diverses d'une seule et même révolution. Ce terme implique l'idée d'un chemin en ligne courbe : accomplir une révolution , c^est faire le tour d'une sphère ou d'un cercle. Un soubresaut n'est point une révolution.

Le sens du moi révolution est métaphysique ; les faits, isolément considérés, marquent les phases diverses des révolutions, dont parfois ils entravent la marche.

La révolution française, c'est la lutte entamée par la démocratie contre le principe de la monarchie, ou de

rinëgalité poHtiqae et sociale. Le dënoAmenl d'nae i^ ?oltttion se marque par le triomphe définitif et complet de Tun des deux principes en discussion.

C'est en 1789 qa'a commencé la réTolution ; eUedwe encore» et se poursuit ayec plus d'actirité que jamais. Les boulerersements politiques qui Tont tour à tour atteinte ou activée ne sont pas des révolutions; ce sont les chapitres variés d'une même histoire.

Longtemps restreint dans ses conséquences et presque anéanti sous Tempire, le principe démocratique toudie aujourd'hui seulement à l'apogée de sa fortune. Xa rie* toire de 1848 est la représaille du règne de Napoléon.

On démontrerait que la plupart des événements ne furent en réalité que des obstacles au progrès de la révolution. Telles furent la révolution thermidorienne, la révolution de brumaire » la révolution de 1814 et celle de 4830.

Envisagées sous ce point de vue général, les choses apparaissent comme elles sont.

Ainri,.J'on reconnaît que le principe démocratique, ea < progrès de 1788 à 1793, est alors faussé par la Commune de Paris, puis privé de son unité par la défaite des Girondins, puis sacrifié par les instigateurs du 9 thermidor, et que dès lors il s'efface peu à peu et disparaît sous la main de fer de l'empereur.

L'empereur symbolise l'heure triomphale de la contre-révolution.

Gouvernement antinational et vicié dans son origine par l'intervention de l'étranger, la restauration est déjà une conquête de la liberté sur le despotisme. Ayant regagné un peu de terrain ^ la démocratie chemine et

imèmt èSM, fMMMflft rétolliliuHHUMrd d|aa wp pAM^ iMMif«i CAt d'antoot moin» aasimiUble à «a» rév«hkliM« qu'elle devint eo réaltté ui»6 digue offosée a« ^urf ré* tai«li6ë»^ Aft U démocnilk.

Cai;difais moaiFcineiito, ces cftmm»liQBff» ee» rhnngfi ■mdI» aa sont pas de$ réf o)tttioiift«

Toul refifcOMBl politique qui D'aiittttt fm kanoMif», et constitue une sittistiMi «n détàccard ftvet elles, ail épMmère, el de&iiiié à ««Ur mie réaetioQ.

Loi laœim ne pesveiKf èfre bnisqoéce; le èempe seul* œroa sur dk& m pootoir eff&eaoe» Le p^^pre dce fé** Tobtleoi eet de Modifier à fond les sodëiés ei de mbimilalep ks mmmn piiUiqiies« Voilà pourquoi rien d'impfdftt, de Modû^ d'acddesteU ae peut s'appeler wm

Cependâiil 00 entead dire : la révotvtbD doit èri$er ceci ou cela, doit tout d'abord mettre fin à telk autre

Dans une révolution lihénde^ qai est rofqmé à\

' véfobàtkm despoCkfite^ toute niefure doit re^r penoopa-

tifldo avec k liberté^ parce qu'il finit éritar de se reusdre

iaeofiipatible avee wa principe : la tjraanie rompt, trai»-

che ou famé ; e^est pourquoi elle eai la t]fraQiiie.

La dénocratie déuoae et ne hdse pa&; elle ne déirait pas, elle remplace ; elle n'of^priate pas» elle favorise ceux qui furèui opprimes, sans que d'autres en pàlis«eot. Déplacer l'oppression, ce ne serait point organiser la liberté*

Ainsi , les révélations voat leaies, ïim$ sûres; toute niieattre vîeteule eu brusque les avilit et les «oa^promet^ at^ qu'on y. songe faiea, csar eette règle sans e&eeptiou a tete k loioe d^uu aaioaau : toute révotuViou d(4nocra^

ê^e éiad M fiwet k maich» Mtoitlk <t qiM Von œntraûit àdevanœr deli«|) loin h piiÎ8iy««lliire Jes (MMn^ iosie rérolaiiaii bâtée pur k TdoBlë ia<Uvidii«tte, 4ffé* bûche, tombe et 4e biiie mf k |>av4.

BiBAOTZOMVAimm.

Les réactionnaires de tous les partis cliemimmt comme les écrevisses quand elles renoncent à !eiir allure na* turelle ; ils reculent en faisant face.

Mais le pire, c'est qu'en général ils croient s*" avancer ; les écrevisses en savent plus long : quand elles veulent avancer, elles marchent et ne rétrogi*adent plus.

Que des gens en humeur de batailler rencontrent sur leur chemin des pierres, ils pourront bien les jeter % la tête de leurs rivaux^ qui les leur renverront : le même projectile servira pour tous. Telle est la condition du titre de réactionnaire: chucun le lance à son adversaire; le républicain au monarchiste, et ce dernier au démocrate inculpé de réaction terroriste. Le passé a des pierres pour et contre tous.

Le plus sain, pour les disputeurs, est d'éviter ces sentiers rocailleux qui mettent à chacnn la même arme a la main, car les cailloux ne sont pas des arguments.

Regardez au loin les horizons de l'avenir, vous perdrez de vue les cailloux qui roulent sous vos talons.

Ce titre, qui dénomme la plus illustre de nos anciennes assemblées politiques, est un malencontreux emprunt à la langue des Anglais.

tt DICTimiICAIlB INlflOGBATIQOK*

Il établit dans la nôtre un contre-sens. Une epiivention^ en français» c'est un accord, un pacte formé entre deux ou plusieurs personnes ; Fobjet d'une con" veniùm^ c'est la chose dont on est convenu.

En anglais 9 convention (prononces connvénekeun) signifie réunion, assemblée.

Du temps de Cromwell, le parlement prit le nom de cofwention, c'est-à-dire i'a$8emUée: de là, grâce à notre manie d'imiter, l'adoption parmi nous de ce mot équivoque.

Pour que le terme fût clairement intelligible, sous son acception empruntée, il aurait fallu le prononcer à l'anglaise, et dire, hélas ! la connvéncheun nationale : cela serait affreux et humiliant.

N'est-il pas déplorable que l'on ait, en 1792, préféré encourir le ridicule d'un tel barbarisme, plutôt que de ne pas baptiser d*un nom anglais la plus foncièrement indépendante, la plus française, la plus mémorable de nos représentations politiques !

De convention l'on a déduit conventionnel (naembre de la Convention], ce qui est pire; car le mot en question ne désigne un membre d'une assemblée, ni en deçà, ni au-delà du détroit ; et, qui plus est, ce terme con^ ventionnel ou conventioncJ, en France comme en Angleterre, est investi d'une valeur toute différente.

Jamais fera-t-on comprendre à nos Français que leur langage est la première et la plus respectable des propriétés nationales !

MCTIOmiàlM HtaOCIATlQOT. 115

L*agrîcalture, le plus nécesMÎre et le plus poétique des arts, était si' fort honorée ches les nations antiques, qu^elles en attribuaient Tinvention aux dieux.

Dans les âges héroïques, les rois suiraient les leçons des oaaitres de TOtympe, en labourant eux-mêmes leurs champs. A toutes les époques, ches tous les peuples, Tagriculture a été ennoblie, et les plus éminents poètes de la Grèce Tout célébrée.

Le dédain de ces nobles travaux est Tun des plus tristes symptômes de la dégradation morale d'une société. En conséquence, le premier soin d'un Etat en travail de se régénérer doit être de rendre à Tagriculture sa glorieuse et pacifique activité.

Rien n'accuse plus formellenient le principe vicieux qui présidait à la constitution de nos trois derniers gouvernements, que Fabandon progressif de l'agriculture, et l'entassement des populations dans les grandes villes. L^un des principaux mérites de la Convention, qui prépara tant de grandes choses, c'est d'avoir, de tous ses efforts, favorisé et honoré l'agriculture.

Depuis lors, l'Empire a dépeuplé les campagnes; puis le règne des industriels, qui ont échafaudé à leur profit cette dévorante combinaison, dénommée, par Fourier, la féodalité financière; ce règne deTégoîsme a confisqué les forces populaires, et parqué dans des ateliers, des honimes alléchés par appit d'un gain illusoire et d'une vie plus agréable par sa diversité. La fausse industrie est la source de la pauvreté des

Se «onmraiMM vtmiamànQfm.

classes laborieuses et de la dc^gënération physique des races.

La véritable richesse de la France est dans les en- ^li!«iilfa5 d« ta terre ; mus «a^aoei ioB ImoÉMii ««litrels jimkk0WPwa4» La FkNiJakie.

Parfois, ^eo piac^urmi nw v^iUgei, vcws vem^M^m^ •or te ^niMBftii d'uae «Mèigae^ une peÎAllire gn^Mère i|«î refVDéMote «a iteoum» irobuaie et éaiis la maXimié 4e yé(gB^ véitt de la U««se faulake; 6ur sa poitriw èoile «1^ cnMftd'bûnofior; sml front -e^ «coiffé d'itohoniiet de police et sa large main s'appuie jMir k itiaaish» é*¥M6 ièehe. €'feftt le «yiebofeAu peuple Ccan^is; e'«$t eotre êtèAft Mmêf\eur^

La Fmiûe «M;, ée sa jaainre, agnelle et fuéisnèctt, ^'esi-'à-dine, ftrie-et prodiictk««

Arrachez-la à cette douUe conditi^Bide sa tiiAesetiii 'ée èa igraoéeiiir, vous T^rnses, «vous Téoenez»

C'nl oe 4u'a preèiiiila fièvttt tadufttriieUe, MuAalàw ,«Beittiak46 rA.n|2e4en«, tloot la i^ttÂeii et la dfla^Aée jodI dilFéretBtes.

€hec neufs i'itidBStiie «oàète Ibnt dier ah peafle, et ftmBpàe toii)rars enichiiiqàelqttefr^fms^œi dqM^4e tous.

J !«iitenBls 4paf Ut rà:idii6irie i^cSàoe^ icelle doirt ies fro- 4«i ts sÔMt ImëoieMt oti&enss ebes eom à ^kû» iiau t fMÛ ^e déos les ifilals veiflins, JKfi^re â»d«»Crîe ««tiirdte «et «eHe qui velvue^ ^'expkùiaetioia da «ôl : lesoéoM»^ 9e iv(in, Û fer, Tbiiile, k vd, .6te^..€6sëléflieàft8«o»iii6r- «iaux ooiit 4es ^uv «iirs, force cp» k oonsiMèauiitiwi 4es objets ée -«ëoiiKité eêC ia saoiiis exposée à ^à ««kilM et

MCTioiiiuiM fltoocaâTMna. S&

l<es bras «esauraiant èUû à iauL Si Tans ks«oaceatrez sur Texploitation manufacturière, la culturt ait restreinte «u négligée; la ^re cesse dereodre tout ce qu'elle est susceptible de doaaer; la vie matérielle àevieai cbàre et tût monter le prii 4es naios-d'c^vre.

Alors vos ppodHits industriels ae peuvent être livrés fu A liant prix, et sont primés par ceux des ixmtrées voisines» placées dans 4les conditions diiEérentes. Yoiià i&oc votre oonnMrce d'exporution réduit à néant.

Teik ost, à bien des égai'ds, notre infériorité par ^(^)plMl il une partie de TAileinagne, et surtout de la Be^ique^ ah, le sd très-prodiactif» demandant peu d'efforts^ laisse à Tiodustiie beaiicoiip d'hommes qui peuvent vivce À bon naarcbé.

En Angleten*e, où Taristocratie, profonde économisUe de i'école'4u docteur Sangrado, a su habituer les ouvriers à vivre naus manger, ou plutôt» i ne pas vin» sans mourir, Tindustrie fleurit, grâce à un vaste corn— «Mrce extériefir et à la situation politique d'un yays qui peut se procurer par tout le globe, à très-bas pris» toutes les matières première&, sans sortir de son domnne.

La prospérité anglaise a pour fondement T usurpation anivorselfe.

La FiVinoe n'a pas le bénéfice 4e ces situations o&ceptioaaellds; c'est pourquoi ses iadustries natives lui sont seules profitables, tandis ^qne ses indusirics d'emprunt ou d'imitation lui sont fatales.

£lie est militaire, paiM^e que la force seule isst apie à la «auver des envahissements de ses voisins pins riches f«'eUet et qui ont intérêt k l'exploiter.

Elle est agricole, parce que son sol, rebeiksiir j

56 DICTIOMnAItl DÉHOCRATIQIJB.

coup de points, sans être ingrat, n*est libéral qu'à force de labeurs.

Pour étayer cette théorie d*un exemple, supposez qu*au lieu d'entasser beaucoup d'hommes, à la filature et au tissage du coton, que nous payons cher et utilisons à grands frais de fabrication, Ton eût laissé ces mêmes hommes à l'agriculture : que fût-il advenu? Que les denrées seraient à plus bas prix, et qu'au lieu d*une industrie qui nécessite une oppression douanière assez coûteuse, au profit de quelques manufacturiers, l'importation nous apporterait les tissus de coton à 55 pour cent de baisse, avec amélioration des qualités ; que la vie matérielle serait réduite, que nous exporterions au besoin l'excédant de nos denrées, et que le prix du papier de coton serait abaissé d'autant.

Il en est de même d'une foule d'autres industries factices qui datent du fatal système de blocus continental conçu par l'ambition de ^iapoléon.

Rendez peu à peu des bras à l'agriculture, et vous augmenterez la richesse publique. Les industries anormales baisseront, et le libre-échange, amené par degrés, les remplacera avec économie.

Vous ne redouterez jilus de dépendre, à cet égard, de ▼os voisins, parce qu'en devenant plus industriels, ils seront à leur tour à la merci de vos produits agricoles surabondants. Et d'ailleurs vous ne rêvez plus le dessein de vous isoler du droit commun par la conquête.

La 'politique tranche et sépare; le socialisme, qui unit et rapproche, va présider aux relations internationales : le zolverein allemand n'a-t-il pas entamé cette ère nouvellet

Le plus important aujourd'hui est donc de remettre Tagriculture en honneur, de dégorger les Yilles de rexces d'une popubtion famélique, et de la rendre aux campagnes, à Taisance et à la santé.

Que Tagriculture fleurisse, et Ton parviendra à réduire Jes impôts. Ils se sont élevés à mesure qu'elle a souffert davantage, c'est^-dire dans une proportion constante depuis quarante ans.

Aujourd'hui le mal apparaît dans toute sa puissance. Vous avez à nourrir une immense population d'ouvriers inutiles, puisque leur multitude est hors de proportion avec la consommation, et que 'vous êtes impuissants i leur assigner un travail productif.

Et c'est la terre qui les paye, la terre que leur absence appauvrit, et dont ils ne tirent aucune ressource.

Ces surcroîts d'impôts, capital engouffré, ne rendront aucun revenu. L'Empire, la Restauration et le gouver* nement de Juillet composé d'industriels, nous ont creusé cet abime.

Une telle situation est passagère, et la révolution de Février est un acheminement à un état meilleur. La surtaxe est une nécessité qu'on nous a bite : la subir, c'est en abréger la durée.

En simplifiant le mécanisme du gouvernement, le principe républicain permet de réduire le nombre des fonctionnaires et de réaliser une véritable économie. Observons aussi que le chiffre des contributions est nécessairement proportionnel à celui de la populalkm, qui

0*6it heMMbnp «ecme depM ^pnraBte ««s^ et i^pw ^ eattfiëqéeat les npprodKiiieats Instonfuet «e lanraieDt ftMirnir m trgwntat skim vé^qœ €êoi^ VébiÏBàm graduelle du budget de TÉtal.

L*ëgalité devant les charges publiques comporte la participation de tous au fiay^tfwent des impôts, mais elle implique Tinégalité dans la répartition.

Ceux à qui Tiiiifét ^ofiie le ^usAoîvesl payer davâfitftge»

f/impM de ia tarce Jiai'inèai^^ioitéiiie amiiik à une progression géométrique : la grande proprwté^ui ëehdHi un fleul pDsaeseettr Mrà cknc plus frappée «pie la peiite, ipA suffit à peine à nparrir «m naiti«.

Le préteur hypothécaire esl ^ei à être iiaposé, pais^ q«e Mn reirenu est ^égainnent garnàti par k terre, ie sais qu'à cet endroit réaregittreiBeRt est an kopôt aaiM fort, mais il o'atieini q<u^ i'empriiotear.

De toate ërideoee l'impdi doit pceer êat \& laae, ist k iëgitiawr ein le rendant proQtaisée à rÈtàt.

Or, clM(pie foM qoe, dans ces dersiâres années, l'oa à proposé des iaxés portant sur des oi>)eis de Utxe, dies ont été repoussées, sous prétexte de la médmrilé da firodiiit on de k difBcalté de U perceptirâ,

11 ne laiit cependant dédaigner aucusi revéan, ci petlit tffu'ii sait; parce qu'en muJtipUant peu à peu k nombre des matières imposabks, on arriveim à iatw&er une fraioe somasie d'un amas de petites eonlrihutions.

Cette vérité est si étideate, que k goaTeraerneat J'appbqsiait fart bkn eu nuîotiea des teoiadfwâoàpdÉs: tel âait £eJtti da iimhrè, <qai me readaitf^ièm fku de •faate auikiMw.

ImpH tut b» dK9rMi 4e Iitiey imf^ •«' b»dM#act mrtesft siF )^& taftaiiM» employés ^ parcft d*agréiiMttU portions du iri ifustratietf à ]a produôlien ; inpôto sur W caiTq»e<i de iiMdIretf mp^ s«ur le frasd nfloslure des iamtsl6(^&i, impH sur kocs livrées d'epperti* Qiia Ton paye ceai éea» pour awir un laquais orné d'ipaideUaa d'oFy ce geai^ de ktxe deiviendra fart à la nede, el Twa verra» tta eoienel derrièra ton» les beaax é^aipa^s. Inrpdi sa» le» êaeb^airea de flode; iœp6t eur lëa ]e!î«* ^ères de dia»a»ls, Inea fiaicile k percevoir^ à Taide dea registre» des jaséUiet» ; impèta parliculiers sur lea aakaa de r<ciqpiÂe«i, vue lea btf lards des iBaisoBs de ptaisaaee^ et surtout sur les pianos des amateuts; ila acquarreiii ainsi le droit d'être insupportables à leurs co-locataires : impôt sur les meubles splendidâs dépassant le maximum d'une évaluation donnée, etc., etc.

Cea cGAlribiiiieiiti aant lea ptus jas&ea, tes moina-oitérease» ai lis mwm iwialaira, catr eUea ii'appativtiraBi pefsoB«e«; L*aBioiifW|Mpre est k aoutca d'une faille d'inégilttës ; mais reafiieîl est une passion oiluraile :. utilisez-la ea en Ikanl pra6t« Impeaea la balaisie de. porter «oe elMiiDe dW^ voiia veodea à la vanité un sarcroît de contentement, et vous doublez la (abfkatioii des eliaSnea A'ar.

An lieu de suppriln^ le» titrea, l«e avsM»riea« impo* ses4es> un lattx eJMH^fUnt,'et placei les superbea dasM» le dilemaie de Viiitdrèl ou da la gleaicde : ik ont la furcidté d'opt^. ioiposea avec énergie i'heoMae qvti possède^ à la n^ilie ott la catapafpM^ plasieiiif héteta, ptef* steura ebàteaux^ îahid^ilëe m ion ahsenca.

ibiêf ob|eale un eiprît Miutiniert VUiipaiiilalilé

eO MCTfdKKAtlII ttabetATfQVI.

d'cfrganiter ta perception?... Dans une société bien ordonnée, tonte mesure juste est possible : tonte mesure voulue par la majorité est aisément priticable.

Sous un gouTememént monarchique ou oligarchk{ae, le refus.de Pimp^t est la plus énergique et ht plus effi* cace des protestations. Cet acte national abat un régittie politique» sans atteindre au cœur de la société.

Dans un Ëtat purement démocratique, la poUtiqne est 8ub<Mrdonnée au pacte social, et lé refus de Timpôt devient un acte insensé, parce que le renversement de la démocratie est la ruine, non plus d*un parti, mais d*an peuple, et que ce fait implique le bouleversement et la fierté d'une société.

toAAinrs.

Il exista jadis un officier du génie d*un grand mérite, à qui le roi Cocakis conte la construction de la citadeHe d'Agrigente. Cet officier, qui s'illustra par ses travaux sur k défense des places, se nommait Dédale, et il sivait un fils qui servait avec lui dans le même corps.

Tous deux, à leurs moments perdus, s'occupaient de mécanique.

Un jour que Dédale était aux arrêts forcés à Tile de Crète, pour avoir distribué le parc de Minos en chemins sms issues, il combina un plan d'évasion aérienne, et le communiqua à son fils, compagnon de sa disgrâce.

Dans ces temps à demi sauvages, où là malice humaine n'avait pas compliqué la solution des problèmes, afin d'enlever leur pain aux travaillears sans talent, il parait que Ton pouvait s'élever dans les airs, sans hydre*

gdne et a^s vapeur, «vee vDe pure d*ailet faites de deux pelotes de cire, dans lesquelles on plantait va édredon de plumages.

Telle fut rinvention de. Dédale ; rexéevtion prit pe« de temps. Un jour donc, le père et le fils ayant quîtld leurs ^aulettes, remplacées par les ailes en question, solidement attachées, s'envolèrent de la Crète, en plein midi, aux jeux de la garnison ébahie.

. Gomme ils passaient sur la mer Egée, Dédale recommanda à son fils de ne pas voler trop bas, de peur qaé la vapeur des ondes n'alourdit les plumes de ses nageoires atmosphériques ; ni trop haut, de crainte que le soleil ne fit fondre la cire qui fixait les plumes.

Icare, c'est le nom du jeune lieutenant, se sentit attiré par rinfini : Tidée de s'élever dans les domaines bleus de Jupiter lui fit perdre la tète ; il monta» monta si près des astres, que le soleil, ouvrant, pour le eonlempler» son œil jaune et tout rond d'étonnement,' liquéfia' la dre, qui cessa de retenir les plumes ; et Icare, précipité, se noya dans la mer Egée.

Depuis cette époque, le nom d'Icare symbolise, dans Le langue des hommes, leagens à théories aOibideuses, à desseins gigantesques, séduits par la fantaisie de s'élever jusqu'au ciel.

11 n'est pas hors de propos de se remémorer de cette historiette, dans un moment où Tune des sectes millti* pliées qui fleurissent autour de la théorie commuaisft, se pare du titre d'Ecole Icaritrme et forme un club des Icariens.

Ce mot .étonne beaucoup de gens : — Nos Icariens, murmuçent-ib, n'ont rien à redouter de pareil au sort

M HWfMHIJIAfVK liMOCRàfl^Si;

4*iocpe» et iU me riiqiitiit point àè 9*4gav&t àua \» Mut»

^ Il est vrai, répondent quelques ftntreiBt iftftîft s^fet ^ïcar« eit tonhé datn Teatt.

Cette raisoii noua inquiète, parée qu'elle «eift larail«> lerie.

Biafin nous découvrons que Tinitiateur dil eotnmil* nisme icarien, embdttssant aoa système des pre^iges de r«jMégone, à la manière de 8aadi, des oonteitl^s du auUan Oulougbeg, de Rabelais et du chaneelier Morus, aima-* gkié une tle d'Icarie, dont les habitants fout Fessai 4éê llidoriet sociales qu'il a constriiites.

La patrie des Icariens eSt donc un territoitie irt}agi«> Aaire^ Mnuie Ttle de Bamteria^ ou le pays d'Vtopte.

Piiistettl les dieux, oemme on disait à Athènes, du iMips de ia Couventièa nationale^ tirer heureuseiéettl M. Caliet et ses amis les leariens, des dédafes du iabj-^ cinihe de Crète I

OOKBVB.yrATWOWL.

. Un fort beau titre, quand il n'est pas une |>aiiedie. Gemèrver les itistitutions d'un pays, quand elles sont larges et libérales, c'est une mission respectable. Oci attedie à eette ëpithète une idée d'ordre public. - Estnil besoin d'observer que l'ordre fondé sUI* la tcm* pression, le déni de la justice et rinaclitm politique, n'est que le déidrdre régularisé?

Naguère, conservateur était la qualification de l-bduinie àinmé k la conservation de son auloritë) 4e «es (irérogativeii de tes prafid et de son iftfluenee perMiiielle«

MCHaWtèili tÉMQMMtttOV.: O

Cas e^iiMrraleiif» aumeot pu fermulir aiaai kmfi vœux pnlrîotiqiies : « Que Dieu nous comtêrm l »

Il parait aussi c|u*oii les déngna ie la sorte, parce qu'ilu ont conservé la monarchie constitutionaeDo»

ToUo était leur intention formeUe, et à ce titre» on peut couCeseer que la Chambre dans son enseoahk, du M. Guizot à M. Billaut ou à M. Dufaure» était comar-i Têtrice^

Par malhettr, le parti de ces derniers n'avait pas 4% pestefiftttilhs à conserver, ea qui lui nuisait dans Tapi^ aioft de la majorité mioistérieUe ; mais il conservait l'ea* pcrance, et Tappétit.

La peuple, qui. n'y entendait pas malice» a demdlé, en UiTentonaut la Chambre, le 34 février, les quatre oh ciaq hommes qui n'avaient rien à conserver U^dedauit et i\ les a chargés du soin de conserver la liberté*. . Tel est dons le sens épuré, et la valeur nouvelle du mot comerw^êw rendu à son acception propre. Il ne doit plus exister désarmais que des conservateurs et dis . SQsrcb^tes.

Ce qui aubsistora toujours aussi, s'il plait au cieit c^est BfiB apposition au sein du parlement. L'oppesitioa, c'est le phare des assemblées délibérantes.

S'engasar d^avaoee à jouer par état un rdle d'opposition aseh^ve, oomme un acteur s'engage pour jouer las pàftf ooblaa ou les amoureux, c'e^t une ah&urdité.

Autrofais (il a'} a pas trois JQurs^ dirait Rabelaia) a» jurait d'être opposant envers et contre to«i; al si; par

M MCTIOmiàlM DÉMCIATtQfll.

aventure un ministère eût proposé une loi salutaire, on la rejetait d*avance^ sous peine de trahir son parti. Voilà recueil der partis et la pierre de touche des gouverne* nients impopulaires.

L'opposition de parti*pris n'a que deux explications rationnelied : la condamnation absolue d'un régime po« Ktique, ou l'intérêt matériel.

Ces deux mobiles confondus cimentèrent l'opposition sous le dernier régime ; elle fut aveugle parce qu'elle le détruisait en ne voulant pas le détruire ; elle fut ennemie, parce qu'elle sacrifia souvent Tintérèt public à une lutte organisée au profit de l'intérêt personnel.

Louis-Philippe la trouvait ennemie, lui» parce qu'elle repoussait son ministère; il la trouvait aveugle, parce qu'elle méprisait sa politique. Cela prouvait cependant que l'opposition la voyait à merveille. Mais elle tenait à en conserver l'élément : cette inconséquence l'a perdue.

La proclamation de la République procura à l'oppo* sition dynastique une stupeur morne; la majorité ministérielle fut peut-être moins atterrée. La déconfiture du côté gauche la consolait un peu : le centre n'était que vaincu ; l'opposition dynastique était battue et jouée.

A vrai dire, le coup était rude : depuis dix-sept ans, ces messieurs avaient travaillé chacun pour soi, et il s*est trouvé à l'heure de la moisson, que Dieu travailla pour tous.

Revenus ^u choc, nous les verrons prétendre à entrer en composition avec ce ministère de la Providence. Et pourquoi pas? M'ont-ils pas fait leurs preuves? Gomme ils ont sauvé la monarchie défunte, ils pourront sauver la République.

DKf lOmiAIRI DÉMOCAATIQUB.

L'aeception dëfarorable qu^avait reçue ce mot, trahit un des vices radicaux de Tancien ordre de choses : un ministère, au lieu d^èkre Torgane des vœux de tpus et remployé du pays, n'était que la représentation d'un parti.

Ces pai'tis, qui de la sorte se sont arraché les portefeuilles, ne résumaient ni une opinion, ni une croyance politique : séparés par des nuances fades, ils arboraient tous la même couleur en prenant possession du pouvoir.

Nombre d'anciens députés me trouveront bien peu subtil, si j'avoue qu'entre la politique de M. Guisot, celle de M. de Brogiie, de M. Mole, voire de M. Thiers, je n*ai Jamais pu démêler des distinctions essentielles, lis s'étayaient tous sur des principes communs : la tâche unique des divers degrés de l'opposition dynastique était de réserver l'avenir; traduisez, de se ménager le moyen d'entrer aux affaires.

Une seule et même politique a gouverné sous ces noms successifs : c'était celle du roi.

Tout ccnryphée parlementaire qui succédait à un cabinet désarçonné, abdiquait, en le remplaçant, les idées à l'aide desquelles il l'avait abattu, et le même régime se poursuivait.

Ce qui prouve la vérité de cet exposé, et l'égoïsme de ees combinaisons , c'est que jamais un ministère n'a été soutenu par aucun député assez éminent pour être jugé capable de briguer un portefeuille. Les comparses de la Chambre formaient à eux seuls les éléments de la majorité.

Plus un orateur se seatait près d*étre ministre, plus il se rendait souple, pfus i\ tempérait son opposition kft gem k» iiioiiiij!Milat6/«« ékaîani Ub fim tikémix; ils •t hisaîeât popnktïrea afin de s'intptaer plu» tard.

GMDne le gros bon sens popidaire a*entfevQ|iaillàqiitt an quaitions d'tniérèt pecsonool et d'influeneM huMr tives, il a flétri Tëpithèle de ministériel^ qui n*ofDpail à •on ^ug«nMiBi qu'une idée d^ spéciilatiMi.

il la fin» la fauehe eUe«mén)e cessa d'insfNrer la oanh fiaim. Goaunattl eroire h la siaeévité d« gans qti'<tti avait ▼us eeaiisës avac M. Guiaot? Conment evoise aai pakriolivne de mandalaires du peuple qui. se fabaîast les auxiliaires el les défenaears de leurs eoUègues l^^iâ^ iMstes, e^esli-àHlire, absolutistes au fond)

Comment aceeptep avee candeur le pogramme tiha» ralr d*ttn parti qui reconnaissait parmi 9» ebei» l'auleiir ckea Im de septembre?

iLîesi dMflûnait la royauté, fatiguant Les eQoaeâaaoeft, usant les hommes, et hypothéquant riod^Wranca des paHis sur ee roisoMiemettI : *<- autant valent eeia-ei que d'autres, puisqu'ils sent toua de même.

La crainte de se fiûre duper une fois de pins, la lassitude d'uB' speotaele monotone, ont donné \mA ane de vie an dernier ministàre, qui fut ceoûdéré comme habile, parce qu'il entendit, mieux que nul autrerTart de sa profre coiisewi4ion«

Sa politique cependant aérait fini par àti» fondie anr l'imndalian des pins dMts intérêts des nations^ snr la dœtrine^ te rabaissement eontiim; mai& vk savait par eap^ience fue é'anÉrea agiraient de màenA^ eà qun le système de M. Guizot était la politique du règne.

iiCIMillIMil BtWI^IUllWI- V

PQur cbanger , U faH»i renveTSW W rèfae ; c'^ la jii^Uâc^ti^ logique de révéaainent de févrkr; inaïAW

députés symbolisait le sjatèiae» puisque ropfKMitUmi 4]fnaftitc|¥a u^spirail q,H'k repreodxrQ k place deft.QacupattU, «A%d« sô CQoip^vtei: eomjfm i|ia.

fi^ œiUi caovktion de^ U plupart des g«u» dégiig^s 4e iQUt ink^êl^ dir^^ U résulte» q«e k» qu^stiou» ittîoi^i^ rielles leur devenaient indifférentes, et que grand noo^ Iwe 4'ei^e eux, dédaignaAt d'opter e^tre le mnietère eà Von^Qsitiào, appuyaient ua candidat par aiuUié a^ pajç iiftitkit» ^03 se aoucier de aon, epiuion.

J<i ine aei^Yieos d'avec vu uu çaudidaA iiii«istéiriel échouer devient «ou propre parti , parce (^u^ \e préfet avait n^lig^ 4'iuviteir le petit comaierce k Ma bal&; et d'«v€Mr 7ft im a^ulre eainlidat n^iai^tériel réua^r a^voc VmA» à'un groupe dMiecleurs de la gauche,, pai^a qu'il pasaaÂi peur 4an gayçesf^^

J'euteodÂa alors qe Yai«on«ameiit : -<-B^ROlnlaQ|la uii mkutaiéfiel par écoaoonie ; U e^t repu de faveujffs el de l^eeea : le caiididat de roppositiou, qui n'a rien reçu, ceûteoail kim f lue eber à pourvoi, car il a beaueoup d'e^ata.

MVWLMMWOBJL'WVM,

Akiâi^ daaa ua Éèai bien réglé, il ne doit pae exiater de partie winialérieis ou antintio^islérîele, parce ^ue les ministres sont, en réalité, des eoaiima ieatiluéa pour aAmuistirer : ib soeil lea d41iguéa dft L* AmenUée aationale^ et Tinitialife pottlique se leur appeetieni pM. '

68 DiCTIOMNAIRB DtKOGIÀTlQOX.

S*il en est autrement , ils régnent et n*adinini8trent plus. Il y parut bien sous Louis-Philippe, où Ton fut obligé de leur donner des doublures et de compliquer les rouages de la bureaucratie.

Dépourvus de temps pour contrôler et vérifier, ces messieurs signaient sans lire, et parfois, aux heures de crise politique, les pièces à parapher s*amoncelaient, et les affaires de chaque département restaient pendantes des mois entiers.

De cet état de choses a procédé la complication bureaucratique, d*autant plus enchevêtrée, que la plupart des chefs de division étant membres de la chambre et voués à la politique, on fut induit à multiplier les bureaux, les sous-chefs et les employés de tous grades.

Cependant l'embarras n'était pas moindre, parce que les jdmhes ne suffisent pas pour marcher, et que tout être vivant, fût-ce un mille-pieds, ne saurait cheminer sans tète. Les buralistes eux-mêmes dénommaient cet ftge d*or des commis « le règne de la paperasse, b

Un homme ingénieux, doué du bonheur de n*avoir rien à faire, se donna celui de dénombrer les fonctiounaires sous la plume desquels devait passer la requête d'un maire de village, sollicitant la réparation du toit d'une école, transpercé par la pluie.

Cela se montait à près d'un cent; nécessitait, en allant vite, et si le député local était bon^ dix mois d'écritures très-variées, et quand l'autorisation revenait, l'école était devenue un lac qui avait englouti la toiture, pourrie par les eaux du ciel.

Une pareille bureaucratie soutient un Etat, comme les champignons soutiennent les arbres.

DiCTIORNAIKK DtflOCIATlQUB. 60

Rendez les chefs à Padministration, et les rouages in* termédiaires pourront être simplifiés. Reposez entre les mains des communes une portion du fardeau de notre conseil d^Etat ; retranchez les complications superflues ; groupez les attributions de même nature : que Texpëditionnairc expédie au lieu de retarder ; n*écrivez que le nécessaire ; simplifiez graduellement pouî ne pas créer des lacunes et faire le vide au lieu d'élaguer; examinez les ressorts indispensables au mouvement général, et retirez les autres un à un : TEtat réalisera une économie d*emp1oyés, et une économie du temps, qui vaut aussi de Ter ; ce sera double profit.

AhABMIMVMM.

Il en est de deux ^rles : ce sont ou des alarmés, ou des donneurs d'alarmés. Fripons dans le dernier cas ; faibles d'esprit dans le premier, ils ne peuvent à aucun titre prétendre à être écoutés.

Nos pères étaient impitoyables à Tégard des alarmistes : leur rigueur était loin de raffermir les poltrons; elles justifiaient les manœuvres des pessimistes intéressés*

Aujourd'hui, Talarmiste de mauvaise foi est un spéculateur ou un ambitieux; quant à Tautre, ce n'est pas même le renard à la queue coupée prêchant la suppression générale de ce qu'il n'a plus : c'est un pauvre animal écourté qui se console, en prophétisant le prochain cataclysme des queues.

Ce sont trop souvent des gens^ qui n'ayant réussi à., contenter personne, sont acculés dans le dilenune de s'avouer leur insuffisance ou de s'en prendre, à Tiniquité du pouvoir. La charité biei} ordonnée les ranye au pre* mier parti..

Ils recrutent la secte des alarmistes ; tout va 4e nml en pis en leur absence.

Reprennent -ils espoir de parvenir ; soudain tout est pour le mieux.

Pour discerner les mécontents sincères, des mécontents d'occasion, il est un fort bon moyen : c'est d'entrer dons leurs idées et de les écouter ; bientôt le sentiment personnel transpercera. Us conteront leur infortune^ et s^élèveront à cette conclusion consolante pour leur auditoire, que le pays est perdu parce qu^il ne les a pas employés.

Les mécontents avec justice attendent en silence. Le mécontentement individuel qui menace, est une variété de ce que Ton dénomme en argot le chantage. Quand tes mécontents sont nombreux et ont raison, le gouvernement est fort malade ; et s'ils s'unissent en une retentissante clameur, il est perdu.

Wf P&OXa GRATUITS. FONCTIONS FITBUQIICS.

Si vous admettez le principe de la rémunération du travail, proscrivez les sinécures et rétribuez les emplois utiles.

Bmê utt £iat démoemliqM, l*ëg«lîté «*oppoM à 'l'existence de places non salariées. 11 est eswntiel que àmoÈa mi apte à partenir à tonte espèce de poste, en jmtiftifit de «a capacité. Or, ponr exercer une fiMctioft gratuite, il faut pouvoir se passer des profitr dus «a tnvaiK

L'admission des^chargos handrifiques attribué del positions pltis eu motus importantes à la seule richesse, à I ekdttsîon dn paavte, de celai qui ne peut vivre sans travailhsr, et qni ne saurut donner son temps sans iè rëdaire à la famine.

€n Yiam proverbe dit : Sot métier, qui ne (kit pas vivre son maître.

Dans la répartition actuelle des fonotioils publiques, plus un employé travaille, moins il est rétribué ; plus il reçoit d'hennenr et dVrgfent, moins il fait de besogné.

Gette anomalie est une consëqvenoe de Te&iirit molîi^t^iqiie qui faisait partidper les hautes charges de TEIat aux privilèges du chef du gonvemement.

Nèili 4onniens 30,000 francs à des receveurs qtti ne Mcevaient rien et passaient leurs journées an bots de Bologne ; des commis les remplaçaient. Conservons les eomnMs, oa astreignons leurs ehefs à travailler plus qn*ena> s'ils sont payés davantage.

Nens atiotis partout des inspecteurs chargés de ne rien inspecter ; il est inutile que TEtat défraye leur oi-* sintë..

Dana tes bîbliôifaèqtieé, dans les établissements pU'^ bitcs, il y a del directeurs qui ne dirigent pas, des con« servateurs qui jamais n'ont touché à uti livre, tandis qua 41]ifdrttttiÀ smpleyéi dessertent le pxMk sans es«

7t BicnomAiMV otMOciàTtoin*

poir d*avaDcement, et sans gagner leur vie. Retranchons

les sinécures.

Il existe même de ces places de conservateurs, de directeurs, dont la besogne ferait Taffaire d'un simple do« raestique.

Qu'on les supprime; que les trop forts appointements soient allégés, au profii des petits emplois qui reléguaient leurs titulaires dans la classe des nécessiteux.

En leur accordant ce qui leur est dû, vous dtes à Fimprobité de spécieux prétextes, vous mettez les consciences moins à la gêne, et vous recouvrez le droit d'être sans pitié pour les prévaricateurs, pitié qui est toujours d*un exemple funeste.

. Par une raison semblable, on approuvera la suppressi(m des surnumérariats.

. Il existe peu de bas emplois administratifs, au courant desquels un homme, prémuni d'études suffisantes, ne puisse se mettre en quelques jours. Eh bien, faiteslui Tavaoce de ce noviciat dont l'Etat doit tirer profit : l'émulation, le zèle du jeune employé, s'accroîtront.

Quoi! vous preniez le pi*emier venu pour en faire un percepteur, un receveur particulier, un receveur général, un sous-préfet, un préfet même, et vous fainez subir un surnumérariat de deux à trois. ans, à un malheureux qni aspirait à manger le pain de» expéditionnaires!

Nous avions au conseil d'Etat des auditeurs sans appointements, qui travaillaient depuis huit ans, dans l'espoir d'être ensuite maître des requêtes à titre gratuit, pendant huit autres années. <

Ils ont de la fortune, et se contentaient d*un titre,

BicnoimAiiB BftvociATfQin. n

d'une position. Naguère l'on prétendait qu^ils justifiassent de 5,000 fr. de renie. Une inégalité en consacrait une autre.

Exigez donc de pareils fonctionnaires, du tèle, des efforts, de la conscience et du travail !... Aussi, flanqué de cette pépinière de jeunes gentilshommes, le conseil d'Etat était>il devenu une école de ^^ari et de corruption politique.

Il ne faut pas qu^un corps constitue une coterie.

Que le peuple entier soit apte à prendre rang au conseil d'Etat, que la capacité seule soit le moyen d'entrer là, et que le travail exercé dans cette enceinte soit digne d'être rétribué.

Tranchez, élaguez cette désœuvrance officielle : un auditeur payé fera la besogne de quatre à cinq membres du club des Jockeis, et Tun des grands corps de TEtat cessera de donner l'exemple de l'inégalité politique, en consacrajfit la perpétuité d'une stérile et mesquine aris» tocratie.

BiMOHAUSER.

Dans l'origine, c'éiàii rendre immoral. Suivant le vocabulaire politique actuel, ce verbe a reçu une autre acception. Démoraliser^ c'est ôter la force morale, c'est décourager. Ainsi l'on dit de ceux dont le moral sVst énervé, comme de ceux dont le moral s'est perverti, qu'ils sont démoralisés.

Quand on parle d'une armée, d'une assemblée <2énoralisées, on ne prétend pas les accuser à* immoralité ^ mais bien d'être désunies et paralysées ; de manquer de résolution, d'initiative, de but et d'unité,

74 BKf lOmuai DÉHOCRATlQin.

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