SOURCE FERRUGINEUSE
gr-
Sulfate de soude .
Carbonate de chaux .
Silice .
Matière organique .
Oxyde ferroso-ferrique. . . .
Sulfate de chaux .
traces.
Perte .
M. Longchamp fait remarquer que la matière organique qui se montre dans le réservoir de l’eau ferrugineuse de Luxeuil n’est pas de la barégine, qu’elle n’en a pas les caractères physiques, et que la portion qui se trouve dans les sels n’en a aucun des caractères chimiques; mais il dit qu’il serait possible que celle qui fait partie du résidu insoluble dans l’eau fût bien réellement de la barégine.
Propriétés médicales. En boisson les eaux thermales de Luxeuil facilitent la sécrétion des urines et de la transpiration , excitent légèrement la membrane muqueuse de l’estomac et activent un peu la circulation; toutefois elles sont moins stimulantes que celles de Plombières , et sous ce rapport conviennent mieux aux personnes d’une constitution frêle et délicate. On les administre avec avantage dans les maladies nerveuses , la gastralgie , les vomissements opiniâtres sans lésion organique , la stérilité , les maladies cutanées avec éréthisme , les rhumatismes nerveux , les paralysies locales , etc. La source d’Hygie fut très-utile en 1719 aux habitants des
environs de Luxeuil, lesquels étaient tourmentés par une dyssenterie épidémique. On recommande aussi cette eau dans le crachement de sang. La source ferrugineuse est utilisée dans la chlorose, les fleurs blanches, la grave lie.
Mode d’ administration. On administre les eaux de Luxeuil sous toutes les formes ; on boit l’eau des Cuvettes soit pure , soit mêlée avec du lait ou avec les sirops de capillaire ou de guimauve.
On prend le plus ordinairement les bains dans les piscines ; les personnes des deux sexes, couvertes d’une longue robe en toile grise, s’y rencontrent â la fois, sans qu’on observe rien de contraire à la décence.
Les douches et les étuves doivent être employées avec réserve à cause de leur énergie.
Les sources appartiennent à la ville et sont en régie. En 1 83 5 , le produit des eaux a été de 9,000 francs ;il est venu à Luxeuil 567 malades, qui ont laissé dans le pays environ, 280,000 fr. La durée moyenne du séjour est de 25 jours.
Essai historique sur les eaux de Luxeuil , parM. Fabert ; 1773, in-12.
Notice sur Luxeuil , par M. Molin ; 1833, in-8, 120 pages. Cette notice est bien faite,
BAINS (département des Vosges ).
Petite ville de deux mille âmes, à 5 lieues d’Ëpinal, 3 de Plombières, 5 de Luxeuil, 91 de Paris; les routes d’Épinal, de Mirecourtet de Luxeuil y aboutissent. Cette ville est située dans un beau vallon dirigé de l’est à l’ouest, et traversée par un petit ruisseau appelé Baignerot . Le peu d’élégance de l’établissement thermal ne répond pas à l’abondance de ses sources et à la beauté de ses bassins; il en est de même des logements, qui , quoique assez nombreux pour recevoir trois cents étrangers, ne sont plus en rapport avec l’état actuel de la civilisation : aussi la plupart des baigneurs ne viennent que des départements voisins et appartiennent à la classe moyenne. Les
SALINES THERMALES
environs présentent des bois et des promenades agréables. On prend ordinairement les eaux pendant vingt-un jours, depuis le 15 juin jusqu’au 15 septembre. Médecin inspecteur, M. Bailly.
Sources. Elles sont nombreuses et servent à alimenter les bains; on en compte huit principales, dont voici les noms et la température d’après M. Bailly ( rapport 1835).
La Savonneuse .
La
Féconde .
La Grosse source. . . .
La
Romaine. . ....
Source tiède ou des Pro-
Le
Robinet de Fer. . . .
menades .
La Tempérée .
La
Vache. . .
Toutes ces sources fournissent en vingt-quatre heures deux cents mètres cubes.
L’établissement thermal se compose de trois bâtiments. 1° Le Vieux Bain offre deux bassins qui peuvent contenir trente à trente-cinq personnes , et dont la température varie entre 39° et 44° cent., six baignoires, deux douches, deux étuves et cinq vestiaires. 2° Le Bain Neuf a été construit en 1750; il présente dans une vaste salle trois bassins gradués , dont la température est de 32 à 36° cent., et qui peuvent recevoir chacun trente personnes, plus quatre douches descendantes, une douche écossaise , deux douches ascendantes, dix cabinets pour baignoires particulières , et seize vestiaires au pourtour des bassins. 3° La source de la Vache , renfermée dans un petit bâtiment, ne sert qu’à la boisson.
Propriétés physiques . L’eau de toutes les sources est incolore , sans odeur, lorsqu’elle est froide; chaude , elle dégage une légère odeur d’hydrogène sulfuré ; sa saveur est fade et légèrement salée. Sa pesanteur spécifique est à peu près égale à celle de l’eau distillée.
Analyse chimique. Examinée par M. Vauquelin, la source du Robinet de Fer contient:
FAUX MINÉRALES
Eau ( 1 litre).
gr.
Sulfate de soude cristallisé* . . 0,280
— de chaux. . . . 0,080
Chlorure de sodium . . . 0,080
Silice et magnésie. * . traces.
M. Bailly a remarqué que l’eau thermale , au moment où elle sort de la terre, laisse dégager un gaz; que la fontaine de la Vache et la source la moins chaude du Bain Neuf sont chargées d’un huitième de plus des mêmes principes que les autres sources; et que quand elles n’ont pas été fréquentées depuis quelque temps, il se dépose sur les pierres qui les entourent des incrustations salines.
Propriétés médicales . La douceur des eaux thermales de Bains, l’action lente et presque insensible qu’elles exercent sur l’économie, y attirent chaque année un grand nombre de femmes (700 sur 915 baigneurs), de valétudinaires, et de personnes délicates, épuisées par de longues maladies ou des traitements variés et infructueux. Aussi ces eaux sont recommandées dans les convalescences pénibles, les affections nerveuses , telles que l’hystérie , l’hypocondrie , la chorée , les névroses gastro-intestinales, la dysménorrhée par éréthisme, les maladies cutanées récentes, les accidents qui surviennent à l’époque critique, les rhumatismes nerveux, et enfin, dans toutes les maladies où il faut calmer la douleur et opérer le relâchement des tissus.
Mode d’ administration. En boisson , on emploie l’eau de la source de la Vache, qui est laxative, excite l’appétit, facilite la digestion , provoque les urines. On prétend que cette eau est nuisible à l’émail des dents : aussi a-t-on l’habitude de mâcher un peu de pain après l’avoir bue ; on la coupe souvent avec du lait ou un sirop adoucissant. On associe presque constamment â la boisson les bains, les douches, les étuves.
SALINES THERMALES
qui , en excitant le système cutané , déterminent des sueurs salutaires, et quelquefois une éruption miliaire qui n’est point dangereuse. On se baigne dans des baignoires ou dans des bassins communs. Ceux-ci sont remplis d’une eau minéro-thermale très-abondante, qui se renouvelle continuellement, dont la température est fixée, et graduée par le médecin inspecteur: les deux sexes y sont mêlés sans qu’on y ait jamais observé rien de contraire aux bienséances. Les vestiaires sont nombreux, situés au pourtour de la salle qui est vaste et bien éclairée ; en un mot, ces bassins sont tellement commodes par la décence qui y règne , les conversations qui s’y établissent , et une gaîté douce qui a toujours ses bornes, que les personnes du meilleur ton préfèrent se baigner en commun que d’aller s’ennuyer dans un cabinet où l’on ne voit que la personne de service.
Les sources appartiennent à des particuliers ; le nombre des baigneurs a été en 1835 de 915, qui ont laissé dans le pays environ cent mille francs.
Mémoire sur les eaux thermales de Bains en Lorraine, par M. Morand [Journal ae médecine , février 1757, page 114). L’auteur regarde les eaux de Bains comme plus efficaces que celles de Plombières.
Dissertation chimique sur les eaux minérales de la Lorraine , par M. Nicolas; 1778 , in-8.
Essai sur les eaux de Bains , par M. Thiriat; 1808.
NÉRIS (département de l’Ailier).
Bourg de huit cents habitants, situé dans un vallon qui s’ouvre sur les bords du bassin du Cher, à 80 lieues de Paris, une de Montluçon, 18 de Moulins», 14 de Clermont; il est traversé par la belle route de Paris à Nîmes; plusieurs diligences entretiennent des communications faciles avec Clermont et Bourges. On y remarque un cirque romain autour duquel on a planté un très-beau jardin. Il n’est pas douteux, d’après l’existence de ce cirque et les ruines de l’ancien monument
thermal qui a été déterré dans ces derniers temps, queNéris n’ait été une cité opulente lorsque les Romains dominaient dans les Gaules. — A Néris, le climat est doux, l’air salubre ; le pays est rempli de sites et de paysages agréables : on va visiter les ruines pittoresques du château de l’Ours, du château de Menât , etc. Un superbe établissement thermal sur le point d’être achevé permettra de prendre à volonté des bains dans des baignoires , dans des piscines , des bains et des douches à divers degrés de température. Néris offre plusieurs hôtels qui peuvent recevoir trois cents étrangers et dans lesquels on se procure facilement les objets nécessaires à la vie. — Un hôpital assez étendu est destiné aux indigents. La saison des eaux dure depuis le 20 mai jusqu’au 15 octobre; on a l’habitude de prendre les eaux pendant 20 à 25 jours. — Médecin inspecteur, M. Falvart de Montluc, qui administre les eaux de Néris avec autant d’habileté que de prudence.
Sources. Les fouilles qu’on a faites en 1832 ont fait découvrir six puits, construits probablement par les Romains et communiquant entre eux. On peut dire qu’il n’y a qu’une seule source, car les griffons, remarque M. Longchamp, sont si rapprochés qu’on ne peut pas douter qu’ils n’aient une même origine. Toutefois on distingue le puits de la Croix, qui sert à la boisson.
Propriétés physiques. Les eaux de Néris sont limpides , onctueuses ; chaudes , elles exhalent une odeur fade. Leur température, d’après M. de Montluc, est de 51° cent, dans toutes les saisons. Les sources produisent mille mètres cubes d’eau en vingt-quatre heures. On voit sur les parois des bassins une grande quantité de limon ou matière végéto-animale qui est formée par une plante thermale ( anabaina monticuiosa ) qui se développe dans ces eaux par l’exposition au contact de l’air et de la lumière ; cette végétation augmente ou diminue avec la température atmosphérique.
SALINES THERMALES
Analyse chimicjue. L’eau de Néris a été l’objet des recherches de MM. Mossier, Vauquelin, Boirot-Desserviers , Berthier et Longchamp. Ce dernier chimiste croit qu’il se dégage à la source de l’azote parfaitement pur et que l’eau contient, mais en petite quantité, du carbonate de soude, du chlorure de sodium , du sulfate de soude , outre un peu de chaux et de silice. Voici l’analyse de M. Berthier.
Eau (1 litre).
Bi-carbonate de soude.