SUR LES BAINS D’EAÜ THERMALE
pas moins salutaires dans les affections rhumatismales^ le lumbago, la sciatique, les paralysies, les scrofules, et contre cette foule d’éruptions cutanées qui dépendent des irrégularités de la transpiration , ou d’une sécrétion anormale de la peau. Leur onctuosité réussit parfaitement à assouplir les parties ligamenteuses et tendineuses, à rendre plus libres les mouvements des membres qui ont éprouvé des contusions , des entorses, des fractures, accélère la cicatrisation des plaies d’armes à feu, des ulcères atoniques et fistuleux. Il ne faut cependant pas croire que l’on puisse indifféremment prescrire toutes les eaux thermales dans les maladies que nous venons d’indiquer : les bains étant plus ou moins excitants suivant leurs principes minéralisateurs et leur température , il faut graduer la stimulation d’après le tempérament du malade et l’état des organes. Ainsi les eaux actives de Baréges, Cauterets , Bagnères-de-Luchon , Bourbonne-les-Bains , sont fort utiles dans les affections scrofuleuses et les rhumatismes dont sont atteints des individus lymphatiques ou peu irritables ; tandis que dans les rhumatismes accompagnés d’une grande sensibilité, dans les névroses, les eaux peu excitantes de Néris. Bains, Luxeuil, d’Ussat, de Bagnères-de-Bigorre, sont bien plus salutaires. Les maladies cutanées compliquées d’inflammation et d’éréthisme nerveux se trouvent mieux des eaux légèrement salines d’Avênes, de Néris, de Luxeuil, etc., que des eaux fortement sulfureuses.
Les bains d’eau minéro-thermale n’agissent pas seulement sur le système dermoïde; il est certain qu’une partie de leurs principes constituants est absorbée par la peau, se mêle avec le sang, et peut modifier d’une manière avantageuse nos humeurs et la vitalité de nos organes. Westrumb a prouvé que la peau de l’homme absorbe différentes substances dissoutes dans un bain tiède ; MM. Darcet et Chevallier ont constaté qu’un seul bain d’eau de Vichy suffit pour rendre les urines alcalines. Aussi l’usage externe
CONSIDliRATIONS GÉNÉRALES
des eaux doit être toujours considéré comme un puissant auxiliaire du traitement interne.
La température des bains étant à elle seule un très-puissant modificateur de Féconomie, il est essentiel de l’approprier à la nature de l’affection : ainsi les bains chauds (42'^ cent.) doivent être employés avec beaucoup de prudence, parce qu’ils deviennent facilement nuisibles par la surexcitation qu’ils produisent. En entrant dans ce bain , on éprouve une sensation de surprise causée par la chaleur, il semble qu’on ne pourra s’y plonger tout entier; cependant on s’y accoutume bientôt; au bout de dix à quinze minutes, toute l’habitude du corps acquiert plus de volume : les veines se gonflent, la respiration devient difficile, la figure rougit, se couvre de sueur; le pouls est plein, dur et fréquent. C’est alors qu’il faut se hâter de retirer le malade de l’eau ; un plus long séjour déterminerait des congestions sanguines vers les principaux viscères, et même des phlegmasies. On a recours à ces bains chaque fois qu’on veut produire une révulsion énergique à la peau; par exemple, dans les rhumatismes froids, les sciatiques et les paralysies locales. On doit s’en abstenir dans les paralysies suites d’apoplexie.
Les bains minéraux tempérés (35 à 36*" cent.) sont appropriés à un bien plus grand nombre de maladies ; ce sont ceux dont on se sert le plus ordinairement dans les établissements thermaux; ils ralentissent le pouls , laissent un sentiment d’agilité, de fraîcheur et d’hilarité, et sont très-salutaires dans la plupart des maladies chroniques en favorisant la répartition plus uniforme du sang , en régularisant l’action des différents organes. On les recommande aux personnes dont le système nerveux est délicat, mobile, et la fibre sèche ; à ceux qui sont d’un tempérament bilieux et mélancolique. On peut prendre une grande quantité de ces bains sans éprouver la fatigue et l’affaiblissement que causent souvent ceux d’eau commune. On voit fréquemment des malades s’étonner de pouvoir con-