SUR LES BAINS D’EAÜ THERMALE
server et même de gagner des forces en se baignant tous les jours pendant plusieurs semaines dans de l’eau minérotliermale, tandis que quelques bains d’eau douce suffisaient pour les affaiblir à tel point qu’ils étaient obligés d’y renoncer.
En général ^ sauf les exceptions apportées par les diverses maladies et les idiosyncrasies des sujets (car on rencontre des malades qui ne peuvent supporter que des bains chauds), les individus sanguins et nerveux se trouvent bien des bains frais (30 à 32° cent.). Aux tempéraments lymphatiques, au contraire, conviennent des bains plus chauds (35 à 37° cent.). Le bain frais, qui produit une sédation nerveuse, peut se prolonger avec avantage pendant plusieurs heures; les succès qu’on en obtient dans les maladies nerveuses sont quelquefois surprenants. On sait que dans le siècle dernier Pomme combattait ces maladies par des bains qui duraient six, dix et même douze heures. Dans plusieurs établissements thermaux de la Suisse , on se baigne habituellement de six à douze heures par Jour. Berthemin rapporte que de son temps (1609) on restait tout le Jour dans les bains de Plombières.
Puisque le calorique des bains exerce une si grande influence , il faut veiller avec soin à leur choix et à la graduation de leur température ; c’est en cela que consiste le secret des guérisons obtenues dans les établissements thermaux.
Nous n’avons parlé jusqu’à présent que des bains entiers ; les demi-bains où le corps est plongé dans l’eau jusqu’à l’ombilic sont recommandés particulièrement aux personnes délicates, qui éprouvent sous l’influence du bain général un sentiment de gêne ou d’oppression vers la région épigastrique ou de trouble dans la respiration , et plus spécialement encore à ceux chez lesquels on a lieu de redouter l’afflux du sang vers le cerveau. Dans ce dernier cas , le demi-bain un peu chaud peut agir avec efficacité comme dérivatif. Il est inutile
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
d’avertir que les parties qui ne plongent pas dans le bain doivent être couvertes avec précaution.
Les bains minéraux produisent souvent un exanthème {psydracia thermalù) qui ressemble tantôt à la scarlatine , tantôt à la miliaire ou à d’autres maladies cutanées. C’est ce qu’on appelle ta poussée à Louesche. Cette éruption^ déterminée par un effort salutaire de la nature, peut opérer une dérivation fort utile ; elle est souvent un avant-coureur du rétablissement de la santé : les ouvrages des médecins inspecteurs en fournissent de nombreux exemples. La guérison des catarrhes pulmonaires chroniques, des gastralgies , des entérites, est souvent précédée de rougeurs, d’ébullitions, d’éruption de petits boutons à la peau, de gonflements articulaires, et même de dartres dont les malades ignoraient porter le germe. Ces exanthèmes, loin d’être dangereux, peuvent être considérés comme un bienfait des eaux ; ils se dissipent spontanément , même en continuant les bains ; s’il reste des rougeurs isolées ou quelques démangeaisons à la peau, après la fin du traitement, nous engageons les malades à les respecter; c’est un moyen d’assurer leur guérison et de prévenir les rechutes.
Pédüuves, Dans plusieurs établissements, on fait prendre avec succès des bains de pieds dans l’eau thermale à la naissance même des sources , afin que la chaleur soit plus élevée. On conseille ces bains dans les gonflements atoniques et la faiblesse des jambes, dans les céphalalgies opiniâtres, la dyspnée , les toux prolongées , et dans tous les cas où il est essentiel de rappeler le sang vers les extrémités inférieures. C’est pour cette raison qu’en sortant d’un bain chaud ou d’un bain de mer qui tend à congestionner les organes internes , il est utile de prendre un pédiluve chaud. On se sert des pédiluves dans l’eau thermale tempérée pour les ulcères atoniques des jambes, etc.
Les bains peuvent être pris dans des baignoires ou dans