ANALYSE DE BAYEN
' , Eau (1 litre).
Chlorure de sodium .
Sulfate de soude cristallisé. .
Carbonate de soude sec. . .
Silice dissoute .
Soufre dissous .
Matière grasse organique. . .
gr.
quantité indéterminée.
Voici la quantité de sulfure de sodium que M. Longehamp indique pour chaque source :
Eau ( 1 litre ).
gr*
Source de la Grotte Inférieure. 0,0868
Richard . 0,0720
Grotte Supérieure . 0,0717
La Reine . 0,0631
Blanche . 0,0023
Les nouvelles sources découvertes en 1836 exigent un travail analytique pour apprécier leur composition.
SULFUREUSES THERJMALES.
Voici la quantité de sulfure de sodium que M. Fontan a trouvée dans la Reine nouvelle et dans les sources Soulerat :
Eau (1 litre).
Reine nouvelle. .
Sources Soulerat
source forte, source faible.
Propnétés médicales. Nous empruntons à M. Barrié ( rapport 1836 ) ses remarques intéressantes sur l’action des eaux de Ludion chez l’homme sain et chez l’homme malade. Chez L'homme sain ^ l’eau de Luchon prise en boisson excite le système cutané, détermine une transpiration plus ou moins abondante et facilite la sécrétion urinaire. Elle est pesante sur l’estomac, nauséeuse, et l’odeur d’œufs couvis qui la caractérise revient sans cesse à la bouche. Son action est plus étendue , plus énergique , quand on la prend en bains : un quart d’heure après l’immersion, la peau rougit, le pouls acquiert plus de fréquence, plus de développement; la tête devient lourde, pesante; il y a de l’oppression. Si on continue les bains , ils peuvent occasionner des congestions cérébrales, des gastrites, des entérites , des colites, et le plus souvent des constipations opiniâtres. Ils exaltent beaucoup les organes génitaux chez les deux sexes. Chez l’homme malade , le mode d’action des eaux de Luchon est encore mieux caractérisé, leur influence sur l’économie bien plus prononcée, soit en bains, soit en boisson ; leurs propriétés excitantes se manifestent sur les organes de la respiration , sur l’estomac efc ses dépendances, la vessie et la surface cutanée. Il est bien important de surveiller leur action , parce que leur usage ranime les points de phlegmasie chronique qui peuvent exister. Avec quelle prudence ne faut-il pas les prescrire aux personnes qui ont une disposition aux maladies tuberculeuses ! Le tube digestif est aussi facilement excité , mais avec moins de danger que les organes respiratoires. Pour utiliser avec avantage les diverses
propriétés des eaux sulfureuses de Luchon , il faut bien connaître le tempérament des malades, leur susceptibilité, Tespèce et le degré d’affection dont ils sont atteints ; c’est lorsque le médecin est fixé sur ces points essentiels qu’il ordonne les eaux pures ou coupées, les bains Ricliard ou ceux de la Reine mêlés avec la Grotte et la Blanche.
Il résulte des nombreux faits cliniques publiés par Gampardon, qui administra les eaux de Luchon pendant plus de trente ans , et de ceux qui sont insérés dans les rapports de M. Barrié , que ces eaux sont efficaces contre les dartres et les autres maladies de la peau , les raideurs des tendons et des ligaments à la suite des luxations et des fractures, les engorgements lymphatiques des articulations , les ankylosés fausses, les suites de plaies d’armes à feu, les ulcères simples ou compliqués de fistule et de carie , les écrouelles et les ulcères scrofuleux, les catarrhes pulmonaires chroniques, l’asthme et la phthisie muqueuse, la chlorose, les fleurs blanches, les rhumatismes, les paralysies , la sciatique, les maladies des paupières et des yeux de nature dartreuse ou scrofuleuse. Campardon signale encore Futilité de ces eaux dans obstructions ùvi foie, de la rate; dans plusieurs maladies de l’estomac, et surtout contrôles digestions lentes , difîicilea;, accompagnées de flatuosités; dans les maladies nerveuses, telles que l’hypocondrie, l’hystérie; dans les coliques néphrétiques et les autres maladies des voies urinaires.
Il est inutile de rappeler que les eaux de Luchon, étant trèsexcitantes, sont nuisibles aux personnes irritables et dans tous les cas où il existe des signes de pléthore ou d’inflammation.
Mode d* administration. On fait usage des eaux de Luchon en boisson, bains entiers, demi-bains, douches, vapeurs, collyres, injections et lotions; la dose en boisson est de deux ou trois verres que l’on coupe souvent avec du lait qui s’associe fort bien avec elles. Les bains sont d’autant plus avantageux qu’on peut varier à volonté leur température ; dans les mala-
(lies cutanées rebelles, on ajoute aux bains des sulfures alcalins, pour les rendre plus actifs. A côté des sources, on trouve des étuves qui reçoivent la chaleur de l’eau qui les traverse.
Ludion présente un avantage inappréciable dans la réunion de toutes les eaux que la nature s’est plu à prodiguer à ce lieu charmant , et dont elle a si bien nuancé les vertus , en distribuant inégalement les éléments minéralisateurs , que l’on peut avec facilité en assortir la force aux besoins des diverses maladies. La méthode qu’on y suit dans le traitement minéral, et qui consiste à faire passer graduellement les malades d’une source à une autre, opère des effets qu’on attendrait en vain d’une source unique ; aussi plusieurs médecins pensent que les eaux de Ludion peuvent remplacer les eaux de Baréges , de Cauterets, de Saint-Sauveur, et cju’elles leur sont préférables h cause de la beauté du lieu et de la douceur du climat.
Les bœufs et les chevaux aiment assez se désaltérer au courant des sources sulfureuses de Ludion ; cette boisson les préserve ordinairement de la pousse. On voit chaque année arriver à Luchon des chevaux étrangers qui sont attaqués soit d’un commencement de pousse , soit de fourbure ou d’engorgements aux jambes : on les fait boire deux fois par jour dans un réservoir particulier, où se réunissent les eaux de toutes les sources du grand établissement. Il est bien rare , dit M. Barrié , qu’après trois ou quatre semaines ces animaux n’éprouvent pas ou la guérison ou un soulagement marqué.
Le transport altère beaucoup les eaux de Luchon.
L’établissement de Bagnères-de-Luchon est affermé pour trois ans à raison de 22,100 francs chaque année, sans compter dans cette somme la patente et les impositions.
On peut évaluer le numéraire laissé par les étrangers en 1836 à 361,600 francs; on ne comprend pas dans cette somme l’argent dépensé par 383 indigents qui sont venus à Luchon prendre les bains.
Mémoire sur les eaux minérales et sur les bains de Bagnères-de~ Luchon, par M. Campardon [Journal de Médecine , ixûn 1763, page 520 J juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre 1763 , pages 48 , 160, 240, 315, 425 et 520). Ce mémoire est très -bien fait; plusieurs des observations qu’il contient sont intéressantes et bien présentées. Le rédacteur du journal a ajouté , à la suite de chaque article de ce mémoire, des réflexions qui présentent un tableau de comparaison des effets des eaux de Bagnères avec ceux des eaux de Baréges dans les mêmes maladies.
Analyse des eaux de Bagnères-de-Luchon , par MM. Richard et Bayeil. ( Recueil d’ observations de médecine des hôpitaux militaires , tome II, page 642.) Ce mémoire est très-intéressant.
Analyse et propriétés médicales des eaux des Pyrénées , par Poumier; 1813, in-8. Un article, page 89, est consacré à la topographie de Bagnères et à l’analyse de ses eaux.
jyouvelles observations sur les eaux thermales de Bagnères-de-LuchoHy par Arnaud Soulerat; Toulouse, 1817 , brochure de 54 pages.
ESCALDAS ( département des Pyrénées-Orientales ) (1).
Village à une lieue de Llivia et de Puycerda, 3 de Mont- Louis et 22 de Perpignan, qui doit son nom [Jguas Caldas) et probablement son existence aux sources thermales qu’il possède : il a des communications faciles avec Llivia et Puycerda. On y trouve deux établissements pour l’administration des eaux ; le plus ancien et le plus considérable est connu sous le nom de bains Colomer, l’autre sous le nom de bains de Merlat; tous deux offrent aux étrangers, des logements commodes, entourés de jardins et de promenades. Ces thermes ne sont pas seule-
(1) Ce département est très-riche en eaux minérales, comme le prouve l’ouvrage de M. Anglada. Outre les sources dont nous allons parler, on remarque les eaux sulfureuses de Dorres , de Quez , de Llo , de Saint- Thomas , de Canaveilles , de Nyer, qui n’offrent point d’établissement. Perpignan, chef-lieu du département, est le point central avec lequel communiquent les divers établissements thermaux de cette contrée.
SULFUREUSES THERMALES
ment fréquentés par les habitants du département et des contrées voisines ; les cantons les plus populeux de la Catalogne , et même Barcelone, leur envoient un grand nombre de malades. Le docteur François Piguillem, qui pratiqua longtemps dans cette ville , contribua beaucoup à les accréditer. Malgré l’élévation du lieu, le climat est assez doux à Escaldas; la saison des bains a lieu depuis le mois de juin jusque vers le 15 septembre.
Sources. Il y en a trois. 1° La Grande source, qui alimente les thermes Colomer ; elle surgit au milieu du village du sein du granit ; elle est bien encaissée ; un grand réservoir construit en pierres de taille reçoit les eaux, qui sont ensuite distribuées dans l’édifice thermal, garni de huit baignoires dans six caMnets ; deux sont appropriées à l’administration des douches. Près du bouillon de la source, on a ménagé l’issue à un filet d’eau pour la buvette, et une grande piscine a été établie pour les bains gratuits.
2° La source Merlat surgit au sud et à douze cents pas de la grande source 5 ses eaux, recueillies dans un bassin couvert, alimentent quatre baignoires.
Au nord du village, et dans un endroit connu dans le pays sous le nom de Tarière de Margaü , surgit la troisième source , qui n’est point utilisée.
Propriétés physiques. L’eau est limpide, incolore, onctueuse au toucher; son odeur est légèrement sulfureuse, sa saveur semblable à celle d’un oeuf récemment cuit. Sa pesanteur spécifique diffère peu de celle de l’eau distillée. La Grande source fournit en vingt-quatre heures 795,541 mètres cubes d’eau; la seconde source est beaucoup moins abondante. Toutes deux déposent dans leurs conduits beaucoup de glaires blanches. La température de la Grande source à son bouillon est de 42%5 cent. , et de 41°, 9 dans le bassin; celle de la source de Merlat est de 33%75.
l'IAUX MINÉRALES
Analyse chimique. Elle est due à M. Aiiglada.
Eau ( 1 litre ).
Source Merlat.
Grande source ou source Colomer.
Glaîrine . 0,0075
Hydrosulfate de soude. . . 0,0333 Carbonate de soude. . . . 0,0274 Carbonate de potasse. . . 0,0117
Sulfate de soude . 0,0181
Chlorure de sodiura. . . . 0,0064
Silice. . . . 0,0390
Carbonate de chaux. . . . 0,0003 Carbonate de magnésie. . 0,0005 Sulfate de chaux . 0,0003
Glaîrine . 0,0261
Hydrosulfate de sou-'i quantité
de . j indét.
Carbonate de soude. . 0,0479 Sulfate de soude. . . 0,0945 Chlorure de sodium. . 0,0218
Silice . 0,0261
Carbonate de chaux. . 0,0064 Perte . 0,0070
Propriétés médicales. Le docteur Piguillem de Barcelone , qui a étudié avec soin les effets des eaux d’Escaldas ^ les regarde comme fort utiles dans le traitement des affections dartreuses^des rhumatismes chroniques, des paralysies, des engorgements scrofuleux et des phthisies muqueuses.
On administre ces eaux en boisson et en bains.
Traité des eaux minérales du Roussillon, par Carrère, 1756 ; un article est consacré aux eaux d’Escaldas.
Traité des eaux minérales du département des Pyrénées-Orientales^ par .T. Anglada J Paris, 1833. On trouve, tome I, page 73, un article sur les eaux d’Escaldas. Cet ouvrage , complet sous les rapports topographiques et chimiques , est moins intéressant pour l’action thérapeutique des eaux. Nous lui avons emprunté tout ce qui concerne les eaux du département des Pyrénées-Orientales.
SULFUREUSES THERMALES
VERNET ( dépavlement des Pyrénées-Orientales ).
Village situé au pied du mont Canigou , à une lieue de Villefranche, et 8 de Perpignan; une belle route conduit de Villefranche à Vernet. L’établissement thermal, assez bien distribué , est garni de quatorze cabinets à baignoires et de deux cabinets à douches ; il otfre des logements commodes et des facilités pour la nourriture. Vernet est un séjour admirable pour le naturaliste ; tous les voyageurs vont visiter les ruines de l’antique monastère de Saint -Martin du Canigou, et la fameuse montagne qui porte ce nom.
Sources, On en compte quatre qui fournissent leurs eaux à l’établissement thermal ; on les distingue par les numéros i, 2, 3 et 4. Elles s’échappent toutes directement du mont Ganigou , et transmettent leurs eaux par des conduits dans un vaste réservoir, où elles se refroidissent à l’abri de l’air, et fournissent ainsi aux baignoires un liquide propre à tempérer au degré convenable la chaleur des bains. Il y a une soVirce destinée à la boisson.
M. Anglada signale encore trois sources surgissant très-près les unes des autres , dont les propriétés physiques et chimiques sont identiques avec celles de Vernet.
Propriétés pliysiques. Les eaux thermales de Vernet sont très-limpides , onctueuses et sans couleur ; leur odeur et leur saveur sont comparables à celles d’un jaune d’œuf récemment durci par la cuisson. Leur pesanteur spécifique diffère peu de celle de l’eau distillée. Les quatre sources donnent par jour 68,213 mètres cubes d’eau qui peuvent fournir à trois cents bains par jour. En arrivant dans le réservoir , les eaux ont encore une chaleur de 47%50 cent., tandis qu’aux robinets des baignoires, elle n’est plus que de 39%06. C’est donc un refroidissement d’environ 8°. La matière glaireuse est peu abondante dans les conduits et le réservoir.
ih'2
Analyse chimique. Elle est due à M. Anglada.
Eau ( 1 litre ).
Glairine . 0,0090
Hydrosulfate de soude cristallisé. 0,0593
Carbonate de soude . 0,0571
Sulfate de soude . 0,029 1
Chlorure de sodium . 0,0121
Silice . 0,0496
Carbonate de chaux . 0,0008
Sulfate de chaux, . 0,0037
Carbonate de magnésie . traces.
Perte, . 0*0051
Propriétés médicales. Les eaux de Vernet diffèrent peu de celles des Bains d’Arles ; M. Barrère les préconise contre les dartres, la gale , la teigne , les paralysies , les ankylosés incomplètes et les ulcères fistuleux.
Les eaux sont utilisées en boisson et en bains.
Traité des eaux minérales du Roussillon ^ par Carrère; 1756. Mémoire analytique et pratique sur les eaux minérales de J^ernet, par M. Barrère , an vu.
Traité des eaux minérales du département des Pyrénées-Orientales ^
par J. Anglada; 1833, On trouve é'ans le tomel, page 165, un article sur les eaux de Vernet,
SULFUREUSES THERIMALES.
MOLITG ( département des Pyrénées-Orientales ).
Village à S lieues de Prades , 4 de Villefranche , 7 de Perpignan. Grâce au conseil général du département, on vient de construire une bonne route qui conduit de Prades à Molitg ; des diligences partent chaque jour de Prades à Perpignan. On voit à Molitg deux établissements thermaux qui appartiennent au marquis de Llupia : le plus ancien des deux , appelé Bains Llupia, le plus riche en eau sulfureuse, offre dix baignoires et deux buvettes ; le second , appelé Bains Mamet^ contient huit baignoires en marbre blanc et une douche. Le vieux château de Paracols a été restauré et approprié au logement des étrangers, qui se rendent chaque année aux bains de Molitg au nombre de trois à quatre cents, depuis le 15 juillet jusqu’au 15 septembre. La nourriture est abondante et à bon marché. Il y a un médecin inspecteur.
Sources. Quatre sources appartiennent aux thermes de Llupia ; trois d’entre elles seulement sont utilisées. La plus importante par sa chaleur et le volume de ses eaux surgit d’un rocher dans l’intérieur même de l’établissement; les deux autres se trouvent à l’extérieur. Les bains Mamet sont alimentés par onze sources disséminées sur une petite surface.
Propriétés physiques. Elles sont les mêmes pour les sources des deux établissements. Les eaux sont limpides, incolores, très-onctueuses ; leur odeur et leur saveur se confondent avec celles du blanc d’œuf cuit récemment ; elles sont légères et diffèrent très-peu de l’eau distillée. Elles déposent beaucoup de glairine sous forme d’une couche de glaires fdandreuses, très-blanches. La première source de l’établissement Llupia fournit par heure 4,684 litres; la seconde, 371 litres; la troisième, 142 litres. La température de l’eau de la grande source est de S7%50 cent, à la sortie du réservoir, et de 37°, 2 5 dans la plupart des baignoires.
Analyse chimique. Toutes les sources de Molitg ont donné à M. Anglada les mêmes principes.
Eau ( 1 litre ).
gi’-
Glairîne . 0,0073
Hydrosulfate de soude.cristailisé. . 0,0436
Carbonate de soude . 0,0715
Carbonate de potasse . 0,0119
Sulfate de soude . 0,01 1 1
Chlorure de sodium . 0,0168
Silice . 0,0411
Sulfate de chaux . 0,0013
Carbonate de chaux . 0,0023
Carbonate de magnésie . 0,0002
Perte . 0,0030
Propriétés médicales. Les eaux de Molitg sont plutôt recommandées par leur efficacité que par l’agrément qu’elles offrent à ceux qui les fréquentent. Elles provoquent les urines ^ exercent une action stimulante sur les membranes muqueuses, accélèrent le pouls , causent la constipation , augmentent la transpiration, à laquelle elles communiquent l’odeur d’hydrogène sulfuré ; en bains , elles font éprouver un bien-être trèsmarqué , adoucissent et calment les irritations. Elles ont une action spéciale dans les maladies de la peau ; elles sont encore utiles dans les catarrhes pulmonaires, vésicaux, utérins , dans l’atonie de l’appareil digestif, les pâles couleurs, les irrégularités de la menstruation, les douleurs nerveuses, et dans la gravelle.
Mode d’administration. On boit les eaux de Molitg ; mais on s’en sert principalement en bains à cause de leur température très-douce et analogue à celle du corps humain. Ces eaux produisent sur le corps des baigneurs une impression d’onctuosité comme savonneuse qui est très-agréable. La peau est
SULFUREUSES THERMxiLES.
douce et glisse sous la main, comme si elle était ointe d'une substance buileuse. C’est ce genre d’impression qui a surtout contribué à faire donner à ces bains la qualification de Bains de Délices ; cette qualité des eaux n’est pas seulement un agrément, elle semble annoncer une plus grande efficacité pour déterger la surface du corps et rendre la transpiration plus facile.
Le produit de la régie a été en 1835 de 2,178 fr. ; l’argent laissé dans le pays par les personnes venues aux eaux peut être estimé à 15,000 fr. '
Traité des eaux minérales du Roitssillon , par CarrèrG ; 1756. naïf se chimique des eaux de Molitg, par Julia Fontenelle {Journal Universel des sciences, mars 1821). Cette analyse diffère de celle de M. Anglada.
Traité des eaux minérales du département des Pfrénées-Orientales, par J. Anglada. On trouve un article sur les eaux de Molitg, tome I, page 227.
VINÇA (département des Pyrénées-Orientales).
Petite ville, chef -lieu de canton, à 3 lieues de Prades, 7 de Perpignan. Sur la rive gauche de la Tet, à un quart de lieue de Vinça, il existe un établissement thermal dont l’abord est facile, qui sert à l’administration des bains, et offre quelques logements aux baigneurs. Ces thermes sont peu fréquentés , sans doute à cause du voisinage de ceux de Molitg et de Vernet.
Sources, Il y en a deux très-rapprochées l’une de l’autre ; elles s’échappent à travers la fente d’un rocher, fournissent en sortant un filet d’eau pour la buvette ; celle qui est destinée aux bains est reçue dans un vaste bassin couvert.
Propriétés physiques. L’eau est limpide, onctueuse, mais moins que celle de Molitg ; elle laisse dégager beaucoup de bulles gazeuses, exhale une odeur sulfureuse très-sensible ; sa saveur est à la fois piquante, saline et douceâtre. Le volume
d’eau peut être évalué à environ 19 mètres cubes par jour. La température prise à la sortie du rocher est de 23%50 cent. Peu de glairine.
Analyse chimique. Elle a été faite par M. Anglada.
Eau ( 1 litre).
gr-
Glairine . 0,00660
Hydrosulfate de soude. . . . 0,02590
Carbonate de soude . 0,07880
Sulfate de soude . 0,04430
Chlorure de sodium . 0,03310
Silice . 0,04480
Carbonate de magnésie. . . . 0,00035
Propriétés médicales. Les eaux de Vinça sont recommandées par Carrère dans les maladies cutanées , les catarrhes pulmonaires, la gravelle, la bronchite chronique, l’asthme nerveux, la phthisie commençante. M. Anglada les compare aux eaux de Bonnes. M. Massot aîné, de Perpignan, les conseille aux personnes dont la poitrine est délicate et aux enfants menacés d’engorgement mésentérique.
Mode d'administration. C’est particulièrement en boisson que les eaux de Vinça sont employées. On les boit assez chargées de principes sulfureux, parce que la buvette est près de l’origine de la source. Pour que ces eaux puissent servir aux bains, on est obligé de les faire chauffer dans une chaudière couverte; mais cette caléfaction ne s’effectue qu’au détriment du principe sulfureux.
Traité des eaux minérales du Roussillon , par Carrère, 1756.
Traité des eaux minérales, par J. Anglada, 1833. On trouve un article sur les eaux de Vinça , tome I, page 307.
SULFUREUSES THERMALES
THÜEZ ( département des Pyrénées-Orientales ).
Village à 3 lieues de Mont-Louis , 2 d’Olette , sur la route de ces deux villes. Ce lieu est d’un aspect triste , sauvage , et d’un abord difficile; il est remarquable par le grand nombre d’eaux thermales disséminées dans son territoire. Nous parlerons seulement d’une source qui est utilisée par les habitants : elle est située à un quart de lieue au-dessous de Thuez, sur la rive droite de la rivière^ au milieu d’un terrain cultivé ; ses eaux sortent de terre par deux filets de médiocre volume ; l’un d’eux est reçu immédiatement dans une espèce de petit bassin disposé pour s’y baigner.
Propriétés physiques. Eau limpide ; odeur et saveur sulfureuses; dépôt glaireux peu abondant; température des deux ramifications ,45° cent.
Analyse chimique. Cette eau a fourni à M. Anglada :
Eau (1 litre).
Glairine .
Hydrosulfate de soude. . .
Carbonate de soude .
Carbonate de potasse. . . .
Sulfate de soude .
Chlorure de sodium .
Silice .
Carbonate de magnésie. . .
gr*
quantité indéterminée.
traces.
Propriétés médicales. Les malades de la vallée , dit M. Anglada , viennent faire usage du bain de Thuez aux saisons propices , et chaque année voit reproduire les bons effets de ces eaux, soit pour combattre les affections dartreuses et les rhumatismes chroniques, soit pour provoquer la cicatrisation des vieilles plaies ou des ulcères atoniques.
C’est en plein air que l’on prend le bain ; le malade se réfu-
gîe en sortant du bain dans une excavation creusée dans la montagne.
Traité des eaux minérales des Pyrénées-^Orientales ^ par J. Anglada, 1833. On trouve, dans le tome I, page 339, un article sur le bain de Thuez.
BAINS PRÈS ARLES (département des Pyrénées-Orientales).
Petit village sur la rive gauche du Tech , au pied d’une montagne sur laquelle Louis XIV fit construire un fort qu’on appelle Fort-les-Bains , à une deini-lieue d’Arles^ 8 de Perpignan. Les communications entre cette ville et les Bains d’Arles sont des plus faciles ; des diligences en poste parcourent chaque jour ce trajet. Le village des Bains d’Arles offre un bâtiment thermal qui se fait remarquer par ses formes colossales ^ par les dimensions de ses piscines^ et par l’antiquité de son origine ; on s’accorde généralement â le regarder comme un ouvrage des Romains. Ces thermes sont actuellement la propriété d’un particulier qui ^ pour satisfaire le goût du public ^ a substitué le bain privé à l’usage des piscines ; vingt cabinets à bain ont été distribués dans le contour intérieur du grand bâtiment : quatre de ces cabinets sont destinés aux douches ; deux bassins ont été établis pour opérer à des degrés différents la réfrigération du liquide thermal , et l’approprier ainsi aux divers besoins du service. On a conservé deux piscines^ l’ime pour les soldats , l’autre pour les indigents. M. Anglada engage beaucoup le gouvernement à fonder un hôpital militaire aux Bains d’Arles, dont les eaux, beaucoup plus abondantes, ne sont pas moins salutaires que celles de Baréges.
Le climat du village des Bains est très-doux ; les eaux sont fréquentées depuis le 15 mai Jusqu’au 15 octobre; quelques personnes en font usage même l’hiver. Trois à quatre cents personnes , sans compter les militaires et les indigents , affluent chaque année à ces thermes, et viennent des départements
SULFUREUSES THERMALES
voisins et même de la Catalogne. Le village des Bains offre des logements pour plus de trois cents personnes ; une vaste maison^ attenant à l’établissement thermal, offre l’avantage d’être plus à portée du bain. La nourriture est bonne , abondante et à bon marché. Il y a un médecin inspecteur.
Sources. M. Anglada en décrit quatorze qui surgissent dans un vallon , au pied d’une montagne. Nous n’en citerons que trois , parce que les autres ne sont pas employées au traitement des malades. 1° La Grande source ow. Gros Escaldadou; c’est la plus importante et la plus abondante des sources, celle qui fournit ses eaux à l’établissement, dont elle n’est distante que de cent pas, et où elle se rend par un canal couvert. 2“ La source du Réservoir de réfrigération surgit non loin de la précédente ; ses eaux sont amenées à travers un canal découvert dans le bassin de réfrigération , pour tempérer la chaleur des eaux de la Grande source. S ° La fontaine Manjolet surgit à cent cinquante pas, et à l’onesl de la Grande source ; ses eaux sont encaissées dans un réservoir à leur sortie de la montagne, et s’épanchent dans un bassin, sous forme de fontaine, en un filet d’eau : c’est la buvette des bains d’Arles. Elle est abritée sous un pavillon construit pour l’agrément et la commodité des buveurs d’eau.
Les autres sources thermales , quoique très-abondantes et riches en principes sulfureux, ne servent qu’aux usages domestiques. M. Anglada propose de les utiliser en les dirigeant dans une vaste piscine, de telle sorte qu’on y puisse prendre le bain en nageant.
Propriétés physiques. Elles sont identiques dans toutes les sources ; l’eau est limpide , incolore , d’une odeur d’eau chaude légèrement sulfureuse, semblable à celle des œufs durcis, sapide à l’instar des autres eaux sulfureuses, avec arrière-goût douceâtre ; elle fait sur la peau une impression d’onctuosité savonneuse très-prononcée ; elle est riche en giairine; tous les conduits en sont couverts.
La Grande source fournit par jour un écoulement de 1,029,888 litres d’eau, quantité très-considérable, comme on voit A sa sortie du rocher , l’eau a une température de 6r,25 cent La source Manjolet est d’un faible volume et fournit par jour 6,422 litres* A la suite des grandes pluies , l’eau se trouble et coule avec plus d’abondance ; sa température est de 4 3", 2 5 cent , celle de l’air étant de 21%25.
Analyse chimique. Soumises à l’analyse par M. Anglada, la source du Gros Escaldadou et celle de Manjolet ont donné :
Eau ( 1
litre ),
Source du Gros Escaldadou.
Source de Manjolet.
gr.
gr.
Glakine . .
Glairine .
Hydrosulfate de soude.
Hydrosulfate de soude. .
Carbonate de soude. . .
Carbonate de soude. . .
Carbonate de potasse. .
Carbonate de potasse. .
. traces.
Chlorure de sodium. . .
Sulfate de soude. . . .
Sulfate de soude .
Chlorure de sodium. .
Silice. . . .
Carbonate de chaux. . .
Carbonate de chaux. .
Sulfate de chaux. . , . .
Sulfate de chaux .
Carbonate de magnésie.
Carbonate de magnésie.
Propriétés médicales. Les bains d’Arles jouissent d’une grande efficacité contre les rhumatismes chroniques, les maladies de la peau de nature dartreuse ou psorique , les accidents , suites de blessure , tels que rétraction des muscles , engorgement des articulations, adhérences des cicatrices, ulcères fistuleux ou atoniques; ils accélèrent l’expulsion des esquilles, en même temps qu’ils facilitent les exfoliations. En boisson, la source de Manjolet est conseillée dans les affections chroniques de la poitrine , les engorgements des viscères , les tumeurs scrofu-
leuses , et dans toutes les maladies accompagnées de relâchement et d’inertie des organes.
Mode d’ administration. On prend les bains d’Arles sous toutes les formes; pour les bains , l’eau thermale a besoin d’être refroidie. La température de la fontaine Manjolet est assez modérée pour qu’on puisse la boire telle que la nature l’a donnée.
M. Anglada engage les médecins à combiner avec les bains d’Arles la boisson des eaux ferrugineuses de Saint-Martin de Fenouilla et du Boulou^, situées à trois lieues du village de Bains.
On exporte l’eau de la source Manjolet , laquelle peut se conserver sans altération pendant deux ou trois mois.
Traité des eaux minérales du Roussillon , par Carrère; 1756, in-8.
Eau de Manjolet ( Histoire de la Société royale de Médecine, tome page 337 ). On trouve l’extrait d’un mémoire deM. Bonafos sur les eaux de Manjolet.
Traité des eaux minérales du département des P yrénées- Orientales ^ par J. Anglada; 1833. L’article sur Bains près Arles se trouve dans le tome II, page 11 et suivantes.
LA PRESTE (département des Pyrénées-Orientales ).
Village à 2 lieues de Prats de Mollo^ 5 d’Arles et 14 de Perpignan. Un chemin tracé sur la rive gauche du Tech entretient de faciles communications entre Prats de Mollo et les bains de La Preste. Ceux-ci sont à une demi-lieue du village ; on y trouve un établissement thermal bien organisé et une maison d’habitation où les baigneurs se logent et se procurent facilement les ressources nécessaires à la vie. Le docteur Hortet, propriétaire de ces thermes , les a entourés de diverses terrasses ombragées par de belles plantations. La saison des bains dure depuis le mois de mai jusqu’à la fin de septembre. Les malades qui fréquentent les bains de La Preste viennent
des départements de l’Aude et de l’Hérault et des diverses parties de la Catalogue.
Sources. Il y en a quatre ; mais une seule fournit ses eaux à rétablissement thermal^ qui offre uïie buvette , huit baignoires en marbre blanc et des douches. Cette source est appelée Grande source ou source d* Apollon ; elle sort d’une montagne voisine. Les autres sources, désignées sous les noms de Bain des Lépreux, Fontaine de la Fargasse, ne sont pas utilisées.
Propriétés physiques. Les sources de La Preste ont l’odeur et la saveur des eaux sulfureuses ; elles offrent une traînée de glaires blanches semblables à de la pâte de papier. La Grande source a 44" cent, de température, celle de l’atmosphère étant à 20°; quant à son volume, elle donne par jour 308,448 lit.
Analyse chimique. Elle a été faite par M* Anglada.
Eau ( 1 litre).
gr.
Glairine . 0,0103
Hydrosulfate de soude. . . . 0,0127
Carbonate de soude . 0,0397
Carbonate de potasse . traces.
Sulfate de soude . 0,0206
Chlorure de sodium . 0,0014
Silice . 0,0421
Carbonate de chaux . 0,0009
Sulfate de chaux . 0,0007
Carbonate de magnésie. . . . 0,0002
Perte . 0,0051
Propriétés médicales. D’après Carrère, les eaux de La Preste rétablissent les sécrétions, facilitent l’expectoration, rendent le cours des urines plus libre et excitent les sueurs. On les boit avec succès dans les dérangements de l’estomac, dans les catarrhes pulmonaires négligés, l’asthme, la phthisie corn-
SULFUREUSES THERMALES
mençante, et surtout dans les coliques néphrétiques , la gravelle. On les prend en bains pour combattre les rhumatismes anciens, les maladies cutanées, les ankylosés fausses et la carie des os.
Traité des eaux minérales du Roussillon ^ par Carrère, 1756. L’au^ leur cite un grand nombre d’observations pratiques.
Traité des eaux minérales du département des Pyrénées- Orien~ <«Ze5, par J. Anglada, 1833. On trouve, dans le tome II, page 125, un ar^ticle sur les eaux de La Preste.
AX C département de l’Arriége ).
Petite ville sur l’Arriége, à 710 mètres au-dessus du niveau de la mer, à 3 lieues de Tarascon, Z d’Ussat, située dans une vallée agréable entourée de montagnes granitiques ; elle abonde en sources thermales qui ont été connues dans les temps les plus reculés : on voit encore à Ax un bassin qui conserve le nom de Bain des Ladres ou Bain des Lépreux; les sources sont si abondantes et pourvues d’une si grande énergie que M. Boin et M. Longchamp engagent beaucoup le Gouvernement à fonder à Ax un hôpital militaire qui serait mieux placé qu’à Baréges, où la petite quantité d’eau thermale est un motif continuel de contestations. La ville contient deux cent soixante maisons et peut recevoir mille étrangers. On prend les eaux depuis le mois de mai jusqu’au mois d’octobre. Il y a un médecin inspecteur.
Sources, Elles sont très-nombreuses : on en a compté Jusqu’à cinquante-trois ; elles fournissent aux bains et aux douches de trois établissements. Le nouvel édifice construit par M. Sicre au fond de son jardin est très-élégant: c’est le rendez-vous de tous les malades riches ; il offre douze baignoires en ardoise noire, deux douches et un bain de vapeur. Le Teix est celui des trois établissements qui donne le plus de bains , parce qu’il possède un plus grand nombre de sources et de bai-
gnoires. L’établissement du Couloubret, qui avait été fondé par M. Pillies , est actuellement négligé.
Propriétés physiques. Les eaux d’ Ax sont constamment claires : les orages et les pluies ne les troublent pas; jamais elles n’ont gelé; elles ont l’odeur et la saveur d’œufs couvis; les eaux dù Couloubret charrient beaucoup de glaires ^ qui paraissent quelquefois en flocons noirs ou blancs ^ ou mêlés de blanc et de noir, d’autres fois en filaments très-blancs (Pilhes). Voici la désignation et la température des sources les plus usitées en médecine, d’après M. Fontan (oct. 1835).
ceni.
Les Canons . 75° 50
Sicre-Fontan . 59° 50
Bains du Teix de FÉtuve. ... 70° 15
Teix (Pyramide) . 62° 6
Bain fort du Couloubret . 45° 50
Bain fort du Teix (Étuve). ... ^10°
Analyse chimique. M. Magnes-Lahens , pharmacien à l’oulouse > a publié , en 1823 , l’analyse des eaux d’Ax ; il a trouvé les principes suivants dans les eaux du Breil et du Teix :
Eau ( 1 litre).
Eau du Breil. Eau du Teix.
Acide hydrosulfurique. . quantité indéterminée, quantité indéterminée.
gr. gr.
Chlorure de sodium. . . . 0,0354 0,0163
Carbonate de soude sec. 0,0814 0,1090
Matière organique azotée. 0,0387 0,0052
Silice dissoute . . 0,0387 0,1090
Silice non dissoute. . . » » » 0,0509
Carbonate de chaux. . . » » 0,0066
Oxide de manganèse. . 0,0035 » » »
Alumine. . 0,0017 » » »
Fer et alumine . » » » 0,0044
Magnésie . . • » » » une trace.
Eau et perte . 0,0372 0,0510
SULFUREUSES THERMALES. 165
M. Fonlan a trouvé dans les sources d’Ax la quantité sui»
vante de sulfure de sodium :
Eau ( 1 litre).
Pyramide du Teix . . 0,0109
Coulaubret, bain fort, au robinet. . . 0,0061
Bain du Breil (source Sicre-Fontan). 0,0152 Les Canons. . ........... 0,0132
Propriétés médicales. Les eaux d’Ax sont loin d’avoir un© réputation aussi étendue que celles de Baréges ou de Luchon ; néanmoins elles ont beaucoup d’efficacité : le grand nombre de sources, la quantité inégale de soufre qu’elles tiennent en dissolution, offrent un avantage inappréciable aux médecins qui peuvent proportionner la force des eaux aux besoins des divers malades. On recommande l’eau des Canons dans l’asthme humide, les affections catarrhales chroniques, les engorgements du foie , l’ictère , les dartres rebelles, La source dite la Canalette est utile dans les maladies cutanées ré^centes et dans les engorgements commençants des viscères abdominaux. L’eaù du Breil est savonneuse et sert en boisson aux personnes qui ont la poitrine faible. Les eaux du bain fort jouissent de vertus énergiques et sont très-appropriées pour les maladies des articulations, les ankylosés fausses , les tumeurs articulaires, les rhumatismes chroniques, les paralysies, les écrouelles,, les anciens ulcères fistuleux., les engorgements de la matrice^
Mode d administration. On emploie lesieaux sous toutes les formes ; on en boit le matin, deux à trois verres , et on augmente jusqu’à un litre. On fait sa boisson ordinaire de l’çau du Breil. Les eaux du bain fort et de l’étuve sont recommandées dans les affections chroniques de la poitrine; on les boit pures ou mêlées avec du lait, de l’eau de gruau, etc. — Les bains sont gradués pour la force et la chaleur, de manière que les personnes d’une frêle constitution peuvent les prendre moins chauds et moins chargés de principes minéralisateurs. C’est
le médecin inspecteur qui peut seul indiquer au malade le bain qui peut lui être utile. On trouve à Ax des douches et une étuve.
Les sources du Couloubret appartiennent à la commune; les autres sont des propriétés particulières; il s’y rend annuellement 1,200 malades.
Mémoire sur les eaux minérales d’ylx, par M. Sîcre , 1758;in-8. On trouve dans cet ouvrage vingt-quatre observations pratiques sur les effets des eaux minérales d’Ax.
Traité analytique et pratique des eaux tJiej'males d' Ax et d’Ussat , par M. Pilhes, 1787, in-8. Cet ouvrage contient un grand nombre d’observations particulières.
Obseri^ations et réflexions sur les bains d' Ax , par M. Mandinat. [Journal de médecine, 1788.)
GREOULX ( département des Basses-Alpes ).
Village près de la rivière de Verdon , à 2 lieues de Manosque, 8 de Digne et d’Aix, 12 de Marseille et 20 de Toulon. Les routes pour y arriver sont faciles; une diligence en poste part tous les jours d’Aix et de Marseille pour Greoulx. Les eaux thermales qui jaillissent dans ce lieu agréable paraissent avoir été connues des Romains; on y a fondé un établissement très-vaste , bâti commodément , qui vient d’être restauré par les soins du propriétaire , M. Gravier, et offre des appartements bien décorés , des jardins spacieux et ombragés, des baignoires en marbre blanc , des étuves et des douches diversement disposées. Un vaste salon de réunion, où se trouvent un billard et un cabinet de lecture , est à la disposition des étrangers. La douceur du climat , les sites pittoresques de Greoulx, y attirent depuis le mois de mai jusqu’à la fin de septembre beaucoup de personnes qui s’y rendent autant pour leur santé que pour leur plaisir. — La durée du traitement est de 20 à 30 jours. — Il y a un médecin inspecteur.
Sources. Il y en a deux : 1® la source ancienne , ou source Gravier, est située au pied d’une colline , à deux cents pas du village ; ses eaux bouillonnent dans un puits de construction
SULFUREUSES THERMALES
romaine et sont ensuite portées par divers canaux pour alimenter des baignoires , et une piscine récemment construite , pouvant contenir vingt baigneurs à la fois. Cette source est très-abondante et son volume ne diminue jamais, même dans les plus grandes sécheresses. La source 7iouveUe ne fournit que 600 litres par 24 heures.
Propriétés physiques. L’eau de l’ancienne source est claire , limpide , répand une forte odeur d’hydrogène sulfuré ; sa saveur est légèrement salée , quand elle est refroidie. Cette eau est douce, onctueuse au toucher et dépose beaucoup de glaires ; sa température est de S8%75. Cette température n’est pas constante; elle n’a donné au mois d’avril 1836 que à 31. Freycinet, qui ne doute pas cependant que dans la saison des bains elle n’atteigne le degré que nous, avons annoncé. La chaleur de la nouvelle source est de 20 à 23,7 cent.
Analyse chimique. L’ancienne source a été analysée en 1812 par 31. Laurens; la nouvelle a été analysée en 1836 par 3131. Boullay et O. Henry sur de l’eau envoyée à Paris,
Eau (I litre).