‹ Manuel des eaux minérales naturellesChapitre 30 sur 104 · SOURCE NOUVELLE · texte numérisé non relu

SOURCE NOUVELLE

Azote . • . .

Acide carbonique. . . .

Acide hydrosulfurique.

traces, q. ind.

gf.

Bicarbonate de chaux. . . 0,206

— de magnésie. 0,053

Hydrosulfate de chaux. . 0,044

Sulfate de chaux . 0,218

— de soude. . . 0,148

Chlorure de sodium. . . 1,290

— de magnésium. 0,180

Silice et alumine . 0,040

Oxide et sulfure de fer. . 0,01 1

31atière organique analogue

à la glairlnc . 0,020

Propriétés médicales. Il résulte des rapports rédigés avec soin par M. Doux ^ médecin inspecteur, que les eaux de Greoulx sont un agent thérapeutique puissant contre les rhumatismes chroniques, les sciatiques, les dartres, les suites de luxations et des entorses , les ankylosés incomplètes , les ulcères atoniques et quelques irritations des organes digestifs lorsqu’il y a langueur de la digestion , aigreurs et flatuosités. Ce médecin a retiré aussi des eaux qu’il dirige quelque succès dans l’hypocondrie, l’hystérie, la chlorose, l’engorgement du col utérin , les pollutions involontaires , suite de la masturbation ou de l’excès des plaisirs vénériens, la gravelle, le catarrhe chronique de la vessie et les engorgements articulaires ; il a remarqué que le mercure employé en même temps que les eaux acquiert un degré d’énergie qu’il n’a pas seul ; pour expliquer cet effet avantageux, il faut tenir compte nonseulement des eaux, mais du climat, qui est un des plus beaux de la France.

TABLEAU statistique des malades traités à Greoulx y pendant l’été de Van 1834.

NOMS

des

MALADIES

Nombre

de

chaque espèce de maladie.

Nombre

des malades

guéris.

Nombre

des malades

soulagés.

Nombre des malades qui n’ODt été ni guéris ni soulagés.

Nombre des malades dont l’état a été exaspéré.

Rhumatismes. .

Lumbago.

Sciatique.

Dartres. .

Paralysies.

Tumeurs

blan-

ches. .

Coxalgies.

Entorses.

Ankylosés

faus-

ses. . .

SULFUREUSES THERMALES

NOMS

des

MALADIES

Nomlyre

de

chaque espèce de maladie.

Nombre;

des malades

guéris.

Nombre

des malades

soulagés.

Nombre des malades qui n'ont été ni guéris ni soulagés.

Nombre des malades dont l'état a été exaspéré.

Engorgemens de divers organes du bas-ventre.

Gastrites , gastro-entérites. .

Maladies de la

matrice et du vagin .

Tumeurs scrofuleuses .

Contractions musculaires. . .

Mode (C ad7ninistration. On administre les eaux de Greoulx sous toutes les formes. En commençant le traitement, M. Doux prescrit la boisson, des eaux en très-petite quantité , afm que l’estomac ne répugne pas à l’impression qu’elle détermine., et graduellement les malades en prennent le nombre de verres qu’ils peuvent boire sans éprouver trop d’excitation, ce qui amènerait le vomissement ou une diarrhée trop forte. Lorsqu’une irritation se manifeste dans les organes digestifs , il a le soin de faire mitiger l’eau thermale avec du lait ou une tisane adoucissante, ou d’en suspendre entièrement l’usage. Les malades prennent rarement deux bains par jour ; un seul suffit ordinairement. La température de l’eau thermale qui est celle du corps humain rend le bam plus efficace et plus agréable y l’abondance de la source permet de renouveler sans cesse l’eau delà baignoire : peu d’établissements thermaux présentent cet avantage, ainsi que celui de pouvoir passer du bain dans son appartement , sans être frappé par l’air extérieur.

On trouve à Greoulx des douches descendantes, ascen-

dantes et latérales dont on varie la force à volonté ; une douche en pluie pour les maladies de la peau , et des appareils pour diriger la colonne d’eau vers la matrice, le rectum et les oreilles. Quant aux bains de vapeur, ils sont établis dans une pièce voûtée ; les vapeurs minérales se dégagent au travers d’un plancher percé à jour; le malade, assis sur un fauteuil , y demeure exposé le temps prescrit et passe de là dans un lit chaud où s’achève la transpiration excitée par les vapeurs minérales.

On se sert des boues comme cataplasmes sur les tumeurs indolentes.

La source principale appartient à M. Gravier ; cet établissement est fréquenté annuellement par deux à trois cents étrangers qui laissent dans le pays environ 50 à 60,000 francs.

Traité des eaux minérales de Greoulx en Provence , etc. , par M. Espar rou ; Aix, 1763, in- 8.

JVouveau traité des eaux minérales de Greoulx , etc. , par M. Darluc; Aîx, 1777.

Notice sur les eaux de Greoulx , par M. Valentin ( Journal de médecine de MM. Corvisart, Boyer, etc., tome XXI, page 195.)

DIGNE ( département des Basses-Alpes ).

Petite ville très- ancienne , située dans une vallée, à 32 lieues de Marseille, 7 de Sisteron, 174 de Paris. Les eaux minérales , qui sont à une demi-lieue de la ville , sont connues depuis très-longtemps ; elles sont placées dans un établissement thermal où peuvent se loger cinquante à soixante baigneurs. Le climat est délicieux; les montagnes voisines et la route servent de promenades. Cette partie des Basses-Alpes présente quelques attraits au naturaliste. Les eaux se prennent depuis le l*’"’ mai jusqu’au septembre. Il y a un médecin inspecteur.

Sources et bains. On y arrive par une assez belle route le long

SCLFÜREUSES THERMALES.

d’une vallée très-riche en verdure. Il y a six sources , qu’on nomme : 1*^ Saint-Henri ^ 2° Saint-Mai^tin , 3" Sainte-Sophie , 4° Saint-Jean , 5" Saint-Gilles , 6“ des Vertus, Elles alimentent sept baignoires , dont quatre en marbre , trois grandes piscines pouvant contenir chacune vingt malades , neuf douches , dont une ascendante , et une étuve qui a besoin de réparation. Propriétés physiques. L’eau de toutes ces sources est limpide , répand au loin une odeur d’hydrogène sulfuré ^ elle imprime à la bouche un goût d’œuf couvi, et procure quelquefois des éructations de même nature; elle dépose dans les bassins une matière grasse, douce, onctueuse au toucher, et des concrétions calcaires qui s’attachent aux murs. Les pluies, la sécheresse, la chaleur et le froid n’ont aucune influence sur la quantité de l’eau thermale, ni sur la nature de ses principes constituants. Voici la température des sources : Saint-Henri , 36“ cent. ; Saint-Martin , 42“ ; Sainte-Sophie, 40“ ; Saint-Jean, 42“ ; Saint-Gilles, 41“ ; des Vertus, 33“.

Analyse chimique. M, Laurens a fait en 1812 l’analyse des eaux de Digne ; voici les résultats qu’elles, lui ont fournis :

Acide hydrosulfurique. ... 1

. . , , . V quantité indéterminée.

Acide carbonique . « )

gr.

Chlorure de sodium, .... 1,785

— de magnésium . 0,990

Sulfate de magnésie . 0,250

— de soude . 0,925

— de chaux . 0,320

Carbonate de chaux . 0,170

— de magnésie . 0,090

Propriétés médicales. Les eaux de Digne sont recommandées dans les affections cutanées, les rhumatismes chroniques, les.

paralysies^ les tremblements, les gonflements et rigidités articulaires , les anciennes blessures suivies de rétractions des muscles. M. Valentin fait mention de trois officiers qui ont été guéris à Digne de plaies considérables produites par des armes à feu. On a beaucoup vanté ces eaux pour les affections des reins et de la vessie, pour les dépôts laiteux, la phthisie pituiteuse, l’asthme , les fleurs blanches, les engorgements des viscères de l’abdomen ; mais leur efficacité dans ces maladies est douteuse.

Elles ne conviennent pas aux individus nerveux et pléthoriques , aux hémorroïdaires et à tous ceux qui ont la poitrine irritable ou qui sont sujets au crachement de sang.

Mode d' administration. On boit les eaux de Digne à la dose de trois ou quatre verres chaque matin ; elles sont laxatives pour quelques malades: pour favoriser cet effet , on a l’habitude d’ajouter à l’eau thermale du sel d’Epsom , de Glauber ou de la manne. On se baigne dans des baignoires ou dans les piscines. Le bain des Vertus étant plus grand, plus commode et moins chaud que les autres , est le plus fréquenté ; la hauteqr des doqches et le volume d’eau varient de manière qu’on peut remplir à volonté toutes les indications. Le lieu qui sert aux étuves est taillé dans le roc.

Ces sources appartiennent à un particulier. En 1836 , le produit de la ferme a été de 3,500 fr. ; les malades, au nombre de 83 , ont laissé dans le pays 7 à 8,000 francs.

Les bains de Ligne en P rovence , par Sébastien Richard; 1617, in-8.

Les merveilles des bains naturels et des étuves naturelles de la vdle de Digne J par de Lautaret ; 1620 , in-8. Cet ouyrage ne contient rien d’utile.

Topographie médicale de la Provence, par M. Buret [Journal de médecine militaire, tome II, page 13). M. Buret présente les eaux de Digne comme ayant de l’analogie avec celles de Bourbonne.

lYotice sur les eaux de Digne , par M. Valentin ( Journal de méde^ cine de MM. Corvisart et Boyer, tome XXI, page 186 ).

Mémoire sur la topographie de Digne , par Jacques Bardol ( Mémoires de médecine militaire , tome IV ),

SULFUREUSES THERMALES

BAGNOLS ( département de la Lozère ). ,

Village sur le penchant d’une montagne ^ à 2 lieues de Mende et 141 de Paris. On y trouve deux établissements , l’un public , l’autre particulier : le premier se compose de six piscines, trois pour les hommes et trois pour les femmes, d’une étuve, de plusieurs douches et d’une buvette. L’établissement particulier présente neuf baignoires en plomb , une douche descendante, une ascendante et une latérale. A Bagnols, l’air est en général froid et les changements de température sont fréquents ; deux hôtels assez bien tenus peuvent recevoir près de deux cents baigneurs. Chaque année, le nombre des hommes est plus considérable que celui des femmes. La saison la plus

favorable pour se rendre aux eaux est depuis le 1®'' juillet Jusqu’au septembre. Il y a un médecin inspecteur.

Source, Elle jaillit au bas du village ; ses eaux traversent des voûtes qui paraissent être un ouvrage des Romains, et sont reçues dans un bassin assez vaste pour se rendre ensuite dans les deux établissements; la source fournit cent treize litres par minute. Elle présente un phénomène singulier : on entend toutes les minutes un bruit souterrain prolongé , et de grosses bulles de gaz viennent crever à la surface de l’eau pendant douze à vingt secondes.

Propriétés physiques. Les eaux de Bagnols sont dans toutes les saisons également abondantes, chaudes, claires et limpides; elles sont grasses et onctueuses au toucher; leur odeur est celle d’œufs pourris : elles laissent un goût semblable à la bouche; leur chaleur à la source est de 45“ cent, et de 43“ dans les réservoirs. Ces eaux charrient par intervalle des flocons de matière albumineuse , insipide et inodore , qui ressemble tantôt à une éponge à larges trous, tantôt à du frai de grenouille ou à du mucus intestinal.

ËAUX MINÉRALES

Analyse chimùiue. L’eau de Bagnols a été analysée par deux chimistes , M. Plagnol et M. O. Henry ; voici le résultat de leurs expériences :

Eau ( 1 litre )w

ANALYSE DE M. PLAGNOL.

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