BISCHOF
Acide carbonique .
litre.
quanlUé înd.
Carbonate de soude. . . .
gr.
— de chaux. . . .
— de magnésie. .
— de fer .
traces.
Chlorure de sodium. . . .
Sulfate de soude .
Phosphate de soude. . . .
Oxyde de fer .
Silice .
’ M. Gustave Bischof , professeur de chimie à l’iiniversité royale de la Prusse rhénane , n’iridhiue pas la valeur du poids dont il s’est servi. Nous avons supposé qu’il avait fait usage de la livre de 12 onces , usitée en Prusse.
ACIDULES FROIDES.
Propriétés médicales. Il n’est pas d’eau minérale dont l’usage soit plus généralement répandu que celui de l’eau de Seltz, qui a été célébrée par Hoffmann ^ et dont tous les médecins connaissent les vertus. L’eau de Seltz est rafraîchissante , apéritive et diurétique ; on l’emploie principalement pour faciliter la digestion. On l’administre aussi avec succès dans les fièvres bilieuses et adynamiques, le scorbut^ les fleurs blanches, les ménorrhagies passives , dans la gravelle. Hufeland la regarde comme la seule eau minérale qu’on puisse donner aux malades atteints d’une phthisie catarrhale ou muqueuse , sans craindre d’irriter leur poitrine.
On a clierché à imiter l’eau de Seltz naturelle ; mais jusqu’à présent l’eau de Seltz artificielle ne produit pas dans les maladies des effets aussi avantageux que l’eau naturelle. Le gaz acide carbonique est si intimement combiné dans celle-ci, que son dégagement s’effectue avec lenteur dans l’estomac ; son action est douce, prolongée et pénétrante. L’eau factice, au contraire, laisse dégager brusquement le gaz acide carbonique, qui occasionne une distension soudaine de l’estomac, accompagnée d’éructations incommodes. L’eau naturelle agit modérément, l’artificielle irrite : la première calme le vomissement; la seconde, loin de l’apaiser, le provoque quelquefois.
Mode d’ administration. On boit l’eau de Seltz pure ou mêlée aux repas avec du vin. Quelques médecins l’unissent avec le lait de chèvre ou d’ânesse,.et avec l’eau d’orge dans les fièvres bilieuses. Cette eau augmente quelquefois les selles et même les sueurs; mais le plus ordinairement son effet est d’accroître la sécrétion urinaire.
On va rarement prendre les eaux de Seltz à la source ; presque toujours on les boit transportées ; quoiqu’elles perdent une partie de leur gaz par le transport, néanmoins elles en conservent encore assez, lorsqu’elles sont fraîches, pour être fort utiles dans plusieurs maladies. Cependant, on peut les remplacer avec avantage par les eaux de Bussang , Châ-
EAÜX MINERALES
teldon , Fougues ^ Salot-Myon , Saint-Pardoiix ^ Gamarès, etc. ^ que nous possédons en France, et qui, sans avoir moins de vertus que Feau étrangère, ne nous rendraient plus tributaires du duc de Nassau pour des sommes d’autant plus considérables que l’usage des eaux de Seltz se répand de plus en plus dans notre patrie.
yînafyse de Veau de Seltz , par Bergman ; Opusc. chim., tome page 206.
Considérations médicales et chimiques sur les eaux de Seltz, par MM. Caventou, François , Gasc et Marc. Paris, 1826,
Anaiyse chimique des eaux minérales de Geilnau ^ Cuehingen et Seltz, par le docteur G. Bischof. Bonn, 1826.
ROI&DORFF ou ALFTÊR,
Village de l’ancienne seigneurie d’Alfter, à une lieue du Rhin , une et demie de Bonn et 4 de Cologne.
Source. Elle est connue sous le nom d'Alfter. Elle se trouve à l’entrée du village dans une situation des plus agréables; elle est placée entre deux autres sources, dont la première, distante de 14 mètres, est une eau pure, et la seconde, éloignée de 56 mètres, est une eau si ferrugineuse qu’on ne peut en faire aucun usage.
Propriétés physiques. L’eau est froide, limpide, acidulé et un peu salée.
Ancdyse chimique. Il paraît que, suivant une analyse de M. Vauquelin, cette eau contient un volume d’acide carbonique égal au sien, des carbonates de soude, de chaux et de magnésie, très-peu de carbonate de fer, du sulfate de soude et du chlorure de sodium. Nous connaissons de l’eau de Roisdorlï deux analyses quantitatives ; l’une est due à M. Petazzi , et l’autre à M. Bischof. Voici les résultats de leurs expé¬
riences :
ACIDULES FROIDES.
Eau (I litre).
Analyse de M. Petazzi.
Analyse de M. Bischof
lit
Acide carbonique .
lit.
Acide carbonique .
gr.
gr.
Carbonate de soude. . . .
— de chaux. . . .
— de chaux. . . .
— de magnésie. .
— de magnésie. .
Sulfate de soude .
— de fer et tra. de
— de chaux .
manganèse. .
Chlorure de sodium. . . .
Sulfate de soude .
— de calcium, . . .
Silice .
Phosphate de soude. . . .
Alumine .
Silice .
Propriétés médicales.
Les eaux de Roisdorff sont recomman-
dées dans les lésions des voies
digestives, les engorgements
des viscères abdominaux.
On les boit pures, ou mêlées avec du lait, et dans l’usage habituel avec le vin.
On exporte, dit-on, une grande quantité de cette eau, même dans les colonies, sans qu’elle s’altère beaucoup.
Analyse de l’eau de Ro.sdorjf , par M. Petazzi ( Annales de chimie, tome LXXXVII , page 109).
Essai sur les eaux de Roisdorjf, par M. Bischof [Journal de chimie médicale , tome Ilï , page 395).
(1) L’auteur n’indiquant pas la valeur des poids dont il s’est servi dans son analyse, nous avons supposé l’emploi delà livre de 12 onces, usitée en Prusse et en Allemagne. Si, au contraire, il a fait usage àe la livre de 16 onces, le poids total du résidu ne serait que de 3 grammes 190, résultat qui se rapprocherait beaucoup de celui obtenu par M. Petazzi.
EAUX MJNÉRALES
SüLTZMATT ( Prusse rhénane ).
Bourg à 2 lieues de Ruffac , 6 de Colmar, situé dans une vallée étroite , fertile et agréable ; plusieurs grandes routes y aboutissent. On trouve près des sources minérales des logements commodes ; la saison des eaux dure depuis le mois de mai jusqu’au mois d’octobre.
Sources, Il y en a six qui jaillissent au pied du mont Heideniberg; on les nomme fontaines acide, sulfureuse, purgative ^ sources de cuivre , d’or et d'argent. Il n’est pas besoin d’avertir que ces sources , principalement les trois dernières, ne méritent point les épithètes qu’on leur a données.
Propriétés physicfues. L’eau de toutes ces fontaines est froide, abondante , limpide et douce au toucher ; elle est pétillante, a un goût aigrelet, piquant, qui porte au nez et disparaît promptement par le contact de l’air. La fontaine sulfureuse a une odeur et un goût d’œufs pourris ; les autres sources acquièrent une odeur de lessive , lorsqu’elles sont chauffées.
Analyse ehimique. D’après Méglin , la source dite sulfureuse contient un peu de gaz hydrogène sulfuré; les autres sources renferment en plus ou moins grande cj[uantité du gaz acide carbonique , du carbonate de soude, du carbonate de chaux et un peu de bitume.
Propriétés médiccdes. Prises en boisson, les sources de Sultzmatt , surtout V acide, conviennent dans la gastralgie , les engorgements abdominaux, l’hystérie, l’hypocondrie, la diarrhée chronique, la suppression des règles. L’eau purgative ne provoque d’évacuations alvines qu’autant qu’on y ajoute quelque sel neutre. L’usage extérieur de l’eau sulfureuse est fort accrédité dans la paralysie, les rhumatismes, les dartres, etc.
On boit les eaux de Sultzmatt depuis la dose de quatre verres jusqu’à un litre ou deux..
ACIDULES FROIDES.
L’eau acide, renfermée dans des vases bien bouchés, peut se transporter au loin, et conserver pendant assez longtemps ses bonnes qualités.
De fontihiis medicatis yllsatiœ ; Guérin, 17 G9.
Analyse des eaux minérales de Sultzmalt, par J. A. Méglin j 1779 » in-S. Cet ouvrage mérite d’être consulté.
SÜLTZBACIî ( département du Haut-Rhin ).
Petite ville située dans un vallon , à 3 lieues de Colmar , une de Munster. Les environs présentent des sites agréables. Les eaux minérales qu’on trouve dans ce lieu étaient autrefois trèsfréquentées ; actuellement il s’y rend peu de malades pendant la belle saison, ce qui dépend sans doute du mauvais état des bains et de la rareté des bons logements.
Sources. Un bâtiment peu élégant, qui offre au premier étage quelques chambres pour les étrangers, renferme six sources minérales : on distingue la quatrième, appelée la meilleure; elle est sous clef, et sert à l’usage interne; on en exporte annuellement dix à douze mille cruches. La grande source est publique et est utilisée pour les bains.
Propriétés physiques. Ces eaux sont pétillantes , sans odeur ; leur saveur est fraîche, aigrelette. Leur température est en toute saison de 10“ cent. Un dépôt ocracé se remarque sur les parois de la quatrième source.
Analyse chimique. Elle est due à M. Gerboin.
Eau (1 litre).
lit.
Acide carbonique . . . 0,714
gi’-
Carbonate de soude . 1,09
— de chaux . 0,22
— de magnésie . 0,14
Sulfate de soude . 0,40
Silice. . . 0,07
Propriétés médicales. Les eaux de Sultzbach ont de Tanalogie avec celles de Bussang; elles ont acquis^ dit M. Fred. Rirschleger , une grande célébrité pour la guérison de la mélancolie, de l’hypocondrie, de l’hystérie et même de la manie. On les a appelées pour cette raison le bain des fous. Tous les ans des maniaques et des mélancolicfues ont trouvé, diton , sinon une guérison complète , du moins un amendement notable à leurs maux. L’eau de Sultzbach est encore employée dans la leucorrhée et les engorgements des viscères abdominaux. Chauffée , elle perd son acide carbonique et ne conserve que quelques sels. En bains, on l’administre dans les rhumatismes , les paralysies.
Essai sur les eaux minérales des Vosges^ par M. Fred. Kirschleger. (Thèse, Strasbourg, 1829.) On trouve dans cette thèse un article sur les eaux de Sultzbach.
OREZZA (département de la Corse).
Village de l’arrondissement de Corte. Les eaux minérales qu’on y trouve sont fréquentées depuis le mois de juillet jusqu’à la fin d’août; le plus grand nombre des malades ne séjournent que 15 à 20 jours. Il y a un médecin inspecteur.
Sources. Il y en a plusieurs situées dans une vallée ; celles qui servent aux malades sont au nombre de deux, connues, par rapport à leur situation, sous les noms de Sorgente Sottana et de Sorgente Soprana. Ces deux sources diffèrent entre elles.
Propriétés pliy signes. L’eau de la Sorgente Sottana est assez abondante, limpide, d’une saveur aigrelette; elle semble bouillonner au sortir de la source , pétille dans le verre comme le vin de Champagne, et dépose aux environs de la source une matière ocracée. Dans les temps pluvieux, cette eau devient presque insipide.
La Sorgente Soprana exhale ime odeur bien sensible d’œufs couvis , et noircit les pièces d’argent qu’on y plonge.
ACIDULES FROIDES. 299
La température de ces eaux est de 15 à 18% 7 ceut.^ celle de l’atmosphère étant à 22 ou 25° cent.
Analyse chimique. M. Laprevotte , pharmacien h Bastia , a fait ^ en juillet 1833 , l’analyse de la Sorgente Sottana. Les principes qu’il a trouvés sont :
Eau ( 1 litre).
lit.
Acide carbonique . 2,000
Chlorure de sodium . 0,030
Carbonate de fer . 0,060
— de chaux . 0,185
Silice . 0,255
Alumine . 0,115
Carbonate de magnésie . traces.
Perte . 0,125
Quant à la Sorgente Soprana , elle n’a pas été analysée.
Propriétés médicales. M. Grimaldi emploie les eaux d’Orezza dans toutes les maladies chroniques de l’abdomen, lorsqu’il y a peu d’irritation dans les viscères, et particulièrement contre les gastralgies, les engorgements du foie, de la rate, les fleurs blanches et la gravelle.
Les eaux ne s’administrent qu’en boisson. — Elles ne sont pas affermées; il est venu en 1834 à Orezza 600 malades qui ont laissé dans le pays environ 12,600 fr.
Recherches historiques et statistiques sur ta Corse , par M. F. Robiquet. Rennes, 1835.
SAîNTE-MARîE (département du Cantal).
Bourg composé d’environ 500 âmes, à 2 lieues de Chaudes- Aigues, 1 de Pierrefort, à20 minutes delà grande route de Saiiit- Elour à llhodez. La proximité de Pierrefort et de Chaudes-
soo
Aigues permet de se procurer à peu de frais tout ce qui est nécessaire aux besoins de la vie. Il y a un médecin inspecteur.
Sources. On trouve dans une gorge étroite et profonde deux sources minérales qui sortent à travers les fissures d’une roche schisteuse ; la plus abondante est presque la seule usitée ; elle a une grande analogie avec l’eau de Seltz et laisse dégager une quantité considérable de gaz acide carbonique ^ surtout pendant les temps secs et aux approches des orages.
Propriétés physiques. Parfaitement limpide et transparente , cette eau est froide^ a une saveur aigrelette et piquante; elle communique au vin rouge une couleur violette et le rend trèsagréable.
Analyse chimique. L’eau de Sainte-Marie contient de l’acide carbonique libre en grande quantité , du carbonate de soude, de l’oxyde de fer, un peu de chlorure de sodium, du carbonate de chaux et un peu de carbonate de magnésie. La seconde source, quoique contiguë à la première, contient moins d’acide carbonique , mais un peu de sulfate de chaux.
Propriétés médicales. M. Bonnlol assure que les eaux qui nous occupent sont fréquentées tous les ans par 1200 personnes. M. Grassal en a obtenu de bons effets dans les cas d’atonie du tube digestif, dans la chlorose, l’aménorrhée, les hémorragies passives. On les boit à la dose de trois ou quatre verres le matin à jeun ; on les associe ordinairement aux bains de Chaiides-Aigues.
Dissertation sur les eaux minérales de Chaude s- Ai gués , par Bonliiol; thèse, Paris, 1833. On y trouve un article sur les eaux de Sainte- Marie.
SAINT-MARTIN DE VALMEROUX (département du Cantal).
Bourg de 800 âmes, à o lieues de Mauriac, 5 d’Aurillac, sur la grande route de Clermont-Ferrand à Gahors. Le site est agréable. On y trouve une source acidulé froide, appelée
ACIDULES FROIDES. SOI
Fonsainte (Fons Sanctus) qui est assez fréquentée dans les mois de juillet et d’août.