‹ Manuel des institutions françaisesChapitre 140 sur 262 · Lkhairk. Khnirx sur les actes de Louh VU, entai, n · texte numérisé non relu

Lkhairk. Khnirx sur les actes de Louh VU, entai, n

LA SOCIKTF: marchande. 550

groupement des marchands d'une mt^me ville, un groupement encore plus général : celui des villes marchandes réunies par des intérêts communs. D'ordinaire le nom de hanse est particulièrement appliqué à ces associations inter-urbaines. Telles étaient :

a. La société des marchands de Paris et de Rouen, qui s'étendit, au xiii*^ siècle, à la plupart des localités commerçantes, riveraines de la Seine.

b. La hanse des marchands de Teau ou bateliers de la Somme, formée principalement des commerçants d'Amiens, d'Abbeville et de Corbie, auxquels s'adjoignirent aussi ceux de Nesle.

c. La hanse de Londres, assocvition internationale, à laquelle étaient affiliées nombre de villes de la Flandre française, de la Picardie, du Vermandois et de la Champagne. Le principal comptoir de cette société était à Londres : elle avait à sa tête un comte de la hanse. Pour en devenir membre, il fallait être bourgeois dans une des villes associées et payer une cotisation.

d. L'association des marchands du Languedoc, qui élisait un chef ou capitaine général, chargé de protéger les intérêts de ses compatriotes aux foires de Champagne et au Lendit.

e. L'association des marchands de la Loire, organisée seulement au xiv<^ siècle, mais formée de sociétés antérieurement constituées et moins étendues.

/'. L'association des négociants en vins du Bordelais.

i 98. Le rôle politique des sociétés marchandes. — Il est hors de doute que les privilèges commerciaux accordés, dès le x*' et le xi« siècle, aux sociétés de marchands, ont été, sur bien des points, l'origine des libertés postérieurement obtenues par les villes où s'étaient formées ces associations. La gilde marchande fut souvent, en effet, le ressort principal de la révolution comnmnale et devint la commune elle-même par la simple extension du lien qui la constituait. Ce fait n'est pas particulier à la région de la France qui confinait à la Belgique et à l'Allemagne. Certains ports commerçants de la Provence et du Languedoc ont dû aussi leur pleine émancipation politique et leur constitution de ville consulaire aux efforts des groupes de marchands organisés chez eux à une époque bien antérieure à la période d'affranchissements Sur ce point, l'histoire des municipalités libres est particulièrement instructive. On voit, dès le début, l'aristocratie commerçante des villes diriger le régime communal â son profit et bénéficier exclusivement de ses avantages en accaparant les charges municipales. D'autre part, les véritables communes de France se trouvent précisément sur le trajet du vaste courant commercial qui, dès la

1. Voir, entre autres faits, ce qui s'est passé à Marseille, où le consulat a pris naissance dans la ville basse, occupée par la bourgeoisie commerçante, cl où le gouvernement municipal parait bien être sorti de la société marchande dite confrérie du Saint- Expril. Cf. L\mcfrt. Efn<ai sur If régime munivipal de Prormce, p. 282 suiv.

560 LES IiNSTITUTlONS POPULAIRES.

seconde moitié du xi'^ siècle, embrassait les bassins du Rhin, de la Meuse, de l'Oise et de l'Escaut. Sur les points où ce courant atteignit son maximum d'intensité, la révolution communale arriva à son plus haut degré d'énergie et de persistance. Là surtout les villes marchandes, ayant conscience de leur puissance et de leur richesse, trouvèrent le moyen d'acheter ou de conquérir par la force les libertés administratives et politiques sans lesquelles il leur eût été impossible de se développer. D'ailleurs l'influence des sociétés de commerçants sur la formation des gouvernements municipaux ne s'est pas fait seulement sentir dans les villes libres. Les centres urbains simplement privilégiés, dénués de juridiction et d'indépendance politique (Paris, par exemple), ont dû souvent à la même cause l'extension de leurs franchises et la constitution de leur administration locale.

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