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LA CONFRÉRIE

scmcnt dans Tordre civil et politique. Les habitants des campagnes, aussi bien que ceux des villes, ont fréquemment usé de ce procédé grâce auquel ils arrivaient, sous prétexte d'œuvres pies, à se grouper, à se donner une organisation et des chefs, un lieu de ralliement et des ressources pécuniaires. Aussi l'autorité féodale ou royale s'est-elle tenue, de ce côté, sur la défensive; elle a proscrit les associations religieuses, dans les villes sujettes* et dans les villes à demi libres*, comme dans les villages*. La population des villes, qui pouvait plus aisément que celle des campagnes se constituer en confréries destinées à couvrir un mouvement d'indépendance, n'a pas toujours réussi dans ses tentatives^. En d'autres cas, on a vu l'association religieuse parvenir à fonder les libertés locales'. L'autorité ecclésiastique en vint elle-même à interdire les confréries*.

1. On sait que Philippe le Bel a aboli les confréries parisiennes, que Philippe le Long a rétablies en partie. Voir sur ce point Fagniez, Étudeê sur Cindmtrie à ParUy etc., p. 33« note 2.

2. Arrôt du Parlement (1257), contre Brives : < Itcin de cetero non fient nec confratrie nec colligaciones ». Même défense pour Fi^eac, Olim, 1, 15 et ii.

3. Un des faits les plus curieux qu*on puisse citer en ce qui concerne les campagnes, est celui qui a trait au village de Louvres en Parisis (1270). Les habitants y avaient formé entre eux une communauté ou confrérie destinée, disaient-ils, à assurer la reconstruction de leur église paroissiale, le payement des dettes de la paroisse, la réparation des chaussées et des ponts, et aussi la conservation des droits de la localité. Les officiers seigneuriaux de qui Louvres relevait dénoncèrent celte confrérie au Parlement, qui ordonna une enquête (Boutaric. Actes du Parlement de Paris, n* 1560 A (enquête non mentionnée dans les Olim).

4. Au temps de Philippe le Bel, les bourgeois de Saint-Martin de Tours, sujets du chapitre, fondèrent une société pieuse, la confV*crie de Saint-Éloi, ce qui leur permit de se lier par serment, d'avoir des assemblées, une administration et de s'armer pour défendre l'association contre les forces extérieures. La confrérie conduisit directement à la commune. Une insurrection ouverte éclata en 1305 et les conjurés proclamèrent une fois de plus le rétablissement de la liberté. Le roi de Finance s'empressa de supprimer à la fois la commune et la confirérie (Girt, Établ. de Rouen, I, 205).

5. Ce fut ce qui arriva, par exemple, à Mantes, où la confrérie marchande de l'Assomption parait avoir donné naissance à la commune, constituée vers 1110 avec l'assentiment de Louis le Gros; à Marseille, où la confrérie du Saint-Esprit agissait presque conrune corps municipal avant l'institution du consulat ; à Valence, où le gouvernement populaire, sorti de l'émeute qui eut lieu sous l'épiscopat de Guillaume de Savoie, fut également l'œuvre d'une confrérie. Des confréries, qui semblent avoir joué un rôle analogue, apparaissent aussi à Avignon, à Arles, à Digne. Voir Laxbert, Essai sur le rég. munie, en Prov., p. 265, 283, 284.

6. Conciles de Toulouse (1220), de Montpellier et d'Arles (1234), de Valence (1248), d'Avignon (1281 et 1326). Le 37* canon du concile de 1326 est très explicite sur ce point, et prouve qu'il y avait dans le Midi des confréries de nobles comme des confréries populaires. « On voit dans notre pays des nobles et même aussi des gens du peuple former des réunions, des sociétés et des conjurations interdites par les lois divines et humaines. Une fois par an, ils s'assemblent sous prétexte de confrérie, dans un lieu fortifié et, se prêtant serment mutuel, jurent de se défendre contre tous, et de se venir en aide réciproque dans toutes les circonstances. 11 arrive souvent qu'ils revêtent le même costume, avec des insignes particuliers, et qu'ils élisent un chef ou maire, è qui ils jurent d'obéir en toutes choses. De semblables ciTements ofTensent la justice, entraînent des meurtres et [des pillages, font disparaître la paix et la sécurité, aboutissent à l'oppression des innocents et des pauvres, i

INSTITUTIOSS FRANÇAISES. 24

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