‹ Manuel des institutions françaisesChapitre 159 sur 262 · LA VILLE CONSULAIRE · texte numérisé non relu

LA VILLE CONSULAIRE

seul confirmer les chartes communales, se crul en droit d'exercer un pouvoir permanent sur les communes qu'il avait autorisées.

Pendant que la royauté travaillait à atteindre directement les communes dans les Étals de ses prélats et de ses barons, les villes libres, de leur côté, affectaient de se placer elles-mêmes parmi les individualités sociales sur lesquelles s'étendait le patronage immédiat du souverain. Celte tendance des communes à se déclarer directement sujettes de la royauté, et l'opinion du roi lui-môme sur la légitimité de cette immédiatisation, étaient tout à fait contraires au droit établi. Même au xin* siècle, les juges du Parlement de Paris (qui montrèrent plus d'indépendance qu'on ne serait tenté de le croire) n'hésitèrent pas, à plusieurs reprises, à condamner ce principe nouveau. Mais celte légalité que le I*arlement proclamait en théorie, le bailli du roi la violait sans cesse dans la pratique. Son altitude et ses mesures tendaient invariablement à tenir pour non avenu le pouvoir seigneurial. Ce n'étaient pas seulement les agents administratifs de la monarchie, mais le roi lui-môme qui se mettait au-dessus du droit commun.

L'histoire des rapports de la royauté avec le mouvement conmmnal peut être envisagée aussi dans ses particularités. Elle a plusieurs fois changé d'aspect et de caractère sous les différents princes qui se sont succédé du xii° au xiv® siècle. On doit distinguer trois périodes, qui correspondent à autant de phases diverses de la politique suivie par les souverains : 1° les régnes de Louis VI et de Louis VII : période de demihostilité; 2<» le règne de Philippe Auguste et celui de Louis VIII, son annexe : période d'alliance; 3" les règnes de saint Louis, de Philippe le Hardi, de Philippe le Bel et de ses trois fils : période d'assujettissement et d'exploitation,

h, LA VILLE COXSULVIRE*.

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