Caractères particuliers du mouvement consulaire
Au Nord et au Midi, les bourgeois ont usé des mêmes procédés pour acquérir la liberté politique. Le rôle joué dans la formation de la municipalité par les associations marchandes ou religieuses, le caractère strictement aristocratique du gouvernement des villes libres, l'évolution qui amena peu à peu la population inférieure à réagir contre l'intolérance de la haute bourgeoisie et à prendre sa part de l'administration municipale dont elle avait d'abord été exclue, ce sont là autant de traits communs à l'histoire du régime consulaire et à celle du régime communal. Mais il existe aussi, eiitre ces deux grandes formes de rémaiicipation url)aine, des difiérences caractéristiques qu'il importe avant tout de signaler.
a. La part prise au régime consulaire par la noblesse locale. L'entrée des nol)les ou chevaliers [milites] dans les corps nuuiicipaux est un fait exceptionnel dans le régime communal, assez fréquent au contraire dans les villes du Midi, surtout en Provence. L'aristocratie militaire y partage d'habitude les sièges consulaires avec l'aristocratie bourgeoise. Les conditions du partage comportent des inégalités profitables aux nobles : il est des villes où les consuls de la noblesse reçoivent des émoluments très supérieurs à ceux de leurs collègues rotui'iers» et perçoivent la plus
1. C'est ainsi que rêdileur du V.artulnire de l ancienne cathédrale de Mce, M. ne PiERi.AS, a déiiiontrê que les consuls de Mice. qu'on croyait avoir existé au moins dès 1108, ne sont certainement mentionnés «ju'en lli4. Les quatre prétendus consuls niçois du commencement du xir* siècle n'étaient que des officiers seigneuriaux.