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LES GROUPES FÉDÉRATIFS

2i8. 11 existait au moyen Age, sur divoi's points de la France, un certain nombre de municipalités ou gouvernements locaux constitués par ime fédération de bourgs ou de villages, tels que celui qui subsiste encore aujourd'hui, à Télat d'exception, sous le nom de République d'Andorre

a. Dans la région du Laonnais et dans celle du Ponthieu se trouvaien des communes rurales organisées sous cette forme. Dans le Ponthieu, les villages qui avaient reçu l'organisation communale s'intitulaient inlles, pour se distinguer des localit('*s soumises aux conditions ordinaires. Parmi l(»s confédérations rurales qui s'y étaient formées, il faut citer les comnmnes de Crécv, Machv et Machiel ; celles de Crotov, Mavoc et Bertaucourt ; enfin la conmiunc dite de Marquenterre, qui comprenait les villages et hameaux situés entre la baie de la Somme et celle de l'Aulhie. Le centre de celte dernière commune était à Quend-le-Vieux, le plus importimt des villages confédérés. On connaît mal l'histoire de ces municipalités collectives, éUiblies ù la fin du xii*" siècle, peu de temps après la fondation de la connnune d'Abbeville. Les seuls détails intéressants qui soient parvenus jusiju'à nous concernent la commune triple du Crotov, de Mayoc et de l^'rtaucourt. A l'origine, le centre, la capitale de cette comnmne fédérative, était Mayoc, qui aujourd'hui n'est plus qu'un hameau. Au xm* siècle, le siège du pouvoir et de l'administration communale se déplaça et fut fixé au Cmloy, dont l'importance ne fit que s'accroître.

Le Laonnais présente le même spectacle que le Ponthieu, avec quelcpie chose de plus caractéristique. Au sud de la connnune de Laon, et dans un rayon de quinze kilomètres à peine, se formèrent quatre confédérations communales, composées de paysans appartenant, pour la plupart, aux seigneuries ecclésiastiques de la cité. I^a première en date fut la connnune de Bruyères, Ghéret, Vorges et Valbon, dont Bruyères était le chef-lieu. Les honnnes qui lavaient constituée étaient sujets de trois seigneuries différenles : celles du roi, de l'évéque de Laon et de la famille féodale du

♦Aiu. TiiiEiinv, i)or. iii'Jl. sur l'hiuLtiu Tient Eftit, t. IV. — Lcchairk. Les vommunvH françaises, p. 78-79 cl 81-90. — Nellevii.i.e. Hist. de fa commune <lu Laonnais 1 1853). — DnAHARD, Le pays de Lalleu, dans liuH. du Comité des traraujr histor., an. 188 L — CADien, Les Etats de lira m. — >Vkmter, Quelffues notes arrhêologiques sur les mœurs et les institutions de la rt^gion pyrniéenne, dans Huit, de la St}r. des sciences, lettres et arts de Uayonne (1885). — De Coufsenaker. Essai historif/ue sur les Iloop |l8<Wi). — Bo.nvai.ot, Le Tiers Et.it, etc.

4;>t> LKS INSTITn IONS IWULAIliKS.

Marché. Un an après la restauration do la commune de Laon, eu 1129, ces trois seigneurs s'entendirent pour donner, moyennant le payement d*unc rente, la charte laonnaise aux villageois des quatre localités. Il se peut qu*ici la commune se soit établie pacifiquement, du moins il n^existc psis de document qui permette d'affirmer le contraire. Trenle-cinq ans après, en 1174, le roi Louis VII, profilant d'une vacance du siège épiscopal, accordait une connu une aux paysans de Tévéché de Laon, réunis en une confédération de dix-sept villages ou hameaux, à la tête desquels était un bourg, aujourd'hui chef-lieu de canton, Anizy-le-Château. Sous le régne de Philippe Auguste, en 1184, une troisième agglomération rurale se forma un peu au sud de celle de Bruyères : la commune de Cerny-en-Laonnais. qui comprenait, outre ce village, ceux de Chamouille, Baulne, Cliivy, Cortone, Verneuil, Dourg et Comin. En 1196 vint se juxtaposer aux précédentes une quatrième confédération, constituée, avec le consentement du seigneur, par les honmies de l'abbaye de Saint-Jean -de-Laon, et composée des villages de Crandelain (chef-lieu), Trucy, Courtecon, Malval, Colligis et Lierval.

Ainsi, sur un très petit espace, équivalant à peint» à deux C4tnlons do moyenne étendue, se fondèrent quatre républiques fédératives de paysans dont les territoires se touchaient, toutes pourvues de la sanction de l'autorité royale, toutes possédant les mêmes libertés que la grande cité de Laon. La charte qui les régissant ètiit en effet la même : l'institution de paix de 1128. Ces quatre républiques étaient voisines elles-mêmes de la commune de Vailly, autre confédération rurale, com[)osée des villages de Vailly (chef-lieu), Condé, Chavonnes, Celles, Pargni et Filain.

b. En Franche-Comté, Pontarlier était, au xnr siècle, le centre d'une organisation fédérative analogue. Elle ne formait qu'un corps politique avec une vin»!:taine de paroisses situées autour d'elle. Os villages participaient aux droits des bourgeois urbains [)0ur l'élection des magistrats, connue à leurs charges [mur les dé[)enses d'adnïinistration.

c. Des uumicipalilés fédérées, composées de deux à sept éléments, organisées non plus en conmiunes, mais en villes franches, et dotées des privilèges de la fameuse loi de Beaumont, existaient aussi en Lorraine.

(L Dans la partie montagneuse de la région qui correspond aux départements des Hautes-Alpes et des Bass<»s-Alpes, le territoire rural était partagé en mandements et en escartons, qui apparaissent souvent sous la forme de confédérations de paroisses et ne constituaient qu'une nmnicipalilé. Chaque subdivision de mandement nonnnait un consul et quelques conseillers dont la réunion constituait le pouvoir législatif et exécutif de la connnunauté.

e. Cette même organisation fédérative était IVétiuente dans la région pvrénéenne, on les villages des vallées ne formaient qu'une municipalité, administrées p;n* un conseil municipal comnmn, une assemblée de jurats (|ui représentait la vallée dans les Ktats du pays.

/'. In de ces groupes ruraux a subsisté, à travers toute la période du moyen âge et des temps modernes, jusqu'à la Dévolution : le petit |kivs

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