UUior. de /•>., X, 552 cl
2. Ibid., 501, leUrc du comte de Blois Eude II au roi Robert. 5. SucEB, Vie de Louis le Gros, éd. Molinier, p. 1S5.
4 Texte de i»k Yailly, dans hH)l. de VÉc. des Ch., t» XXXIIÎ.
évêques et des papes, de veiller de près à ce que les canons des conciles soient réalisés, de donner la sanction de la force aux arrêts prononcés par rautorité spirituelle contre les hérétiques. Cette obligation est proclamée dans la formule du sacre : l'histoire tout entière de la monarchie prouve que les rois n'ont jamais cessé de s*y conformer.
On conclura aisément de ce qui précède que l'idéal de la royauté capétienne a été réalisé par saint Louis, le roi religieux et justicier par excellence. Nul ne fut aussi pleinement que lui dans la vraie tradition, et n'a considéré, au même degré, le pouvoir royal conune un sacei'doce, destiné h assurer le triomphe du droit et de la paix en général, maïs surtout celui de la morale et des lois de l'Église. C'est la conception chrétienne qui prévaut dans la royauté de saint Louis : elle a été le point de départ de toute sa législation, également préoccupée des intérêts matériels et spirituels de ses sujets, comme elle a inspiré sa politique extérieure, dont la croisade fut Tacte dominant.
251. Caractère de la royauté au Xlir siècle. — l/histoire intérieure de la monarchie s'explique en grande partie par un fait : la double situation du Capétien, à la fois suzerain et roi, chef de la hiérarchie des seigneurs en même temps que monai*que de droit divin, engagé dans la féodalité et cependant, à d'autres égards, placé en dehors et au-dessus de l'édifice féodal. On ne peut nier que ces deux rôles ne s'accoi-dent et ne se confondent même en certains cas, mais souvent aussi ils sont distincts et inconciliables. De là les incohérences et les contradictions que présente la manière d'être du prince à l'égard de la féodalité. Tantôt nous le voyons se confonner aux lois et aux habitudes dominantes, ce qui ariive surtout quand son intérêt le pousse à user des droits que la coutume reconnaît à tous les suzerains ; tantôt, quand cotte même coutunu^ lui est désavantageuse, l'hisloire nous le montre «'appuyant sur un principe supérieur pour n'avoir point à l'observer. Chez lui, le droit du suzerain et le droit du roi se corrigent et se coniplélent l'un par l'autre; c'est en usant de tous les deux qu'il est arrivé à ruiner la féodalité et à reconstituer l'unité des pouvoirs publics.
A aucun moment la monarchie capétienne n'a été purement féodale ; mais il faut i*ecomiaîlre que ce caractère s'est accentué en elle à mesure qu'elle s'éloignait de son origine. Les rois du xi'' siècle durent à la tradition carolingienne, dont ils étaient les héritiers directs, la possibilité de se tenir, dans une certaine mesure, au-dessus d'un régime contraire à la nature propre de leur pouvoir, et cjui d'ailleui's n'en était pas encore arrivé à son com[)Iet développement. (!li(»z eux dominent encore les tendances qui caractérisent toute puissance de droit divin et h»s traits essentiels d'une autorité qu'ils avaient reçue de la dynastie précédente, et qui se trouvait à la fois antérieure et supérieure à la féodalité. Quand celle-ci eut atteint son apogée (comme régime social), au déclin du xn** siècle, la royauté subit de plus en plus, comme tous les autres éléments nationaux, la pn»ssion irrésistible des idées et des formes pr(>pres à ce régime;