Voir les toxlfts cités par \V\i.i,on, I, tiT
4. Teoi.et, Lay. du Tr. dcn Ch., n* '2885. Sou premier douaire, comprenant Meulan, Pontoisc, Étampes, Dourdau, Cort)eil, Mcluu, fut au^nnenté en 1240 de Crcpi-en- Valois. La Ferlé-Milon. Villers-Cotlercts, Viviers. Pierrefonds. Elle avait en outre 4 500 livres parisis de revenu.
260. Les autres membres de la famille royale. — Dans les deux premiei's siècles capétiens, les membres de la famille royale autres que l'héritier et la reine paraissent tout à fait à l'arrière-plan. Les filles ne souscrivent jamais les diplômes, bien qu'elles reçoivent le titre de reines, suivant un usage qui remontait aux premiers temps de la monarchie mérovingienne. On les marie souvent à des princes étrangers, quelquefois aussi à de grands feudalaires français. Dans ce dernier cas, elles peuvent servir utilement les intérêts de la dynastie en permettant à l'influence royale de s'exercer sur un fief où la couronne ne compte aucune possession directe*. Les dots qu'on leur attribue et qui s'ajoutent aux frais considérables de leur mariage deviennent, au xni* siècle, une lourde charge pour la couronne'.
Les fils qui n'étaient point appelés à recueillir l'héritage de la dignité royale se trouvaient naturellement dans une situation bien inférieure é celle de l'anié. Cette infériorité fut d'autant plus marquée que s'effaçait davantage le souvenir de l'antique coutume germanique en vertu de laquelle les enfants mâles, considérés comme égaux en droit, se partageaient la succession paternelle. On a vu comment s'est développé le principe de primogéniture sous les Capétiens du xi« et du xn« siècle. Remarquons seulement que, dans la période qui suivit leur avènement, la coutume de faire souscrire les diplômes royaux par les fils non désignés comme héritiers était beaucoup plus souvent pratiquée, et qu'à cette époque aussi, ils étaient mis en possession d'apanages plus considérables. De même qu'au x* siècle Otton et Henri, fils de Hugues le Grand et frères de Hugues Capet, avaient été successivement investis du duché de Bourgogne, de même Robert le Pieux mit son fils Henri à la tête de ce grand fief. Henri, à son tour devenu roi, en laissa la direction à son frère Robert. Mais, dès lors, cette importante possession était perdue pour la dynastie. Robert, dit le Vieux, fut la tige d'une lignée de ducs de Bourgogne indépendants qui se montrèrent quelquefois, par leur hostilité envers la royauté, fort oublieux de leur origine. On ne voit pas, il est vrai, qu'Eude, le dernier des fils de Robert II, ait été apanage. Les deux fils puînés de Henri 1«% Hugues et Eude, ne furent pas plus favorisés.
Le fils que Philippe I*"' avait eu de Bertrade de Montfort, Philippe, fut investi par son père de la seigneurie de Mantes, puis de celle de Montlhéry. Parmi les nombreux fils de Louis le Gix)s, quelques-uns, comme Robert et Pierre, reçurent aussi une seigneurie, mais peu importante. Robert fut
1. Philippe Auguste, en particulier, fit de sa fille Marie un instrument de sa politique. Il la fiança ou la maria successivement à Arthur de Bretagne, à Philippe de Namur et à Henri de Drabant. Cf. AVillwton AValkbb, 29-3i.
'2. Lorsque saint Louis mana sa fille Isabelle en 1255 au roi de Navarre, il lui donna 10 000 livres, et depuis la môme somme fut attribuée à ses autres filles. Le trousseau de la première coûta 5284 livres (près d'un demi-million de notre monnaie) (Voir Tille- MoxT, Vie de saint Louis, lY, 59. Brcsskl, I, 470). Louis VIII avait légué 20 000 livj'es à sa fille [unique, il est vrai).
fait par son père comte do Dreux, et Pierre se trouva, du chef de sa femme, seigneur de Courlenai. L'exiguïté de leui*s ressources et de leurs domaines répondait, jusqu'à un certain point, de leur conduite envers le roi et les empochait détre un obstacle sérieux à son autorité. Philippe Auguste se conduisit de même avec son fils légitimé, Philippe Hurepel, qu'il fit simplement comte de Boulogne * et de Clcnnont et qui fut en somme un baron d'ordre secondaire, sans infiuence dans le gouvernement.
Henri et Philippe, fils de Louis le Gros, avaient été destinés par leur père à l'état ecclésiastique. Louis VllI, par un article formel de son testament^ décida que son cinquième fils et tous ceux qui viendraient ensuite seraient voués au clérical. Une disposition de ce genre ne se trouve plus dans le tes'iment de saint Louis. L'usage voulait que les princes destinés à la condition cléricale fussent mis en possession des églises ou abbayes royales le plus immédiatement soumises à l'autorité souveraine, comme celles d'Étampes, deCorbeil, dePoissy, de Hantes et de Pontoise, et investis du titre de trésorier à Saint-Martin de Tours ou à Saint-Corneille de Compiégne. De plus, la carrière épiscopale leur était ouverte. Le fils bâtard de Philippe Auguste, Pierre Chariot, trésorier de Saint-Martin, devint plus tard évéque de Noyon. Henri de France, frère de Louis VII, arriva même à l'archevêché de Reims et a la primatie du royaume. Il se trouva aloi^ en situation de rendre à la royauté, par ses relations dii'ectes avec la cour de Rome, les services les plus signalés,
A toutes les époques, les mariages des fils puînés du roi furent, comme ceux des princesses royales, un moyen pour le gouvernement capétien d'étendre son infiuence et sa domination indirecte aux fiefs restés ju^ qu'alors indépendants et comme étrangers à la famille régnante. Hais ce fut surtout au xni<^ siècle que ce pi*océdé, pratiqué en gi*and, produisit d'importants résultats. La Bretagne, le Toulousain, la Provence, le Nivernais, le Bourbonnais, entrèrent ainsi dans le cercle des États féodaux rattachés au royaume parles liens de la parenté.
2(M. Les apanages au XIIF siècle*. — A |)arler rigoureusement, on ne peut dire (jue Vapatiage, c'est-à-dire la dotation immobilière constituée au profit d'un fils puîné, ait été une nouveauté, introduite en i225 par le testament de Louis VUI, puisque la période précédente offre, comme on Ta vu plus haut, plusieurs exemples de dotations de cette nature. On
*CiioppiM, De Uomanio Francia', ôd. de 1874. — Moreau de UKAmoNT, Mémoires sur les impositions de la France (1785). — Dupin, Traité des apanages (1855). — Migxct, Kstfai sur la formation territoriale et politit/ue de la France depuis la fin du XI' siècle jusqu'à la fin du xv" (1845). dans Notices et mém. histor., t. II. — VriTiiY, Etudes sur le rtUj. financier de la /->., I, 22() suiv — Bodtaric, Saint Louis et Alphonse de Poitiers [\H10). — A. Moli.mer, Étude sur l' administrât itm de saint Louis et d'Alphonse de Poitiers dans le Languedoc, dans Hisl. de Lang., t. VU.
1. Et encore n'cntra-t-il en pleine possession de ce fief qu'après la mort de son père (\Viu.iST«x NVai.ker, p. 28).