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Teulet, Lay. du Tr. des Ch., n

remarquera seulement que, sauf le cas du duché de Bourgogne abandonné par Henri 1**' à son frère, les prédécesseurs de Louis VIH , ou bien n'ont pas constitué d'apanages, ou bien n'ont aliéné, en faveur des puînés, que des fractions insignilianlcs du domaine royaL Louis YllI rompit avec cette tradition, en assignant, par testament*, à ses puînés, des terriloires étendus, provenant des conquêtes de Philippe Auguste : le comté d'Artois pour son second lils, le comté d'Anjou et du Mans pour le troisième, le comté de Poitou et d'Auvergne pour le quatrième. Sa volonté étiit tellement arrêtée sur ce point qu'il a cru nécessaire de l'exprimer deux fois dans l'acte solennel où il dispose de ses biens. Le mobile qui le portait à opérer ce partage (hanc divisionem) était le désir de prévenir toute discorde entre ses fils (ne posset inter eos discordia suboriri^). Peut-être avait-il en vue certains faits de l'histoire de sa famille, au xi'^ et au xu'' siècle, d'où il ressort que l'ambition des frères du roi, sacrifiés complètement au profit de leur aîné ou mécontents de l'insignifiance de leur apanage, avait à plusieurs reprises troublé la monarchie. On ne peut nier en effet que la féodalité hostile n'ait tix)uvé trop facilement le moj^en de les exciter à la révolte et de se servir de leur nom pour couvrir d'une apparence de légitimité la lutte contre l'autorité souveraine'.

Quoi qu'il en soit, le testament de Louis VIII fut exécuté avec un soin scrupuleux par l'héritier de sa couronne. Saint Louis distribua à ses frères Robert, Charles (qui avait succédé a Jean, mort en bas àgt») et Alphonse, quand ils eurent l'âge d'être pourvus, les territoires que la volonté paternelle leur avait assignés. 11 accrut même leurs possessions en leur faisant contracter des mariages avantageux avec les héritières de certains grands fiefs. Ainsi se constituèrent, au milieu du xui*" siècle, de vastes dominations politiques (notamment l'État angevin-provençal et l'P^tat languedocien-poitevin) que des hens étroits rattachaient au domaine royal, mais qui, en dépit de la parenté et de l'hommage féodal prêté par les apanagistes *, pouvaient créer de sérieux embarras au chef de la monarchie. Il semble que ce danger ait été entrevu par les deux successeurs

1. Voir le testaincnl de Louis YllI, dans Teulet, Lay. du Tr. des Ch.j a* 1710.

"l. Le motif exprimé par Philippe III dans son testament est encore la nécessité d'assurer l'union entre ses lils : « Désirant que nos enfants, après notre décès, soient en amour et eu concorde et que toute manière de contestation soit ùtéc d'entre eux, etc. » (Cii.-V. Lasclois, Philippe II L p. 186].

5. Henri I" eut ainsi à réprimer, de la part de son frëi*e Eude, une tentative qui faillit miner son {)ouvoir. Louis le Gros se vit également obligé d'user de rigueur contre Philippe de Mantes, le fils de sa belle-mère Berlrade. Les mêmes rivalités se produisirent sous le règne de Louis VII. Pendant que ce prince guerroyait en Terre Sainte, son frère Robert, revenu en France quelque temps avant lui, fut le prétexte et le centre d'un dangereux complot féodal. La fermeté de Suger conjura ce péril : mais, à différentes reprises, les deux autres frères du roi, Henri et Philippe, tirent au gouvernement, à pro[K)s des aflaircs ecclésiastiques de Beauvais et de Compiégne, une opposition tenace qui causa pendant un ceilain temps le plus sérieux embarras à la royauté (Instit. monarch.. H, 81, et lOl-ltW}.

4. Voir l'acte de Robert d'Artois, de 1237, dans Teulet, Lay. du Tr, det Ch., u* 2562.

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immédiats de Louis Ytll, car les apanages constitués par Iiouis IX et Philippe III, en faveur de leurs puînés, rentrèrent dans la mesure de ceux que les rois du xu« siècle avaient donnés a leurs enfants*. Philippe le BeU au contraire, revint à la tradition de Louis Ylll, en assignant le comté de Poitou à son second fils Philippe, le comté de la Marche à son troisième fils Charles, et surtout en laissant son frère, Charles de Valois, réunir à son modeste apanage l'Anjou, le Maine, le Perche et le comté d*Alençon.

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