Laxgi.oi.4, Philippe UL p
4. BocTARic, La France sou» Philippe le Bel, p. 5. D'ailleurs on a remarqué que Pbilippe le Bel ne fit à son lils qu'une cession très restreinte et soumise à de nombreuses réserves (P. Guériji, Introd. au Renteil de Documents concernant le Poitou, dans Arch. histor, du Poitou, t. \I (1881), p. 17, sur l'administration apanagique de Philippe le Long).
et sur les dangers de ces constitutions d*apanages « qui faisaient de la fécondité de la maison royale une calamité publique, mettaient en question, à chaque règne, la puissance de la branche régnante, et retardaient la formation de l'unité territoriale du royaume ». Il est ccilainque la féodalité apanagiste qui remplaça Tancienne féodalité indépendante, au xiv^ siècle, créa de sérieux périls à la monarchie et ouvrit, pour le gou vernement roval, une nouvelle ère de dissensions intestines et de luttes acharnées. Hais les inconvénients du système des apanages se produisirent surtout dans la période postérieure à celle qui est Tobjet de nos études. Au xnr siècle, Tesprit monarchique remportait, à la cour des rois de France, sur Tesprit féodal, et ceux-ci eurent assez d*autorité pour maintenir les liens de famille et la subordination politique qui rattachaient à leur trône les princes apanagistes. Il était d'ailleurs bien difficile, en raison du degi*é de puissance et de gloire auquel arriva la dynastie capétienne sous Philippe Auguste et ses successeurs, que les frères du chef de TÉtat fussent réduits à une position précaire, et vécussent obscurément, dépourvus de tilres nobiliaires et surtout de ces possessions temtoriales qui étaient alors le signe d*une haute naissance, et Taccompagnement obligé de toute situation élevée dans le monde féodal. 11 ne fallait pas que les princes du sang royal fussent dans une condition trop inférieure à celle des hauts barons.
Du reste, comme Ta dit excellemment un des chefs de noti-e école historique, Mignet, a les apanages furent pour la monarchie un moyen de gouverner les pays conquis, en leur donnant des dynasties tirées de son sein. Ces dynasties, remplaçant les anciennes lignées féodales dans les provinces, y transportèrent la noblesse, la langue et les mœurs de la France centrale. Leurs liens de parenté avec la dynastie mère et la subordinalion plus oxacle qu'elles observaient envers elh» (levaient rattacher peu à peu les pays qui leur étaient dévolus à la France, appelée à les posséder en cas d'extinction des familles apanagées. Le gouvernement des princes apanagistes fut ainsi, pour ces provinces, une période de transition pendant laquelle elles s'accoutumèrent h accepter plus docilement la domination capétienne. » A ce point de vue l'histoire d'un apanage comme celui d'Alphonse de Poitiers et l'étude de ses rapports avec le chef de la monarchie sont pleins d'enseignements féconds, nécessaires à qui veut se rendre compte du développement du pouvoir myal au xnr siècle, dans une notable partie du territoire français. Alphonse dota son apanage d'une administration à peu près semblable à celle qui régissait le domaine du roi et s'inspira consUmiment des principes que saint Louis mettait en pratique. Il introduisit dans son État le système de la comptabilité royale, l'institution des enquêteurs, et constitua même, pour tous ses fiefs de la France centrale et méridionale, un pm^ lemenl unique dont l'importance et le ressort dépassaient ceux des cours féodales qui existaient chez tous les hauts feudalaires. La conclusion des érudits qui ont étudié le plus récemment l'administration d'Alphonse de Poitiers reste toujours très favorable à saint Louis et à
son fr(>re. « En somme, dit M. Molinier, leur gouvernement fut aussi bon qu'un gouvernement pouvait Fôtre au xiii* siècle. Pour la première fois depuis les beaux temps de TEmpire romain, le Midi fut administré d'une manière intelligente. Le prince exerce peut-être une influence personnelle trop active sur la conduite des affaires, mais la théorie de la prérogative royale, telle que la formuleront les légistes de Philippe le Bel, n'est pas encore née, et Ton peut dire que le Languedoc, que la France, eussent été trop heureux s'ils n'avaient jamais connu d'autre régime. »