Lrcnvmï;, Instit. monarch., I, 170, noirs ." c
2. Ordonn., I, 472, l*liilipp«' le Brl. ir>Oy; : « Attendontos (piod in eniolumonlis (pia* laliono juiainentoruni lidclitatuni, (jtia' ab ipsis opisi'opis, abbatibus, abbalissis et aliis pin'latis ic^ni nosiri cMUisiicvennit prii'slari, certani vi<l('lirot dcccni librarum suinmani in qiidlibot jnianuMito, ratione Dapiferiie rel Senrscalliie Franei»*, quam in manu noslra tenetnus, vie.
Louis VI et Louis VII, la chancellerie a traversé à peu près les mêmes vicissitudes que le dapiférat : la plupart des clercs qui Tout obtenue ont mal fmi, en ce sens que leur retraite n*a pas eu lieu dans des circonstances pacifiques, et que les vacances d'office ont été multipliées et prolongées à dessein. Après la mort du chancelier Hugues en 1185, lecancellariat fut aboli de fait par Philippe Auguste, qui le laissa vacant pendant tout son règne. Mais la garde du sceau et l'expédition des diplômes furent confiées aux soins d'un Hospitalier, frère Guérin (vices cancellarii agens). Sous Louis VIII, le cancellarial fut officiellement rétabli en faveur du même personnage ; puis, lorsque, en 1227, Guérin se fut démis de ses fonctions, la vacance de la chancellerie devint définitive. Les rois du xin« siècle n'eurent plus de chanceliers en titre; ils les l'emplacèrent par des gardes du sceau, amovibles en droit, et fréquemment changés en fait. Dans les documents contemporains, quelquefois même dans les textes officiels, on continue à les appeler abusivement caiire//aî7Ï. En réalité, ce ne sont plus que des vicecancellarii : leur véritable titre est celui de custodes sigilli ou magni sigilli régis * .
Sous Philippe le Del, roi innovateur à tant d'égards, la garde du sceau royal fut, à deux reprises, dévolue à un conseiller laïque : Pierre Flotte en 1300 et Guillaume de Nogaret en 1307. A la même époque, la fonction prit une importance considérable, car tous les actes de l'autorité royale passaient par les mains de celui qui dirigeait la chancellerie ; il était le secrétaire du roi, et le chef de ses bureaux, souvent même un vrai premier ministre. La plupart des grandes ordonnances qui règlent, au commencement du xiv siècle, l'administration du royaume, renferment des dispositions relatives au chancelier, à ses attributions, à ses devoirs, à ses émoluments'.
283. Le ohambrier*. — Le chambrier de France ou grand chambrièr {camerarius) apparaît, pour la première fois, sur les diplômes capétiens, en 1047. L'autorité dont il jouissait a varié suivant les époques. Au temps de Henri P% un chambrier apparaît comme le commandant en
* DucANGE a donné, au mot Catnerarius, un état des droits attachés à la cbambrcrie, mais, bien que ce document se réfère sans doute & des faits anciens, comme il est de l'année liiO, nous ne pouvons en faire usage. Cf. sur le camérariat et les chambriers de Téfioque capétienne, Lui:uaire, Itisiil. monarch., I, 172-174; Louis >^, append., p. SOi-ISOa; Éludes sur les actes de Louis K//, p. 48-50. — L. Delisle, înti*od. au Catal. des actes de Ph. Aug.y p. lxxxu-lxxxiv. — ^VlLLlST0^• Walker, Philip AugustuSf etc., p. 46-48.
1. Guillaume de Nogaret s'est expliqué lui-même clairement, sur ce |M)int, dans son apologie de 1510 (Rexaii, Ioc. cit., p. 300) : < Nec ego sum cancellarius, sed sigillum régis custodio, sicut ei placet, licet insufllciens et indignus, tamen fldelis, propter quod railii commisit illam custodiam, quam exercco, quum sum ibi, cum magnis angustiis et laboribus propter domini mei honorem. >
2. Voir ces dispositions indiquées dans Ycitry, Eludes sur le rég. financ, de la Fr,^ II, 239, note 2.
chef de l'armée royale, rôle qui, dès la fin du xi* siècle, sera celui du sénéchal. Sous Philippe l", jusqu*en 1070, c'est le chambrier qui signe le premier les diplômes royaux : un de ses chambriers a porté le litre de « maître de la maison du roi » ; sous Louis VI, le chambrier passe au troisième rang, parfois au quatrième; sous Louis VU et Philippe Auguste, sa souscription vient régulièrement ravant-dcmière. La part considérable que le chambrier Barthélémy de Roye a prise aux affaires publiques, sous Philippe Auguste, Louis Vlll et Louis IX, a été le résultat d'une situation personnelle, beaucoup plus que de l'inAuence inhérente au titrée A la fin du xiu*' siècle, le camérariat est devenu un oflice presque purement honorifique, possédé quelquefois par de très hauts barons. Les fonctions domestiques qui y sont attachées et le rôle important qu'elles confèrent sont dévolus depuis longtemps aux ofliciers inférieurs de la chambre ou chambellans. — En règle générale, le chambrier de France a dans ses attributions : 1° la garde de la chambre où se trouvent le trésor, les joyaux de la couronne et les archives ; 2« la direc- . tion de tout ce qui concerne le gite et le vêtement de la famille royale, l'ameublement et l'entretien du palais. Les revenus de son fief proviennent surtout : 1° des domaines attachés à la chambre^; 2* des droits prélevés sur les corporations qui s'occupent de la confection et du commerce des vêtements*.
284. Le bouteiller*. — Le bouteiller de France ou grand bouteiiler (bntictdarius) est nommé pour la première fois avec ceilitude * sur un diplôme royal de 1045. Au xi^" siècle, on l'appelle quelquefois aussi ptncerna, mais, pour se distinguer des échansons en sous-ordre (pincermp^ plus Urd scantionea), il porte assez souvent le litre de magUter pincemarum. Au xii'^ siècle et au xiir, le mot bulicularius est consacré pour les souscriptions finales des actes royaux. Après le sénéchal et le chancelier, c'est le bouleillcr qui esl le plus souvent nommé dans les textes dos deux
* I)c<;ant.k, (Uo»s. lat. au mol UiTicuLAniis. — Luchairk, hisfit. monarch.^ 1, 17(5-177: l.<tuif< 17, iippoinl., p. 304; Etudes sur les actes de Louis Vil, p. 48. — L. Dklisi.e, Introd. au Catal. des actes de Ph. Aug., p. lxx\h. — ^Villi^tox Wai.kkr, Philip Aufjustus, (Me, p. 4r>-i0. Cf. (lii.-V. Langlois, Philippe III, p. 505, note 2.
1. Toile esl ropinioii très justifiée de M. Wm-liston Walkkr ip. 47-48), qui a rassemblé les priiioipuux fnits relatifs à la vie politijpie de llaiiliéleniv d(î Hoye. Ce même personiin^e, au dire de la ('Jironitpie de Tours illF. XVIII, 519), tint une place prépondérante daus le ff(»uvernemeut royal peiidaut la ré^^euce de Dlanclie de Caslille.