‹ Manuel des institutions françaisesChapitre 205 sur 262 · LucuAiRE, Instil. monarch,, ], i7t-172, et les notes · texte numérisé non relu

LucuAiRE, Instil. monarch,, ], i7t-172, et les notes

3. C'est sans doute à ces derniers que se rapporte la mention du mare$callu$ equorum que nous trouvons dans le compte de 1202, publié par Brdssel, GLIX, p. 2.

4. Guillaume le Breton, Philippide, éd. Delaborde, VII F, 283 : c Henricus vero modicus vir corporc, magnus. — Viribus, arma ta nulli virtute secundus — Cujus erat primum gestare in prelia pilum — Quippc marescalli claro fulgebat honore. »

5. Voir l'ordonnance de Philippe le Bel, de 1306, sur le rétablissement du duel judiciaire {Ordonn., I, 438).

6. Livre des métiergj p. 44, 51. Cf. Fac.mez, Éludes sur V industrie^ etc., p. 98, 139. Il y est parlé des droits prélevés, au xni* siècle, par le mestre maréchal.

7. Guillaume le Breton (éd. l>e1aboi*de, Chronique, I, 265), rappelant que Jean Clément succéda h son frère Henri Clément dans le maréchalat, ajoute : c Fit hoc totuni fuit de l)eiiignitale rogis, quia hereditaria successio in talibus ofliciis locum non liabct ». Cf. le serment prêté par Jean Clément à l'avènement de Louis VIII, en 1223 (Nartène, Ampl. coll., I, 1175) : c Ego, Johannes marescallus domini Ludovici régis

resta pendant plus d'un siècle la propriété de la famille des (Iléinenl, où le roi permit qu'elle fût transmise de père en fds. Sous le règne de Philippe Auguste, le rôle important joué par cette famille dans les conseils comme dans Tarmée du roi ' explique la considération qui s*attacha, à cette époque et par la suite, à la fonction de maréchal.

287. Les chambellans*. — Les officiers à qui incombaient le soin et la garde de la chambre a coucher du roi (cubiculum) ne doivent pas être confondus avec le chambrier, chargé de surveiller la caméra^ chambre où se trouvaient le trésor particulier du roi et les archives de la couronne, bien que les documents, même ofliciels, leur donnent souvent le nom de camerarii régis. Leur véritable titre est cubiculariiy camberlani (Ti*et xn» siècles), cawfre//ani{xii* et xni* siècles). Les chambellans, généralement de petite naissance, surtout à Torigine de la dynastie, étaient toujours en contact avec le roi, et par suite ils exercèrent de bonne heure, au palais, Tautorité dont le grand chambrier, haut baron souvent absent de la cour, ne jouissait que d'une façon nominale. Dès le règne de Louis VII, les chambellans du roi paraissent avoir une influence considérable dans le conseil ; ils en profitent pour obtenir des postes importants dans l'administration ou dans l'armée, et faire donner des évéchés à leurs parents. Leur importance s*accroît encore sous le règne de Philippe Auguste, grâce à la haute situation occupée auprès du roi par la famille de la Chapelle (autrement dit de Nemours ou de Yillebéon) *, qui

*LuciiAiRE, Instit. monarch.^ I, 174*175. — L. Demsle, inU*od. au Catal. det actes de Ph. Ang., p. Lxxxiii. — >ViLLisTON )?Valker, p. 47, note 1. Il est arrivé quelquefois, contre l'usafrc normal, que le chambellan a souscrit les diplômes réguliers, à la place (lu fjrand chanibrier, soit j>cndant une vacance de l'office, soit pour une autit» raison (Liciiairk. Instit. monarch., I, 175, note *2). Tu diplôme de Henri !•' fait mention d'un mun-vhamhricr 't(uht'amcrariuit\(\\i\ ne se retrouve plus sous les iy^'HCs suivants (ibid., I, 174, note 5). Sur les chambellans sous Philippe III, voir Cii.-V. La.nclois, ]). 38-51).

illustris, notum facio univ<'rsis présentes litteras inspecturis, me sup<?r sacrosancta jurasse ipsi domino rep quod non retinebo e(pios nec palefridos nec l'oncinos redditos ad opus meum, ratione ministerii mei (piod babeo de dono ipsins domini régis. Nec ej;o, nec lieredes mei, reclamabimus marescalliam jure liereditario tenendam et habeiidam, etc. »

1. V()ir, sur 1rs (élément et sur les autres maréchaux de Philippe Auguste, Williston Wai.kkr, Phi/ip AufjuHtim, i»tc., p. 5^55. Eu 1205, les Olim (1, 172] mentionnent Ileni-i, maresrathis Francic et dominus Argcntonii, qui ne peut t*'tre qu'un descendant d'Henri Clément, ce maréchal à qui Philippe Auguste avait donné en effet le chAteau d'Argeiiton (Dkmsi.e, Calai., w lOili.

2. Voir l«;s textes rassemblés par Wn.LisTox Wai.ker, p. 48-.^0. Nous n'admettons pas l'opinion de vvX auteur, qui voit dans les pouv(»irs donnés au chambellan Gautier le Jeune pour organiser le Trés^or des Charles [après la perle des archives royales au combat de Fréteval), un démeinhreuuMil des prérogatives du chanceher (p. 44). La garde des archives avait toujours relevé des foncliomiaii'es de la chambre et non de ceux de la r/ianrellrrie. Aux renseignements fournis par Williston Walker sur les chambellan> de Philippe Auguste, il faut joindre ceux qui nous font connaître le rôle

resta en possession de la chambre pendant le xn'' et le xhi« siècle, et disposa souvent des bénéfices ecclésiastiques.

Los pi'érogativcs et la fonction du grand chambrier devenant de plus en plus honorifiques, le corps des chambellans n'en prit que plus d'autorité, et leur nombre ne fit que s'augmenter. Au xui* siècle, l'un d'eux acquiert définitivement sur les autres une suprématie déjà très accusée sous le règne de saint Louis : il devient, sous le nom de chambellan de France ou de grand chambellan (cambellanns Franciœ, magister cambellanoruniy meslre chamberlenc), un fonctionnaire de premier ordre, appelé parfois à partager avec le grand chambrier les revenus prélevés sur certains métiers de Paris*. Le chambellan de France finit à son tour, comme le chambrier, par ne plus guère posséder de sa fonction que les droits honorifiques et lucratifs. La charge réelle était laissée aux chambellans ordinaires, qui avaient eux-mêmes sous leurs ordres, comme on le verra plus bas, des officiers inférieurs appelés raleU de chambre {valleli camerœ). L'histoire de Pierre de la Broce, sous Philippe le Hardi, montre clairement à quel degré de puissance les chambellans royaux pouvaient s'élever et combien ils avaient à redouter, en ce cas, l'hostilité des membres de la famille régnante et des barons de l'entourage du souverain'. — Ce n'est que dans la seconde moitié du xin* siècle que ces documents relatifs aux droits des chambellans commencent à être explicites. Une ordonnance de i27î2^ et certains passages des Olim^ prouvent qu'outre leurs gages et les terres qu'ils tenaient du roi en fief, les fonctionnaires recevaient de l'argent ou un cheval lorsque les vassaux du roi venaient faire acte d'hommage, el les prélats nouvellement institués prêter le serment de fidélité.

288. Les chefs des services inférieurs. — On peut ranger dans la catégorie des officiers d'ordre secondaire ceux qui présidaient aux services de la bouche, de l'escorte militaire, du train de chasse, de la chapelle, etc., et entre autres :

i® Le grand panelier ou panetier de France* (panetarius Franciœ, ma-

* DircAMGE, au mot Paneiarius. — P. Axskime, VIII, 606. — HF, XXI. p. 208.— Olim., m, 1254. — Fagxikz, Études, etc., p. 136-137. Renier A ccori-e, le célèbre financier, ministre de Henri III, comte de Champagne, fut fait panetier de France (Cm. V. Lak- GI.OIS, Philipj}r III, p. 4K). — Le Catalogue des acten de Ph. Aug. contient de nombreux actes de donations en faveur du panetier du roi (Delisi.e, n*> 594, G5i, 1272, li4y, 1700, 1968, 2082. Cf. Brissel, Compte de 1202, cl).

joué par le chambellan Eude, connne comptable, chargé de faire les livraisons de l'hôtel du roi, litMfratioues (Brussel, Compte de 1202, ci.xiv, p. 1), ou comme garde des joyaux du roi (Tcetet, Ann. des Mhs. scient, et /^7^, d'après le registre A de Ph. Aug. f. 5).

1. Ddcange, y» Camerarius et Cambelianus; P. Aïvselme, t. YIII, p. 437; Lemoicuer, De miniitris cubiculi in hospitio régis Caroli Quint i, p. 49. Cf. Fag.mes, Études sur Hudustrie, etc., p. 154, 136.

Page 1