‹ Manuel des institutions françaisesChapitre 215 sur 262 · A. LoNGKox, Texte de VAtlas historique, p. 242 et · texte numérisé non relu

A. LoNGKox, Texte de VAtlas historique, p. 242 et

5. Exemples dans Boutaric, La France sous Philippe le Bel, p» 172. 4. A. Lo.xGsoN, p. 244.

544 LKS INSTITUTIONS MONARCHIQUKS.

(loniiés, placés sous lu suivoillaiicc cl Tautoritc du sénéchal de France Ce systoinc rudiiiKMitairo d'adininistratioii éUit dangereux^ parce quo sénéchal cl prév(Ms élaient des fonctionnaires féodaux, visant à l'hérédité, et que le roi ne les tenait pas pleinement en sa main ; il était de plus insuffisant, car le contrôle du sénéchal, absorbé par ses fonctions à la cour, existait à peine, et, d*aillcui*s, une trop grande distance séparait les prév(Ms, chefs de petites circonscriptions domaniales, du roi et des grands officiers de la couronne, qui constituaient le pouvoir central. Ces inconvénients et ces périls devinrent d autant plus à redouter : J<* que le domaine royal s'accrut davantage, et que les affaires locales prirent avec le temps un caractère de nmltiplicité et de complexité qu elles n'avaient pas eu tout d'abord ; ^" que la défiance inspirée au roi par le dapiférat el les vacances fréquentes et prolongées de cet ofdce aboutirent à supprimer le seul élément administratif qui piU relier le centre de la monarchie aux fonctionnaires locaux. Une réforme s'imposait donc : elle s'accomplit sous le rt*gne de Philippe Auguste, période d agrandissements matériels et de concentration administrative, et consista essentiellement dans rinstitution des baillis {baillivi, quelquefois baillivi capitales ou 7nagni)j c'est-à-dire d'ofliciers non féodaux, véritablement et purement fonctionnaires, nommés, salariés, surveillés de près, transférés et révoqués par l'autorité centrale. Le nom n'était pas nouveau, mais la chose l'était : ciir il s'agissait bien de créer des agents d'ordre supérieur, hiérarchi([uement placés au-dessus des prévôts, et chargés de représenter la royauté dans une circonscription beaucoup plus étendue que le ressort de la prévôté.

L'origine de la fonction baillivah; donne lieu à un certain nombre de questions qui ne sont pas encore pleinement élucidées. Il est constant qu'elle n'existait pas avant \o règne de Philippe Auguste et que le pn»uiivv docunienl aiithentiipie où ell(> soit certainement mentionnée est l'acte célèbre dt^ 111)0. Uètriant lasiluation administrative de son rovaume avant (h* |)artir pour la Terre Sainte, Philippe Auguste détermine clairement : P' la suboi'dinatiou des baillis par rapport au gouvernement central ; ^" la supériorité hiérarchique des baillis sur les prévôts; 5" In nécessité pt)ur les baillis de venir rendre leurs coni|)tes à Paris, trois fois par an, et de tenir régulièrement îles assises judiciaires dans les localités soumises à leur action*. Les ternies mêmes (|n'il emploie prouvent d'aillems que l'institution avait été établie antéritMUHMuent à la date même de l'acti' où il en est parlé pour la première fois; mais tout porte à croire rpi'ellt^ ne précéda (pic de quehpies années le t(îslament de 1190. Juscprici les tentatives faites par certains érudits jmur prouver qu'il existait des baillis avant cette date, dans les États de quelques hauts barons, tels (pie le duc de Normandie, le comte de Champagne ou le conitv de Flandre, n'ont pas été couronnées de succès (g litJ). Tantôt ils

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