‹ Manuel des institutions françaisesChapitre 23 sur 262 · C. LE DIOCÈSE · texte numérisé non relu

C. LE DIOCÈSE

2 . Modification, division et union des circonBcriptions césaines. — La circonscription territoriale sur laquelle s'étend le pou-

*Sur les érections d'évêchés et les modilications apportées aux circonscriptions diocésaines pendant notre période, voir Thumasslx, 1, livre I, cb. un.

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voir spirituel de Tévéque, ou diocèse (dioecesis, episcopatus), conserve encore, pendant cette période, son ancien nom de parochia. Les limites, depuis longtemps fixées, de cette circonscription, s'appellent termini parochiales^. Il n*y a rien de plus inégal, au moyen âge, que Tétendue des circonscriptions diocésaines '. Les limites des diocèses donnent lieu à de fréquentes contestations entre évoques. Pour les résoudre, les deux prélats se rendent sur le territoire litigieux, et là, en présence des abbés et des grands personnages du pays, font une enquête auprès des habitants limitrophes de l'un et de lautre diocèse. D*après leurs réponses, on détermine les limites et Ton pose des bornes'. Certains diocèses ont des parties de leur territoire enclavées dans d'autres circonscriptions épiscopales*.

L*évéché est un rouage si important de l'organisme ecclésiastique, que la faculté d'ériger, de modifier, de supprimer des diocèses constitue un droit des plus précieux, qui ne resta pas longtemps entre les mains de Taristocratie épiscopale. Dès les premiers temps du christianisme, les papes essayèrent de s'arroger ce pouvoir. Jusqu'au ix« siècle, ils furent obligés de le partager avec les métropolitains et les synodes provinciaux. Au commencement du xi« siècle, on a cessé de le leur disputer. L'opinion admet que le Saint-Siège a seul le droit de fonder, limiter, diviser, unir, supprimer les diocèses. Saint Bernard s'est fait, sur ce point, l'organe de la pensée commune. 11 définit ce droit « TelTet de la plénitude de puissance accordée au siège apostolique sur toutes les Églises de l'imivers ' » . Les rapports étroits qui existent, au moyen âge, entre le spirituel et le temporel ont d'ailleurs cette conséquence que les questions d'union, de division ou de suppression de diocèse n'intéressent pas seulement l'Église : le pouvoir séculier y intervient pour son compte. Les changements dans les circonscriptions diocésaines durent être autorisés par l'État, sous les Mérovingiens et les Carolingiens. A l'époque féodale, la papauté put

i. Voir l'acte par lequel le pape Eugène III détermine les limites du diocèse de Rouen [Arch. de la Seine-Infér., G. 3593, an. 1147), et l'acte par lequel l'évêque d'Angouléme, légat du Saint-Siège, fixe les limites des diocèses de Bazas et d'Agen [Arch, hUt, de la Gironde. XV, 25, an. 1111). Cf. HF. XIV, 183, Notice sur les limites des évéchés de Dax et d'Oloron.

2. On voit de très petits diocèses, comme l'évèché de Dol, qui s'étend à peine sur une quarantaine de paroisses, et de très grands, comme l'évèché de Cambrai, qui, même après avoir été diminué de l'évèché d'Arras, en 1092, s'étendait encore sur ton» le territoire coiTespondant au déparlement du Nord, sauf la partie nord-ouest, sur les provinces belges du Hainaut (jusqu'à Gharleroi), de la Flandi*e occidentale, d'Anvers (jusqu'à Turnhout] et du Brabant jusque prés de Louvain. Tels sont encore les immenses diocèses de Poitiers et de Toulouse, divisés au conunencement du xiv* siècle par le pape Jean XXII.

3. C'est ce que firent Philippe, évèque de Beauvais, et Eude, évêque de Paris, en 1202 (GuéRARD. Cartul. de iV.-D. de Paris, I, 131).

4. Le diocèse de Dol est le type curieux du diocèse à enclaves. Il se compose surtout, à vrai dire, de membres épars dans les autres évèchés. Sur les 40 paroisses qu'il possède, 22 sont enclavées dans le diocèse de Saint-Malo, 4 dans le diocèse de Hennés.

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