Ibid., Il
3. Langlois, Philippe ///, p. 536: « Robert-Sans-Avoir, bailli de Mâcon, touchait 538 livres par an ; le prévùt de Paris, 498 livres, les baillis de Senlis et d'Orléans, 320 livres, etc., sans compter les gratifications et les frais, p
de venir plusieurs fois par an, au centre de la monarchie, compter avec les gens du roi, et verser au Trésor l'excédent des receltes dont il était le détenteur. Les époques de ces rendements de comptes variaient suivant que le bailliage était situé dans telle ou telle partie du domaine royaL Les baillis de la France proprement dite ou ancien domaine venaient comptera la Toussaint, à la Chandeleur et à TAscension; il en était de môme des sénéchaux du Midi. Par exception, les baillis de la Normandie comptaient seulement deux fois par an, à Pâques et à la Saint-Michel ; ceux de la Champagne, le dimanche avant la Madeleine et à Toctave de Noël. Les recettes et dépenses des bailliages étaient, dans les comptes, divisées en trois parties correspondant aux trois périodes de Tannée financière. Ces comptes étaient d'ailleurs en partie fictifs, car les sénéchaux et baillis y inscrivaient souvent des recettes non faites en réalité. 11 pouvait arriver, à litre exceptionnel, qu'ils envoyassent toutes leurs receltes en une fois, ou versassent le produit de deux termes réunis. Les deniers recueillis par eux étaient expédiés au Trésor dans des caisses ou des tonneaux placés sur des charrettes. Il leur était expressément recommandé d'envoyer les espèces telles qu'ils les avaient reçues, de peur qu'ils n'eussent la tentation de se livrer à des opérations lucratives sur le change*.
520. Le trésor royaL — Dès le règne de Philippe I",les textes mentionnent un fonctionnaire royal chargé, sous le titre de dispensator, d'ordonnancer les dépenses de la maison royale. Sous Louis VII apparaissent des changeurs ou trésoriers (nummularii) sur les tables desquels les corporations religieuses percevaient les renies que leur avait assignées la munificence royale. A l'époque de ce même prince, le trésor royal est déjà placé sous la garde des chevaliers de l'ordre du Temple. Un teinpiier, Thierri Galeran, paraît avoir rempli sous son règne l'ottice de trésorier*.
Dès lors, jusqu'au commencement du xiv« siècle, l'histoire du trésor royal se confond avec celle du trésor du Temple. Sous les règnes de Philippe Auguste, de saint Louis, de Philippe le Hardi, les fonds de l'État capétien ont élê constamnieni déposés entre les mains des Templiers ^. (( Les élablissenienls que les Templiers avaient fondés dans tous les pays (le l'Kurope et de l'Orient latin, les voyages que leurs compagnies, bien armées et solidement organisées, faisaient continuellement sur toutes les
1. Sur radininistralion (inanoirrc dc^ prévôts cl baillis, voir surtout linissFL, i'icigi' des fi''f)i. — Dk ^VAll.I.Y, Dissrrtf.itinn, vie. — BorT.vnir, Ln France sous Philippe le Bel, p. "tlTi siiiv. ; et .S7 Lovist et Alphonse dr Poitiers, p. '2*24 suiv.