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Ecclésiasticnies et laïcnies au service des religieux

Les religieux sont entourés de tout un monde de serviteurs, clercs ou laïques, qui n'appartiennent pas à l'Église régulière, i^ Dans les abbayes importantes, l'abbé et certains dignitaires ont un chapelain particulier (capeliantu) et un scribe (scrijptor) . L'église abbatiale et ses autels sont desservis par des chapelains et des clercs. Il existe naturellement, dans chaque abbaye de femmes, des prêtres chargés de confesser et de faire communier les religieuses. 2^ Les laïques sont plus nombreux. Il faut mentionner :

a. Les enfants qui sont élevés dans l'abbaye, sous la surveillance du magister scholœ, et dont plusieurs sont voués à la vie religieuse (pueri ou pueti $colare8). Ces enfants sont souvent appelés à souscrire les chartes abbatiales et leur signature vient après celle des sous-diacres.

b. Les domestiques proprement dits. Il en est qui sont communesy c'està-dire au service de toute la communauté, ou tout au moins de tous les dignitaires; d'autres, qui sont employés particulièrement par l'abbé, ou môme par de simples religieux ; mais la présence de ces serviteui*s privés est considérée comme une infraction à la règle d'après laquelle les moines ne doivent rien posséder en propre. Cette infraction est surtout commise

1. Eude Rigaud se plaint, à diverses reprises, des abbés et abbesses qui diminuaient ou supprimaient la part du pauvre, c'est-à-dire les ressources de l'aumônerie, et laissaient les moines garder leurs vieux habits (Journal des vûtita d'Eude liigaud, éd Bonnin, 512.)

82 1.ES INSTITUTIONS ECCLÉSUSTIQIES.

dans les monastères de femmes, où les abbesses ont bien de la peine a interdire Temploi des suivantes ou femmes de chambre, pedissecœ.

c. Les laïques investis des offices d'ordre inférieur, minùteria. A cette catégorie appartiennent le sénéchal, sinùcalcui; le bailli, baillivuff procureur et receveur chargé des affaires temporelles de labbaye ; les gardes des vignobles, clausarii; les cuisiniers et leurs aides, coci, coquinarii, sculeliarii; les maréchaux, mariscalci; les cellériers et sacristes d*ordre laïque; les jardiniers, orlolani, ortolani; le blanchisseur, lavendarius; le couturier ou tailleur, costurariuSy $utor; le portier, portariusy ottiarius ; le pelletier,pe//i/)artus; le préposé au bois, lignanus; le charpentier, carpentarius; le pécheur, piscalor;\e boulanger, pi$tor;Yùmcr, asinarius; le forgeron, /afeer; le charretier, quadrigarius, carronus; le meunier, molendinarius; le veneur, venator; le palefrenier, stabularius; le médecin, medicus, etc. Ces différents offices, dont les titulaires souscrivent assez souvent les chartes monastiques du xi'' et même du xn^ siècle, sont tenus en fief de Tabbé, qui en donne Tinvestiture. Leur caractère tout féodal ressort pleinement des actes d'institution qui nous les font connaître ^ Comme il est arrivé partout dans le monde féodal, les titulaires de ces bas offices (minisleriales, famuli) ont essayé de les rendre héi*édilaii*es dans leur famille, tendance contre laquelle certains abbés ont dû réagir.

d. Les agents ou administrateui*s des domaines abbatiaux. Ce sont eux qui représentent le monastère, et exercent, au nom de Tabbé, tous les pouvoirs judiciaires, administratifs et financiers, dans les villages appartenant à la conununauté. On leur donne aussi le nom général de minuteriales. Ils s'appellent, suivant les régions, vicarii, villici, majores, fonctionnaires identiques à ceux qu'employaient les évéques, les chapitres et les seigneurs laïques. Les vicaires et maires des abbayes ont partout de fréquents démêlés avec l'établissement monastique dont ils sont à la fois les officiers directs, les tenanciers féodaux et les fermiers. Comme dans les autres domaines seigneuriaux, ces agents ont cherché à se rendre possesseurs héréditaires de leur oflice. LA encore, les abbés ont résisté, mais ne sont pas parvenus partout à maintenir le caractère viager de l'institution*.

49. Le personnel des abbayes*. Le chapitre. — Une abbaye proprement dite contient généralement quatre espèces de personnes :

♦Voir les ouvrages et les textes cités précédemment (§ 47). le Journal des rtsites d'Kude nigaud et autres documents relatifs aux visites êpiscopales, ainsi que les Procès-verbaux des visites de l'ordre de Cluuy, sont les textes les plus instructifs sur la composition du personnel des abbayes au xiir siècle.

1. Lire la charte de 1101-1120 relative à l'investiture du celléricr et du pelletier de St-Père de Chartres (Gckbaud, Cartul. de St-Père, II, 302), et la charte du xn* siècle relative à l'investiture d'un rlausarius dans la même abbaye (11, 354).

2. Les cartulaircs d'abbaye les plus intéressants à étudier, à cet égard, sont celui de Beaulieu en Limousin, où l'on voit les serfs vicaires ou serfs juges du xi* siècle devenir les vicaires héréditaires du xir, assez puissants pour refuser Thomunage à l'abbé, et celui de St-Pcre de Chailres, où abondent les actes relatifs aux démêlés do cette abbaye avec ses maires, [>endant les xn* et xni* siècles.

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