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LES ÉCOLES

68. — Il faut distinguer les écoles épitcopales et capitulaires, les écoles monastiques, les écoles presbytérales; à un autre point de vue, les écoles urbaines et les écoles rurales. Au commencement du xiv siècle, apparaissent dans les communes les écoles municipales.

Les écoles tnirales existaient en grand nombre dans certaines provinces, surtout à partir du xui'' siècle. Elles étaient, comme toutes les autres, sous la surveillance de TÉglise. Le maître d'école était nommé d'ordinaire ou du moins présenté par le patron de leglise paroissiale. Il était institué par Févôque ou par Tècolàtre, On ne pouvait fonder de nouvelles écoles sans leur autorisation. Le maître d'école (rector scholœ on tcholarum) enseignait la lecture, l'écriture, la grammaire, aux clercs et aux paysans.

Les écoles plus importantes, attachées aux chapitres de cathédrale ou de coll^ale, aux monastères, aux grandes paroisses urbaines, furent surtout florissantes dans la France du nord. On sait de quelle réputation jouissaient, à la fin du x** siècle, l'école deFleury et l'école de Heims; au xr siècle, les écoles d'Angers et de Chartres ; au xm*, les écoles du Bec, de Paris, de Laon et d'Orléans ; au xin*, i'école de droit d'Alais. Cer^ taines d*entre elles avaient une spécialité, comme celle d'Orléans, où Ton enseignait, avec un succès particulier, la rhétorique^ c'est-à-dire la pratique du style épistolairc et l'explication des auteui*s classiques. Les studia de Paris et d'Orléans présentaient, dès la fin du xu^ siècle au moins, le caractère d'écoles internationales.

La direction de renseignement et des écoles appartenant à l'Église, il y avait dans chaque diocèse une pei^onne chargée spécialement d'exercer, en son nom, un contrôle sur les établissements d'instruction et de choisir les maîtres. Antérieurement au xn^' siècle, la direction apparaît pitisque partout dévolue à l'évêque dans le diocèse, à l'abbé dans le monastère. L'écolâtre n'est qu'un maître choisi directement par l'évêque ou par l'abbé. Au xu<^ siècle, les évoques délèguent à rëcolàtre (ou au chancelier) le droit d'accorder aux maîtres la liceniia docendi ou l'autori-

le SoUêonnai», dans Bull, de la Soc. hUtor. de iîoissons, t. XVUl, XX, XXVI, XXIX, XXX. — PiLOTELLB, Eêêai hiêtor. sur tatic. univenité de Poitiers^ dans Mfhn. de la Soc. des aniiq. de l Ouest, t. XXYH. 1862 (p. 254, sur les écoles du Poitou antérieurement à la ci*éation de l'Univei'sitc) . — D'ARBoitt dk JriuiNviLLE, llist. des comtes de Champagne^ III, i8i suiv. (sur riiistruction publique dans le comté de Champagne). — Micbacd, Guillaume de Champeaux et les écoles de Paris au xsf siècle (1867). — Guissabd, V école de Fleury-sur-Loire. dans Mém. de la Soc. archéol. de VOrléanais, t. XIV. — Pfisteb, De Fulberti vita (chap. sur l'école de Chartres) ; le même, Études sur le règne de Robert le Pieux (chap. i, sur l'école de Reims). — Clerval, L'enseignement des arts libéraux à Chartres et à Paris, dans la première moitié du xir siècle. — E. de Hozièrk, L'Ecole de droit d'Alais, dans Bibl. de CKc. des (àh., t. XXXI , 1K70. Cf. les ouvrages relatifs aux univei*sités, cités plus bas.

sation d'enseigner dans les écoles du diocèse. C est à cette époque que la licence est réputée nécessaire, et que Fusage de cette licence conférée par Técolàtre devient général. Les écolâtres sont tenus de conférer gratuitement la licence : ils ne peuvent la refuser qu aux maîtres dont ils prouvent l'incapacité. Au xiii' siècle, dans les écoles qui ne furent pas érigées en universités, ce grade continua à éliHî exigé des maîtres; les règles concernant la gratuité de la licence furent de nouveau promulguées et appliquées : néanmoins les écolâtres avaient perdu une partie de leurs attributions. Cette décadence s'accentua au xn-^ siècle, époque où le droit de conférer la licence apparaît démembré et aux mains d un plus grand nombre de personnes. L'écolâtre ne consei*va, dans plusieurs diocèses, que le droit de collation des j)etite8 écoles ou écoles de grammaire ; dans les grandes, les évéques se réservèrent le droit de nommer les maîtres.

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