‹ Manuel des institutions françaisesChapitre 70 sur 262 · L'ALIÉNATION DU FIEF · texte numérisé non relu

L'ALIÉNATION DU FIEF

a le bail des biens paternels, le plus proche parent maternel le bail des biens maternels; S*" Tous ceux qui ont le bail doivent le rachat ; 4° Le bail finit pour les mâles à 21 ans. Quant aux filles, les barons déclarent qu'ils ne trouvent pas de coutumes certaines ; ils sont d'avis de fixer pour elle Tâge de la majorité à 15 ans accomplis.

L'âge rixë pour la majorité des nobles variait suivant les régions. 11 n'y a pas de règle fixe et de\M)utume absolument rigoureuse à cet égard. Tout ce qu'on peut dire, avec la réserve d'exceptions nombreuses, c'est que, dans l'est de la France, le jeune noble était déclaré majeur à 14 ou 15 ans, la fille noble à 11 ou 12 ans; dans l'ouest de la France, la minorité du garçon se prolongeait jusqu'à 21 ans, celui de la fille noble jusqu'à 15 ans ; dans le midi, le bail était ordinairement terminé quand le mineur avait atteint 14 ou 15 ans^ Il faut noter que, dans une même province, la coutume est restée longtemps indécise et fioltante. En Champagne, où l'usage le plus général était que le bail finit à la lo*' année du mineur, la comtesse de Champagne, Blanche, prolongea le sien jusqu'à ce que son fils eût 21 ans. Il pouvait arriver, d'ailleurs, que le mineur fût mis par le baillistre en possession de l'héritage paternel avant que le temps du bail fût terminé. Les contradictions observées dans les faits historiques, relativement au terme des minorités, s'expliquent souvent par un acte de la libre volonté du baillistre, qui tantôt se relâche de son droit, tantôt l'exerce jusqu'à la dernière extrémité.

L'effet de la majorité féodale était de mettre le jeune noble en possession de son grade de chevalier, de son sceau et de la pleine jouissance du pouvoir seigneurial quand il sortait de bail. En dehors du cas de minorité et lorsque le jeune homme arrivait à l'âge de la chevalerie du vivant de son père, celui-ci se dessaisissait en sa faveur, d'une part de ses propriétés et de son autorité sur le fief. Souvent môme il l'associait complètement à son pouvoir. Le fils prenait alors le titre de la seigneurie et le portait concurremment avec son père.

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