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LE QUARTIER ET LA PAROISSE

194. Il existe dans les villes du moyen âge, comme dans celles d'aujourd'hui, une division matérielle, fort ancienne : le groupement par quartiers. Comme le mot l'indique, un grand nombre de villes étaient divisées originairement en quatre régions. Le nombre des quartiers se multiplia ensuite, à mesure que la population s'accroissait et que le mur d'enceinte reculait, mais le mot quartier continua à être usité, bien qu'il eût perdu son sens propre. Cette division ne constituait pas un découpage purement matériel : il y avait des liens et une certaine communauté d'intérêts entre les habitants d'un même quartier. Le quartier a été, dans beaucoup de villes du Nord et surtout du Midi, affranchies ou libres, la base de la représentation administrative et municipale1. Dans la France septentrionale, les quartiers servent plus particulièrement à déterminer l'organisation de la milice urbaine : cette division était surtout d'ordre militaire2.

La répartition de la population bourgeoise en groupes paroissiaux remonte à une époque également très reculée. La question de leur origine est une des plus intéressantes, mais aussi des plus obscures que l'historien puisse se poser. Il nous suffit ici de constater que les habitants de chaque paroisse, réunis autour de leur église, possédant leur cure, leurs fonts baptismaux, leur cimetière spécial, constituent une sorte de communauté, jouissant, à certains égards, de sa vie propre et de son organisation particulière. Cette communauté ne se manifeste pas seulement dans

1. A Paris, où la municipalité apparaît, dans les textes les plus anciens, composée de quatre échevins, ayant à leur tète le prévôt des marchands, cette composition de l'échevinage parait correspondre à la division la plus ancienne par quartiers. Auxnr3 siècle, la ville de Besançon était divisée de même en sept quartiers. Chaque quartier élisait quatre bourgeois, en tout vingt-huit notables, qui formaient un premier collège électoral. Ces électeurs élisaient à leur tour quatorze personnes, deux par quartier, qui constituaient pour l'année le corps des magistrats. A Alby, en 1269, la ville était divisée en six gâches ou quartiers. Chaque gâche élisait annuellement deux consuls, qui formaient la municipalité ou le corps consulaire composé de douze administrateurs.

2 . A Paris, par exemple, chaque quartier est commandé par un quartenier, qui est (et restera jusqu'au xvie siècle) un véritable capitaine chargé de convoquer en armes les bourgeois du quartier, de faire la police et de garder la ville jour et nuit. Cette milice de quartier est commandée en sous-ordre par des cinquanteniers et des dizainiers.

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les actes de la vie religieuse ; elle n'est pas seulement un élément, un organe du vaste corps ecclésiastique. La paroisse, dans certaines villes, est officiellement en rapport avec l'autorité seigneuriale : car il n'est pas rare que la division en paroisses soit adoptée comme base pour la répartition et la perception de l'impôt1. Dans certaines villes libres, et notamment dans les communes delà région flamande, la paroisse joue son rôle comme élément administratif, associé pour le fonctionnement de la vie communale aux autres rouages municipaux -.

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