‹ Manuel des institutions françaises, période des Capétiens directsChapitre 193 sur 264 · Luciiaire, Instit. monarch., I, 170, notes 3 et · texte numérisé non relu

Luciiaire, Instit. monarch., I, 170, notes 3 et

2. Ordonn., I, 472, (Philippe le Bel, 1309) : « Attendentes quod in emolumenlis qua> ratione juramentorum lîdelitatum, quaî ab ipsis episcopis, abbatibus, abbatissis et aliis prselatis rêgni nostri consueverunt pi-estari, certain videlicet decem librarum summam in quolibet juramento, ratione Dapiferise vcl Scnescalliœ Francise, quant in manu nostra tenemus, etc.

L'ADMINISTRATION CENTRALE

Louis YI et Louis VII, la chancellerie a traversé à peu près les mêmes vicissitudes que le dapiférat : la plupart des clercs qui l'ont obtenue ont mal fini, en ce sens que leur retraite n'a pas eu lieu dans des circonstances pacifiques, et que les vacances d'office ont été multipliées et prolongées à dessein. Après la mort du chancelier Hugues en 1185,lecancellariat fut aboli de fait par Philippe Auguste, qui le laissa vacant pendant tout son règne. Mais la garde du sceau et l'expédition des diplômes furent confiées aux soins d'un Hospitalier, frère Guérin (vices cancellarii agens). Sous Louis VIII, le cancellariat fut officiellement rétabli en faveur du même personnage ; puis, lorsque, en 1227, Guérin se fut démis de ses fonctions, la vacance de la chancellerie devint définitive. Les rois du xme siècle n'eurent plus de chanceliers en titre ; ils les remplacèrent par des gardes du sceau, amovibles en droit, et fréquemment changés en fait. Dans les documents contemporains, quelquefois même dans les textes officiels, on continue à les appeler abusivement cancellarii. En réalité, ce ne sont plus que des vicecancellarii : leur véritable litre est celui de custodes sigilli ou magni sigilli régis1.

Sous Philippe le Bel, roi innovateur à tant d'égards, la garde du sceau royal fut, à deux reprises, dévolue à un conseiller laïque : Pierre Flotte en 1300 et Guillaume de Nogaret en 1507. A la môme époque, la fonction prit une importance considérable, car tous les actes de l'autorité royale passaient par les mains de celui qui dirigeait la chancellerie ; il était le secrétaire du roi, et le chef de ses bureaux, souvent même un vrai premier ministre. La plupart des grandes ordonnances qui règlent, au commencement du xiv3 siècle, l'administration du royaume, renferment des dispositions relatives au chancelier, à ses attributions, à ses devoirs, à ses émoluments 2,

283. Le chambrier*. — Le chambrier de France ou grand chambrier (camerarius) apparaît, pour la première fois, sur les diplômes capétiens, en 1047. L'autorité dont il jouissait a varié suivant les époques. Au temps de Henri Ier, un chambrier apparaît comme le commandant en

* Ducance a donné, au mot Camerarius, un état des droits attachés à la chambrerie, mais, bien que ce document se réfère sans doute à des faits anciens, comme il est de l'année 1410, nous ne pouvons en faire usage. Cf. sur le camérarial et les chambriers de l'époque capétienne, Luçhaire, Imtit. monarch,, I, 172-174; Louis VI, append., p. 304-305; Études sur les actes de Louis VII, p. 48-50. — L. Delisle, introd. au Catal. des actes de Ph. Aug., p. lxxxii-lxxxiv. — Williston YValker, Philip Auguslus, etc., p. 46-48.

1. Guillaume de Nogaret s'est expliqué lui-même clairement, sur ce point, dans son apologie de 1310 (Renan, loc. cit., p. 300) : « Nec ego sum cancellarius, sed sigillum régis custodio, sicut ei placet, licet insufficiens et indignus, tamen fidelis, propter quod raihi commisit illam custodiam, quam exerceo, quum sum ibi, cum magnis angustiis et laboribus propter domini mei honorein. »

2. Voir ces dispositions indiquées dans Vuitry, Eludes sur le rég. fmanc. de la /•>,. II, 259, note 2.

chef de l'armée royale, rôle qui, dès la fin du xie siècle, sera celui da sénéchal. Sous Philippe Ier, jusqu'en 1070, c'est le chambrier qui signe le premier les diplômes royaux : un de ses chambriers a porté le titre de « maître de la maison du roi » ; sous Louis VI, le chambrier passe au troisième rang, parfois au quatrième; sous Louis VII et Philippe Auguste, sa souscription vient régulièrement l'avant-dernière. La part considérable que le chambrier Barthélémy de Roye a prise aux affaires publiques, sous Philippe Auguste, Louis VIII et Louis IX, a été le résultat d'une situation personnelle, beaucoup plus que de l'influence inhérente au titre *. A la fin du xmc siècle, le camérariat est devenu un office presque purement honorifique, possédé quelquefois par de très hauts barons. Les fonctions domestiques qui y sont attachées et le rôle important qu'elles confèrent sont dévolus depuis longtemps aux officiers inférieurs de la chambre ou chambellans. — En règle générale, le chambrier de France a dans ses attributions : 1° la garde de la chambre où se trouvent le trésor, les joyaux de la couronne et les archives ; 2° la direction de tout ce qui concerne le gite et le vêtement de la famille royale, l'ameublement et l'entretien du palais. Les revenus de son fief proviennent surtout : 1° des domaines attachés à la chambre11; 2° des droits prélevés sur les corporations qui s'occupent de la confection et du commerce des vêtements5.

284. Le bouteiller*. — Le bouteiller de France ou grand bouteiller (buticularius) est nommé pour la première fois avec certitude * sur un diplôme royal de 1045. Au xie siècle, on l'appelle quelquefois aussi pincerna, mais, pour se distinguer des échansons en sous-ordre (pincernœ, plus tard scantiones), il porte assez souvent le titre de magister pincernarum. Au xne siècle et au xme, le mot buticularius est consacré pour les souscriptions finales des actes royaux. Après le sénéchal et le chancelier, c'est le bouteiller qui est le plus souvent nommé dans les textes des deux

* Ducange, Gloss. lat. au mot Buticularius. — Luciiaire, Instit. monarch., I, 17(3-177; Louis VI, append., p. 304; Études sur les actes de Louis VII, p. 48. — L. Deusle, Introd. au Catal. des actes de Ph. Aug., p. lxxxii. — Williston Wai.ker, Philip Augustus, etc., p. 45-40. Cf. Ch.- V. Lanclois, Philippe III, p. 505, note 2.

1. Telle est l'opinion très justifiée de M. Williston Walker (p. 47-48), qui a rassemblé les principaux faits relatifs à la vie politique de Barthélémy de Roye. Ce même personnage, au dire de la Chronique de Tours (11F. XVIII, 319), tint une place prépondérante dans le gouvernement royal pendant la régence de Blanche de Castille.

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